CATHÉDRALE DE BARCELONE
©'après Street, avec l'autorisation de M. J. Murray.
nexe de l'église dont elle est séparée par une grille en fer très artistement travaillée ; dans la chapelle, d'une architecture élégante et hardie, grand tombeau de l'évêque St Olégarius (f 1136), sculpté en albâtre au xvii® s. — Les autres chapelles, toutes ornées de retables des xvi®, xvii» et xviii» s., tantôt en bois, tantôt en marbre, tantôt en cuivre repoussé, n'otfrent en général rien de bien remarquable. — '2« chap. (de S. Clémente): riche tom' beau gothique de doîïa Sancha Ximenez de Cabrera. — 5« chap. (de S. Rai- MUNDO DE Penafort): bcau sarcophage renfermant les restes de ce saint. •e Déambulatoire (Tras-Sagrario). — Grandes fenêtres garnies de vitraux. -»^
38 — [R. 3] Il BARCELONE. ||
A dr., porte ogivale de la sacristie (on y conserve un grand nombre d'objets destinés au culte et d'ornements religieux d'une grande valeur artistique et ,. archéologique, entre autres la célèbre custodia du début du xv« s. placée sur Je riche siège en vermeil du roi Martin I'^'" d'A.ragon, 1395-1412). — '2« chap. ' (de San Miguel) : riche tombeau du prélat Bérenger de Palou (f 1240). — ; 3« (del Patrocinio) : à g., tombeau de l'évêque Ponce de Gualba (f 1334). — 5° (del Santo Cristo de Lepanto), consacrée au crucifix que l'on y vénère et que l'on suppose être celui qui se trouvait à la poupe de la galère de don Juan d'Autriche, le jour de la bataille de Lépante (6 oct. 1571) : retable de l'autel, moderne; deux riches tombeaux. — 7« (de S. Esteban) : quelques belles peintures de Tramullas. — 8« (de la Aparicion) : retable assez ori- l ginal avec profusion de figures en relief. — 10« (de los Santos Inocentes) : j tombeau de l'évêque Ramon de Escaler, belle œuvre du style gothique (fin j du XV» s.). i
Bas-côté g. (en descendant). — Dernière chapelle (du Baptistère) : fonts \ baptismaux; petit monument en albâtre; vitrail de 1495 dessiné par Bart. \
Vermejo. '
* Cloître. — De l'église on y pénètre par la belle porte de San Severo, de , style roman, qui s'ouvre à l'extrémité du transept dr. — ,Le cloître, com- \ mencé par maître Roque et terminé en 1448, est d'une architecture assez '\ (rrégulière; les arcades, d'inégale largeur, offrent d'intéressants chapiteaux ]
scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament). — Le patio est planté de
galmiers et autres arbres. — Galerie S.-E., en face de la porte de San evero : à g., porte de la Piedad, donnant sur la rue du même nom; à dr., sous un double arc dentelé, pabellon de S. Jorge ou le Lavadero, élégant pavillon (à la voûte, cul-de-lampe représentant St Georges, par Anton Claperôs) abritant une fontaine; à côté, petit bassin, la fuente de las Ocas (fontaine des Oies). A l'extrémité de cette aile sont les archives (nombreux documents). — Galerie S.-O. : belle porte de Santa Eulalia, conduisant à la calle del Obispo ; dans l'avant-dernière chapelle, fermée par une belle grille, retable gothique avec peintures du xv« s. — Galerie N.-O. : chapelle romane de Santa Lucia, par laquelle on peut sortir sur la calle do Santa Lucia. Dans une niche creusée dans le mur de la galerie, sar- j cophage en bronze surmonté d'une statue dont le costume bizarre est décoré de grelots; une inscription latine indique que ce sépulcre a reçu le corps do « Mossen Borra, glorieux chevalier » : c'était le bouffon du roi Alphonse V d'Aragon. — Sala Capitular (s'adresser au sacristain) renfermant quelques peintures de l'école catalane du xv« s., notamment une Pietà, très abîmée, de Bart. Vermejo (1490) et une Madone, bas-relief florentin dans le style de Desiderio da Settignano, et Secretaria del Capitulo. Dans une niche de la galerie, tombeau du chantre Despla (1453). A l'angle N., porte de San Olegario (en catalan : Olaguer) dont l'ornementation offre de,: très jolis détails ; elle donne accès à la chapelle du Santisimo Sacramento ( y. ci-dessus).
Du haut d'une des deux tours de l'église on jouit d'un beau panorama (s'adresser au sacristain, à côté de la sacristie).
La cathédrale est eatourée des édifices remarquables suivants : A l'extrémité 0. de la calle de Santa Lucia, le Palais Episcopal (PI. 12) , offre des restes de Tédifice primitif, du style roman, qui s'étendait jusqu'à la plaza Nueva et touchait à l'ancienne enceinte romaine' dont une des tours fait partie du palais actuel; celle qui se trouve en face appartient au colegio de Abogados,
En face de la cathédrale, calle de Santa Lucia, 1, le Colegio de Abogados (PI. 11), ancienne maison de l'archidiacre, auj. siège de l'Ordre des Avocats, fait corps, du côté de la plaza Nueva, avec une des tours de l'antique enceinte. Du côté de la calle de Sauta
Il MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE. || [R. 3] — 39
Liicia, celle maison présente deux corps de bâtiment aux fenêtres riclienient décorées et réunis par un mur de clôture au milieu duquel s'ouvre une belle porte Renaissance (à côté, curieuse boUe aux leltres, en marbre sculpté).
A Tint, (s'adresser au bureau, au l*"" étage), charmante petite cour avec escalier découvert et quelques pièces d'une décoration assez originale.
A dr. du colegio est la Canonja (presbytère), du xv® s.
A TE. de la cathédrale, la callc de los Condes de Barcelona, puis à g. une courte rue (bajada de Sta Clara) conduisent à la pittoresque petite plaza del Rey, qui occupait autrefois le centre du palais des comtes.
A g., VArchivo gênerai de la Corona de Aragon (Archives générales du royaume d'Aragon; PI. 9) occupe un édifice bâti sous Charles- Quint par Carbonell. — A dr., dans la cour (pourboire au cas où la grille serait fermée), escalier avec un très riche plafond en bois sculpté.
Au !«' étage, les archives (de 9 h. à 1 h.) forment une magnifique collection de plusieurs millions de documents, dont le plus ancien date de 841 et qui a été continuée jusqu'à nos jours.
Au N.-E. de la plaza del Rey, le Museo Arqueôlogîco provincial (PI. 16; t. l. j. de 9 h. à 1 h.; catalogue, 3 p.) est installé dans l'ancienne chapelle royale de Santa Agueda, qui date du xHi* s. (beau clocher octogonal). A l'extérieur, une colonne romaine cannelée provient de l'édifice romain dont les restes se trouvent calle de Paradis (F. ci-après).
La collection, intéressante mais trop à l'étroit, est formée de fragments divers et de sculptures sur pierre de l'époque romaine et du moyen âge, de sculptures sur bois, de mosaïques anciennes, de pièces de céramique, de monnaies et de médailles, etc. — 716. Femme romaine drapée. — 869 et 870. Sarcophages romains. — 832. * Reliquaire en bois doré, du xiii® s. — 848. Retable de l'autel de Santa Agueda, du xv« s., œuvre très remarquable de l'école de peinture de Barcelone, à la suite du maître Jaime Huguet. — 1613. Statue couchée d'un abbé (xvi^ s.).
Signalons encore dans ce quartier voisin de la cathédrale : — calle de Paradis (elle va de la place de la Constitution à la calle Piedad, derrière la cathédrale), au n° 10, siège du Centra excursionista (clu b touristique) de Catalogne ; dans une cour vitrée, trois belles colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens, restes d'un ancien édifice romain (devant la porte de ce même n° 10, dans le pavé, une meule de moulin indique que c'est le point le plus élevé de la ville).
De la place de la Constitution, la calle Jaime, prolongement de la calle Fernando VII, et, à dr., — après avoir traversé la Gran Via Layetana, nouvelle artère qui va de la place Lopez (à dr.) à la ronda de San Pedro (à g.), — la calle de Platerias (ou la Plateria tout court) conduisent à la plaza de Santa Maria.
L'* église Santa Maria del Mar (PI. 3), le plus important édifice religieux de la Barcelone ancienne, après la cathédrale, date du xiv" s. et appartient à la dernière période du style ogival. Le grand portai/est surtout remarquable. Aux deux côtés de la porte, sous deux
40 — [R. 3] Il BARCELONE. |!
gracieux petits dais, statues de St Pierre et de Si Paul-^ sur la porte même, deux figures de portefaix, en bronze, rappellent le concours efficace apporté par cette corporation à la construction de l'église, grâce au transport gratuit des matériaux.
Intérieur. — L'int., très dégagé et d'un grand effet (3 nefs soutenues par 15 piliers octogonaux), est imposant par ses dimensions (long. 75 m., haut, de la nef centrale 34 m.). On remarquera les hautes et étroites arcades entre lesquelles s'ouvrent les chapelles des bas-côtés. — Le maître-autel, derrière lequel se trouve, disposition exceptionnelle en Espagne, le coro, jure, par son exubérante ornementation, avec le reste de l'église. Les beaux lampadaires, de style gothique, sont de Francisco Duran. — Tableaux du Viladomat au tras-sagrario et dans quelques chapelles.
Au N. de cette église, on peut voir, dans la calle Moncada^ au n° 20, la casa Dalmases (Pi. 22; très intéressant patio avec un I escalier en pierre sculptée remarquable) et, aux n°* 12, 23, 25, etc., plusieurs anciennes et curieuses habitations particulières.
Derrière l'église, le marché del Borne, qui sert de halle aux fruits et au poisson, est très animé le matin.
Le quartier de Ribera renferme encore quelques églises intéressantes :
Santos Justo y Pastôr (PL 2, à TE. et tout à côté de la Casa Consistorial) a été construite sur l'emplacement d'une très ancienne église, en 1345, dans le style ogival, avec deux tours polygonales à la façade (celle de dr. n'est pas achevée).
Sania Maria del Pino ou Nuestra Senora de los Reyes (PL 4 ; plazas del Pino et del Beato Oriol) a été construite au xv** s. sur l'emplacement d'un édifice plus ancien. La façade 0. a une grande rosace et deux tours inachevées. — Le côté N. (plaza del Beato Oriol) a une porte romane (xii® s.).
Intérieur. — Belle nef unique, longue de 54 m., large de 16 m. et haute do 27 m. — Au-dessus de la grande porte un arc surbaissé supporte l'orgue dominé par la belle rosace de la façade. — Dans la 3® chap. à dr. est enterré le peintre Viladomat (f 1755). — Le maître-autel est placé au-dessus d'un arceau sous lequel s'étend une crypte.
San Pedro de las Paellas (Saint-Pierre-des-Pucelles ; PL 5; plaza de San Pedro), fondée au milieu du x* s., mais défigurée, garde des restes de sa structure romane primitive. — Le côté S. a une porte ogivale surmontée d'une vieille statue de St Pierre assis et bénissant, *
L'int., en partie roman, est précédé d'une sorte de vestibule avec, à dr., le tombeau gothique de l'abbesse Eléonore de Belvehi (f 1452).
Santa Ana (PL C, 2; calle de Sta Ana, 29, près de la plaza de Catalufia), fondée au xii* s., est encore intéressante malgré les modifications qui en ont altéré la forme primitive. Elle est précédée d'une cour de forme irrégulière sur laquelle s'ouvre une porte ogivale, surmontée de l'image de Ste Anne.
Intérieur. — L'int. a la forme d'une croix latine ; 3 Dras de la croix sont de style roman, le 4« est de àtyle gothique. — A g. do la porte principale, tombeau de Miguel de Boera, général de Ferdinand le Catholique et de Charles-
Il SAN PABLO DEL GAMPO. || [B. 3] — 41
Quint. — Chapelle du Sacrement (à g. du maître-autel) : très ancienne ginlle en fer du style romano-byzantin. — Le joli cloître, du xiv® s., où l'on peut accéder aussi de la plaza de Cataluna, a 2 étages (colonnettes élancées).
L'antique église de Santa Ana, classée comme monument national, sera remplacée pour le culte par une église qu'on bâtit à côté.
Quartier à l'O. des Ramblas. — Par la calle de San Rablo^ très animée, dans un quartier très populeux, ou par la calle del Conde de Asalto, qui commence à la rambla del Gentro et où l'on voit, à g., tout près de la Rambla, l'étrange hôtel construit par l'architecte Gaudi pour M. Gûell, on se rend à l'église de San Pablo del Gampo, qui est à peu près le seul édiflce notable de ce quartier.
*San Pablo del Campo, en catalan San Pau del Camp^ bâtie au X* s., hors de l'enceinte urbaine (d'où son nom « del Gampo »), fut réparée vers 1120 par Guiberto Guitardo. G'est un monument très intéressant. La façade est de style roman. Les colonnes du portail ou, du moins, leurs chapiteaux proviennent peut-être d'édifices antérieurs à l'invasion arabe. La rosace est d'une époque postérieure.
L'int., formé par 2 nefs se coupant k angle droit et voûtées en berceau, est dominé par une coupole octogonale et se termine à l'E. par trois absides. — Au S.-E., un petit cloître (en restauration), à colonnes gémellées et arcs trilobés et quintulobés, est très intéressant.
San Antonio Abad, au bout de la rue du même nom, avait un intéressant retable (épisodes de la vie de St Antoine), peint par Pablo Vergos (2^ moitié du xv® s.), et qui a péri dans un incendie pendant les troubles de 1909. Tout au bout de la calle San Pablo, on atteint le Paralelo (calle Marqués del Duero), large voie où sont réunis presque tous les théâtres et cafés populaires.
^Nouvelle ville.