‹ Espagne et PortugalChapitre 181 sur 196 · R. 46] II DE LISBONNE A EVORA · texte numérisé non relu

R. 46] II DE LISBONNE A EVORA

6 k. Collapes (hôt. Eden), petit bourg à 39 m.d'alt.,près du petit étang dit Varzea. Le vin rouge de CoUares est le meilleur vin de table du Portugal.

[De Collares le tram continue, par le versant N. de la belle vallée de la Ribera de Collares, jusqu'à (5 k.) Praia da Maças (hôt. Bellevue), station de bains de mer fréquentée (dunes et falaises intéressantes).

De Collares, on peut se rendre, eu 4 h. env. (à pied ou à cheval), au Cabo da Roca^ — le Promontorium magnum des Romains, le Bock of Lisbon des Anglais, — promontoire élevé dé 142 m. au-dessus de l'Océan, extrémité O. de la serra de Cintra et le point le plus occidental du continent européen.]

De Lisbonne a Paris, R. 43 en sens inverse ; — a Madrid, R. 44 en sens j inverse; — aEvora, R. 46; — a Faro, R. 47; — a Porto, R. 48.

Route 46. — DE LISBONNE A EVORA

ç^ 117 k., gare du Sud et du Sud-Ouest; trajet en 4 h.; 2,460 r., 1,960 r., ^ 1,410 r. — Pour la traversée du Tage, le débarquement à Barreiro, p. 483. >

La voie partant de Barreiro (p. 483), sur la rive g. du Tage, s'éloigne du fleuve dans la direction de l'E. et passe par (3 k.)' LavradiOj (0 k.) Alhos Vedros et (9 k.) Moita.

16 k. Pinhal Novo,

DE PINHAL NOVO A SETUBAL (^ 13 k. en 20 min.'!. — L'embr. de' Setubal, laisse à g. la ligne de Beja et longe le versant N.-E. de Isiserra^ de Arrabida.

7 k. Palmella. La station est à dr. et, 3 k. plus loin, on aperçoit la petite ville située au pied d'une colline que couronnent les ruines majes- , tueuses du château historique de Palmella^ fondé par les chevaliers de St Jacques.* — On y voit encore une tour mauresque et une église gothique du xv« s. De l'esplanade, belle vue embrassant les deux villes, Lisbonne et Setubal, les deux fleuves, le Tage et le Sado, l'Océan, etc. — La voie tra-verse une belle plaine plantée en vergers. ]

13 k. Setubal (hôt. Esperança; gare à 15 min. de la ville), l'ancienn©; Cetobriga, est une ville très commerçante de 25,000 hab., située près del'embouchure du Sado, qui forme ici un port magnifique. — Eglise du Bom] Jésus, gothique, bâtie par Boulaca sous Jean II à la fin du xv« s.; à Tint.* on remarquera les 6 piliers torses de la nef. — Eglise Sào Juliào, du commenc. du xvi« s. (portail rappelant le style de Santa Maria de Belem). ' — Théâtre, bâti par l'architecte vénitien Bigaglia (1897).

A rO. du port de Setubal, en suivant la côte au delà de l'embouchure du Sado, la chapelle de la Arrabida mérite d'être vue. Les montagnes d& ce nom sont l'objet de charmantes excursions. On y visite une frotte (belles stalactites) et un couvent fondé au xvi« s.

A 3 k. de Setubal, près du village d'Azeitào, manoir de^Bacalhào, bâti vers 1520 par Alphonse d'Albuquerque, fils du vice-roi des Indes : fenêtres et loggias du style de la Renaissance; jardin avec étang, allées d'orangers avec bancs curieusement décorés d'azulejos peints (1565; signature mutilée de Francisco Matos qui a signé quelques-uns des azulejos de Sào Roque de Lisbonne, p. 476); au bord de l'étang, fontaine décorée de médaillons de Jatelier florentin des Délia Robbia et d'azulejos portugais.

En face do Setubal, et sur la rive opposée de l'embouchure du Sado, 8'étendent, sur une longueur de 5 k., les ruines de l'antique Cetobriga et de IVoya. anéanties par un raz de marée au v* ». . . '

[| SETUBAL. — EVORA. || [R. 46] — 491

31 k. Poceirâo (vastes vignob/es) d'où un autobus (40 k., 800 r.) conduit à Alcacer do Sai, ville de 2,500 hab., avec un petit musée contenant des restes romains. — 57 k. Vendas Novas, point de jonction de la ligne de Setil (p. 496). Les hauteurs qui forment à FO. de Setubal le long promontoire de la serra de Arrabida s'elîa- I cent à dr. ; les plaines caractéristiques de l'Alemtejo (la région au delà du Tage), à peine ondulées et partagées entre les champs de céréales et le maquis, s'étendent à perte de vue.

91 k. Casa Branca ©, X à.e la ligne du Faro et de Villareal , (R. 47).

117 k. EVORA (hôt. : Chiado; Eborense, modeste), 14,000 hab., ch.-l. de la province d'Alemtejo, archevêché, est bâtie sur une petite acropole (302 m.) entourée de coteaux et de jardins; c'est une ville historique dont les monuments et les rues mêmes composent l'ensemble le plus pittoresque que Ton puisse voir en Portugal.

Histoire. — Ebora fut la citadelle de Sertorius (vers 75 av. J.-C.) comme Ta raptpeié Camoëns au chant III des Lusiades. César y établit une colonie qui prit le nom de Liberalitas Julia (en même temps que la future Lisbonne celui de Félicitas Julia). La ville qui reçut un évêque sous la domination des rois wisigoths, fut prise par les Maures en 715 et « reconquise » en 1166 par Giraldo a Sans Peur », qui la remit au roi Affonso Henriquos. Elle eut à souffrir jusqu'à la fin du xii« s. des retours offensifs des Musulmans et conserva certainement un noyau de population mauresque, où se recrutèrent en partie les constructeurs des demeures seigneuriales et des édifices religieux qui gardent â Evora, jusqu'à l'époque do la Renaissance, des détails d'un caractère oriental (petits créneaux coiffés de pyramides, arcs en fer à cheval).

ITINÉBAIRE. — Le premier édifice que Ton rencontre en venant de la gare (reliée à la ville par une avenue), VErmita de Sdo Bras (chap. de St Biaise), apparaît, avec ses créneaux, son porche à tourelles et son crépi décoré de graffitli^ comme un petit château mauresque; sa construction date de 1482.

' Les monuments les plus remarquables sont groupés dans la partie haute de la ville. Le petit * temple romain, de l'époque des Antonins (n^ s. ap. J.-C), dont le moyen âge avait fait une forteresse à créneaux, transformée plus tard en réservoir, n'a été dégagé qu'en 1870. Le soubassement (podium) en granit est bien conservé; la cella e^ disparu; les colonnes corinthiennes, encore debout sur trois des faces, rappellent les proportions de la « Maison Carrée >♦ de Nîmes. Les fûts sont en granit du pays, les chapiteaux en marbre blanc d'Italie.

A quelques pas du temple, au point culminant de la ville, s'élève la * cathédrale aussi bien conservée que la Se Velha de Coimbre et un peu moins ancienne. Elle a été commencée en 1185 et consacrée en 1204. C'est une construction de granit, solide et sévère, du style français dit de transition. — Façade avec porche entre deux tours massives; tour-lanterne sur la croisée du transept, en forme de pyramide octogonale, avec tourelles aux angles, rappelant la Cathédrale Vieille de Salamanque ; toit en terrasse, bordé de créneaux en briques de dessin mauresque; sous le

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porche, portail des ApôireSy colonnes et statues assez grossières en marbre blanc (romain).

Intérieur. — Piliers cruciformes; arcades entiers point; voûtes d'ogives. Dans le transept N., chapelle d'Esporào, avec arcade très riche, datée de 1535 et décorée dans le style lombardo-français de la Renaissance (p. 480) — Chœur agrandi et entièrement rebâti au xyiii^ s. — Cloître du xiv« s (curieuses rosaces de dessin mauresque). — Trésor important {custodia manué line, avec détails de la Renaissance; magnifique calice émaillé, don dé^ Philippe II). ]

Le Palais Archiépiscopal, attenant à la cathédrale, est une vastçsl construction commencée au xvi® s. et achevée au xvIlI^ Dans la! grande salle du l*"" étage, on peut voir, en demandant l'autorisation de l'archevêque, la collection des panneaux qui ont formé jusqu'au xviii* s. le retable monumental de la cathédrale, un très^ grand panneau représentant la Vierge couronnée par les Anges, et 12 panneaux moins grands, racontant V Histoire de la Vierge; ces' panneaux qui ont été envoyés de Bruges vers 1500, sont l'œuvré la plus considérable de l'atelier de Gérard David. ^

A côté du Palais Archiépiscopal, l'ancien Collège des enfants dé chœur, sert de Musée et de Bibliothèque.

Rez-de-chaussée : — Musée lapidaire : inscriptions romaines; chapiteaux musulmans du temps du Califat de Cordouc (xi® s.); portes et fenêtres du. Palais Communal (Paço do Concelho) et d'autres palais du xv« et du xvi« s.^" démolis au xix« ; fenêtre du chœur de l'église de Graça (datée de 1535); marbres de la Renaissance provenant du couvent du Paraiso, près d'Evorai?

1^' étage : — Bibliothèque (25,000 vol., 2,000 ms). Dans la grande salle,' collections de tableaux, souvenirs historiques (bannière de l'Inquisition, rappelant peut-être l'aw^o da fé espagnol de 1619); très précieux triptyque en émail peint de Limoges, par Jean I®*" Pénicaud.

Derrière la Bibliothèque, ancien couvent des Loyos (chanoine^ réguliers de St Eloi), sous l'invocation de St Jean l'Evangéliste îJ charmant cloître de la fin du xv* s.; salle capitulaire avec port^ très curieuse, de dessin à demi mauresque. — L'église de Sâo Joâo^ attenante au couvent, est une modeste construction de 1485, magni^; fiquement revêtue à l'intérieur d'azulejos signés par Antâo de Oliva en 1711 (Vie de S. Laurent Giustiniani).

Dans une chapelle à dr. de l'entrée, tombeaux des Mello et lames sépul croies de D. Ruy de Souza et de sa femme D» Branca de Vilhana, enr cuivre gravé, de travail flamand.

En descendant le long de la place vers l'ancienne enceinte, o rencontre le palais des Garvajai, dit Paço de Cinco Quinas, maiso forte du xiv* s., qui avait autrefois 5 tours (fenêtre avec chapiteau réemployé du temps du Califat).

Derrière le couvent des Loyos et la cathédrale, ruines de palais du XV® s., notamment du palais des Comtes de Basto, qui a servi de résidence au malheureux roi Sébastien. En face des tours de ce palais, vaste ensemble de constructions de la seconde moitié du xvi^ s. formé par les collèges de Jésuites dont le cardinal Infant Henri, archevêque d'Evora et grand bienfaiteur de la ville, fonda le premier en 1551, où il établit en 1559 une Université^ et qu'if

on

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Il EVORA. Il [R. 46] - 493

i compléta après son avènement au trône de Portugal en 1579. - L'église et les bâtiments (auj. occupés en partie par un lycée et par un orphelinat) sont bâtis dans le style sévère de la Renaissance romaine. Les revêtements d^ murs forment un musée d'azulejos du xvi' au XYU!** s.

On gagne la ville basse par des rues où l'on rencontre presque à chaque pas des portes, des fenêtres, des loggias à colonnettes légères qui remontent au xv* et au xvi* s. Voir, en particulier, rua Sào Manços, la maison de Garcia de Rezende, le secrétaire du roi Jean II, que le roi Emmanuel envoya en ambassade auprès du pape Léon X en 1514. La rua Sâo Manços descend vers la pittoresque place appelée largo da Porta de Moura. Au milieu de cette place, fontaine de 1556, une des premières qui furent alimentées par l'aqueduc, digne des Romains, que fit construire le roi Jean 11. Sur cette place, palais du xv° s., bien conservé à l'extérieur, avec sa loggia; façade de l'égiise du Garmo, rebâtie en 1691 sur un plan colossal et qui a gardé, sous son porche, un extraordinaire portail manuélin à colonnes torses.

Les constructions de la Grande-Place, bordée de portiques, remontent en partie au temps du cardinal Henri, qui y a bâti en 1557 Véglise de Santo Antâo, et y a établi en 1570 la grande fontaine (surmontée d'une couronne après l'avènement du cardinal au trône de Portugal). De la Grande-Place, on gagne, d'un côté, le couvent de Graça, du côté opposé, le couvent de Sâo Francisco. Le couvent de Graça (auj. caserne et hôpital militaire) est une fondation du roi Jean III. L'église a été commencée par l'abside en 1529, dans le étyle français de l'atelier de Coïmbre; elle a été achevée au milieu du xvi* s., par l'un des Portugais qui étaient allés travailler à Rome. La façade, d'un dessin bizarre, est audacieusement surmontée d'Atlas soutenant le globe du monde (souvenir de la sphère armillaire, emblème du roi Emmanuel, qui fut conservé par son fils Jean III). La nef de Téglise a perdu sa voûte et le chœur est à demi ruiné. Par la porte ouverte à côté du portique de la façade, on accède dans l'ancien cloître, belle construction d'ordre toscan.

Uéglise du couvent de Sâo Francisco, fondée par Jean II, fut bâtie sous le règne d'Emmanuel, par Martim Lourenço.

Porche de granit, où se trouvent rapprochés l'arc en tiers-point (gothique) et l'arc en fer à cheval (mauresque). — Portail de marbre, avec les emblèmes réunis du fondateur (le pélican) et de son successeur (la sphère). — Int. formant une seule nef, dont la voûte d'ogives, appareillée en granit, n'a pas . moins de 12 m. de portée. — Dans le chœur, tribune royale du style de la Renaissance. Sur les autels latéraux panneaux de l'école de Lisbonne (Evora n'a gardé aucune œuvre de son école de peintres, qui est bien représentée au musée des Beaux-Arts de Lisbonne, p. 480).

Auprès de la façade de Sâo Francisco, une des entrées de la promenade publique, riante et fleurie. Dans l'enceinte de cette promenade se trouvent les restes du palais construit par le roi Emmanuel, défigurés par une restauration barbare. Au milieu ipéine de 1» verdure, on a transporté, heureusement sans rien

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restaurer, une partie d'un autre palais du xvii« s., celui de l'évoque Alîonso de Valença.

D'EVORA A VILLA-VIÇOSA (^, 48 k.) ; région accidentée et boisée.— 15 k. Evora-Monie\ près do cette bourgade, château de Sempré^ résidence d'été des archevêques d'Evora, type parfaitement conservé d'un château du XV* s. en Alemtejo. — 26 k. Estremoz, à 4 k. de la station (omn. 50 r.), ville forte de 7,500 hab., avec un château construit par Alphonse III (la tour a 27 m. de haut.) et où mourut en 1336 Ste Isabelle, femme du roi Denis. — 48 k. Villa Viçosa^ vieille ville au pied dumontOssa; palais ducal avec porte analogue à celle du Carmo d'Evora. Ligne en construction pour Elvas, qui rejoindra la ligne espagnole de Badajoz (R. 44),

D'EVORA A MORA (^, 60 k.). — 24 k. Arrayolos, bourg où a prospéré au xvme s. une industrie de tapis en broderie de laine qui remontait sans doute au moyen âge et qui n'est pas complètement éteinte. — 60 k. Môra, '''^

Route 47. — DE LISBONNE A FARO ET A VILLAREAL DE SÀO ANTONIO

^ 396 k. — 154 k. jusquàBejaen 4 h. 30 à 6 h., 3,140 r., 2,480 r., 1,780 r.

— 340 k. jusqu'à Faro, en 9 h. à 12 h., 6,670 r., 5,230 r., 3,740 r. — 396 k.

jusqu'à Villa Real en 11 h. à 13 h. 30, 7,730 r., 6,150 r., 4,320 r.

La région des Algarves, riche en beautés naturelles, en sites exceptionnels pour l'Europe, et en souvenirs historiques, est encore dépourvue d'auberges acceptables, et pratiquement fermée au tourisme.

91 k. de Lisbonne à Casa Branca (R. 46).

111 k. Vianna do Alemtejo (4 k. de la station, 100 r.); église mo- j dernisée avec remarquable portail manuélin de style d'Evora; cha- : pelle à créneaux du commencement du xvi* s. ; — 125 k. AMto ; château des comtes, construction de la fin du xv* s., parfaitement conservée, dans le style d'Evora.

154 k. Béja (hôt. Vista Alegre), ville jadis importante, colonie romaine (Pax Julia) instituée en même temps qu'Evora, forteresse] mauresque, résidence du roi Denis (commencement du xiv" s.) et de l'infant Ferdinand, père d'Emmanuel, qui succéda à Jean II; (fin du XV' s.). Château du roi Denis (prison), avec donjon renfer-" mant une voûte à nervures étoilées d*un remarquable dessin;' église da Conceicâo, bâtie par Tinfant Ferdinand (elle renferme son tombeau) et remaniée à l'intérieur; maisons du xvi" s. avec fenêtres très riches dans le style des constructions d'Evora; dans le petii '■ hôtel de ville, musée en formation (antiquités romaines, wisigothiques et mauresques; restes intéressants du palais de l'infant Ferdinand).

DE BEJA A MOURA (^ 59 k., en 2 h. 15; 1,120 r., 870 r.. 620 r.). ~ La ligne longe le Guadiana. — 29 k. Serpa. — 59 k. Moura, petite ville industrielle (huiles) avec des sources alcalines et un établissement de bains ^ (hôt. da Empreza des Aguas).

207 k. Ourique; à l'E., le champ de bataille où le roi Afîonso Henriques remporta une victoire décisive sur les Maures en 1139,

ÎIlBEJA. — CAP SAINT-VIxNCENT.

225 k. Savoia Monchique, au pied de la serra de Monchique, 'avec laquelle commence la région montagneuse des Algarves : traversée pittoresque (tunnels, ravins sauvages, palmeraies). 302 k. Tunes, X de la ligne de Portimào.

DE TUNES A PORTIMAO (^ 27 k. O.-S.-O., en 1 h.). — 18 k. Silves, vieille ville des plus pittoresques : enceinte du temps des Maures ; église du XIV* s., à deux tours, au milieu des palmiers. — 27 k. Portimào (hôt. Sansâo), petit port avec bains de mer à la, praia da Bâcha.

[de PORTIMAO AU CAP SAINT-VINCENT. — Une diligence qui part le matin de la gare do Portimào mène en 2 h. (320 r.) à (18 k.) Lagos (hôt. do Jîato),

la Lacobriga des Romains, bâtie sur la côte O. de la baie qui porte son nom, où stationnent parfois les escadres anglaises. De là on va en diligence (160 r.) ou en voiture (3,500 r.) à (25 k.). Villa do Bispo où l'on prend une monture pour atteindre (12 k. en 2 h.), à travers un plateau désert et sauvage où pointent des roches déchaussées par le vent du large, le ♦♦ cap Saint-Vincent, le I -^montorium sacrum des anciens, extrémité S.-O. du continent européen, sur lequel s'élève un phare (ait. 62 m., portée 16 milles).

Du cap à la pointe de Sagres se développe une baie festonnée de petites "criques où, par gros temps, la mer déferle bruyamment. La petite ville de Sagres fut fondée au xv* s. par l'infant Henri le Navigateur; il y résida souvent dans un château (ruiné) d'où il suivait sur l'Océan les navires partis pour les expéditions d'Afrique. Du iémaphore (télégraphe public) op

496 — [E. 48j II DE LISBONNE A PORTO, jj

on aperçoit constamment au loin, semblant sortir de l'horizon par les pertes diverses ouvertes du grand large d'Amérique ou entre les Açores, j les Canaries, le cap Vert et son archipel, la côte marocaine, la côte d'An-'^ dalousie.]

324 k. Loulé.chA, de la province d'Algarve, ville de 19,000 hab., ; d'aspect plus oriental encore que Béja, avec ses maiso*as à terrasses^ toutes crépies de blanc et garnies de moucharabiés (en portugais 1 Adufas). . ' *

340 k. Faro (hôt. : Nicola; Magdalena), 9,000 hab., petit port. Cathédrale ruinée par le tremblement de terre de 1755; Sâo BentOy petite église de la Renaissance.

La ligne suit la côte, en traversant des maquis d'une végétation africaine.— 350k. Olhào, petite ville dé pêcheurs. —372 k. Tavira, à l'embouchure de la rivière du même nom.

396 k. Villareal de Sâo Antonio, petit port frontière à l'embouchure du Guadiana. Les communications en voiture avec l'Espagne et tjuelva ne sont pas encore régulières»

Route 48. — DE LISBONNE A PORTO

A, — Par Santarem et Coïmbre.

^^ 346 k., gare centrale ou du Rocio, ligne du Nord ; trajet en 5 h. 30 à 5 h. 45 par les deux rapides du mat. et du s., et en 10 h. pai*" train courrier; 6,960 r., 5,410 r., 3,870 r. ; suppl. en sus du billet de l''® cl., pour place de salon (train du mat.), 1,800 r. ; pour une place de wagon-lits (train de nuit), 2,700 r.

De la gare du Rocio on s'engage dans un tunnel de 2,610 m. — 6 k. Campolide, A g., ligne de Cintra (p. 486) et de Leiria (p. 504).

— On suit, à dr., la ligne de ceinture qui contourne, de l'O. au S.-E., la banlieue de Lisbonne et passe près de la praça de Touros>^ (arènes des taureaux). — On laisse à dr. Tembr. qui dçssert la gare du Gaes dos Soldados.

11k. Braço de Prata. — 14 k. Olivaes, — 17 k. Sacavem; on fran^ chit le rio de Sacavem. — La voie passe entre des salines; à dr.^ îles que forme le Tage à l'entrée du vaste bassin de la mer de Paille,

— 25 k. Povoa; le lit du Tage (qui forme ici l'île de Lézirias) sel rétrécit. — 33 k. Alhandra, A g., sur les collines, fameuses lignes! de Torres Vedras (p. 505), dont le fort de Sâo Vincente forme l'extré-i mité 0. — 37 k. Villa Franca, petite ville dont la fondation es! attribuée à un parti de Français croisés.

43 k. Car regado -Villa Nova da Rainha, d'où une diligence mènia à (9 k., 210 r.) 'Alemquer , y leiWe petite ville avec des manufactures de laine et des papeteries (ruines d'un château du xiii* s. ; dan^ V église Sta Maria da Varzea^ tombeau de l'homme d'Etat Damiac de Goes, 1501-1571).

69 k. Setil (g), point de départ d'une ligne de 70 k. (en 1 h. .3C à 3 h.) qui franchit le Tage sur un pont métallique de 840 m..

Il SANTAREM. — THOMAR. Il [R. 48] — 497

traverse la belle plaine de Lezirias et aboutit à Vendas Novas (p. 491) où elle joint la ligne d'Evora.

81 k. Santarem (hôt. Central; voit. publ. pour la ville, 110 r. ; voit, part., 400 r.), la Scalabis ou Prœsidium Jaliam des Romains, ville de 42,000 hab., sur un monticule de la rive dr. du Tage. Elle possède quelques monuments remarquables. — Portas do Sol, ancienne fortification romaine (beau panorama). — Eglise du couvent de Graça, du style gothique fleuri (xiv® s.). A Tint., belles faïences du xvni® s. ; tombeaux (style Renaissance) de Pedro Alvares Cabrai, grand navigateur portugais qui découvrit le Brésil en 1500, et des comtes d'Ourem, de Vianna et Penella; tableaux de Ribero, et Joseph d^Obidos, — Musée archéologique, dans l'ancienne basilique romane (x® s.) de S. Joâo de Alporâo (très intéressant campanile ; p. 453). — Eglise du Séminaire (sanctuaire avec de précieuses mosaïques). — Hôpital de Jésus-Christ (à remarquer des sculptures en bois, l'arcade en voûte surbaissée du chœur et le cloître).

91 k. Valle da Figueira. — La voie s'éloigne du Tage et franchit l'Aviella. — 101 k. Matto de Miranda, au pied des collines de TEstremadure portugaise.

113 k. Entroncamento (bifurcation; (g), déj. avec vin, 500 r., dîn., 600 r.); à dr., lignes de Madrid et de Guarda.

D^Entroncamento a Valencia de Alcantara et a Badajoz, r. 44.

La voie quitte la vallée du Tage et longe la serra do Aire,

128 k. Payalvo, station pour Thomar (^ 7 k. E. ; voit, publique, 208 r. ; l'hôt. Union, à Thomar, envoie sur demande, une voiture a la gare de Payalvo, 2,500 r.).

Thomar (hôt. Uniâo Commercial) est une intéressante petite ville,' dans une large et belle vallée, sur le Nabao, dominée par un vaste couvent, autrefois siège principal de l'ordre du Christ et l'une des principales curiosités monumentales du Portugal.

La rue principale de la ville traverse une place (au centre, pilori surmonté de la sphère céleste, l'emblème préféré du roi Emmanuel), où s'élève Vhôtel de ville devant Véglise de Sâo Joâo Baptista, de la fin du XV' s. (beau portail ogival du style gothique flamboyant, sans détails manuélins; à Tint., chaire du même .style; dans le chœur, peintures de l'école portugaise du commenc. du xvi*' s.). Derrière la place commence la montée, bordée de piliers portant les insignes de l'ordre du Christ et aboutissant au château des Templiers, qui s'élève à l'extrémité E. de la colline. Du château on monte au palais de Henri le Navigateur, agrandi et rebâti au xvi® s., et on atteint le couvent proprement dit.

Le *Gonvento de Ghristo doit son origine à Gualdim Paes, grand-maître des Templiers qui, vers la fin du xii* s., se fit construire à cette place l'église de Santa Maria et le château. A la suppression de l'ordre des Templiers (1314), le roi Denis fonda l'ordre du Christ, dont le siège fut établi à Thomar en 1364. L'ancienne église en forme de rotonde et le petit cloître y attenant sont de l'époque des Templiers; deux cloîtres et une salle capitulaire oot été çpastruits sous Heari le Navigateur, grand-maître du Christ

Il DE LISBONNE A PORTO, f

(1418-1460); la nouvelle église, le cloître de Santa Barbara et une salle capitulaire inachevée datent du temps du roi Emmanuel (comjnenc. du xvi" s.). Plus tard, le roi Jean 111, qui fit de l'Ordre militaire une communauté monastique, bâtit encore d'autres cloîtres de grands dortoirs, etc. Le couvent fut dévasté par les Français en 1810 (les superbes boiseries sculptées par Olivier de Gand furent brûlées); l'édifice commençait à tomber en ruines lorsqu'il fut acheté, en 1843, par le comte de Thomar, qui le fît restaurer.

Un escalier à double rampe donne accès à une petite terrasse ménagée devant 1'** église. La façade latérale de cette église est une œuvre du grand architecte Joào de Castilho (vers li25), très richement décorée dans le style

flamboyant avec quelques motifs de la Renaissance italienne. Quand on est entré dans le monument par le portail de cette façade, on voit, à dr., à travers une haute arcade percée au temps du roi Emmanuel, la vieille rotonde qui était •!'* église des Templiers : un octogone formé par de lourds piliers et relié par une voûte annulaire à une enceinte polygonale de 16 côtés. Le roi Emmanuel a décoré Tédiiice roman de stucs, de statues de bois (auxquelles a travaillé Olivier de Gand) et de grands panneaux peints sans doute par un Flamand à Lisbonne (curieuse vue de la ville au commenc. du XVI® s., dans le tableau de la Résurrection). C'est le roi Emmanuel qui a fait construire dans la direction du N. le bâtiment qui communique avec la rotonde primitive comme une nef avec un sanctuaire à déambulatoire, et qui devait servir de chœur aux Chevaliers. Ce chœur lui-même, qui devait avancer sur la pente de l'acropole dont la rotonde occupait le point culminant, est suspendu sur la voûte surbaissée d'une salle basse, qui devait servir aux assemblées du Chapitre. La grande fenêtre ouverte dans la façade N. de la salle capitulaire est très richement décorée surtout à l'extérieur : c'est une création de Joào de Castilho, et la plus étrange merveille du style jnanuélin, dans toute son héroïque folie. La crête du couronnement se termine par des croix de l'Ordre du Christ, et les balustres sont remplacé? par ces sphères qui étaient les armoiries parlante^ du roi Emmanuel. Deb

Il THOMAR. — GOIMBRE. || [B. 48] — 499

cordages, des algues, des madrépores évoquent la Mer, qui fut le théâtre de l'épopée portugaise, rappellent les manœuvres des navires armés par les chevaliers voyageurs. Dans Fépaisseur de l'œil-de-bœuf porcô au-dessus de la fenêtre et qui s'ouvre sur le chœur des Chevaliers, d'autres cordages enroulés retiennent les plis épais dune voile.

De la rotonde, on passe à l'E. dans le cloître du Gemiterio, gothique {monument de Diogo da Gama, -j; 1525; tombeau de Balthazar Faria, f 1584), puis dans le petit cloître de Santa Barbara, du style de la Renaissance primitive, sur lequel donne la façade N. du chœur des chevaliers ( V. ci-dessus). t En face s'étend le couvent de Joâo IV, avec ses trois cloîtres, ses longues galeries, ses salles et ses chapelles, formant un ensemble tantôt très sobre, tantôt très abondamment décoré d'arabesques et de médaillons dans le style de la Renaissance, oiî ont travaillé des Français de l'atelier de Coïmbre. Le cloître, contigu au côté O. du chœur des chevaliers et qui est orné, au centre, d'une fontaine, a été élevé, après la mort de Joâo III et de son architecte Joâo de Castilho (date de J557 sur une voûte), à l'intérieur d'un cloîcre contemporain de Joâo III. Ce cloître, dont la somptueuse architecture tout italienne rappelle d'une manière frappante les façades du palais de Charles- Quint à l'Alhambra de Grenade, a été bâti par Diejo de Torralva, un Portugais qui revenait de Rome sous la régence de la reine Catherine. On l'appelle communément Clanstro dos Felipes, parce que Philippe II, lorsqu'il se fut emparé du Portugal après la mort du roi Sébastien, fils de la reine Catherine, prit en 1580 la couronne de son nouveau royaume dans le cloître qui venait d'être achevé. C'est par l'étage supérieur de ce cloître que l'on accède dans la salle capitulaire des Chevaliers, dont la décoration, faite de troncs noueux, est à peine moins surprenante que celle de l'extraordinaire fenêtre de la même salle. '

Après le couvent, on visitera Santa Maria do Olival, l'ancienne église des Templiers (façade et tour du xv« s.; à Tint., tombeaux de Gualdim Paez, fondateur du couvent du Christ, et de l'évoque Pinlieiro, f 1525, du style Renaissance), et la petite église de Santa Maria de Conceiçào (1540-1580), jolie construction Renaissance.

Au delà de Payalvo la voie monte. — 137 k. Châo de Maças, — Tunnel (650 m.). — 156 k. Albergaria, — Tunnel (659 m.). — 168 k, Vermoil. — On franchit le Soiire.

177 k. Pombâl, le berceau du grand marquis du même nom, avec une ancienne chapelle des Templiers et les ruines d'un vieux château de la même origine, fondé par Gualdim Paez et restauré. — La voie longe la rive dr. de TArunca; à l'E., serra de Louzâ. — 186 k. Soure. — A g., sur les hauteurs, Montemor Velho (F. ci-dessous),

205 k. Alfarellos (g), à la jonction de la ligne de l'Ouest, venant de Lisbonne par Leiria (F. ci-dessous, 5), avec la ligne du Nord.

La voie se rapproche de la rive g. du Mondego. — 218 k. Taveiro, ' — Pont sur le Mondego (à dr., belle vue sur Coïmbre).

224 k. Coïmbra-Bifurcaçâo (bifurcation), gare d'où se détache l'embr. (changement de train) de 2 k. pour Goimbre.

226 k. COINBRE (gare à 5 min. du centre de la ville; pas d'omnibus; — hôt. : Bragança, près de la gare; Palace-Hôtel, avenida Navarro, pens. 1,200 à 2,000 r. ; Avenida; Mondego, pens. dep. 1,000 r.; Central, pens. 1,000 à 1,400 r. ; Commercial, 1,000 à 1,200 r.), ville de 20,000 hab., bâtie en amphithéâtre, à 15 m. d'alt., sur un contrefort de la serra de Larvâo, sur la rive dr. du Mondego; c'est à Coïmbre que se trouve la seule Université du Portugal. — Coïmbre

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