‹ Espagne et PortugalChapitre 142 sur 196 · II. — Partie Nord · texte numérisé non relu

II. — Partie Nord

CATHÉDRALE; CAPILLA REAL; SAGRARIO; PALAIS DE L'AUDIENCIAj ÉGLISE SAN JERÔNIMO

A l'entrée de la calie de los Reyes Catolicos, au K., en face de la plaza de Canovas, la calle del Principe conduit à la plaza de Bibarrambia ou de la Constitueiôn, vaste quadrilatère avec la statue du moine Louis de Grenade, au centre; son nom vient de Tancienne porte arabe (Bib-Arramla); elle était célèbre au temps des Maures comme le théâtre habituel des joutes, des tournois et des courses de taureaux et souvent aussi des luttes entre les partis qui se partageaient la ville.

De Tangle S.-E. de Bibarrambia part, du côté E., une rue animée, le Zacatin. Au N. du Zacatin, entre celui-ci et la cathédrale, s'étend VAlcaiceria, ancien bazar arabe où l'on vendait la soie ; détruit en 1843 par un incendie, il a été reconstruit à peu près sur l'ancien plan.

A l'E. de Bibarrambia, \e palais archiépiscopal (PI. il), du xvii® s., sépare cette place de la, plazuela de las PasiegaSy sur laquelle s'élève la cathédrale.

La '^^ cathédrale (PI. 1; ouverte de 6 h. à midi et de 2 h. 30 à 5 h. ; sacristie à 10 h. et 3 h.), commencée en 1523 sur les plans de Enrique de Egas, dans le style gothique, fut continuée dans le style Renaissance par Diego Siloe, qui dirigea les travaux de 1529 à 1563, année de sa mort; il en résulta une combinaison des deux styles analogue à celle qui se produisit à la même époque à Saint- Eustache à Paris. L'église, encore inachevée, fut inaugurée en 1561. Plus tard les travaux continuèrent sous la direction de Juan de Maeda, élève de Siloe, puis d'Ambrosio de Vico qui élevèrent la tour N.

La façade^ assez lourde et peu en accord avec le reste du monument, a été construite, au xvii* s., j^aT Alonso Cano et José Granados (au-dessus de la porte centrale, ryncarna^io/ï, bas-relief par J.RisuehOy 1717; au-dessus des portes latérales, Visitation et Assomption par M. et L. Verdiguier, 1782). — Sur le côté N. de l'église s'ouvrent deux portes : la puerta de San Jerônimo, œuvre de Diego Siloe, pour le premier corps (1532), et de Maeda pour le second (le couronnement date de 1639); et la belle * puerta del Perdôn, par Siloe (1537), dont la partie supérieure par Ambrosio de Vico date de 1610. — Sur le côté S.-E., dans le pourtour de l'abside, \8l puerta del Colegio Eclesiastico (séminaire; 1530) est ornée d'un bas-relief {Ecce homo) par Siloe. — La tour, large de 18 m. à sa base, haute de 57 m., est inachevée (elle devait avoir 24 m. de plus).

Intérieur. — L'int., long dé 116 m. et large de 67 m. 25, a 5 nefs soutenues par 20 énormes piliers flanqués de colonnes corinthiennes à demi enga^ gées. Les voûtes sont ornées de nervures.

Trascoro de 1737, surchargé de marbres, de sculptures et d'ornements d'un style baroque ridicule. Sur l'autel, petite mosaïque {Tnitation de St Antoine); au-dessus, statue de la Ste Vierge, patronne de Grenade.— Quatre ttatves d'évôques par Agustin Yera.

Coro. ~ Stalles, en partie du commenc. du xvi« s. — Orgues, du xviii« s..

384 — [R. ât] . Il GRENADE, tt

d'une grande puissance et de jeux très variés. — Alonso Cano (f 1667) et Mariana Pineda (p. 389) sont enterrés sous le coro.

*Capilla Mayor. — C'est une des plus somptueuses d'Espagne. Soutenue par 12 gros piliers corinthiens divisés en deux ordres, elle offre cette particularité architecturale que l'arcade d'entrée n'altère pas la forme circulaire de la coupole. Les colonnes du premier ordre sont ornées de festons, de fleurs et de fruits, et portent les statues des Apôtres de grandeur colossale, par Alonso de Mena (celle de St Paul) et Martin de Aranda. Au-dessus des arcades, peintures de Bocanegra et de Juan de Sevilla. Entre les colonnes du 2® corps, 1 çcrandes peintures d'Alonso Cano {scènes de la vie de la Vierge, 1652-1664) sont surmontées de 14 belles fenêtres dont les vitraux (par Th. de Hollande) représentent la Passion. De la frise qui les couronne s'élancent dix arcs qui forment la coupole, dont la clef est à 45 m. 90 au-dessus du sol et qui est éclairée par 10 fenêtres avec vitraux (1559-1561), par Juan del Campo, sur les dessins de Siloe. Au centre de la chapelle, qui a 22 m. de diamètre intérieur, et sur un piédestal de marbre blanc et de jaspe, est placé un haut tabernacle en marbre blanc. — Aux piliers du grand arc d'entrée, statues agenouillées (1675-1677), à g,, de Ferdinand, à dr., d'Isabelle, par P. de Mena Medrano; plus haut, * têtes colossales, en bois sculpté, d'Adam et d'Eve, par A. Cano (après sa mort, ces têtes ont été coloriées par Juan de Ulloa). — De chaque côté de l'entrée de la chapelle, dans le transept, autel orné de peintures par Bocanegra {k dr., la V. sur un trône de nuages apparaissant à St Bernard', à g., Flagellation et Martyre de S. Cecilio) et par J. de Sevilla (à dr., Miracle de St Benoît).

Bas-côté dr. — Chap. S. Miguel : riche décoration en marbr© (1804-1807); Vierge des Douleurs, par A. Cano (copie de la Dolorosa sculptée par Becerra)\ deux vases de Chine; à g., tombeau de l'archevêque Morcoro par /. Folch. — Travée sans chapelle formant l'entrée du Sagrario ( V. ci-dessous); au-dessus. Incarnation, peinte par Bocanegra. — Chap. de la Tri- NiDAD : sur l'autel à g. ^Déposition de croix; au centre, Mort de St Joseph, par C. Mai'atta; à dr.. Mariage de la V. et, au-dessous des peintdres de g. et de dr., deux petits médaillons peints sur cuivre. Au-dessus de l'autel, Trinité^ par A. Cano. — Autel de Jésus Nazapen<^ orné des * peintures les plus remarquables de la cathédrale : à dr. (de bas en haut), St Augustin^ par A, Cano, Martyre de St Laurent^ par Ribera, la Vierge, par A. Cano ; au centre, la Calle de la Amargura (Voie douloureuse), par A. Cano, Apparition de V En faut -Dieu à St Antoine, par Ribera; k ^.. St François, par le Greco, Ste Madeleine, par Ribera, le Christ, par A. Cano. — Magnifique '♦"portail de la Capilla Real {V. ci-dessous), œuvre de Enrique de Egas, dans le style gothique de la dernière période, chargé de statues, couronné par ÏAdoration des Mages.

Déambulatoire. — Autel de Santiago : sous un dais, au-dessus de la statue du saint, œuvre d' Alonso de Mena (1640), tableau très ancien (la Virgen de los Perdônes). donné par Innocent VIII à Isabelle la Catholique.

Belle porte de 1534 donnant accès à l'antésacristie. — Sacristie : meubles à tiroirs avec ornements de cuivre (xviii* s.); au fond, la Conception, petite sculpture par A. Cano (1656); au-dessus. Christ en bois, par Montanés. La sacristie renferme encore une Annonciation peinte par A. Cano, et l'Apparition de la V. à St Julien par Pedro de Moya. Dans une salle à dr., armoire renfermant de splendides chasubles brodées anciennes (xvi« s.); custode donnée par les Rois Catholiques; croix capitulaire (1564). Dans une petite chapelle, sur l'autel. Vierge, tableau de Juan de Sevilla; petite sculpture d© la Vierge et Jésus à! Alonso Cano.

Chap. Sta Ana : au milieu du retable de Gaspar Guerrero (1615), groupe en bois sculpté et peint du xvi® s. {Ste Elisabeth, la Vierge et lEnf. J.), deux toiles par Bocanegra. — Chap. S. Sébastian : Martyre du Saint, par J. de Sevilla. — Chap. S. Cecilio : sculptures de Miguel Verdiguier. — Chap. Sta Teresa : à dr., Ange gardien, à g. Concepciôn par /. de Sevilla. —

Il CATHÉDRALE. ||

tft. 37f- 38«i

Chap. Ntra Sra de la Antigua : portraits de Ferdinand (à g.) et d'Isabelle (à dr.), par Al. Arguello (1649); statue de Ntra Sra de la Antigua que la Uadition populaire attribue au xii* s. et dit avoir été trouvée sous terre

'dut

F.Trincrpal del Salaria

Salle Forte

■C^ltulaire . Principale

PTazuela. de las Pasie^as .

far miracle, mais qui est en réalité de la fin du xv« s. — Porte del Perdôn V. ci-dessus).

BaS'CÔié g. (en descendant). — Chap. Ntra Sra del Carmen : tête djç St Paul, en bois sculpté, par A. Cano; Vierge du Carmen, par J. Mora. ~ Chap. Ntra Sra del Pilar (décorée de 1782 à 1785) : beaux marbres; sur Tautel, haut-relief {Apparition de la V. del Pilar à St Jacques deCompostelle) et, à dr., tombeau de Tarchevêque Ant. Galban, par J. Adan, — Porto de la salle capitulaire par /. de Maeda (1565).

La * Capilla Real (ouv. jusqu*à 9 h. 30 et dans l'après-midi comme la cathédrale), de style ogival fleuri, fut construite de 1506 à 1517 par Enrique de Egas pour recevoir les dépouilles inorteiles de Fer»

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