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Il VALENCE î — CATHÉDRALE. || [ï^. 42] — 420
tral de l'Espagne. Les Valenciens sont hommes de labeur : ils cultivent et arrosent leurs plaines avec un succès admirable; ils trouvent le moyen d'entourer leurs montagnes de vergers en terrasses. Vivant dans une nature plus riante que celle de la chaude Murcie, ils sont aussi plus gais C[ue leurs voisins. Ce qui a contribué à donner aux Valenciens une réputation plus mauvaise qu'ils ne méritent, c'est qu'ils ont, comme toutes les populations d'Espagne, un caractère de forte originalité. A leurs travaux agricoles, qui, de tout temps, ont été l'occupation principale des habitants, Valence et Murcie joignent aussi des travaux industriels d'une certaine importance. Les veines métallifères se comptent par centaines dans les montagnes du littoral et les marais salants donnent de véritables montagnes de sel. — Le parler de Valence, pur dialecte provençal, quoique mêlé à beaucoup de mots arabes, est plus rapproché que le catalan de la langue des anciens troubadours.
ITINÉRAIRE. — Devant la gare de la compagnie du Nord (qui sera bientôt transférée à côté de la Plaza de Toros) s'étend la vaste plaza ou Parque Emilio Castelar (au centre, monument du Marqués de Canipo avec bronzes de Mariano Benlliure; à TO., nouvel Ayuntamiento) que termine vers le N. un square (statue de Ribera), près duquel commence la Bajada de San Francisco, rue très animée, qui débouche sur la calle de San Vicente.
La calle de San Vicente, également très animée et bordée de magasins, passe devant (à dr.) Véglise San Martin, avec une statue équestre en bronze de St Martin (1495) au-dessus de la porte.
A Tint., dans une salle à g., au !•' étage, portrait d'un archevêque, remarquable peinture de Goya.
La calle de San Vicente aboutit à la petite plaza de la Reina,
au cœur de la ville et au centre de la vie urbaine. A côté de cette place s'élève la gracieuse four hexagonale de Véglise Santa Catalina, qui, dans les chapelles de la Santa Faz (à g.) et del Gristo (à dr.), offre des tableaux de Espinosa,
A l'E. de la plaza de la Reina la large calle de Péris y Valero, percée récemment, conduit au paseo de la Glorieta (p. 435).
Quartiers Nord et Nord-Ouest, — De la plaza de la Reina, lâ calle de Zaragoza, très commerçante, débouche en face de la cathédrale, dominée par la tour puissante du Miguelete (p. 430).
La ♦ cathédrale {la Seo) est consacrée à la Vierge. Sur son emplacement se succédèrent un temple romain de Diane, une église visigothe du Sauveur et une mosquée mauresque. En 1095, le Gid, vainqueur des Maures, transforma la mosquée en une église consacrée à St Pierre et qui, plus tard, en 1238, sous don Jaime d'Aragon, fut dédiée à la Vierge. En 1262, le mauvais état de l'église en imposa la reconstruction. Le nouvel édifice, terminé à la fin du xv* s., appartient pour la plus grande part au style gothique, mais l'intérieur a été malheureusement remanié dans le goût du temps, de 1674 à 1774. Le grand portail S., adossé au Miguelete, fut élevé au xvm® s., dans le style baroque, sur les plans de l'Allemand Conrad Rudolf; les statues furent achevées par Vergara père. — Plus intéressant est le portail roman (xni" s.) dèl Palau ou de l'Almoina, qui donne accès au transept dr. ; ses arcs multiples reposant sur 6 colonnes de chaque côté sont des
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merveilles de décoration romane. A l'extrémité du transept g., portail de los Apostoles (xiv* s.), du style gothique et richement orné de statues et de sculptures, malheureusement très délérioré à la partie haute (c'est devant ce portail que le tribunal des Eaux tient ses curieuses séances; p. 431). Au-dessus, ma^ilique rosace, — La croisée de la nef principale et du transept est dominée par un dôme octogonal (cimborio) avec 2 étages de fenêtres gathiques d'une rare élégance (fin du xiv* s.). — Du côté de la plaza de la Sec règne une galerie à 2 étages dans le style de la Renaissance.
Intérieur. — A3 nefs; le transept est dominé par le dôme octogonaL
A dr. de la grande porte, chap. de San Sébastian : peinture dOrrente^ tombeaux de Diego de Covarnabias (f 1607) et de sa femme; à g., au-dessus des fonts baptismaux : Baptême de Jésus au Jourdain, belle œuvre de Vi<;. Joanes Macip {xvi* s.).
Net. — Trascoro : bas-reliefs sur albâtre (sujets de l'histoire sainte), de 1466 par le Florentin Giuliano (p. lxxi;. — Coro ; riches boiseries, grand crucifix, grille de bronze, belle chaire en bronze réservée aux évêques. — Pendant du dôme, un magnifique lustre de cristaux. — Capilla Mayor : à g., chaire de St Vincent Ferrer, et, sur le 2« pilier, éperons et bride du roi don Jaimo d'Aragon; maître-autel de 1498, renouvelé en 1862 et richement orné; le retable encadre la statue de la V, avec l'Enf. J. par Vergara; il est fermé ordinairement par deux*volets ornés de peintures sur les deux faces (12 sujets, qui sont autant de grands tableaux : Vie de Jésus ; Ascension ; Mort de la F., en bas à dr.) datant de 1507, œuvres de Ferrando Yafiez de VAlmedina et de Ferrando de Llanos, artistes formés à Técole de Léonard do Vinci.
Bas-côté dr. — A l'angle S., beau portail de 1538 donnant accès à la Sala Capitular antigua (s'adresser au sacristain; pourb.), superbe salle gothique de plan carré ramené à la voûte au plan octogonal (malheureusement très sombre) : à g., carton représentant la Dispersion des Maures, par Lopez; tombeau de l'archevêque Martin d'A^ala (xvi« s.) ; sur les murs à dr. et à g., chaînes du port de Marseille, enlevées par les Catalans, qui saccagèrent la ville en 1492; en face de la porte, ancien trascoro et statue du Christ par A. Cano; portraits d'archevêques. — Dans une salle voisine, deux beaux devants d'autel brodés du xiv« s. — 1" chap. (de la Parroquia ou de San Pedro) : peintures de V. Joanes Macip {le Sauveur) et d'Ondara [Remise des clefs à St Pierre) ; restes du maître-autel brûlé en 1469. — 2® (de San Fkancisco DK Borja) : à dr., au-dessus d'un confessionnal, St François assistant à la mort d'un renégat, par Goya; à g., au-dessus d'un confessionnal : St François prenant congé des siens, par Goya. — 4« (de Santo Tomas db Vilanueva) : Tableau d'autel par Vergara.
Transept dr. — St Sérapion et St Viiicent Ferrer^ par Vergara,
Déambulatoire. — Sacristie (visible après 10 h., pourb. au sacristain) : i à g., dans un cadre en bois, image de la Vierge que portait avec lui le roi ] don Jaime, tableaux de Ribalta. — 3* salle : Sala capitular moderna : *Ado- \ ration des bergers, par Ribera ; Madone, par Sassoferrato, Sainte Famille et Cène, par Vie. Joanes Macip \ Polyptyque de St Denis, p. lxxx. — Relicario : chape du pape Alexandre VI, deux dalmatiques, devants d'autel [frontales) du XV* s., calice en sardoine, connu sous le nom de Santo Caliz (xv® s.), baiser ; de paix en or émaillé (xv« s.), etc. — 2« chap. (de la Virgen del Puig) : \ Madone, de l'école de Ribalta. — Entre cette chap. et le transept, un petit , escalier monte à la galerie qui contourne extérieurement l'abside. j
Le trésor de la cathédrale possède depuis 1428 un calice taillé dans une \ agate orientale de couleur vert émeraude que les jeux de la lumière inci- \ dente font varier jusqu'au pourpre; don du roi d'Arajiron Alphonse V le " Mao'nanime, provenant du couvent de S. Juan de la Peùa où il était précédemment conservé. — D'après la légende, co serait le Gradl expédié à
Il VALENCE : — MIGUELETE; AUDIENGIA. || [E. 42] — 431
Huesca par St Laurent, diacre du pape St Sixte, à l'époque des persécutions de Valentinien.
Bas-côté g. (en descendant) : 1" chap. (de la Concepcion) : 4 petits panneaux du xv« s. — A l'angle S.-O., escalier montant au Miguelete.
Le ♦Miguelete (vulgairement, el Micalet: accessible de 8 h. à midi et de 2 h. à 5 h. ; pourboire au gardien), tour octogonale haute de 46 m., 60 m. avec le campanile, élevée de 1382 à 1425, porte en couronnement une riche décoration gothique. 11 doit son nom à la grande cloche qui fut baptisée le jour de la Saint-Michel de 1418 (la cloche actuelle date de 1539). De la plate-forme, au milieu de laquelle s'élève un campanile pour la cloche de l'horloge, on découvre un magnifique panorama sur la ville avec ses nombreuses coupoles et tours, et la riche campagne ou huerta bordée par la mer et des montagnes arides.
A l'E. et à côté de la cathédrale, à laquelle il est réuni par une arcade qui enjambe la calle de la Barchilla, le palacio Arzobispal (archevêché) renferme un beau patio (au milieu, statue de St Thomas de Villanueva, par- Esteve). — En face de l'archevêché, sur la plaza del Arzobispo le palais du marquis de Campo a deux portes avec de belles grilles. — Non loin de là, au N.-E., plaza de Almudin et église de San Esteban,
A Tint., têtes du Christ et de la Vierge attribuées à V. Joanes Macip; fresques et peintures (sacristie) de V. Lopez; momie de S. Luis B<eltran.
Au N.-O. de la cathédrale est la plaza de la Constituciôn (au centre, fontaine).
C'est sur cette place, devant la porte de los Apostoles (p. 429), que se réunit tous les jeudis, vers 11 h. ou midi, le tribunal de las Aguas ou corte de los Aoequieros (tribunal des eaux). Ce singulier tribunal fut, dit-on, institué par El-Hakem, vers l'an 960. Le roi Jaime d'Aragon, qui eut le bon esprit de conserver en partie les lois et usages des vaincus, se garda bien de toucher à cette institution, qui s'est maintenue jusqu'à nos jours. C'est bien la justice la plus patriarcale que l'on puisse imaginer : le tribunal se réunit en plein air, sans apparat; on n'y trouve rien de la procédure vexatoire et de l'esprit paperassier des tribunaux ordinaires : tout s'y fait oralement; les 8 juges sont de simples laboureurs élus par leurs confrères, et leurs jugements, en matière de distribution des eaux destinées à l'irrigation, ont toute l'autorité des tribunaux ordinaires.
Sur le côté E. de la place de la Constitution s'élève, surmontée d'un dôme, la Capilla de Nuestra Senora de los Desamparados {Notre-Dame des Abandonnés), datant de 1667, de forme ovale et dont un côté est relié à la cathédrale par une galerie formant arcade.
A Tint., sur le maître-autel, richement décoré de marbres, image très vénérée de la Vierge donnée par Benoît XIII au xV s.; de chaque côté, statues de St Vincent martyr et de St Vincent Ferrer, par Esteve et Domingo. A la voûte : fresques de Palomino : la Gloire.
Sur le côté 0. de la place de la Seo, au commencement de la calle de Caballeros, un petit jardin précède l'Audiencia.
L'*Audieneia (entrée au n° 4 de la calle de Gaballeros; à dr. est le portier; pourb.), bel édifice Renaissance (xvi° s."), a servi d^ siège aux Ktats du royaume de Valence.