‹ Espagne et PortugalChapitre 148 sur 196 · R. 37] Il GRENADE · texte numérisé non relu

R. 37] Il GRENADE

La décoration des murs est formée de fragments de l'ancienne décoration qui remontait à Mohammed V, arrangés et complétés au temps de Charles- Quint, et les devises de l'empereur s'y mêlent aux inscriptions arabes. Le retable est formé avec les marbres d'une cheminée achetée à Gênes en 1546 pour le palais de Charles-Quint. Au centre, Adoration des Rois, médiocre peinture de 1630. De chaque côté de l'autel sont deux satyres en cariatides. Dans un coin sont déposés deux statues de Nymphes et un bas-relief en marbre {Jupiter et Léda), qui ornaient la cheminée dont on a fait le retable.

La chapelle communique avec un petit oratoire de l'ancien palais.

Au S. de la cour du Mexuar est le Cuarto de Comares, dont la belle façade à corniche avançante, qui rappelle la façade de l'Alcazar de Se ville, date du règne do Mohammed V. Cette façade a deux portes qui ouvrent sur S salles de décoration mauresque; dans celle de g. le toit a été refait sous les Rois Catholiques. De là un corridor ramène à la cour des Myrtes,

Avant de sortir, on visitera l'intérieur du palais de Charles-Quint.

Revenu sur la plaza de los Algibes, on gravit, à son angle S.-O., une rampe en haut de laquelle s'ouvre une porte donnant accès à une terrasse ou jardin de los Adarves (entrée, 50 c), dominée à dr. par une muraille et à son extrémité par la tour de la Polvera, qui font partie de rAIcazaba. Du balcon situé au pied de cette dernière tour la vue est magnifique, surtout par les couchers de soleil.

Kn sortant de ce jardin on tourne à g., et on entre, à g., sous la puerlade VAlcazaba, qui donne accès a la cour intérieure de l'Alcazaba.

L'Alcazaba, la partie la plus ancienne de TAlhambra, construite au xm' s. sous Mohammed 1% est une forteresse qui se dresse à Textrcmité 0. de la colline de l'Alharabra. Les tours, en partie ruinées, sont reliées par des murailles restaurées au xvi* s. Sur la face E, (vers la plaza de los Algibes) sont les tours Quebrada et del Homenaje (au N. de cette tour, bastion, dit le cubo, ajouté en 1589, se rattachant au mur de clôture qui limite la plaza de los Algibes); sur la face N., la tour de las Armas; à l'extrémité 0., la tour de la Vêla.

La *tour de la Vêla (on peut monter à la plateforme, pourb.) a 26 m. de hauteur et 16 m. de côté en carré. Sur la plateforme, côté 0., une tourelle crénelée renferme une cloche de 1,200 kilog., fondue en 1773, qui sonne les heures de nuit de 8 h. à 4 h., règle la distribution des eaux dans la vega et est mise en branle pendant 24 heures le 2 janvier, anniversaire de. la prise de Grenade.

De la plateforme le panorama est admirable : à l'E. l'Alhambra, le Généralife avec ses cyprès séculaires et la Silla delMoro; au N.-E. le ravin du Darro, l'Alcazaba Cadima et le quartier de l'Albaycin ; au S.-E., la sierra Nevada; au S.-O., les sierras d'Almijara, Tejedaet d'Alhama; à l'O., la ville et la riche vega, traversée par le Genil; au N., le cerro Gordo et la sierra de Alfacar.

Revenant sur la plaza de losAlgibes, on se dirigera à TE. en dépassant, à dr„ la puertadel Vino et la maison du Conservateur {?L 9).

A g. s'élève le '^^ palais de Charles-Quint, commencé en 1526 par Pedro Machuca, qui avait fait ses études à Rome, dans le style de la Renaissance italienne. A la mort de Pedro Machuca, en 1550, son flls Luis (f 1572) dirigea les travaux, qui languirent à la fm du XVI* s. et furent définitivement arrêtés au xvii' s. Ce palais.

Il ALHAMBRA. || [B. 37] - 399

l'un des premiers édifices construits en Espagne d'après les principes inspirés de l'architecture romaine, est remarquable par la grandeur et la beauté de ses proportions; mais il est malheureusement en désharmonie avec tout ce qui l'entouré. Le plan est carré et mesure 63 m. de côté sur 17 m. 50 de hauteur; il repose sur des souterrains voûtés. Les façades 0. et S. ont de beaux portails sculptés : la partie inférieure du portail de TO., exécutée de 1551 à 1563, a de beaux reliefs par Juan de Orea et Antoine de Levai; la partie supérieure a été faite de 1586 à 1592 sur les dessins de Juan deMiJares; le portail S., dont la partie inférieure fut terminée en 1538 et la supérieure en 1554, a des sculptures de Nicolao de Corte.

On accède à Tint, par le vestibule du palais arabe (petite porte à dr. en entrant, en face de 1 endroit où se prennent les billets). Le centre du palais est' occupé par un patio circulaire, unique dans son genre, mesurant 31 m. de diamètre et entouré d'une galerie à portiques soutenue par 32 colonnes doriques en marbre, hautes de 5 m., entre lesquelles des niches et médaillons devaient recevoir dos statues et bustes; la galerie inférieure fut achevée en 1568, la colonnade supérieure d'ordre ionique en 1616. La chapeUe, bâtiment octogonal, à l'angle N.-E., devait être surmontée d'un dôme surélevé.

A l'E. du palais de Gharles-Quint, Véglise Santa Maria (tour) a été construite de 1581 à 1618, d'après un plan de Herrera modifié par Juan de Orea, puis par Ambrosio de Vico, sur l'emplacement de la mosquée royale. A dr. de la façade, une colonne (PI. 13) élevée en 1590 porte une inscription rappelant le martyre de Pedro Duena et de jfuan Getina (1347), moines franciscains dont les reliques sont conservées dans l'église.

Au N. de l'église s'étend une petite promenade dite paseo de Santa Maria ou alameda del Palacio, au N. de laquelle se trouvent les ruines de la Rauda (ancien Panthéon des rois maures).

De l'Alameda, on ira visiter, à une petite distance au N., la torre de las Damas, construite par Yousouf P"" (actuellement en restauration; à Tint., intéressants détails d'ornementation et peintures arabes avec scènes de chasse, cortèges, etc.). A côté de cette tour (à dr.) le jardin nommé Carmen de Arratia contient une petite mosquée ou chapelle datant du règne de Yousouf P% mais très mal restaurée en 1846. Les deux lions de marbre, placés à côté de rentrée du jardin, proviennent d'une fontaine d*un ancien hôpital arabe élevé en 1305-1367.

En continuant à suivre le chemin. qui longe le Carmen de Arratia on aboutit à la torre de los Picos (restaurée sous les Rois Catholiques), ainsi nommée à cause de la forme de ses créneaux; elle commande la puerta de Hierro, reconstruite au temps des Rois Catholiques dont elle porte les armes. Par cette porte on atteint la cuesta del Rey Chico, d'où Ton a de belles vues sur les tours de PAlhambra; en descendant (à g.) cette route escarpée on regagne la ville, en remontant (à dr.) on passe sous Paqueduc de PAlhambra et on aboutit bientôt à l'entrée du Généralife {V. ci-dessous).

Pour voir les autres tours de l'enceinte de PAlhambra, il faut revenir sur ses pas, passer à côté de l'église Santa Maria, traverser la calle Realy bordée de magasins et d'hôtels, qui aboutit à Vex-

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couvent de San Francisco (bâti en U95, reconstruit partiellement au XVII' s.), puis une fois sur la petite place au bord de la terrasse tourner à g. par la grille (quelquefois fermée au loquet) qui se trouve à dr. du Bar de la Gantina, et longer le mur S. de l'enceinte. Le gardien qui a la clef des tours habile près de la puerta de los Siete Suelos, torre del Gapitan.

L'extrémité E. de TAlhambra forme un plateau inculte; à dr., le mur d'enceinte est dominé par les restes de tours à demi ruinées, détruites par l'armée française en 1812. On remarquera ceux des tours de la puerta de los Siete Suelos {des Sept Etages)^ l'ancienne Pib Algodor (porte des Puits) des Maures, par laquelle, dit-on, Boabdil sortit de la ville, et qui resta fermée depuis la conquête. Son nom moderne lui vient des rampes qui menaient du plateau à l'entrée de la porte et qui avaient été, supposait-on, au nombre de sept. — A l'extrémité E. du mur, la torre del Agua est située à côté de l'aqueduc amenant les eaux du Darro à l'Alhambra.

On continue à longer le mur dont on suit maintenant la partie septentrionale, et Ton atteint bientôt la torre de las Infantas (tour des Infantes), dont la décoration intérieure, très somptueuse, qui date du règne de Mohammed VII (1392-1408), est la plus récente de celles faites à l'Alhambra sous les rois maures : la décadence de l'art ornemental mauresque y est déjà manifeste ; de la terrasse on a une belle vue. — Un peu plus loin est la *torre de la Cautiva (tour de la Captive), nom moderne qui lui a été donné parce que, d'après une légende controuvée, Zoraya (p. 381) y aurait été prisonnière : à l'intérieur on voit une très belle salle avec des fenêtres rivales de celles de la sala de los Embajadores; la décoration, qui remonte au temps de Yousouf I*', a été restaurée de 1873 à 1876. Plus loin, torre del CandiL

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