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été conduits avec la discrétion et le discernement désirables. Une grande partie de la décoration intérieure a été refaite.
Du vestibule où se donnent les billets, on entre dans la ><- cour des Myrtes, ou patio de los Arrayanes, ou de la Alberca (du Bassin), vaste cour longue de 36 m. 60, large de 23 m. 40, pavée en marbre de Macael. Au milieu, un grand bassin, long de 33 m. 50, large de 7 m. 40, profond de 1 m. 50, bordé de deux larges plates-bandes de myrtes et d'arbustes. La cour est terminée à chaque extrémité par des galeries à colonnes fluettes supportant des arcs mauresques d une grande délicatesse ; aux extrémités de ces galeries couvertes de beaux plafonds se trouvent de petites alcôves (alcobas) richement ornées. Les 2 grands côtés (0. et E.) du patio otFrent des portes et fenêtres avec de jolis encadrements. — Deux bassins circulaires, à jet d'eau, reçoivent les conduits d'alimentation et complètent la symétrie de la décoration. — La galerie N., qui précède la salle de la Barca, est dominée (au-dessus d'une lourde toiture de tuiles et d'un mur crénelé, flanqué de deux petites tours carrées, provenant l'une et l'autre d'une restauration moderne), par la tour de Comarés, haute de 45 m., percée de meurtrières et couronnée de créneaux jadis carrés, dont l'intérieur est occupé par la salle des Ambassadeurs ( V. ci-dessous). — La galerie S. est surmontée d'un étage qui aurait renfermé le harem et d'une belle galerie à arcades. A l'angle N.-O. de la cour est l'entrée d'un corridor menant à la cour du Mexuar ( V. ci-dessous) et, à l'angle S.-O., l'entrée du palais de Charles-Quint (p. 398).
La salle de la Barca tire son nom de la forme de son plafond en bois, incendié en 1890. — L'arcade d'entrée paraît dater de l'époque de Mohammed V. De chaque côté de la porte qui mène à la salle des Ambassadeurs, dans le jambage même de l'arcade, sont creusées deux niches de marbre blanc, sculptées avec une extrême délicatesse. On y plaçait les alcarrazas pleines de boissons fraîches ou des vases de fleurs.
La ** salle des Ambassadeurs (saZa de los Embajadores), la plus grande de l'Alhambra, remplit tout l'intérieur de la tour de Comarés. Construite par Yousouf I®', elle servait aux grandes réceptions de la cour arabe. Elle forme un carré parfait de 11 m. de côté; ses murs s'élèvent à 18 m. ; elle est éclairée par 8 fenêtres à balcons, dont trois géminées, aux embrasures profondes, et par 20 fenêtres supérieures. Des huit grandes fenêtres, la vue est superbe sur le Généralife, 1 Alcazaba Cadima, l'Albaycin et le vallon du Darro. La magnifique coupole en bois de cèdre présente une variété infinie de dessins. Les murailles disparaissent sous un réseau d'ornements polychromes si serrés, S' inextricablement enlacés, qu'on ne saurait mieux les comparer qu'à plusieurs guipures posées les unes sur les autres. Un élément particulier distingue cette ornementation : c'est l'emploi de l'écriture comme motif de décoration. Il est vrai que l'écriture arabe, avec ses formes contournées et mystérieuses, se prête merveilleusement à cet usage. Les inscriptions, qui sont presque toujours des suras du Coran ou des éloges adressés aux princes qui ont bâti et décoré les salles, se déroulent le long des frises, sur les jambages des portes, autour de l'arc des fenêtres, entremêlées de fleurs, de rinceaux, de lacs et de toutes les richesses de la calligraphie arabe. Celles de la salle des Ambassadeurs contiennent les louanges d'Abou-1-Hachach (Yousouf I®»") ou célèbrent les beautés de l'édifice, et portent la devise sans cesse répétée : « Dieu seul est vainqueur ». Les embrasures ouvertes dans les murs très épais forment comme de petites chambres ; celle qui fait face à la porte contenait le trône des rois maures, comme l'indiquent les inscriptions qui la décorent.
Revenant à la cour des Myrtes, on entre du côté E., par un étroit passage, dans la belle salle des Moçarabes, qui souffrit d'un incendie en 1591 et fut fortement modifiée par la suite ; on a découvert des fragments du vieux
Elafond arabe sous la voûte postiche qui date de 16U. Cette salle précède i cour dos Lions.
^^- : Il ALUAMBRA. « [B. 37] - 395
La *'*'coup dés Lions ou patio de los Leonea, le pins précieux monument ^ dô 4'a.rt arabe que possède l'Espagne, a été commencée vers 1377. Longue de ^8 m, 50, largo de 15 m. 70, elle est entourée de galeries hautes de 6 m., formées par 128 colonnes de marbre blanc, appareillées symétriquement de 4 en 4 et de 3 en 3, et dont les chapiteaux, très ouvragés, avec traces de dorur<* et de oouleur, supportent des arcs d'une grande élégance. Sur les côtés O. et E. deux élégants pavillons avec coupoles en média naranja, hauts de 8 m., soutenus pir un même système do colonnes, forment avantcorps. Pavillons et galeries offrent intérieurement un ravissant ensemble d'arcs pendants, de petites voûtes, ée niches et colonnettes, soutenant des plafonds ouvragés. Les murs sont couverts de guipures de stuc d'une délicatesse et d'une variété extrêmes. Le sol est 4àllé en marbre blanc, et au milieu de chaque pavillon se trouve, au niveau du sol^ un bassin de 1 m. 50 de diamètre avec jet d'eau. Au centre du patio ub© fontaine se compose d'une vasque bordée d'une longue inscription, formant un polygone à douze côtés, de o m. de diamètre, soutenue par 12 lions grossiôroiâaent sculptés (xiv* s.) et d'une vasque plus petite, également arabe mais d'épocfue postérieure, surmontée d*un pignon qui n'est point arabe. (Les eaux ne jouent qu'à certains jours de fête). — Les toitures des galeries qui entourent la cour ont été refaites de nos jours. La fragilité des pavillons a plus d'une fois compromis leur stabilité, qui n'a été maintenue que grâce à des travaux répétés, entrepris dès le xvi* s. (le pavillon O. porte les traces manifestes d'une restauration faite au temps de Philippe IV).
Au S. de la cour des Lions s'ouvre la ^ salle des Abeneérages, ainsi nommée parce que, d'après la légende, le roi Boabdil, excité par le parti adverse, y aurait fait assassiner un grand nombre de membres de cette famille en les y attirant traîtreusement. — Belles portes en bois (restaurées). — La salle mesure 6 m. 25 de côté et présente latéralement deux alcôves, La décoration des murs a été partiellement refaite au xvi« s. Sa belle voûte à stalactites, avec pendentifs et média naranja, est éclairée par 16 petites fenêtres. Au centre est un bassin dont les eaux s'écoulaient dans la cour des Lions.
A l'E. de la cour, la * salle du Tribunal ou salle des Rois est ornée de précieux arcs à stalactites et de voûtes en média naranja. Aux voûtes des trois alcôves de la paroi du fond, peintures sur cuir, médiocres mais curieuses, de la fin du xiv« ou du commenc. du xv* s., œuvres d'artistes chrétiens, probablement de Sévilte. Ces peintures représentent : au centre, dix personnages qui paraissent être des rois maures de Grenade ; à dr. et à g., des scènes de romans de chevalerie. — Dans la niche centrale, une vasque datant de 1305, taillée dans un seul bloc de marbre de Macael, est ornée de lions poursuivant et mettant en pièces d'autres animaux; l'exécution est grossière, mais cependant le dessin est supérieur à celui de la fontaine des Lions ; c'est probablement une imitation d'une œuvre byzantine pl^is ancienne. — Dalles en marbre de tombeaux de rois arabes.
Au N. de la cour des Lions, et faisant pendant à la salle des Abencérages, la **sala de las Dos Hermanas {des Deux Sœurs), l'une des plus belles du palais, est probablement l'ancienne demeure des sultanes. Ce nom de « deux sœurs )» lui vient de deux immenses dalles de marbre blanc de Macael, de grandeur égale et parfaitement semblables. On remarquera la décoration des soubassements en azulejos, la merveilleuse décoration de stuc, surtour, celle des arcades latérales et la magnifique coupole à alvéoles, la plus grande de ce genre. La fenêtre en face de la porte d'entrée est garnie d'une ancienne jalousie arabe, la seule qui existe dans le palais. Dans un angle se voit le magnifique *vase dit de l'AIhambra, l'un des rares exemplaires que nous possédions de la céramique hispano-mauresque du xv" s., 1 m. 36 de haut et 2 m. 25 de tour, et couvert d'ornements et d'inscriptions de cou- - leur bleue rehaussée d'or, se détachant sur un fond d'un blanc jaunâtre; malheureusement une de ses anses a été brisëo et a disparu. — Dans une