MONASTERE DE BATALHA
Chapitre, contemporaine de l'église (vers. 1400), une des parties les plus intéressantes du couvent. Cette salle, aux proportions hardies, forme un carré de 19 m. de côté avec coupole en pierre de taille soutenue par des nervures (branches d'ogive, licornes et tiercerons) qui dessinent une étoile ; la clef est une large rosace d'un admirable travail. L'unique fenêtre, bijou de sculpture àTextérieur, est garnie de vitraux du xv^ s. représentant la Passion (personnages de grau-
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deur naturelle). Une légende raconte que la voûte s'étant écroulée doux fois lors de la construction, des condamnés à mort furent choisis pour achever ce périlleux travail. Dans un angle se voit le, buste en haut-relief de l'architecte {Maître Huguet?) qui a dirigé les "5 travaux.
Le *cloître royal sur lequel s'ouvre la salle capitulaire mesure 50 m. de côté. Il a été bâti par le « fondateur >• Joào P; ses arcades manquaient de remplages; le roi Emmanuel en fît ajouter de marbre blanc, dont les uns sont imités de dessins d'étolîes ou de broderies (avec les motifs de la Sphère et de la Croix), les autres composés de motifs végétaux. La fontaine du lavabo des moines est d'une richesse féerique. Sur le côté g., le réfectoire ^qxX de musée (fragments de sculptures et de monuments, etc.).
Sur le côté N. du monastère se trouvent les deux cloîtres de D. Affonso (gothique du xv® s.) et de D. Joào III, de moindre importance. La plus grande partie de l'habitation des moines a été incendiée par les Français en 1810.
C'est après avoir traversé les bâtiments monastiques que Ton aborde les *Gapellas imperfeitas, en passant derrière la salle capitulaire.
Le grand édifice octogonal que le roi Duarte avait commencé (à l'imitation de la chapelle du « fondateur », f 1434) pour recevoir son tombeau et ceux de ses descendants, s'élevait jusqu'à la naissance des voûtes des chapelles rayonnantes, quand ce roi mourut en 1438. La communication de l'octogone avec l'église, préparée par la construction de deux murs qui s'appuient au chevet, entre les absidiales, ne fut jamais établie. On accède aux Capellas par une petite porte manuéline percée dans l'un de ces murs. Les travaux interrompus à la mort du roi Duarte furent repris par le roi Emmanuel sous la direction des architectes Matheus Fernandez père et fils. Emmanuel fit élever la porte monumentale, merveilleuse dentelle de pierre (où il fit répéter les mots : ta yazerei, fin de la devise de fidélité amoureuse de Duarte : Leau te starey tâo yazerey, « je serai ton loyal serviteur tant que je serai couché au tombeau »), bâtir les mîtres des chapelles avec les emblèmes d'Alphonse V (roue de moulin), de Jean II (pélican) et les siens (sphères), et commencer les piliers gigantesques, couverts d'une végétation monstrueuse à laquelle se mêlent les M, initiales de son nom (Manoel)..Ges piliers à leur tour restèrent inachevés. Au temps de Jean III, vers 1525, Joâo de Castilho commença au-dessus du merveilleux portail manuélin une loggia dans le style de la Renaissance, qui elle-même n'a pas été terminée.
A deux pas des Capellas, petite église paroissiale avec charmant portail de Joâo de Castilho.
Après avoir visité Batalha, et en reprenant la grande route, on se dirige sur Leiria.
30 k. Leiria (p. 506), où l'on rejoint le ch. dv. fer de Porto.
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Route 50. — PORTO
PORTO, ou moins correctement Oporto (0 Porto, mot à mot « le Port »), ville de 172,420 hab., la deuxième du Portugal, située sur la rive dr. du Douro, à 5 k. de son embouchure, s'élève en amphithéâtre sur deux collines de granit qui portent le nom de da Se et da Victoria. Les vallons qui s'étendent entre ces collines sont occupés par les maisons, dont les lignes se prolongent jusqu'à de grands faubourgs {Bomjîm à l'E., Villar Bicalho au N.-O., etc.). Au delà sont éparpillées, au milieu de beaux jardins, un grand nombre de villas {quintas)^ la plupart en terrasses, d'un effet charmant, La cathédrale (Se) et l'évêché dominent la ville qui est reliée à Villa Nova de Gaia par le pont Dom Luiz P' (p. 513). Le port est très fréquenté.
Hôtels : — Grand-Hôtel de Porto, r. de Santa Catharina, 163 (1,600 à 4,000 r. par j. ; déj. 600 r., dîn. 800 r.) ;
— de Paris, r. da Fabrica (tenu par un Français; de 3,000 à 5,000 r. par j.; petit jardin); — de Francfort, r.
Elias Garcia, 21 (1,500 r. par j.); — Avenida, praça da Liberdade, 107; (moderne; pens. 1,000 à 1,500 r.). — Sul-Americano, praça da Batalha (pens. 1,200 à 2,500 r.) ; — de Braganca, r. de Entreparedes, 61 (de 1,000 à 1,500 r. par j.); — Alliança, T. Sa da Bandeira (de 1,100 à 1,600 r. par j.); — Universal, praça da Batalha, 287 (de 1,200 à 1,500 r.).
Restaurants : — Suisso, Central, Internacional Porto Club, praça da Liberdad; — Lisbonense, r. Bomjardim, 42.
Cafés : — Aguia d'Ouro, praça da Batalha, 34; etc.
Bains : — r. Sâda Bandeira, 271.
Poste et télégraphe : — praça da Batalha, à l'angle de la rua d'Entreparedes.
Voitures de place {trens de praça) :
— la course, jour, 300 r. ; soir (du couch. du soleil à 1 h. de la nuit), 400 r., nuit, 600 r.: l'heure, 500, 600, 800 r. ; chaque 1/4 d'h. sui vaut, 100, 150, 200 r. ; hors de la ville, l'heure, 600, 700, 900 r., chaque 1/4 d'heure suivant, 150, 180, 240 r.; — une malle, 100 r.
Trams électriques : — de la place (te la Liberté : 1*^ à Leça da Palmeira, par la Douane, Massarellos, Ouro, Passeio, Alegre et Queijo (Foz); — 2° à S. Roque da Lameira, parBolhâo, 24 d'Agosto et Bomfim ; — S» à Pa-
ranhos, par Carmo, Martyres de Liber- ] dade. Lapa, r. Antuero de Guental ' et Campo Lindo(Paranhos); — 4<> ou Palais de Cristal, par Carmo et r. do Triumpho; — 5° de la place da Batalha à Bevesas (Gaia, stat. du ch. de fer), parl'avenidaCamposHenriques;
— 6" à Santo Ovidio, par l'avenida Campos Henriqaes, r. General Torres et Bandeira; — 7<> de Campanhà à Mattosinhos par S. Lazaro, place D.
Pedro, Carmo, Carvalhosa, Boa-Vista, (traction à vapeur), Fonte da Moura, Carreira et Foz ; — 8<^ de la R. Infante D. Henrique à Costa Cabrai, par la^ place D. Pedro, Gonçalo Christovào, place Marquez de Pombal.
Bateaux à vapeur : — une fois par semaine pour Lisbonne, Setubal et l'Algarve; V., pour les autres services : Lisbonne.
Théâtres : — Theatro de Sâo Joào\ (en reconstruction), praça da Batalha ;
— theatro Sa da Bandeira, r. Sa da Banderia; — Carlos Alberto (théâtre populaire), r. das Oliveiras; — Aguia d'Ouro (théâtre d'été, servant aussi de cirque), praça da Batalha.
Arènes de taureaux : — Praça de Tour os dô Porto, à l'extrémité de la rua de Alegria; — Praça de Touroa da Serra, à la Serra do Pilar.
Photographies '. — EmilioBieletCt T. Formosa, 342.
Agence de la C^'des Wagons^Lits :
— r. do Almada, 84, et à la gare centrale.
Consulats : — de Finance, r. do Cedo* feita, 244 ; — de Belgique; — d'Italie ;
— de Russie, etc.
il PORTO. Il [R. 50] — 511
Histoire. — Cale, ou Portua Calex des Romains, est auj. Villa Nova de Gala, faubourg de Porto sur la rive g. du Douro. Ce fut l'origine de la ville, importante sous la domination maure, détruite en 820 par El-Mansour et restée déserte jusqu'en 999. Une expédition de Gascons et de Francs la refonda alors, sans doute principalement sur la rive dr., de là une seconde étymologie : Portus Gallorum, pour le nom de la ville et aussi pour celui du Portugal. Ce fut ensuite le séjour favori des princes de la maison et, bien qu'elle eût perdu, dès 1174, son rang de capitale du Portugal, elle posséda longtemps de grands privilèges quelle perdit pour s'être révoltée en 1757. — Les Français l'occupèrent de 1808 à 1809. — En 1828, la ville s'insurgea contre dom Miguel, se déclara pour dom Pedro et, en 1832, un blocus porta un coup funeste à son commerce, qui s'est relevé depuis. — Charles-Albert, roi de Sardaigne, ayant abdiqué après la bataille de Novare (25 mars 1849), s'expatria et vint habiter Porto, où il mourut quelques mois plus tard.
' ITINÉRAIRE, — La nouvelle gare centrale (estaçâo central) encore inachevée, est située sur la praça d'Almeida Garrett, à quelques pas au S.-E. de la place de la Liberté.
La praça da Liberdade (naguère praca de Dom Pedro /F), au centre de la ville, s'allonge entre les deux collines comme un trait d'union que la population de tous les quartiers remplit d'un mouvement continuel; elle est pavée en mosaïque comme le Rocio de Lisbonne. Au centre se dresse la statue équestre de dom Pedro /F, le roi libérateur, par Calmais (1866), sur un piédestal orné de basreliefs. Le côté N. est occupé par la Camara Municipal (hôtel de ville).
Quartier au N. de la place de la Liberté. — De l'extrémité N.-O. de la place, la longue rua do Almada monte, — en longeant, à g., la vaste praça de la Bepublica (naguère campo da Regeneraçâo), sur laquelle est une grande caserne, — jusqu'à Véglise de Nossa Senhora da Lapa (PI. 4), bâtie au milieu du xvm® s., et renfermant le tombeau en granit avec le cœur du roi dom Pedro IV (f 1834). De la hauteur (125 m.) où se trouve l'église on a un beau panorama sur Porto et ses environs. — Derrière l'église un vieux cimetière renferme quelques monuments.
Quartier à VO. de la place de la Liberté. —A l'angle S.-O. de la place, la calçada dos Cterigos monte à Véglise dos Clerigos (PI. 3), bâtie sur les plans de l'Italien Mazzoni, en 1779 (assez beau chœur ou Capella Môr) et dont la tour, torre dos Clerigos (le gardien, sineirOy habite sur le côté N. ; pour monter, 100 r. par pers. ; belle vue), très élancée, très élégante, haute de 75 m., domine toute la ville et sert de point de repère aux navires voulant s'engager dans le Douro. Derrière la tour, le Mercado do Anjo (Marché de l'Ange), orné d'une fontaine, est très animé le matin.
De l'église dos Clerigos, le passeio da Cordoaria conduit, vers PO., au Campo dos Martyres da Patria et, tout à côté, au * Jardim da Cordoaria (de la Corderie), très beau jardin (café-restaurant), avec le monument de Marques LoureirOy par Teixeira Lupes, Ce jardin est borné : au S.-O., par la praça dos Peixe (marché aux poissons); au S.-E., par le Tribunal et la Cadeia da Relaçào (prison, PI. 9); au N.-O., par la masse imposante de VHospital de Santo Antonio (PI. 7) et, au N., par VAcademia (PI. 10), dans les bâtiments de laquelle est installée aussi V Ecole Polytechnique,