III. — Faubourg de Triana
Le pont Isabelle II (1852) relie la ville proprement dite à son important faubourg de Triana, la Trajana des Romains, la Tarayana des Maures. Ce quartier, qui renferme des fabriques et possède des usines, est habité par une nombreuse population ouvrière et surtout par une curieuse colonie de gitanos.
L'église Sta Ana fut construite par Alphonse le Sage dans le style gothique mudejar et consacrée en 1280, mais remaniée par la suite (entrée par derrière, au n° 90 de la catle de la Pureza),
Intérieur. — Au trascoro, Virgen de la Rosa, par Alejo Fernandez (cornmène, du xvi* s.) ; en face, à côté de la porte d'entrée, Adoration des Mages, et les Stes Justa et Rufîna, par le même. — Au bas du collatéral g., sur l'autel, St François d'Assise, tableau par Pedro Campana. — Collatéral dr., pierre tombale (céramique) par Nicoloso, de Pise (1503). — Maître-autel avec 15 peintures par Pedro Campana (1548) ; bas-reliefs attribués à Delgado,
Au N., se trouve la Cartuja, anc. Chartreuse fondée en 1401, -• auj. très importante fabriqué de faïences qu'on peut visiter (église gothique, avec un beau portail, transformée en magasin).
Excursions de Sévitle.
SANTIPONCE ET RUINES D'ITALICA (^ 7 k. N.-O. ; voit, à 1 chev., 8 à 10 p. ; à2 chev., 12 à 15 p., prix à débattre et à bien fixer, surtout pendant la Semaine Sainte et la Feria). — On traverse le faubourg de Triana.
Santiponce, pauvre bourg, possède l'ancien couvent de San Isidoro del Campo {église gothique renfermant : au maître-autel, un magnifique retable en bois sculpté par Montanés ; les mausolées d'Alphonse de Guzman et de sa femme, avec leurs statues par Montanés-, et quelques autres tombeaux; cloîtres avec des restes de fresques (xvi® s.).
A 10 min. env. du bourg, on atteint une auberge et on prend, à g., la route conduisant aux ruines de l'antique et riche cité d'Italica, fondée par Scipion, d'abord municipe, ensuite colonie romaine, connue pour avoir été la patrie des empereurs Trajan, Adrien, Théodose et du poète Silius Italicus, Ti] et détruite avant le vi» s. de notre ère. On voit encore les ruines, assez bien :5| conservées, d'un amphithéâtre qui pouvait contenir 40,000 spectateurs, des restes d'aqueducs, de thermes, d'anciens murs, etc.
DE SÉVILLE A CARMONA (^43 k., gare de la Enramadilla près de la gare de Cadix, en 2 h. ; 3 p.' 85, '■1 p. 90, 1 p. 60). — On traverse la région fertile qu'arrose le Guadaira, que l'on franchit bientôt.
15 k. Alcalâ de Guadaira, ville de 8,000 hab., agréablement située sur la rive dr. du Guadaira : grand château mauresque en ruines (xi* s.); église San Miguel, ancienne mosquée ; dans l'église du couvent de Sta Clcrra, 6 bas-reliefs de Montanés. — C'est près d' Alcalâ que commence l'aqueduc destiné à amener l'eau à Séville et connu s^ous le nom de Canos de Carmona
27 k. Mairena el Alcor. — 43 k. Carmona (p. 317).
ISAN LUGAR. — ROTA. (I [R. 30] — 341
DE SÉVILLE^A CADIX PAR LE GUADALQUIVIR (M à vap., t. 1. j. jusqu'à Bonanza en 5 h. 30, jusqu'à Cadix en 8 h. env.). — Le cours du Guadalquivir est très sinueux. On aperçoit à dr. San Juan de Aznalfarache, fréquenté l'été par les Sévillans (3 h. à pied) et point de départ d'un ch. de fer (97 k.) pour Minas de Cala. Les berges du fleuve sont cordées de bouquets do saules; en arrière on aperçoit longtemps encore la Giralda. Sur la . rive dr., Gelves et, au delà dans la plaine, la petite ville de Coria; plus loin la Puebla, village de pêcheurs.
Le Guadalquivir se partage pour former l'île de Hernandez longue de 2 k., puis se sépare en 3 bras : del Este, del Medio et de la Torre, formant deux îles; Ylsla mayor (à dr.) est longue de 40 k., ÏJsla menor (à g.) a 17 k. ; des canaux qui traversent celle-ci abrègent de beaucoup le trajet. Le bateau suit le bras du milieu qui prend le nom de bras de Tarfia après sa réunion avec le bras del Este en aval de l'Isla menor. Des bandes de taureaux sauvages animent par instant la désolation du paysage. Le fleuve prend de vastes proportions. En avant sont les ArenaB Gardas^ dunes de sables avec des pins clairsemés.
Au moment où les dunes laissent entrevoir l'Océan, on s'arrête au petit port do Bonanza qu'un ch. de fer partant du débarcadère relie à (3 k.) San Lucar et à Jerez (^ 29 k. en 1 h. 30, 4 p. 55, 2 p. 90, 1 p. 75).
San Lucap da Barrameda (hôt. : del Numéro Dos, dep. 10 p.; la Fuentè avec rest.), ville de 23,883 hab., centre d'exportation des vins de Jerez, Mansanilla, Pedro-Jimenez, Muscat, etc., est une résidence d'été fréquentée. C'est de là que partirent les expéditions de Christophe Colomb pour le Nouveau-Monde en 1498 et de Magellan en 1519. Dans la ville basse plusieurs églises sans grand intérêt, et palais du duc de Montpensier où ont été transportées les œuvres d'art du palais de Santelmo (p. 333). La ville haute est dominée par un vieux château d'où la vue est étendue (pourboire).
[de SAN LUCAR A PUERTO DE SANTA MARIA (^ 37 k., en 1 h. 15, 5 p. 55,
3 p. 70, 2 p. 35). — La ligne suit la côte. — 8 k. Toi^re de Chipiona {V. ci- ^dessous). — 13 k. La Ballena; à dr. la pointe de Candor. — 22 k. Rota, ville fortifiée de 7,748 hab., renommée par son vin rouge (le tintilla) et ses cultures maraîchères. — On longe de près le bord de la baie Ae Cadix. — ,37 k. Puerto de Santa Maria (p. 346).]
A la pointe extrême formée par le rivage de l'Océan, qui descend vers le S.-E. s'élève le fort de Chipiona, l'antique Turris Cœpionis, avec son phare (portée 23 milles). Le bateau marche en vue des côtes. On voit Botq, {V. ci-dessus) assise au sommet d'une falaise à pic. Puis la côte s'arrondit, et vient aboutir à une pointe rocheuse couronnée par le fort de Santa Catalina. — Bientôt on aperçoit au large, en avant du navire, la masse des constructions blanches de Cadix, la copa de Plata (la coupe d'Argent), comme disent les Andalous. A g. se développe l'admirable baie de Cadix dont le fond disparaît derrière la pointe avancée du Trocadéro.