BAEZA. — UBEDA. || [B
Route 36. — DE MADRID A GRENADE
A, — Par El Arquillo et Moreda.
ç^ 491 k. ; C* Madrid-Saragosse-Alicante, de Madrid (gare du Midi) à El Ar« quillo et C'« du Sud de l'Espagne (carnets kilométriques non valables) de El Arquillo à Grenade, en 11 h. 55, par le rapide de jour (l'« cl.) qui n'est pas quotidien toute l'année (se renseigner), et en 17 h. env. par le train correo du s. (1", 2« et 3« cl.). — 63 p. 25, 49 p. 10, 30 p. 15.
315 k. de Madrid à El Arquillo (D (R. 28; X pour Gordoue et Séville), gare où l'on change de train et de voiture. De la gare, tram électr. pour Baeza, Ubeda et Linares (p. 307).
[Baeza {^^ électrique, 21 k., en 1 h. 30 env., 2 p. 35, 1 p. 90; on passe par la iedra, 15 k.» où se détache la ligne d'Ubeda), ville de 14,380 hab. (hôt. Espana), la Vivatia, des Romains, conserve encore une partie de son ancienne enceinte. — Cathédrale gothique, rénovée au xvi® s. — San Felipe Neri (façade avec beau portail ogival). — San Francisco (ruines de l'église ; dans le couvent, chapelle richement décorée). — Casas Consister iales (ancienne municipalité; façade en assez mauvais état, mais d'une belle architecture). — Ayuntamiento, édifice bâti en 1559 pour servir de prisait, (façade Renaissance, très élégante surtout dans la partie supérieure). ~ Seminario de San Felipe (charmante façade ogivale; très jolie ornementation du corps central; beau patio). — Fontaine monumentale (1564), en forme d'arc de triomphe. — Portes : de la Virgen del Popolo (arcades ogivales); de San Juan (petite, mais remarquable), etc.
Ubeda (;^g électrique, 23 k., en 1 h. 30; 2 p. 75, 2 p. 20), ville de 19,913 hab., sur les hauteurs de la Loma de Ubeda, garde des restes de son enceinte du temps des Maures. L'église Santa Maria a un sanctuaire en rotonde et une riche façade sculptée et ornée d'une Transfiguration, par P. de Valdelvira; El Salvador (1540) et la Colegiata, sont d'architecture classique; San Pablo a une façade ogivale et un portail remarquable. La façade de la casa de las Torrea est de proportions monumentales, mais d'un style bâtard.]
La ligne de Grenade, se détachant à g. de celle de Gordoue et Séville, se dirige vers le S., puis à l'E., après avoir franchi le Guadàlimar. — 325 k. Torreblascopedro. On remonte la rive dr. du Guadalquivir.
• 335 k. Baeza y Begijar, station située à 7 k. S. de Baeza {V. ci-dessus). — La voie franchit le Guadalquivir, dont elle suit d'assez près la rive g.
343 k. Gardez y Jimena. — La voie ferrée quitte la vallée du Guadalquivir, pour se diriger au S, dans celle du Guadianamenor.
— 301 k. Los Propios, — La voie traverse une région désolée, extrêmement accidentée, au moyen de nombreux tunnels et de gigantesques viaducs. — On franchit la gorge profonde du rio Salado sur un pont long de 320 m., haut jde 110 m. (2 grandes arches de 105 m. d'ouverture). — 377 k. Làrva. — 406 k. Huelma.
— Pont sur le Guadahortuna. Long viaduc. — 412 k. Alamedilla. 433 k. Noreda d). On change généralement de train pour
Grenade.
378 — [R. 36] Il DE MADRID A GRENADE. ||
DE MOREDA A ALMERIA PAR GUADIX (ç^ 125 k. C'« Sud de l'Espagne [carnets kilométriques non valables], en 4 h. à 7 h. ; 15 p. C5, 12 p. 20, •7 p. 50). — 18 k. Fondas, sur la rive g. du Fardes. — 20 k. Benalua dt* Gùadix. — On traverse une campagne parsemée de petites collines isolées déchirées et sillonnées par les eaux pluviales, ce qui leur a donné des formes bizarres de châteaux forts ; ces collines servent d'habitation à toute une population, aux portes mêmes de Guadix. C'est presque un village, dit ôarrto de Santiafjo, et habité par des gitanos..
25 k. Guadix (X pour Baza et Murcie, R. 38), ville de 12,100 hab., ÏAcci des Celtibères, le Wadi-Asch des Maures, est située au centre d'une vega fertile, qui occupe le fond d'un ancien lac, au pied des derniers contre-forts N. de la sierra Nevada. Autrefois cité importante, elle a gardé des vestiges de ses anciennes défenses, entre autres de VAlcazaba mauresque, sur une petite élévation au centre de la ville (vue magnifique).
La voie se rapproche des montagnes. — 37 k. La Calahorra (château du commenc. du xvie s., p. lxxvi). — 56 k. Finana, dans le défilé de l'Almeria tributaire de la Méditerranée; à g. le Mojon de Puntas (sierra de Baza); à dr., le Cerro Monténégro (sierra Nevada). — 70 k. Dona Maria^ à 604 m. — 104 k. Santa Fé de Mondujar. — On s'engage dans le défilé qui sépare la êierra de Alliamilla à l'E. et la sierra de Gador à l'O.
125 k. Almeria (hôt. : Continental : del Comercio ; de Londres ; Inglès), ville de 46,806 hab., ch.-l. delà province du même nom, aurait été fondée par les Phéniciens; du temps des Romains elle s'appelait Urci et comptait parmi les ports les plus importants de la côte ibérienne. — C'est une ville mauresque, à minarets, aux murs blanchi^ à la chaux, à la végétation africaine ; grande exportation de raisins frais et de sparte. — Le port (mouvement en 1911 : 1,523 navires jaugeant 1,763,927 t.) est assez bon et la rade, qui est magnifique, est bornée à l'E. par le cap de Gâta et à l'O. par la pointe Elena, sur une ouverture de 40 k. — Cathédrale, ayant plutôt l'aspect dune forteresse, commencée au xvi® s. dans le style gothique et restée inachevée.
— Au N.-O., sur une colline parsemée de ruines, ancienne Alcazaba mauresque aux murailles flanquées de tours (magnifiques citernes; puits profond de 60 m. ; ancienne mosquée transformée en chapelle). — Sur la colline voisine, au N.-E., ruines du casiillo de San Cristobal.
Des services assez réguliers de bateaux espagnols et autres mettent en communication Almeria avec Mâlaga, Cadix, Barcelone, Melilla, etc.
De Moreda, le train s'avance, locomotive en arrière, sur la ligne de Guadix, jusqu'à la bifurc. d'Atascadero (2 k.), puis s'aiguille par une grande courbe au S.-O. La voie monte à (441 k.) Bogarre, au point culminant de la ligne (1,081 m.). — Descente dans la vallée du Gubillas. — 447 k. Pinar^ à 994 m. — 459 k. Isnalloz, à 772 m.
— Tunnel de 260 m. sous le village d'Isnalloz et pont sur le rio Gubillas. — 469 k. Deifontes, à 704 m. — 478 k. Calicasas, — - Tunnel de 100 m. — 485 k. Albolote, à 552 m. — Belle vega de Grenade.
491 k. Grenade (R. 37).
B, — Par Cordoue.
ç^ 689 k. ; C* Madrid-Saragosse-Alicante, de Madrid (gare du Midi) à Cordoue, et C'« des Andalous, de Cordoue à Grenade. — De Cord&ue, train express de luxe bi-hebdomadaire (voit, de luxe, l""® et 2* çl. de Cordoue à Grenade). — 81 p. 90, 63 p. 40, 40 p. 20.
Auto-cyclisme : — © 443 k. — De Madrid à Bailen, 303 k. (p. 305). — De Bailen à Grenade, 140 k. (p. 371).
442 k. de Madrid à Cordoue (R. 28), où l'on change de train
Il ALMERIA. — GRENADE. || [R. 37] — 379
et de voiture. — Pour la description du trajet entre Cordoue et HolKidilla, p. 355.
566 k. Bobadilla (g) (p. 353).
De Bobadilla a Séville, R. 32, en sens inverso ; — a Algeciras, R. 32, 2° ; — a Malaga, r. 35, A.
Pour la description du trajet entre Bobadilla et Grenade, R. 32. 689 k. Grenade (R. 37).
Route 37. - GRENADE ET SES ENVIRONS
GRENADE {Granada), ville de 80,511 hab., ch.-l. de la province du même nom, siège d'un archevêché, est merveilleusement située à 088 m. d'alt., au pied du versant N.-O. de la sierra Nevada, dont elle occupe les derniers contreforts, et, sur les deux rives du Darro, petit torrent recouvert sur une partie de son parcours à travers la ville et affluent dr. du Genil qui coule au S. De tous les cotés, et plus ou moins rapprochées, se dressent des chaînes de montagnes dont la plus élevée est la sierra Nevada.
La ville occupe les pentes de trois collines, que l'on a comparées aux quartiers ouverts d'une grenade. La première et la moins élevée, le Monte Mauror, est couronnée par les Torres Bermejas (Tours Vermeilles), ainsi nommées à cause de leur couleur rougeâtre, construites au xi" s., sur les ruines d'une fortification plus ancienne. UAlhambra développe, sur la deuxième et la plus haute, ses murailles, ses tours carrées, ses merveilleux palais et ses jardins. Le quartier de VAlcazaba est échelonné sur la pente de la troisième colline, séparée des autres par le ravin profond du Darro; il se prolonge par le faubourg de rA/6aycm jusqu'au versant d'une autre colline, la plus élevée, le cerro de San Miguel,
Au S. et à rO. de la ville s'étend la vega, immense bassin arrosé par le Genil et ses affluents, entrecoupé de canaux d'irrigation créés par les Maures. Un historien arabe l'a comparée à « une coupe d'argent remplie d'émeraudes et de pierres précieuses ».
Le climat est agréable et tonique ^râce à l'altitude; la température moyenne est de 14**8 avec un minimum de — 5" et un maximum de + 38°.
Gares : — des chemins de fer Andalous (ligne de Bobadilla); — des Chemins de fer du Sud de l'Espagne (ligne de Moreda); — toutes les deux au N.-O. de la ville, assez loin des hôtels du centre et encore plus loin des hôtels de l'Alhambra, situés sur la colline au milieu des ombrages du parc. On trouve aux gares les omnibus des hôtels. Tram jusqu'à la plaza Nueva (15 c).
Hôtels : — 1® Près de l'Alhambra, à l'extrôraité E. de la charmante pro-
menade de l'alameda de l'Alhambra:
— Hôtel-Casino Alhambra-P alace{con' fort moderne; déj. 6 p., dîn. 7 p.; 150 ch. de 8 à 15 p.; pens. de 20 à 30 p. ; théâtre) ; — Washington Irving, avec dépendance Siete Suelos-Roma (déj. 4 p., dîn. 5 p. ; 150 ch. dep. 4 p.; pens. dep. 10 p.)-
2° Dans l'enceinte même db l'Alhambra : — Villa Carmona (8 p.
par j.; fréquenté surtout par les artistes); Alhambra (dep. 8 p.).
3" Dans l'intérieur de la villb •
— Victoria, Puerta Real (très bon ; dep. 8 p. par j. ; bien situé) ; — Gran Hôtel Alameda, bien situé sur la plaza del Campillo (remis à neuf, très bon; déj.
3 p. 50, dîn. 4 p. ; 70 ch. dep. 3 p. 50; pens. dep. 10 p.; asc, chauff., gar. ; cuisine française; musée d'art); — de Paris, Gran Via de Colon (dans un nouveau bâtiment ; asc, bains, chauff.; dep. 8 p. par j.); — plus modestes :
Nuevo Oriente, pi Canovas del Castillo ; — Suizoj Puerta Real (très bon ; dep. 8 p. parj.).
Catés : — Colon, calle de los Reyes Catolicos ; — Impérial, Suizo, Cerveceria, Inglesa, Puerta Real.
Bains : — calle del PoetaZorrilla, 98.
Poste et télégraphe : — calle de los Reyes Catolicos.
Trams électriques : — Plaça Nueva-Cocheras (plaques rouges) par la calle de los Reyes Catolicos, la Puerta Real, la plaza de la Trinidad, l'Université, les paseos del Triunfo et la gare;50 c; — PlazaNueva-Cervantes (plaques jaunes) par la Puerta Real, l'Alameda et le paseo de la Bomba; 15 c.; — Puerta Real-Alhambra (plaques vertes), par les rues de los^ Reyes Catolicos, de Sta Scolastica et de Molinos, puis par une ligne à crémaillère jusqu'à la promenade de l'Alhambra ; 30 c. ; aller et ret. 50 c. ; — Puerta Real-Armilla (plaques bleues), par le puente de Genil.
Voitures de place : — à 1 chev.,
Il GRENADE. ||
2 chev., 2 p. et 2 p. 50 (pour l'Alhambra, 2 p. en sus; pour l'Albaycin et le Sacro Monte, 5 p. en sus).
Diligences pour : — Jaen ; — 3Iqtril; — Lanjaron^ bureau à la Puerta Real.
Agence des chemins de fer {Despacho central) : — Puerta Real.
Libraire : — Ventura Travesety calle del Poeta Zorrilla, 52.
Photographies : — Linares (album de Grenade, très soigné, 5 p.), Alhambra; — M. Garzon, Alhambra; — Enrique Linares, plaza Nueva; — Seîïan y Gonzalez, Alhambra, 45.
Antiquités etsouvenirs de l'Alhambra : — Enrique Linares, plaza Nueva ; — aussi chez les marchands de photographies de l'Alhambra et dans divers magasins de la calle de los Gomeres.
Changeur : — Banque Hispanoaméricaine, Gran Via de Colon.
Théâtres : — Principal (opéra, drame), pi. de la Mariana; — de Isabel la 6'o^ohca (opérette, comédie), pi. de los Campos.
Plaza de Toros :— près des paseos del Triunfo (quartier N.).
Circo gallistico (combats de coqs) :
— Alameda.
Guides : — pour la ville, dans les hôtels (5 à 6 p. par j.); ne pas écouter les officieux, soi-disant guides, et les gitanos qui s'offrent pour la visite de l'Alhambra, etc.
la course en ville, 1 p., l'h. 2 p.; à
Histoire. — On ne sait rien de précis touchant l'origine de Grenade. Il existait au temps des Romains une localité nommée Hiberis, qui en est probablement le berceau. Le nom de Grenade paraît venir de Garnata, village qui était situé sur l'une des collines comprises dans l'enceinte de la ville.
Grenade n'acquit de l'importance que sous la domination arabe. Après être resté longtemps une petite ville de province, Grenade sortit de l'obscurité à mesure que s'affaiblissait la puissance de Cordoue. A la chute de la dynastie des Ommiades au xi" s. le vice-roi de Grenade, Zavi ben Ziri, s'émancipa de la domination des émirs de Cordoue et fonda la dynastie des Zirites sous laquelle la ville commença à se développer. A la fin du xi« s. la ville passa aux mains des Almoravides, qui furent remplacés au , milieu du xii® s. par les Almohades; les Almohades comme les Almoravides étaient venus du Nord de l'Afrique et régnèrent à Cordoue. Sous leur domination Grenade continua de s'agrandir et de s'embellir par la construction de palais, de mosquées, de bains, etc.
Mais la période la plus brillante de l'histoire de Grenade fut celle qui suivit la prise de Cordoue par les chrétiens (1236). Les Arabes chassés de Cordoue et du territoire qui s'y rattachait vinrent chercher refuge à Grenade, qui devint la capitale du seul Etat musulman qui subsistait en Espagne.
Le royaume de Grenade s'étendait de l'O. à TE., le long de la côte de la
II HIStOlRÈ. Il [R- 37] — 381
Méditerranée, de Gibraltar au delà d'Aîmeria; au N. il touchait aux sources du Guadalquivir; pendant 250 ans, sous la dynastie des Nasrides, il parvint à résister aux empiétements et aux attaques des chrétiens d'Espagne et resta le ^lus éclatant foyer de la civilisation dans la péninsule ibérique. D'après les chroniqueurs du temps, Grenade aurait compté alors 70,000 maisons et plus de 200,000 habitants. C'est de cette époque que date le merveilleux palais de FAlhambra dont nous admirons les restes splendides. La campagne, très bien cultivée, était extraordinairement fertile; la ville était pleine de richesses; les arts, les lettres, les sciences, y étaient en faveur et les patriciens y donnaient l'exemple d'une vie luxueuse.
Malheureusement des discussions continuelles dans la famille régnante, des rivalités, des querelles intérieures sanglantes divisaient l'Etat et diminuaient sa résistance aux attaques de ses ennemis.
Les premiers souverains surent manœuvrer avec habileté pour maintenir l'intégrité de leurs Etats : Ibn el Ahmar, le fondateur de la dynastie, qui régna sous le nom de Mohammed I'*" de 1241 à 1272, assura l'existence de son royaume par des alliances adroitement ménagées : il aida même Ferdinand III à combattre à Séville ses propres coreligionnaires. Son successeur Mohammed II (1273-1302) ne fut pas moins heureux que lui. Mais sous Mohammed III les dissensions intestines commencèrent : le sultan fut détrôné par son frère, qui à son tour dut céder le trône à Abou-l-Walid, son neveu. Celui-ci remporta des victoires sur les chrétiens, mais il fut assassiné par un jeune homme dont il s'était approprié la captive. Mohammed IV (1325-1333) fut la victime des Arabes d'Afrique qu'il avait aidés dans une lutte contre les chrétiens. Aboul Hachach, qui régna sous le nom de Yousouf 1" (1333-1354), prince ami de la paix, donna au célèbre historien arabe Ibn el Khatib l'une des charges les plus importantes de l'Etat. 11 mourut assassiné par un fou. Le règne de Mohammed V (135i- 139]), bien que troublé par des révoltes, ne fut pas moins brillant. C'est sous la domination de ces deux princes que furent construites les plus belles parties du palais de l'Alhambra.
Au xv« s., la décadence du royaume devient manifeste : il est attaqué de plus en plus vigoureusement par les chrétiens et il est ravagé à l'intérieur par les luttes continuelles des factions. Sa fin tragique a sousrent été contée par les historiens et les romanciers.
Sous Muley Abou-1-Hassan (1462-1485) commença la guerre avec les Rois Catholiques, qui devait amener la ruine définitive du royaume. La prise de Zahara par les Maures en 1481 provoqua les représailles des chrétfens qui s'emparèrent de la place forte d'AÎhama, où Ferdinand le Catholique entra l'année suivante. Entre temps, des querelles intestines divisaient Grenade. Une belle Espagnole, convertie à la religion de Mahomet, était devenue la favorite du sultan sous le nom de Zoraya et lui avait donné un fils. L'ancienne favorite, Aixa, craignit de voir déposséder son propre fils Abou Abdallah (Boabdil). Les deux familles les plus puissantes de Grenade, les Abencérages et les Zegris prirent parti dans ce conflit, les pre« miers pour Zoraya, les seconds pour Aixa : de là, des luttes sanglantes dans les rues de la ville. Aixa s'enfuit avec ses enfants à Guadix où Boabdil fut proclamé roi (« el rey chico », le petit roi) par ses partisans. Il parvint à détrôner son père, mais fut fait prisonnier à Lucena par les Espagnols (1483) et n'obtint sa liberté qu'en se reconnaissant vassal de Ferdinand le Catholique. Il dut céder le gouvernement à son oncle Az-Zaghal, plus énergique et plus courageux que lui, mais il ne renonça pas à ses prétentions au trône et il y eut par moments deux sultans à Grenade. Malgré quelques succès, Az-Zaghal ne put résister aux forces combinées des Rois Catholiques qui s'emparèrent successivement de toutes les places importantes du royaume. A la fin il renonça à la lutte, laissant tout le pouvoir à Boabdil. Celui-ci, bloqué dans sa capitale, dut rendre la v^lle aux Rois Catholiques qui y entrèrent triomphalement le 2 janvier 1492.
382 — [B. 37] Il GRENADE;
A Grenade, comme dans les autres villes qui avaient été musulman^ la victoire des catholiques marqua le commencement de la décadence , l'intolérance religieuse des vainqueurs chassa les anciens habitants auxquels étaient dues la richesse et la fertilité du pays. Trente-cinq ans après la conquête, bien des maisons tombaient déjà en ruines; bien des jardins, bien des champs étaient abandonnés. Philippe II, par son atroce persécution des Morisques (Arabes qui s'étaient soumis aux vainqueurs), acheva de ruiner le pays.
Grenade a vu naître : Fr. Luis de Grenade (f 1588), que les Espagnols regardèrent comme l'un des premiers prosateurs de leur grand siècle ; Don Diego Hurtado de Mendoza, historien et humaniste; Alonso 6'ano (1601- 1667) peintre, sculpteur et architecte; Eugénie de Guzmnn y Po riocarre ro (1826J qui épousa, en 1S54, l'empereur des Français, Napoléon III
Kisite de la ville.
Emploi du temps : — Visite en deux jours pour les touristes pressés. - Le 1" jour : après avoir pris le permis de visiter le Génëralile à la casa di LOS TiROs (p. 389), on consacrera la journée à l'Alhambra (p. 390) et au Géné^ ralife (p. 400).
Le 2° jour : — le matin, la casa del Carbon (p. 389), la rue du Zacatin^ la Cathédrale (p. 383) et la Gapilla Real (p. 385) ; — l'après-midi, I'église di San Jerônimo (p. 388), les paseqs del Triunfo (p. 387), la Cartuja (p. 388), U quartier d'Albaycin (p. 401), et les habitations des gitanes (on pourra montei au Sacro Monte).
On ne regrettera pas de prolonger son séjour à Grenade pour faire plu-< sieurs visites à l'Alhambra. Les vues sur la ville, la campagne et les mon-^ tagnes sont magnifiques, surtout au coucher du soleil ; c'est un éblouissement véritablement féerique comme lumière et comme tons.