DE SÉVILLE A HUELVA; MINES DE RIO TINTO ET DE THARSIS
;^ 110 k., gare de Cordoue, en 3 h. 30 à 4 h. ; 15 p. 15, 11 p. 75, 7 p. 20). — La voie franchit le Guadalquivir.
5 k. Camas, non loin des ruines d'Italica et de Castilleja de la Cuesta, où mourut dans l'exil Feruand Certes (1547; ses restes furent transportés depuis à Mexico). De Camas part un embranch. au N.-O. sur (27 k.) Gerena et (31 k.) Aznalcollar; on y croise en outre un ch. de fer industriel qui aboutit au S. à (5 k.) S. Juan de Aznalfarache et se dirige au N. vers (44 k.) Ronquillo (X sur Minas Pena del Hierro, 36 k.), (71 k.) Zufre (X sur Santa Olalla, 13 k.) et (92 k.) Minas de Cala.
24 k. San Lucar la Mayor, petite ville avec des églises intéressantes de style mudejar et un ancien Alcazar. — 36 k. Aznalczarà. — Pont sur le Guadiamar. — 52 k. Escacena, dominé par les collines de Manzanilla qui produisent un vin blanc estimé. — 73 k Villarrasa.
342 — [R. 30] Il SÉVILLE.
79 k. Niehla, ancienne capitale d'un petit royaume mauresque, entourée de murailles flanquées détours et percées de portes remarquables. On y voit un ancien Alcazar, une tour et des restes de 2 mosquées.
La voie passe au pied des murailles de Niebla et franchit le rio Tinto (« rivière rouge », à cause de la couleur de ses eaux teintes en rouge par les oxydes qu'elles charrient). — 82 k. Niebla Empalme, à 1 k. de ISiebla, au point de jonction avec la ligne Huelva-Rio Tinto, qu'on longe ensuite jusqu'à Huelva.
97 k. San Juan del Puerto, X sur (58 k.) Zalamea et (68 k.)i?io Tinto (mines de cuivre). — En face, sur la rive g. du fleuve et sur les pentes d'une colline, Moguevj petit port, avec celui de Palos, au S., d'où partirent, le 3 août 1492, les caravelles de Santa-Maria (ou la Capitana), la Pinta et la Nina, avec lesquelles Christophe Colomb fit son premier voyage. Plus au'S., couvent de la Rabida ( V. ci-dessous), signalé par une gigantesque colonne commémorative.
110 k. Huelva (hôt. : International^ dep. 10 p. par j.; Madrid; Paris, tous trois dans la calle Sagasta), X sur Zafra-Merida (p. 302), Tantique Onoba, ville ae 30,000 hab., ch.-l. de la province du même nom, sur une presqu'île formée par le rio Tinto et l'Odiel, qui a ici la largeur d'un bras de mer, et se réunit plus au S. au rio Tinto. Cette ville, sans intérêt pour le touriste, doit son importance aux abondantes mines de cuivre de la région, j qui ont fait donner à la province de Huelva le surnom de Californie du cuivre, et dont elle est le port naturel. — Le port, avec plusieurs môles où l'on charge des minerais, est curieux à visiter ; embarcadère avec palmiers.
La zone métallifère (y compris la partie qui se trouve en Portugal) mesuré . env. 240 k. de longueur sur 25 k. de largeur. — Parmi ces mines exploitées depuis les temps les plus reculés — puisqu'on retrouve partout les traces des exploitations des Arabes, des Romains et même des Phéniciens, — il faut citer celles de Rio Tinto (85 k. N.-E.; exportation annuelle, 1,850,000 t. de minerai), de Tharsis (46 k. N.; exportation annuelle, 300,000 t.), de la Zarza réunies à Huelva par des voies ferrées. Pour visiter ces mines, il faut demander à l'avance des permissions aux représentants des diverses^ ; compagnies, soit à Madrid, soit à Huelva.
[La Rabida (au S.-E. ; 3 à 4 h. env. aller et ret. de Huelva en barque, prix à débattre; on ne débarque pas toujours à pied sec). — Ce célèbre couvent • de Franciscains (la Rabida est un vocable d'origine arabe signifiant « frontière »), auj. monument national, s'élève au sommet d'une colline dominant l'embouchure dans TOcéan de l'Odiel et du rio Tinto réunis. Devant l'entré© du couvent s'élève une croix de fer sur un stylobate entouré de degrés en pierre. C'est sur ces degrés que Christophe Colomb tomba épuisé par la fatigue, lorsqu'il vint, en 1491, demander au portier du couvent du pain et de l'eau pour son jeune fils Diego. Le prieur était Juan Perez de Marchena, qui reçut de Colomb la confidence de ses projets et lui prêta un actif et persistant appui. L'ancien couvent (xiv«-xviti* s.) a été réparé par le duc de Montpensier et par l'Etat (1892). On y voit un joli cloître mudejar, et au 1" étage une salle qui renferme un portrait de Colomb et quatre tableaux représentant : Colomb venant demander, en 1491, le pain et l'eau à la Rabida ; Colomb expliquant ses projets au prieur; la publication à Palos, en 1492, de l'ordre royal relatif à l'armement des caravelles ; Colomb prenant congé du prieur le 3 août 1492 L'église, dont l'abside remonte au xui* s., a dans la nef un magnifique plafond artesonado (en restauration). — A côté du monastère, une gigantesq.ue colonne a été érigée en 1892, 4« centenaire de , l'expédition de Colomb.]
De SÉVILLE A CoHDOUE, R. 29, en sens inverse; — a Cadix, R. 31 ; — a Grenade PAR BOBADILLA, R. 32. "
Distfince parla route, de Séville à : — Cordoue, 137 k.; — Madrid^ 558 k.; | — Cadix, 169 k ; - Merida, 200 k.; — Dadajoz, 219 k. . 1
il JEREZ. Il [R. 31] - 343
Route 31. — DE SEVILLE A CADIX
^ 153 k. (C^« des Ch. do fer andalous ; gare de Cadix), en 3 h. 15 par l'express (1'* et 2' cl.), en 4 h. à 6 h. par les autres trains; 19 p. 80, 14 p. 60, 8 p. 70. — ^ à vap., en 8 h. env. (p. 341).
Auto-cyclisme : — ^ 169 k. ; route passable jusqu'à Jerez, très bonne et piltoresquc de îà à Cadix. — On sort de Séville par la calle Oriente. — 18 k. 3. Alcald de Guadaira. — 39 k. 8. Utrera. — 112 k. Jerez (sortie par la calie de las Armas). — 129 k. 5. Puerto de Santa Maria (droits, 1 p.). — 139 k. 2. Puerto Real. — 154 k. San Fernando. — 169 k. Cadix.
La voie franchit le Guadaira. A dr., sur la rive dr. du Guadalquivir, S. Juan de Aznalfarache. Plantations d'orangers. — 14 k. Dos Hermanas, petite ville de 7,800 hab. entourée de jardins. — Au loin, sur la g., sierra de Morôn.
31 k. Utrera (fonda del Léon de Oro, convenable), ville riche et prospère de 15,138 hab., dans une belle vaiJée entre deux hautes collines et jadis d'une grande importance, surtout du temps des Maures. — Eglise Santa Maria de l'Asunciôn, du xiv* s., toute modernisée, avec une tour 1res élevée (à Tint., tombeau du comte d'Arcos). — Eglise de Santiago, gothique, avec une crypte ayant la propriété de conserver les corps en les momifiant. — Ruines d'un vieux château. — Près de la ville, sanctuaire de N" S'' de Consolaciôn, où a lieu une célèbre procession (romeria) le 8 sept.
D'Utrera a Marchena, a Bobadilla et a Grenade, R. 32.
La voie franchit le Salado de Morôn. — 44 k. Las Alcantarillas (près de la station, ruines d'un vieux pont, jadis fortifié), — 55 k. Las Cabezas de San Juan, à 3 k. à g., sur un coteau. — La voie traverse une grande plaine et une longue étendue de marais (las Mavismas de Lebrija), auj. drainés et asséchés. — A g., haute tour de Lebrija.
72 k. Lebrija, jolie ville de 11,000 hab., la Nebrisa des Romains, sur les pentes d'un mamelon (vieux château; murailles garnies de tours). Uéglise Santa Maria, en partie du style mauresque, terminée au xvi" s. dans un style mélangé de gothique et de Renaissance (à Tint., retable sculpté et peint par Alonso Cano), a une tour élégante du xvin" s. ; dans le cloître, crucifix par Montahés.
84 k. El Cuervo; à 5 k. à dr., au sommet d'une colline, Trebujena, La voie ferrée descend, puis traverse une immense plaine à peu près inculte, nommée les llanos de Caulina. — Au loin à g., ruines très pittoresques du vieux château maure de Melgarejo, dominant les restes de la chartreuse de Gigonza.
104 k. Jerez de la Frontera (g) (hôt. : de los Cisnes, bon, dep. 10 p. par j.; de la Victoria; Jerez; voit. 1 p. la course, 2 p. 5() l'h.; agent consul, de France : M. Salvador Diez, à la Bodega Diez Hermanos, en face de la gare), ville de 63,473 hab., le Ceret des Visigoths, l'une des plus agréables villes de l'Andalousie, renommée pour ses vins.
Itinéraire, — De la gare, par la calle de Médina, la 3' rue tra-
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versière à g., la plaza de las Angustias et la calle Canovas del CastillOy on atteint la plaza de Alfonso XII, ou de la Gonstituciôn, vaste quadrilatère avec bassin, platanes et quelques beaux palmiers.
Au N.-E. de cette place, la calle Larga ou del Duque de Almodovar ^ del Rio, plantée d'orangers, et où se trouvent les principaux magasins, aboutit à VAlameda de Crislina, plantée de beaux arbres.
A rO. et à quelques pas de la plaza de Alfonso XII, l'ancien AyuntamientOy par Andrés de Ribera (fin du xvi* s.), a une façade plateresque à colonnes corinthiennes, décorée de statues et couronnée d'une frise ravissante et finement sculptée (sous le porche, petit dépôt archéologique; à Tint., Bibliothèque municipale), — Tout ' près est Véglise San Dionisio, construite dans un style gothico- ^ mudejar au xni* s.
Au b., la plaza Fortun de Torres ou Alameda Vieja sert de promenade publique (concerts en été). Sur son côté N. l'ancien Alcazar (on peut visiter en l'absence du propriétaire; pourb.), devenu l'habitation des ducs de San Lorenzo, est surmonté de deux tours : tour de VHomenaje et tour octogonale, d'où l'on a une belle vue.
Sur le côté 0. de cette place, l'église collégiale San Salvador, commencée à la fin du xvii® s., a été achevée en 1756 sous la direction de don Torcuâto Tayon de la Vega. Près de la façade, trop sculptée, s'élève le clocher, isolé, haut de 50 m. et, en partie, du style ogival-mauresque (belle vue, du sommet).
A l'église collégiale est annexée une bibliothèque, qui possède une collection de monnaies (Monetarlo) formée par l'évêque de Sigûenza Diaz de la Guerra, natif de Jerez.
Près de l'église S. Juan, à l'angle des rues Juan de Dios, Lacoste ' et Ponce de Léon, jolie fenêtre d'angle de style plateresque.
Au S.-O. de l'Alameda Vieja, les importantes bodegas (caves et chais) de la maison Gonzalez, Byass et C, méritent une visite (on peut visiter de 9 h. à 4 h.; un employé sert de guide, pourb.). L'établissement couvre une surface de 65,000 m. carrés; le ^ prix des vins varie de 3 p. la bouteille à 30 p. : « Jerez N. P. U. » \Non plus ultra).
Au S.-E. et à peu de distance de la plaza de Alfonso XII est r* église San Miguel bâtie au xv* s. dans le style ogival, restaurée de nos jours. La façade est à 2 corps dans le style gréco-romain, extrêmement décorée; jolie' tour.
A Tint., d'une élégante architecture gothique, où se manifeste déjà l'influence de la Renaissance, on remarque les beaux piliers de la croisée, richement ornés, la décoration des portes de la sacristie et du baptistère; au maître-autel, retable avec groupes sculptés par Montanés (1625).
Jerez est entouré de vignobles considérables produisant ce vin célèbre qui se fabrique avec un soin particulier. Un des plus renommés est celui de M. Domecq, dit le Majuelo, de 200 hect. env.
[Cartuja de Jerez (4 k. S.-E.; voit., 5 p. env.; pour s'y rendre suivra la route de la gare, passer sous le pont du chemin de fer qui est après la ■ station, et prendre immédiatement au delà de la route, à dr., jusqu'à la Cartuja). — Ce célèbre monastère de Chartreux fondé au xv« s. par le chevalier Alvaro de Valeto, et auj. abandonné (il sert de dépôt pour les étalons
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•ie la remonte), mérite uoe visite pour sa belle porte d'entrée de 1571, son énLise gothique (on remarquera la façade du xvn« s., d'une grande richesse d'ornementation, et le coro), les cloîtres tombant en ruines, ie réfectoire et la salle capitulaire (le portier fait visiter; pourb. 0,50 à 1 p.).
Arcos (^ -28 k. ; voit. publ. calle de Arcos, 4^; 3 p.). — Une bonne route à l'E. qui passe au milieu de riches vignobles, conduit, en montant presque continuellement, à Arcos (iiôt, Comercio), ville de 13,926 hab., bâtie en amphithéâtre dans une situation pittoresque, sur un rocher en forme de cône tronqué, haut de 166 m. et entouré de trois côtés par le Guadalete; beaucoup d'habitations sont creusées dans le roc. Sur la plaza del Ayuntamiento, Véglise Santa Maria de la Asunciôn, du style ogival, a un beau portail latéral; la tour, moderne et haute de 39 m., est restée inachevée. Uéglise San Pedro conserve les bannières conquises sur les Maures, en 1483, à la prise de Zahora et un retable du xv« s.
A 11 k. N.-E. d'Arcos, Bornos, jolie petite ville de 5,000 hab. dans une riante position sur les pentes orientales de la sierra del Calvario, est une résidence d'été (source sulfureuse).]
De Jerez a San Lugar et a Bonanza, p. 34U
En quittant Jerez la voie contourne la ville, descend au milieu des vignobles, suit la vallée du Guadalete en se dirigeant vers la magnifique baie de Cadix : on aperçoit cette ville, presque isolée au milieu de la mer. — A g., marais salants.
119 k. Puerto de Santa Maria (hôt. Vista Alegre, ^ pour Cadix, p. 349) ou tout simplement el Puerto, le Portas Menestliei des anciens, ville commerçante de 20,650 hab., sur la rive dr. du Guadalete; X sur San Lucar (p. 341). — Non loin de la gare, jardins et paseo de la Victoria (au N.-E. de la ville). De là se dirige au S.-O. la longue et belle calle Larga. — Au S.-O., castUlo de -San Marcos restes d'un château mauresque. — A l'O., Iglesia Principal, bel édifice gothique. — Nombreuses bodegas (caves) appartenant en grande partie à des Anglais.
La voie franchit le Guadalete et le rio San Pedro, autre embouchure du Guadalete. Ce serait dans la plaine qui s'étend à g. que se livra, le 30 avril 711, entre l'armée chrétienne du roi Rodrigue et les Maures commandés par Tarik, la bataille célèbre dite du Guadalete et qui décida la chute de la monarchie des Goths.
125 k. Halte de VEmpalme de Trocadero.
[Tpocadero (^ffi 7 k.), bourg de pêcheurs sur le canal du même nom. En 1823, l'arméeTrançaise, commandée par le duc d'Angoulême, s'empara, après une défense obstinée, du fore avancé du Trocadero, principale défense de Cadix où les Certes s'étaient retirées emmenant le roi Ferdinand VIL]
128 k. Puerto Real,- petite ville de 11,943 hab., l'ancien Portas Gaditanus des Romains, reconstruite par les Kois Catholiques en 1483: station de bains de mer fréquentée comme toutes les villes . qui entourent la baie de Cadix et la cote jusqu'à San Lucar de la Barrameda. — La voie contourne la baie de Cadix en passant au milieu de marais salants, puis, laissant à dr. le vaste arsenal maritime delà Carraca, franchit le bras de mer du Santi Pétri, qui sépore du continent Vile de Léon, où se trouvent Cadix et San Fernando. A 2 k. E. un pont de pierre, le puente t%aaz0y date, croit-on, de \ l'époque jomaine.
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139 k. San Fernando (^ pour Algeciras, p. 360). ville de ■^. 29,287 hab., dans une région de marais salants, s'appelait jadis Isla de Léon, mais, en raison du rôle qu'ellajoua en 1810 lors de la guerre de l'Indépendance, les Cortès, dont cette ville fut le dernier refuge, lui conférèrent, en 1813, son nom actuel. Elle est la résidence des administrations de la marine militaire. Il y a un panthéon de marins illustres.
[Sur une colline (82 m.), à 500 m. O., Y Observatoire astronomique, dont le méridien sert de base pour tous les calculs astronomiques de la nautique espagnole, se trouve placé géographiquement à 8°32'25" long. O. du méridien de Paris et à 6°I2'20" long. O. de celui de Greenwich.]
La voie passe au pied de l'Observatoire, franchit l'Arillo et s'engage sur l'étroite et longue langue de terre à l'extrémité de laquelle se dresse le rocher de Cadix.
151 k. Aguada-Puntales ou El Puntal (usines), ancien château fort à l'extrémité d'une pointe de terre. — La voie débouche sur le vaste terre-plein de la punta de la Vaca, conquis sur la mer, entre les fortifications de la ville, à g., et la baie dç Cadix, à dr.
153 k. CADIX (Cadiz), ville fortifiée de 6^,:/91 hab., ch.-l. de la province du même nom,, siège d'un évêché, occupe une presqu'île baignée de tous côtés par la mer, à l'exception de l'isthme étroit qui la rattache à San Fernando. C'est une des villes les plus agréables de l'Andalousie, autant par l'élégance de ses habitations, par le bon état et la propreté de ses rues, que par la douceur xi de son climat vraiment exceptionnel. Le thermomètre y descend \ rarement plus bas que + 6° et monte rarement au-dessus de 30°. l
La ville est entourée, sur un développement de 4,500 m., de \ murailles (démolies en partie du côté du port) dont la mer baigne 1 les bases, sauf au fond de l'anse de la Caleta. Elle a deux portes : :j la porte de Terre, sur l'isthme, et celle de la Caleta : sur leur fronton, i les armes de la ville : Hercule domptant deux lions. . |
A l'extrémité 0. du rocher de Cadix, sur une pointe qui s'avance % de plus de 1 k. dans la mer, se dresse le fort de San Sébastian, fondé sur les enrochements d'énormes pierres qu'on prétend avoir j appartenu au temple d'Hercule. |
Les rues, bien alignées, assez étroites, ont une physionomie i toute particulière avec leurs maisons blanches, à miradors et à ^ terrasses {azoteas) avec belvédères. Les eaux pluviales, soigneusement recueillies sur ces terrasses, sont conduites dans des citernes, car la ville n'a pas de fontaine ; l'eau potable est apportée de Puerto Santa Maria. Les nombreuses places sont l'olies, plantées d'arbres (palmiers) et de fleurs. Mais ce que Cadix offre de plus remarquable c'est sa promenade des remparts, avec TAlameda et le Parque Genovés.
Gare : — omnibus des hôtels et 1 à la douane, 50 c. par colis (prix plus voit, de place (1 p. 50); visite de élevés si la mer est mauvaise); le l'octroi. V facteur (mandadero) qui décharge les
Débarquement : — 1 p. 25 par colis à la douane, se charge aussi de pers. ; 50 c. par colis ; de la barque | les porter à l'hôtel ; en somme, cela
Il CADIX. Il
revient à env. 4 p. ; — omnibus des hôtels sur le quai.
Hôtels : — de France et de Paris, pi. de Loreto (bien tenu; dep. 12 p.; bains, rest.) ; — de Cadiz, pi. de la Constituciôn, 4 (dep. 10 p.); — Cojiti nental^ calle del Duque de Tetuan, 23 (pens. dep. 8 p.); — Victoria, calle de Isaac Peral, 11 et 12, etc.
Cafés et Brasseries : — Cerveceria Inglesa, plaza de la Constituciôn ; — Café parisien, plaza de Loreto; — Idéal Boom, Café Impérial, calle del Duque de Tetuan.
Bains : — Baîios orientales, calle Ve^a Murgia, 29; — bains de mer :
— del Real, plage de la Caleta ; — Balneario Victoria, à San José.
Poste : — calle del Sacramento, 1 (plaza de Castelar).
Télégraphe : — alameda de Apodaca, 20; télégraphie sans fil.
Voitures de place : — à 1 chev.,
1 ou 2 pers., la course 1 p., l'heure
2 p. ; 3 à 4 pers., 1 p. 50, 2 p. 50; à 2 chev., 1 ou 2 pers., la course 2 p. l'heure 4 p., 3 à 4 pers., mêmes prix.
Trams électriques : — de Talameda de Apodaca à San José et au Balneario Victoria, 15 c. ; à Camino et Puntales ; à San Fernando et Carraca (80 c. ; aller et ret. 1 p. 20).
Bateaux à vapeur : service local (bureaux, calle Santo Cristo, 2, près
fR. 31] — 349
de la pi. Castelar) : 5'ou 6 fois par j., pour Puerto de Santa Maria (en 1 h^; 1 p. 25, 70 c), 3 ou 4 fois pour Puerto Beat et Carraca (1 h. env. ; 1 p., 65 c); les heures varient suivant la marée. — Vapores Correos de Africa (agence à la plage) :
pour Tanger, Algeciras ei Gibraltar (p. 365); pour Ceuta (1 fois par sem., le jeudi) ; — Ibarra et C'* : pour Mâlaga, Almeria, Cartagène, Valence, Tarragone, Barcelone et Cette ; pour Huelva, Lisbonne, Vigo, Carril, la Corogne, Santander et Bilbao, etc.
Libraires : — Ybanez, calle del Duque de Tetuan, 37; — Morilla^^ calle de San Francisco, 36.
Changeurs : — calle de San Francisco, 8, 16 et 24.
Théâtres : — Gi'an Teatro, pi. de Alfonso XII; — Principal, calle de Aranda; — Comico, calle San Miguel;
— théâtre d'été, au parc Genovés.
Plaza de Toros : — dans le quartier S.-E., près du bord de la mer.
Arène pour les combats de coqs :
— calle dos Emparados, 1.
Consulats : — de France, plaza
de Mina, 10 ; — de Belgique, calle José Ramon de Sta CruZ, 2; — d'Italie^ calle San Miguel. 12; etc.
Sociétés de tourisme : —- renseignements gratuits dans le petit kiosque à l'entrée du Môle, près de la gare.
Histoire. — Pline disait que lorsque se produisit la grande catastrophe de l'Atlantide, le rocher de Gadir fut un débris de ce grand continent, que la mer ne put entraîner. Il n'appartenait pas au vieux monde, et il survivait extra orbem. Un oracle avait ordonné aux Phéniciens de fonder un établissement au delà des colonnes d'Hercule et ce fut seulement après deux tentatives infructueuses qu'ils parvinrent à asseoir sur ce rocher les fondements d'une ville et un temple.
Cela remonterait à 1,100 ans peut-être av. J.-C. — La cité phénicienne desMent plus tard la Gadès, la Julia Augusta Gaditana des Romains, d'où le nom de Gaditans donné encore aujourd'hui aux habitants de Cadix. — Il ne fut plus question de Cadix au temps des Goths. La ville tomba au pouvoir des Maures après la grande défaite de Guadalete (711). En 813, les Normands ruinèrent toute cette partie de la côte et Cadix fut absolument dévastée. En 1262, le roi Alphonse le Sage parvint à s'emparer de Cadix et commença à la repeupler; ses premiers habitants chrétiens lui vinrent du pays qui est aujourd'hui la province de Santander.
Après la découverte do l'Amérique,^ l'importance commerciale de Cadix s'accrut considérablement. — En 1596,' les Anglais prirent la ville d'assaut et la saccagèrent. Ils revinrent, trente ans plus tard, mais furent contraints de se retirer.
En 1797, la flotte anglaise, commandée par Nelson, bombarda la ville pendant deux jours, sans faire beaucoup de mal.
En 1805, une escadre française, commandée par l'amiral Villeneuve, et une escadre espagnole, sous les ordres de l'amiral Gravina, étaient à l'ancre
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dans la baie. La flotte anglaise do l'amiral Nelson manœuvrait dans le détroit. Villeneuve résolut de lui otïrir le combat et entraîna avec lui Gravina. La rencontre se fit dans les eaux du cap Trafalgar (p. 359). Cadix vit rentrer sous ses murs les quelques navires qui échappèrent au désastre.
En 1823, Ferdinand VII, entraîné hors de Madrid par le mouvement constitutionnel, fut amené à Cadix par les Certes. L'armée française libératrice, conduite par le duc d'Angoulême, arriva huit jours après au Puerto Santa Maria, et attaqua le Trocadéro (p. 346), qui céda promptement. Au bout de trois jours, Ferdinand VII était au milieu du camp français. Une division française entra tout aussitôt dans Cadix, occupa cette ville et les diverses places voisines jusqu'à la lin de 1828.
ITINÉRAIRE. — Les voyageurs qui arrivent à Cadix par la voie ferrée suivent le môlCj d'où on a un beau coup d'oeil sur le port, les hautes maisons qui dominent les murailles au N.; ceux qui arrivent par mer et que des barques amènent du bateau mouillé en rade, descendent devant la douane, (On trouve des omnibus d'hôtels à la gare et à la douane.)
A l'entrée de la plaza Isabel II, on a élevé en 1909 un splendide monument (par Querol) à Moret, politicien libéral encore vivant. La place plantée de palmiers est bordée au S. par VAyantamiento, orné de colonnes et de pilastres ioniques.
Au N. de la plaza Isabel II, on a créé, grâce au dérasement de l'ancien rempart, une large promenade plantée de palmiers, qui longe le quai du port et s'étend jusqu'au grand bâtiment de la Douane. Par cette promenade ou par la calle del Duque de la Vie- ] toria, on peut aller au Musée archéologique (ouvert de 9 h. à 3 h.; entrée de côté par une petite porte de la calle Alcala Galiano) ■ renfermant, entre autres antiquités, les reste** de la nécropole phénicienne de Cadix (sarcophage anthropoïde de style gréco-phénicien, quelques bijoux). La calle del Duque de la Victoria se con- ■ tinue par la calle de San Francisco^ très animée, qui conduit à la. "^ plaza de Mina, ornée d'un très joli jardin avec palmiers et: bordée à l'E. par l'Académie. "
Le Musée de peinture est installé au 1*' étage de V Académie des Beaux-Arts (ouvert t. 1. j. jusqu'à la nuit).
I" SALLE. — Do dr. à ç;. : 23. De Heem. Nature morte. — 34. Murillo. Ecoe home. — 59. Van Dyck (?). Le Christ mort soutenu par un ange. — 104. Ec. espagnole. Portrait d'un général de l'ordre de Saint-Jean de Dieu. — {Sans n*>. Rubens (V). Sainte Famille. — 19. Maître néerlandais du xvi« s. Triptyque : au centre, le Christ mort, la V. et des saints. -- 23-24. Herrera. \ St Paul; St Pierre. — 7. Al. Cano. La V. apparaissant à St François. — 64. Zurbaran. St Bruno en prière; 63. La Portiuncule; 65. La Pentecôte; 66 à 80. Série remarquable de Saints, de Martyrs et d'Anges. — 95. Ec. de ' Cologne. La V. à l'Enl".
2^ SALLE. — Tableaux modernes. — Arredondo. Porte mauresque à Tolède. — Bodriguez. La Junte de Cadix en 1810. — Viniegra. Enterrement d'Isabelle la Catholique, etc.
Un peu plus loin à l'O, se trouve la vaste plaza de la Constîtueiôn d'où descend, sur le côté S.-E., la calle Duque de Tetuân, la plus belle rue de Cadix.
On se dirigera au N. vers T^alameda de Apodaea, agréable, promenade d'où partent les trams électriques qui vont au Bal-
1! CADIX. Il [R. 31] - 351
neario Victori«i, à San Fernando, etc. (V. ci-dessous). En se dirigeant à VO., on fera le tour des remparts, d'où l'on a tout le temps l'admirable spectacle de la mer. Sur le côté N.-O. du roclier de Cadix, le paseo de las Delicias longe, à dr., le * parque Genovés, avec des allées et groupes de palmiers incomparables, des fleurs, une grotte-rocher entourée d'une pièce d'eau; il y a aussi un théâtre d'été. — En face de la grotte, la calle de Sania Rosalia conduit à la plaza Fragela où l'on voit le Jardin botanique et le Gran Tealroy nouveau théâtre de style mauresque.
Au delà du fort de Santa Catalina sont les bains de mer dans l'anse de la Caleta. A g. se trouvent 2 hôpitaux avec de beaux patios.
Au delà de la porte de la Caleta, le rempart tourne brusquement à l'E. et on longe à g. des quartiers populeux (paseo del Sur).
Sur cette partie du rempart on visitera, à g., la chapelle Santa Catalina (ou de los Capuchinos; sonner à la porte à g. dans le patio), qui appartenait au couvent des Capucins, transformé maintenant en asile d'aliénés.
Au-dessus do Tautol, peintures de Murillo (sa dernière œuvre, 1682) : au centre. Mariage mystique de Ste Catherine (delà main du maître); au-dessus, Dieu le Père; des deux côtés, St Michel et St Raphaël, St Joseph avec Venfant Jésus et St François en extase (achevés par des élèves). — Sur la paroi g., St François en extase et la Conception^ attribués à Murillo.
On suivra ensuite le rempart jusqu'à une grosse tour carrée avec tourelle qui flanque la façade» de \Si vieille cathédrale {Catedral Vieja), fondée au xiii" s. et reconstruite à la fin du xvi" : à Tint, quelques peintures de mérite et belle custode en argent du xvii®s., haute de 4 m., œuvre d'Antonio Saurez.
A côté est la cathédrale (Catedral Naeva), commencée dans la r* moitié du xv»!** s. et achevée dans la 1" moitié du xix*. Elle est d'un style gréco-romain assez lourd.
Intérieur. — L'int., long de 85 m., large de 60, haut de 52 à la coupole, est divisé en 3 nefs par d'énormes piliers sur lesquels sont plaquées 150 colonnes d ordre corinthien. — Coro : stalles, œuvre de Pedro Duque Cornejo, élève de Roldân, et provenant de l'anc. Cartuja de Séville. — Chapelle des Reliques : au chevet, Conception attribuée au peintre Clémente de Torres.
— Chap. Saint-Sébastien à g. : St Bruno, de Montanés. — Chapelle souterraine (sadr. au sacristain) ou Panthéon, consacrée aux évêques du diocèse : voûtes très surbaissées, chef-d'œuvre de construction, écho extraordinaire.
— On peut monter à la tour E. (beau panorama).
Sur la place de la Cathédrale, plantée de palmiers, s'élève la statue en bronze de l'évoque Domingo de Silos Moreno (1856).
Un peu ap N. de la cathédrale se trouve la plaza de Castelar, avec de beaux palmiers et ornée de la statue de Castelar. — De là, la calle del Sacramento mène à g. au parc de Guerra Jimenez qui domine la place du Marché, puis à dr. à la tour de la Vigia ou tour de Tawira (entrée, calle Marqués del Real Tesoro), haute de 31 m. au-dessus du sol et de 41 m. au-dessus de la mer (c'est le point culminant de la presqu'île). On y montera (pourb. 30 c. à 50 c.) pour jouir du beau spectacle de la ville et de la baie. Au N.-O.,