‹ Espagne et PortugalChapitre 182 sur 196 · R. 48] II DE LISBONNE A PORTO. I · texte numérisé non relu

R. 48] II DE LISBONNE A PORTO. I

est le centre d'une région très intéressante pour les touristes, qui peuvent faire de belles excursions en ch. de fer, en voiture ou en auto.

Histoire. — Coïmbre est la Conimbriga des Celtibères. Après avoir appartenu aux Maures, elle redevint chrétienne en 1064, et fut pendant, quelque temps la capitale du Portugal. Lorsque, à la fin du xiii® s., les " rois transportèrent leur résidence à Lisbonne, ils donnèrent à Coïmbre, en guise de dédommag-ement, l'université (1307).

ITINÉRÀIÏiE. — De la gare, par le largo das Ameias et la raa das Solas, on atteint Véglise de Sâo Thiago, du xii** s., remaniée au XVIII* s. (portail roman). De l'église on gagne à l'Ë. la rua do Vîsconde da Luz, la principale artère de la ville, qui conduit, au N., à la praça Oïto de Maio, centre de la vie urbaine.

Sur le côté E. de la place, le ^Mosteiro de Santa Gruz (clé chez le sacristain de l'église de Garmo; pourb. 200 r.) a été bâti ^ entre la fin du xv° s. et le commenc. du xyi*", par le roi Emmanuel, qui y employa, à côté d'architectes portugais, des sculpteurs venus de Normandie. La façade, avec un beau portail par Diogo de Castilho et maitre Nicolas Chatranais (vers 1520), a été défigurée par des remaniements du xyiii** s.

Intérieur. — Aux côtés du maître-autel, deux somptueux ♦mausolées: d'Alphonse le Conquérant (xii« s.) et de son fils Sanche I**" (xiii« s.), œuvré ^ présumée de maître Nicolas. — Chœur : stalles en bois, d'un beau travail^ ] et semblant de provenance allemande. A la paroi N. du chœur, précieuse - * chaire de 1522, par Jean de Rouen. — A g. du maître-autel (N.), porté donnant accès au cloître do Silencio [Y. ci-dessous); à dr. (S.), sacristie contenant des tableaux importants de l'école portugaise du xvi« s. : Crucifiement, provenant du maître-autel de Téglise de Santa-Cruz^ par Christovâo de Figueiredo ; la Pentecôte, signée par Velasco, qui parait avoir été le maître de Vasco Fernandez de Vizeù; un « Ecce Homo », par un maître inconnu (de Vizeu?). — De la sacristie on peut, par la salle capitulaire,» gagner les cloîtres.

Pour visiter les cloîtres on passe ordinairement par la Camara Municipal (hôtel de ville), qui occupe toute la partie N.-O. de l'ancien couvent. On ;

Fenêtre dans le beau *claustro do Silencio, bâti vers 1520, par Marco Piresy une des constructions les plus simples et les plus élégantes de l'époque manuéline (jolie fontaine \ dans l'aile S. et dans les angles S.-O. et N.-E.^ bas-reliefs remarquables représentant des scènes de la Passion par Jean dé Rouen; chapelle de Sâo Theotonio, avec la statue du prieur Velho; chapelle de Santo Christo, avec les tombeaux des chevaliers chrétiens tombés sur^ le campo de Ourique, en 1139). — De ce cloître on accède à la Sala Capitular^ située derrière l'église et communiquant avec la sacristie ( V. ci-dessus).

Au nC de la place Oïto de Maio, dans la rua da Sophia^ se voient,! à dr., l'ancien collegio do Carmo (bel intérieur de l'église) et, à g.,j Vegreja de Sâo Domingos, restes d'une église inachevée (voûtes avec de beaux détails).

A l'E. de la place Oïto de Maio se trouvent la praçd de Pedro f\ (poste et télégraphe) et le Mercado. Un peu plus loin, la Quinta de.- Santa Cruz est formée par ce qui restis des jardins du couvent de c6 nom (beaux ombrages; jets d'eau et cascatelles).

A l'E. de la rue do Visconde da Luz, près de la maison n** 75, une voûte appelée VArco de Almedina donne accès à la imd de Quebrd Çostas (à g., rua de Suh-Ripas^ et palais da Rua de SuI>SipaSf bâti ver§,

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1512 dans le style manuélin) et au largo da Se Velha, où, sur une terrasse, s'élève l'ancienne cathédrale.

La* Se Velha ou ancienne catliédrale, du style roman du (xn** s.). Le portail N., dont la pierre a souffert des intempéries, est une construction à 3 étages, œuvre de l'atelier normand et que l'on peut rapprocher, pour la disposition et l'élégance, de la « Lanterne de St Romain », à Rouen.

Intérieur. — Ea partie remanié au xvi^ s., et récemment restauré à l'excès (on peut regretter les pittoresques azulejos qui revêtaient les piliers eux-mêmes). Los chapelles du chevet sont encore riches en objets d'art : chap. de St Pierre, près de l'entrée latérale, autel sculpté par Jean de Rouen-, — maître-autel [altar môr) par Olivier de Gand {V. Thomar, p. 498) et Jean dYpres, qui avaient probablement travaillé en Espagne (retable de la chap. Santa Ana, cathédrale de Burgos, p. 162; — chap. du St Sacrement, à dr. du maître-autel : statues du Christ et des apôtres, dans une architecture de la Renaissance par le Normand Philippe Edouard,

Par la rua do Cabido, on monte à Véglîse de Sâo Salvador, bâtie dans le style roman du xii® s. et par VArco do Bispo (entre la Se Nova à g. et l'évéché à dr.), on débouche sur le largo da Feira, que bordent au N. la Se I\ova (nouvelle cathédrale), de la fin du xvi® s., à lourde façade (dans la sacristie, œuvres de peintres portugais); à rO., le Paço Episcopal(éyèché), avec une cour pittoresque (loggia Renaissance; très belle vue). Dans une dépendance de ce palais, petit musée épiscopal, en partie composé par les richesses du trésor de la Se : calice roman du milieu du xii* s. ; pièces d'orfèvrerie manuéline et de la Renaissance {aiguière et bassin d'une remarquable originalité;, cas^odia de 1527; broderies, tapis persan du xvp s.; mobilier de salon du xviii«s. en tapisserie de Beauvais). A l'E. de la cathédrale, vers le largo do Marquez de Pombal, sont le Musée d'histoire naturelle et le Laboratoire de Chimie de l'Université.

Au S.-E. du largo da Feira est le largo do Castello; au commencement de la rua Candido Reis (naguère do Infante dom Augusto), qui vient y aboutir au S.-O., se trouve le Musée Archéologique, en formation, contenant quelques tableaux portugais du xvi* s., des statues en terre-cuite par le Normand Philippe Edouard. Au delà du largo do Castello, on atteint, à g., Vaqueduc de Sâo 5«6asiiao, construit en 1570 par l'Italien Terzi et, à dr., l'ancien colegio de Sâo Bento, auj. lycée. Plus loin, au delà des arcades de l'aqueduc et dominant le cours du Mondego, le '♦"Jardim Botanico, très beau, offre une grande variété d'arbres superbes, d'arbustes et de plantes tropicales.

On revient vers la ville et, contournant le collège de Sâo Bento, on suit à rO. la Couraça de Lisboa pour atteindre l^Université, située sur le plateau de la colline et remarquable par son étendue.

Autour d'une vaste cour se trouvent réunis la bibliothèque (150,000 vol.), l'Observatoire, la galerie dite « via Latina », servant de promenoir, et les salles (la première, dite Sala dos Actos, est un beau vaisseau, avec un riche plafond et une décoration en azulejos).

On descend vers le Mondego, au quai ; un beau pont réunit les rives du fleuve. — Sur la rive g., en haut sur la colline, couvent de Santa Clara /'dans la chapelle, tombeau en argent ciselé de

!I COIMBRE. — PAMPlLflOSA. || [R. 48] — b03

SLe Elisabeth, reine de Portugal, f 1336, exécuté à la fin duxvi^s. et chargé de sculptures). -^ A peu de distance de l'extrémité du pont, la célèbre Qiiinta das Lagrimas (villa des Larmes), où les âmes sensibles viennent en pèlerinage contempler hi fontaine des Amours-^ .•est là que, le 7 janvier 1355', liiez de Castro, l'infortunée épouse de dom Pierre I", tomba sous le poignard d'assassins.

[Penacova et Lorvao (<!^ 22 k.; voit, aller et ret. 4,000 r. pour 2 pers., 5,U00 r. pour 4 pars., avec retour par Lorvào, 1 j.)- — Ls- route, délicieuse et bien entretenue, remonte le cours du Mondego.

22 k. Penacovay joli bourg sur la montagne (270 m.), avec terrasse sur le Mondego.

Au retour on s'arrêtera pour descendre à pied au (30 min.) couvent de Lor~ vâo, dans un site d'une austère beauté, où ont vécu au xiii® s. les deux filles de D. Sancho I, dont les tombeaux, en argent richement travaillé, se voient dans l'église (pourboire au gardien, 200 r.).

Sào Mareos {^ 8 k.), petite église d'un couvent de Hiéronymites, fondée en 1452 par Dona Brites de Menezes et contenant plusieurs tombeaux do sa famille qui font de cette église à demi ruinée un musée, unique pour le Portugal, de la sculpture du xv® s. (gothique à demi végétal) et du xvi® s. (Renaissance de style français). Sur l'autel, retable en pierre (peinture moderne) par Nicolas Chatranais (p. 456).]

DE COIMBRE A LOUSA (^ 29k., en 1 h. 20; 620 r., 470 r.,330 r.;même gare que celle du Nord, Caes das Ameias). — La ligne parcourt dans sa longueur Vavenida Navarro et entre dans la vallée de Arregaça.

20 k. Miranda do Corvo, situé sur la montagne. — Descente très pittoresque en vue de la serra de Loitsâ.

29 k. Lousâ (hôt. Lousanense, très modeste), d'origine très reculée reconstruit au xi« s. par le roi Sorenando. — Ruines d'un ancien château. — Belle vue du haut de la montagne (promenade à pied ou à cheval; montée en 1 h. 30).

239 k.- Pampilhosa (g) (hôtel à la gare), X, à g., pour Montemor-o-Velho (le vieux) et Figueira da Foz (p. 500); à dr., pour ,Guarda et Villar Formoso (R. 43).

A dr., serra de Bussaco (p. 463). — 259 k. Olivelra do Bairro. — La voie se dirige vers l'Océan. — 280 k. Aveiro, ville de 10,115 hab., l'antique Averium, la Talabriga des Romains (beaux environs). — 294 k. Estarreja. — La voie longe les dunes couvertes de plantations de pins. — 300 k. Ovar, ville de 10,000 hab., sur la petite rivière du même nom. — 324 k. Espinho, station de bains de mer très fréquentée. — 327 k. Granja^ séjour d'été favori des habitants de Porto (bains de mer et villas). — La voie s'éloigne de la mer. — Tranchées. — 339 k. Villa Nova de Gala (p. 514), dominée par la caserne de Pilar, qui couronne une hauteur de la rive g. du Douro.

La voie décrit une courbe, passe sur un viaduc courbe haut de 23 m., puis s'engage, à l'E. du fort du Pîlar, sur le célèbre *pont de Maria Pia, formé par un arc magnifique (100 m. de corde, sur 4S m. 60 de flèche), que supportent deux culées de roches et de granit. Le tablier, à 61 m. au-dessus des basses mers, mesure 352 m. 37 de longueur. Cet ouvrage, le premier de ce genre, conçu et exécuté par la maison Eiffel, a coûté 1,340,000 fr.

La voie passe au milieu des jardins et des cultures du quartier de Cainpanhâj puis dans 2 tunnels.

m — [R, 48] Il DE LISBONNE A PORTO.']

343 k. Porto (gare de Campanhâ), appartenant au ch. de fer de Minho e Douro, et faisant aussi le service de la ligne du Nord. Le train rebrousse, traverse 2 tunnels (94 et 223 m.); entre les deux, belle échappée, à g., sur le Douro, puis un 3" tunnel (750 m.) sous| la partie E. de la ville. . .

346 k, Porto (gare centrale ou estaçâo central ; visite de l'octroi), R. 50.

B. — Par Torres Vedras et Leiria.

^ 364 k., gare du Rocio, en 12 h. env. — 7,260 r., 5,640 r., 4,030 r, Auto-cyclisme : — '^ 349 k. ; bonne route ondulée jusqu'à Coïmbre, médiocre de Bombarral à Alcobaça, de Leiria à Pombal, et de Coïmbre à Porto. — Départ par la praça de Touros et à dr. la rua Antonio de Serpa. — 8 k. LiLmiar. — 29 k. Vendas do Pinheiro. — 45 k. hrexofeira. — 56 k. Torre» Vedras. — 83 k. Bombarral; 3 passages à niveau. — 96 k. Obidos. — 102 k Caldas da Rainha\ montée sinueuse de 7 à 10 0/0 et descente de 5 à 7 0/0, — 128 k. Alcobaça. — 148 k. Batalha. — 159 k. Leiria. — 187 'k. Pombal, — 203 k. Bedinha.' — 218 k. Sernache ; descente de 7 à 10 0/0. — 228 k.' Coïmbra (sortie par la rua da Sophia). — 255 k. Arradia. — 261 ]s..AveUias de Cammo. — 272 k. Agueda. — 288 k. Albergaria Velha. — 307 k. Oliveira d'Azemeis. — 313 k. SÛo Jào de Madeira; de là à Porto la circulation est intense. — 337 k. CarvaUtos; droit d'entrée à Porto 80 r., et péage du pont Dom Luiz î, 50 r. — 349 k. Porto.

21 k. de Lisbonne à Cacem (p. 486). — La ligne laisse à g. l'embr. de Cintra. — A g. (S.-O.), belle échappée sur la serra de Cintra et le château de la Pena. — 29 k. Sabago.

37 k. Mafra (à 10 k. N.-O. de la station; hôt. : Castro; Daarte; Moreira; commander une voit, à Thôtel), petite ville à 237 m. d'alt., doit sa célébrité au grand ^couvent (auj. école militaire) que Jean V, le roi-moine, fît construire de 1717 à 1730, comme son Escorial, d'après les plans de l'Allemand Frédéric Ludvs^ig de Ratisbonne. Il occupe un quadrilatère de 50,000 me. avec 221 m. de façade, 2,500 portes et 5,000 fenêtres; sa construction a coûté 350 millions de fr. La grande cloche du carillon pèse 1,200 kilog. Le parc a 75 kn de pourtour.

Dans la galerie principale a été inauguré (14 mai 1911) un musée d'art décoratif comprenant 11 salles : A, appareils d'éclairage des moines; B; mobilier antique; C, mobilier style Empire; D, ornements religieux; E^ grand cierge pascal; F, maquettes et modèle du monument; G, tapisseries des Gobelins ; H, tissus et céramique ; I, peinture antique; J, peintur© moderne; K, aquarelles et gravures.

Le bâtiment central, qui constitue la basilique^ a 2 tours (69 m. de haut.) e^ un dôme ; l'intérieur, tout en marbres de diverses couleurs, est d'une richesse merveilleuse (62 m. de long su? 31 m. de larg.). — La. bibliothèque, très belle aussi, contient 30,000 vol.

C'est à Mafra que vinrent, le soir du 4 octobre 1910, se réfugier* D Manuel et la famille royale fuyant la révolution qui avait éclaté à Lisbonne, et c'est de là qu'ils partirent le lendemain pour s'embarquer à Ericeira et abandonner le Portugal.

[A 10 k. G. (diligence, 210 r.), Ericeira, jolie plage de bains.]

Il MAFRA. — TORRËS VEDRAS. || [ît. 48] — ^05

42 k. Malveira. — Tunnel (325 ra.). — On descend la vallée du Sizandro. — 52 k. Pero Negro, dans la région vinicole de Torres. — A dr., village pittoresque de os Carvalhos, entouré d'habitations de plaisance. — 58 k. Dois Portos, centre de la région vinicole. — A dr., Merccana et beau palais des comtes de Gea. — 63 k. Rana (hospice des invalides militaires). — 3 tunnels. — L'aspect du pays est charmant. On aperçoit en avant le vieux fort de Torres, couronnant la colline qui commande le cours du Sizandro. *•

68 k. Torres Vedras, ville de 0,000 hab., sur la rive g. du Sizandro, possédait autrefois de remarquables fortifications.

C'est un ancien préside romain, fondé d'abord, dit la tradition, par une colonie grecque. — En 1810, Masséna ayant forcé Wellington à la retraite, ce général se retira derrière les lignes qu'il avait fait construire à Torres Vedras. Masséna, à la vue de ces immenses retranchements, demanda des renforts et, après les avoir attendus six mois inutilement, il rentra en Espagne. Cette retraite valut à Wellington le titre de marquis de Torres V.edras.

La voie quitte la vallée de Sizandro, monte et franchit TAlcabrichel. — 86 k. Outeiro; plaine de bruyères. — 92 k. Bombarral. — La ligne décrit une grande courbe à g. pour suivre la vallée du rio Real, puis, au delà de (90 k.) Sâo Mamede, elle traverse des forêts de pins et de magnifiques buissons d'aloès. On aperçoit une montagne enveloppée d'une muraille mauresque crénelée; au milieu de cette enceinte est Obidos.

104 k. Obidos, un des boulevards de la domination arabe, présente des rues étroites et montueuses, des tours avec des fenêtres sculptées, les vestiges d'un beau château et un aqueduc.

109 k. Caldas da Rainha (les Bains de la Reine; hôt. : da Copa; Madrid; Lisbonense; Parque), sur la rive dr. du rio Arnoya, au pied des collines de la serra do Bouro, parsemées de bois de pins, est une station balnéaire (5 sources sulfurées sodiques, 34°5) des plus fréquentées et dont la réputation date de la fin du xv* s. Un hôpital fut bâti en 1485 près des sources par la reine Léonore, femme de Jean IL La chapelle de cet hôpital, qui s'est conservée, avec son clocher, est un charmant exemple de la première architecture manuéline. A Tint., revêtement complet d'azulejos du xvi® s.^ triptyque de l'école de Lisbonne du commencement du xvi* s., dans son cadre manuélin. La fabrique de faïences artistiques, fondée par Raphaël Bordallo Pinheiro (f 1905), est la plus importante du Portugal.

La ligne se rapproche du littoral. -— 117 k. Bouro, à g., sur les pentes É. d'une colline. — 121 k. San Martinho, sur le bord N. d'un port très profond, fermé par un goulet. — 130 k. Cella, station pour (6 k. 0. ; dilig, 200 r.) Nazareth, station de bain de mer, sur une pointe de sable. — La voie coupe le rio'Alcobaça.

135 k. Vallado, station pour le bourg célèbre d'Alcobaça (R. 49).

La voie ferrée s'éloigne de la mer. — 158 k. Marinha grande (importante verrerie). A 300 m. à g., Pinhal de Leiria, grande forêt de pins (beaux spécimens, vieux de plusieurs siècles), longue de 17 k. S.-N., large de 5 k. E.-O., séparée de la mer par une plaine de sables de 4 k.

S06 — [R. 49] Il DE VALLADO A LEÎRIA.' ||

165 k. Leiria (hôt. : Grand-Hôtel Liz, bien tenu, 1,100 à 1,500 r. par j.; Central), petite ville de 5,000 hab. sur le Liz, avec des restes de remparts, les ruines du château du roi Denis (xvi* s.), au sommet d'un rocher (belle vue), et de vieilles et belles maisons.

De Leiria, routes pour: — Batalha (R.49; une voit., 2,000 r.); — Thomah (p. 497); — Alcobaca (R. 49). \

La'ligne traverse le Liz et descend.

177 k. Monte Real^ entouré de bois de pins. — Au delà de (204 k.) Telhada, la voie descend dans la vallée du Mondego, ayant, à g., à> une petite distance, la rive g. de ce fleuve.

210 k. Amieira.

[Figueira da Foz(^^ll k. ; hôt. : Lisbonense: Universal; AUiança; Beis; Saudade), petite ville de 6,000 hab., à l'embouchure du Mondego, avec plage de bains et casino, très animée pendant la saison.

Figueira da Foz est la tête de ligne du ch. de fer de la Beira Alta (R. 43) conduisant à la frontière espagnole par Pampilhosa, Guarda et Villar Formoso.]

218 k. Verride.

226 k. Alfarellos, où l'on rejoint la grande ligne du Nord, Lisbonne-Goïmbre-Porto (F. ci-dessus, A). — Pour la description du trajet entre Alfarellos et Porto, p. 499 et suivantes.

364 k. Porto (R. 50).

Route 49. — DE VALLADO A LEIRIA PAR ALCOBACA ET BATALHA

@ 30 k. ; à tous les trains, omnibus de Vallado à Alcobaca, 100 r. ; dilig. t. 1. j.; d'Alcobaça à Batalha, 400 r., et de Batalha à Leiria, 300 r. ; on trouve à^ Alcobaca des voit, à louer, au prix de 3,000 r. pour Batalha et de 4,000 r.^ pour Leiria, avec arrêt de 4 à 5 h. à Batalha; bien s'entendre pour le> prix ; excursion très recommandée.

6 k. Alcobaca (hôt. : Alcobacense, près du couvent; Central)^^ dans une vallée étroite, arrosée par l'Alcoa et la Baça, était jadis; une véritable ville dont le centre avait été un riche et puissant^ monastère de l'Ordre de Giteaux.

Ce monastère, **Mosteiro de Santa Maria (le sacristain de l'église habite près de l'entrée, avenida de Sào Joâo de Deos; pourb. 200 r.) fut fondé, en 1153, par le roi Affonso Henriques, en reconnaissance! de la victoire remportée sur les Musulmans aux campos d'Albades.| C'est auj. une caserne d'artillerie. '^

L * 'église, la plus vaste du Portugal, achevée en 1220, est remarquable à l'intérieur par la simplicité et la grandeur des lignes. C'est un des modèles les plus achevés de l'architecture cistercienne, qui resta fidèle, dans toute l'Europe, aux types bourguignons. Le déambulatoire avec chapelles rayonnantes se retrouve a Pontigny et existait à Glairvaux.

Intérieur. —Les retables des autels sont ornés de statues de grandeur

IIAICOBAÇA. — BATALHAll [R. 49J — 507

naturelle en terre cuite coloriée et d'une expression étonnante. Parmi les nombreux tombeaux, on remarquera ceux d'Alphonse, frère du premier roi de Portugal, d'Alphonse II, d'Alphonse III et de leurs femmes, et du roi Denis. Dans une chap. (capella dos Tumulos) du xiii® s., plus légère et plus riche que Téglise (bas-côté S.), se trouvent les * mausolées dînez de Castro et du roi dom Pedro en pierre d'un grain très fin. Les sarcophages sont couverts de reliefs. A la tète du tombeau d'Iîïez des figurines disposées dans une rosace racontent l'histoire de ses amours et de sa mort tragique. La statue de l'héroïne de ce drame a été sculptée probablement par les ordres et sous les yeux mêmes de son amant. Malheureusement les tigurines ont été mutilées et les traits des statues sont devenus méconnaissables, par suite des détériorations que les soldats français ont fait subir aux tombeaux en 1810.

Le grand cloître du milieu [clav-'-tro de Dom Diniz, xiii® s.), d'une architecture sévère, a été surélevé d'uc Mage à l'époque du roi Emmanuel (commenc. du xvi« s.) et enrichi alors d'une fontaine placée dans le lavabo des moines.

Les sacristies de Téglise ont été reconstruites au temps du même roi, par son architecte Joào de Castilho : les deux portes de ces sacristies, avec leur décoration de branchages noueux et d'arabesques à Titalienne, comptent parmi les créations les plus singulières du style manuélin.

Au sortir d'Alcobaça, on traverse, la Baça, en se dirigeant vers le N.-E.

10 k. Aljuharrota, sur une colline à l'entrée d'une vallée, où le roi Jean V battit les Castillans le 15 août 1385. En souvenir de cette bataille célèbre, une pelle de boulanger fut scellée dans les murs de la maison de ville : la tradition rapporte qu'une femme courageuse se servit de cette arme pour assommer six Castillans, qu'elle jeta dans son four, qui était, autrefois, à g. sur la place où aujourd'hui se voit l'école.

18 k. Batalha, bourg de 1,500 hab., sur le Lena.

Son magnifique monastère, ^^Mosteiro de Santa Maria da Victoria, ou vulgairement Batalha (« La Bataille » ; un gardien fait voir l'église, un autre les cloîtres, le musée, etc. ; on leur donne à chacun de 200 à 300 r.), fut commencé en 1387, par Jean 1", en souvenir de la victoire d'Aljubarrota et donné par ce prince à l'ordre de Saint-Dominique. L'ensemble de l'édiflce, que l'on voit de haut et comme à vol d'oiseau, en venant d'Alcobaça, est un des plus imposants d'Europe. Au N. de l'église s'étendent deux grands cloîtres et derrière le chevet de l'église s^élèvent, comme une couronne de tours, les piliers inachevés des célèbres Capellas împerfeitaSy le monument qui devait être la nécropole des rois de Portugal.

Le premier architecte de l'^église fut Affonso Domînguez, originaire, dit-on, de Lisbonne, qui mourut en 1402. Son successeur est un Maître Huguet, certainement étranger. L'extérieur de l'édifice a un caractère tout à fait anglais, avec ses arcatures et ses détails « flamboyants ». La façade est ornée d'une centaine de figures (Moïse et les prophètes, saints, anges, apôtres, rois, papes, martyrs). Le portail est d'une grande richesse de décoration; le sujet principal représente le jugement dernier.

A Tint., nef de proportions très élancées ; voûte avec nervure horizontale formant arête continue (détail typique d'architecture anglaise}. — • A dr. ea

ÎS08- [R. 49]

Il DE VALLADO A LEÎÏllA. ||

entrant, fermée d nnô grille, ♦♦chapelle du fondateur, d'un aspect solennel par ses proportions et son ornementation : au milieu, sarcophages, de Jean !•'

(f 1433) et de sa femme Phihppa de Lancastre; dans la muraille, 7 niches contenant les sarcophages de l'infant Alphonse, de Jean II, son père, d'Alphonse V (f 1481), de sa femme dona Isabel et des fils de Jean l»»" (Henri le Navigateur est étendu sur la pierre, la poitrine et la figure à découvert; ses trois frères, Fernand, grandmaître d'Aviz, Jean, grand-maître de Santiago, et Pierre, duc de Coïmbre, reposent à côté de lui, à demi cachés sous leurs boucliers). — Dans réerlise,i devant l'autel, tombe du roi D. Diiarte(f 1438); et de sa femme Léonor d'Aragon.

A g. de la sacristie, ♦ Casa do Capi-j fculo ou Salle mj;

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