‹ Espagne et PortugalChapitre 129 sur 196 · B. 30] , Il SÉVILLE · texte numérisé non relu

B. 30] , Il SÉVILLE

la terrasse du grand réservoir d'eau (au centre, élégante fontaine en bronze, surmontée d'un Mercure par Diego Pasquera), on descend au niveau des jardins, où des garçons jardiniers (pourboire) accompagnent les visiteurs.

A dr., au rez-de-chaussée du palais s'ouvre une longue galerie voûtée avec une piscine au centre et, de chaque côté, un petit passage. C'est là, croit-on, ce qui reste des Bains de Maria de Padilla.

Les allées du jardin sont pavées en briques posées à plat; certaines de ces briques sont percées de trous d'où jaillissent des jets d'eau formant berceau. Au centre du jardin est le pavillon de Charles-Quint entouré d'une galerie extérieure (jolis azulejos), construit par Juan Hernandez(1540) ; à côté, un vieil oranger creux daterait, dit-on, du temps de don Pedro. Charles-Quint coupa la galerie qui se prolongeait jusqu'à la 1 orre del Oro. Du côté S.-O., les bains de la Sultane, en plein air, sont entourés d'un labyrinthe de charmilles^

Par Pangle S.-E. du patio de las Banderas, on entre dans le vieux quartier de Santa Gruz qui renferme, au n° 7 de la plaza de AlfarOy la maison de Murillo (PI. E, 3) avec une collection de tableaux de maîtres anciens. Un peu plus au N. s'étend un ancien quartier plus aristocratique avec de beaux patios, notamment au n° 6 de la calle de Los Abades celui de la Casa de Abades dans le style plateresque.

Revenu à la place del Triunfo, on g;agnera, à l'O., par la calle Santo Tomds et la calle de Atarazanas, la plaza de Atarazanas, sur laquelle s'élèvent, à i'E., Varsenal, la Douane et l'hospice de la Garidad.

La Carîdad (une sœur conduit les visiteurs et découvre les tableaux, on lui donne une offrande : 50 c. à 1 p.), hospice de 160 lits (pour tuberculeux et vieillards), richement doté, est aussi le centre et le siège d'une confrérie fondée au xvi* s. dans le but principal de recueillir les cadavres des suppliciés, jusque-là laissés en pâture aux animaux, et de leur donner la sépulture. Le principal bienfaiteur de la Garidad fut don Miguel de Manara, que les légendes, plutôt controuvées, du xvn* s. ont choisi pour en faire le type du don Juan Tenorio; après avoir mené une vie des plus licencieuses, il sollicita son admission dans la confrérie de la Garidad et en devint le hermano mayor. — Le bâtiment actuel a été terminé en 1674.

La chapelle, dédiée à St Georges, renferme de remarquables ♦* peintures de Murillo ; paroi dr. (en regardant le maître-autel), grande toile : Multi-' plication des pains et, au-dessous, médaillon (6"^ Jean-Baptiste)-, paroi g., grande toile : Moïse frappant sur le rocher et, au-dessous, médaillon [lEnf. J.)\ sur un autel, adossé à cette paroi : Annonciation (probablement de Murillo, ou, au moins, de l'un de ses meilleurs élèves) ; sur l'autel suivant : St Jean-de-Dieu portant un malade et soutenu par un ange. — A dr. de la grande porte O., tableau de Valdés Leal, représentant un archevêque et un chevalier morts dans leurs cercueils entr'ouverts et envahis par une légion de vers, Tun des tableaux qui caractérisent le mieux le réalisme espagnol (Murillo disait de cette terrible peinture qu'il fallait se boucher le nez pour la regarder); à g., le pendant du même peintre : la Mort éteignant la lumière de la Vie. — Au maître-autel, Ensevelissement du Christ, belle sculpture de Pedro Boldàn.Au pied du maître-autel est enterré don Miguel de Manara.

La Salle Capitulaire renferme les portraits de tous les hermanos mayores, y compris celui du duc de Montpensier (-j- 1890), ainsi que plul^jeurs souvenirs précieux de Miguel de Manara : son portrait en costume

Il LA CARIDAD. — SAN TELMO. || [B. 3Ô] — 333

de hermano mayor, par Valdes Leal, son épée de chevalier de Calatrava son couvert et le masque, très retouché sauf le front, le crâne et les pommettes, moulé sur son visage lors de sa mort, en 1679.

Ed face, jardin avec la statue de Miguel de Manara, par Susillo (1902).

Au bord du Guadalquivir s'élève la torre del Opo {tour de VOr)^ monument arabe, élevé en 1220, qui était relié autrefois à l'Alcazar par des murailles. O'est une énorme tour crénelée à 12 pans supportant une 2* tour semblable mais plus petite et ornée d'arcatures; au sommet, une petite tourelle à coupole ajoutée au xyu!*" s. Auj. la tour est ©ccupée par les bureaux du commandant du port.

En suivant au S. les quais du port on longe à g. le paseo de Cristina (esplanade entourée de jardins). D'ici part le long paseo de las Delicias qui suit le Guadalquivir (V. ci-dessous).

En bordure sur le paseo de San Telmo est le palais de San Telmo, vaste édifice construit de 1682 à 1796, probablement d'après les plans à'Ant. Rodriguez, par plusieurs architectes de la famille de Figueroa pour un collège de pilotes, acheté en 1849 par le duc de Montpensier, qui l'a fait entièrement restaurer, et légué par la duchesse (f 1897) à l'archevêque de Séville pour l'usage du séininaire. Au centre de la façade 0., longue de 135 m., est la porte principale de style churrigueresque, ornée de statues. Une terrasse sur la façade N. porte 12 statues modernes de Sévillans illustres, par SusUlo. La façade S. est très élégante. Les jardins sont admirables.

Le paseo de San Telmo longe les jardins du Théâtre Eslava. On prend à dr. la belle calle de San Fernando ; elle est bordée à dr. par les jardins de la Manufacture de tabacs.

La Manufacture de tabacs (Fahrica de tabacos)^ vaste édifice rectangulaire (185 m. sur 147), a été construite au xvm® s.

L'intérieur (peu intéressant; on le visite de 2 à 4 h. en faisant passer sa carte au directeur) renferme de grands ateliers, de vastes magasins et des cours entourées de galeries. Le personnel s'élève à 4,500 individus, parmi lesquels près de 4,000 femmes; il s'y fabrique, année moyenne, 3 millions de livres d© tabac et une masse considérable de cigarettes. Il est curieux d'assister à l'arrivée ou à la sortie des ouvrières, presque toutes laides et vieilles, toujours avec une fleur piquée dans la chevelure.

On arrive à la passerelle en fer qui permet aux piétons de franchir les avenues encombrées de voitures au temps de la Foire (belle vue au sommet sur les jardins de l'Alcazar). En face s'étend le Prado de San Sébastian où a lieu la Feria. A g., paseo de Catalina de Rivera avec des parterres, des palmiers; à dr., paseo de Maria Luisa Fernanda qui mène aux Parcs et au paseo de las Delicias,

Le * parque de Maria Luisa est une partie des jardins de San Telmo donnés à la ville en 1893 ; il y a des plantes et des arbres d'essences variées, principalement des palmiers, des orangers et des mandariniers et une très jolie pièce d'eau.

Le * paseo de las Delicias, qui s'étend depuis le palais de San Telmo le long des quais du Guadalquivir, s'éloigne ensuite de la rive; il longe à g. le parc de Maria Luisa, puis à dr. le parque de las Delicias, parc avec de beaux palmiers, des fleurs et de

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