‹ Espagne et PortugalChapitre 53 sur 196 · DISTRACTIONS ET SPORTS · texte numérisé non relu

DISTRACTIONS ET SPORTS

Théâtres : — del Liceo, sur la ' rambla del Centre ; spectacle d'opéras i (troupe Italienne); — Principal, dit ^ aussi Théâtre Catalan, rambla del ^ Centre ; opéras (au printemps ; troupe ! italienne), ballets, drames; — Tivoli, ] calle de Caspe, transformé en cirque ; j — de Novedades, calle de Caspe; \ opéras italiens pendant la belle sai- i son, opérettes, etc. — Eldorado, pi. de Cataluna; opérettes, comédies; — au Paralelo (calle Marques del Duero) : Comico, Lirico, Condal, Apolo, Soriano (opérettes, zarzuelas, drames, comédies, alternativement).

Cafés-concerts : — très nombreux; consulter les affiches et le programme quotidien dans le journal el Diluvio.

Music-Halls : — Eden-Concert, calle Conde Asalto, 10; — Alcazar, calle de la Union; — Teatro Arnau et Teatro Gayarre,a.ViPara\e\o; — Buena-sombra, en face du café du Lion d'Or, ni. del Teatro.

Concerts : — Palacio de la Musica Catalana, sal le de concerts de V « Orfeo catalan », calle alta de San Pedro; festivals de musique classique.

Cinématographes : — Doré, rambla de Catal uîîa ; — ^;ra« Via, calle Certes; — Circo- Barcelone* , calle Montserral

del Centra t calte Palayo^plaza Real, et surtout calle Fernando VU (notammeDt aux d»" 14, 16 et 23). On y voit tous les articles catalans (draps de Sa^adell, bonneterie de Mataro, magnifiques dentelles de Tordera, Blanès, etc.) et aussi les produits de l'Espagne (armes et lames, bijoux dacier et d'or fabriqués à Tolède, éventails, etc.) et de l'étranger (parfumerie de France, machines d'Angleterre, bronzes d'art et poteries d'Italie, etc.). — Boucles d'oreilles catalanes {arracadas)y calle de Platerias. — Nombreux antiquaires, surtout près de la cathédrale. — Grands magasins « el Siglo », rambla de los Estudios, construits et aménagés sur le modèle dos plus grands magasins parisiens.

Consulats : — de France (PI. D, 1), calle Cortes(gran via) 647, 1*», et Bruch, 52; — de Belgique, calle Mondez Nu3ez, 18; — de Suisse, calle Certes, 601 ; — d'Italie, calle Mallorca, 233, l® ;

— de Russie, pasaje Mercaders, 8;

— d'Angleterre, paseo de Gracia,

Il HISTOIRE. Il

et calle Santa Madona; — Diorama, Poliorama, Beliograph, etc., sur les ramblas centrales, et au Paralelo. — Prix : tous, 25 c. (entrée générale) et 50 c. (preferencia); dans toutes ces salles, des attractions allernent avec le déroulement des films.

Arènes tauromachiques ^— 1® Antiguas Arenas {vieilles arènes), à Barcelonota (14,500 places); — 2° plaza nueva ou las Arenas (20,000 places), grandioses arènes, calle Cortes (ou gran Via) près desquelles passent do nombreux trams, les uns venant de la plaza de Cataluna, les autres de la plaza de la Paz (monument de Colomb) et de la rambla Santa Monica.

Les jours de corridas (tous les dim.

du lundi de Pâques à la fin d'oct.), les trams qui s'y rendent portent la pancarte : Tores.

Concours hippiques : — au printemps.

Jeu de paume {fronton Condal), très fréquenté par un public d'amateurs et de parieurs, calle Rossellon. Le prix des places varie suivant les joueurs.

... „„ 41, l*»; -^ des Etafs-Unis, calle Mal-

Curiosités et magasins : — Les plus Chambre de commerce française :

beaux magasins sont sur les ramblas — calle Ancha, 2 bis.

Histoire. — La fondation de Barcelone est attribuée aux Phocéens. Sous la domination romaine, l'importance de la ville s'accrut. Au v« s., elle fut un moment capitale de la monarchie des Goths (auxquels la Catalogne doit probablement son nom, formé de Gothalania). En 712, la Catalogne fut conquise par les Maures; puis vinrent les Francs, qui prirent Barcelone et y instituèrent un comté, feudataire de leur empire, vers 780, Charlemagne constitua la Catalogne en Marche espagnole ; elle était la plus importante partie de la Septimanie lorsque Charles le Chauve la céda à Wilfred, qui se fit reconnaître comme marquis ou comte de Barcelone et de la Marche espagnole. Cet état d'indépendance dura de 801 à 1162 et fut la plus belle et la plus glorieuse période de l'histoire catalane. — En 1137, par suite de l'union de Ramon Béranger IV avec une princesse d'Aragon, la Catalogne lut réunie à la couronne d'Aragon. Elle s'enrichit au xiv® et au xv" s. par le commerce de mer, lorsque l'Aragon eut pour colonies méditerranéennes les îles Baléares, la Sardaigne. la Sicile et le royaume de Naples. En 1474, par le mariage de Ferdinand d'Aragon avec Isabelle de Castille, la Catalogne fut annexée à la Castille ; c'est alors que Barcelone perdit ses prérogatives de capitale. En 1639, Philippe IV ayant po^ié atteinte aux privilèges de la province, elle se souleva et battit le vice-roi avec l'aide des troupes françaises. En 164], Louis XIII ayant accepté la souveraineté de la Catalogne, cette province fut, pendant plus de onze ans, le théâtre de combats sanglants, et Don Juan d'Autriche s'empara de Barcelone. Le reste du pays rentra sous la domination de l'Espagne par le traité des Pyrénées (1659).

Lors de la guerre de Succession, la Catalogne prit parti pour l'archiduc Charles. En 1714, Barcelone, assiégée par une armée franco-espagnole commandée par Berwick, fut obligée de se rendre après une défense hr^roïque. La Catalogne fut cruellement châtiée par Philippe V do la part qu'elle avait

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prise à la lutte; mais, grâce à son énergie, elle se releva assez promptement.

Surprise en 1808 par l'armée française, Barcelone resta occupée par une garnison jusqu'en 1813. En 1828, nos troupes trouvèrent Barcelone défendue par une milice nationale bien organisée et par une garnison qui avait pour capitaine général un vieil ennemi des armées françaises, Mina. Il résista jusqu'au moment où la dispersion de l'armée libérale dans le reste de l'Espagne eut rendu la lutte inutile, et il remit la place, par une honorable capitulation, au maréchal Moncey.

Les pronunciamientos qui ont eu lieu depuis 1823 jusqu'à nos jours ont fourni chaque fois un exemple de la facilité avec laquelle les Barcelonais, impatients du joug, prennent parti dans les agitations politiques du royaume. On se rappellera la révolution de 1835 qui ramena Mina à la capitainerie générale; les scènes cruelles qui signalèrent en 1837 et 1838, le rôle de Barcelone dans la guerre civile; le mouvement de 1840 qui contraignit la reine à s'embarquer pour Valence; les terribles luttes de 1842, où la villes soulevée expulsa les troupes et les autorités, etc.

L'ancienne principauté de Catalogne ne subsiste plus, la Catalogne est représentée de nos jours par une capitainerie générale embrassant les quatre provinces de Barcelone, Tarragone, Lérida et Gérone.

L'activité forme le fond du caractère catalan ; si elle peut dégénérer en brusquerie là où elle n'a point été polie par l'éducation, il faut reconnaître toutefois que cette activité, ce besoin de mouvement, ont fait entreprendre aux Catalans de grandes choses. C'est elle qui, du temps des comtes de Barcelone et des rois d'Aragon, rangea souvent la victoire sous leur drapeau ; qui les conduisit en Grèce et dans le Levant ; qui leur donna les Baléares et la Sardaigne ; qui les a portés à travers les mers dans toutes les parties du monde connu; et qui, enfin, de nos jours, a fait de la Cata-: logne la plus industrieuse et la plus riche des provinces espagnoles. \

La langue catalane, dure, mais énergique et poétique, a son histoire et ses? titres de noblesse à côté de l'espagnol ; c'est un membre distinct de la mémej famille. Elle a ses attaches dans le vieux provençal et en général dans les dialectes compris sous le nom de « langues d'oc ».

Fêtes populaires et religieuses : — 17 janv., fîesta de San Antonio (devant plusieurs églises on bénit les chevaux); — une quinzaine de jours avant le dim. gras et jusqu'à la fin du carnaval, balles de mascaras (bals travestis i et masqués); — dim., lundi et mardi gras, défilé carnavalesque; — dim. des Rameaux, fête des Palmes; — jeudi et vendredi saints, visite publique de Montjuich; — du jeudi saint à Pâques, processions qui attirent un nombreux public; les églises sont tendues de noir; les femmes portent le deuil; samedi saint, foire des agneaux; — lundi de Pâques, marché des roses dans la cour de l'Audiencia; — en mai, jeux floraux {jochs florals), analogues à ceux du Midi de la France; — le jour de la Fête-Dieu, grande. procession à laquelle prennent part les autorités civiles, militaires, religieuses et toutes les troupes de la garnison; — 24 sept., jour de la Santa* Mercedes, fiesta major, ou fête patronale; — 1 et 2 nov., visites aux cimetières, on allume dès lanternes près des tombes qu'on couvre de fleurs ; — 24 déc, foire aux dindons. ; aspect très pittoresque du grand marché couvert, Mercado San José, qui reste ouvert toute la nuit.

Yieille ville,

LES RAMBLAS; CASA CONSiSTORIAL; CASA DE LA DIPUTACIÛN; AUDIENCIA CATHÉDRALE; ÉGLISE DE SANTA MARIA DEL MAR

Les "^Ramblas sont à Barcelone ce que les grands boulevards sont à Paris : le centre du mouvement urbain, le rendez-vous des promeneurs. G^estune suite de belles avenues, qui, se dirigeant du

Il RAMBLAS. — PLAZA DE LA PAZ. || [R. 3] — 33

S.-E. au N.-O. de la place de la Paz à la place de Catalogne, divisent la cité en deux parties à peu près égales. Chaque avenue est formée par une allée centrale ombragée de platanes et réservée aux piétons, avec une chaussée à dr. et à g., où circulent de nombreux trams et bordée de trottoirs le long des maisons, dont un certain nombre sont occupées par de beaux magasins.

La vaste plaza de la Paz (PI. B. 4) est dominée par le *monument de Christophe Colomb, construit de 1882 à 1890, sur les plans de Bohigas, et dont le large soubassement, orné de reliefs et de statues, porte une colonne gigantesque s'élevant à 56 m. au-dessus du quai (belle vue du sommet; asc. 1-2 pers., 2 p.) et couronnée par la statue en bronze du grand navigateur, par Atché. — A PO., le vieux fort d'Atarazanas a été transformé en caserne d'artillerie. Au S., la nouvelle Douane. Au N.-E., entre le beau paseo de Colon {V. ci-dessous) et le port, à côté de Vemharcadero de la Paz, se trouve le Mundial Palace, station maritime avec poste, télégraphe, téléphone, restaurant, etc.

Chacune des Ramblas est désignée sous un nom différent. C'est d'abord, vers le S.-E., la rambla Santa Monica, qui commence à la plaza de la Paz. — Vient ensuite la rambla del Centra, sur laquelle s'élèvent : le Théâtre principal (PI. 20), avec en face, le monument du dramaturge Soler (PI. 27), par Quérol; le théâtre del Liceo (PL 21), l'un des plus grands de l'Europe, construit de 1845 à 1847 (5,000 spectateurs), et les principaux hôtels; elle communique à dr. (N.) avec la plaza Real, entourée d'arcades et de constructions uniformes à pilastres corinthiens et dont le centre est formé par un square où se dressent de superbes palmiers. — A la rambla del Centro succèdent la rambla de las Flores ou de San José (marché aux fleurs) qui coupe la nouvelle artère en percement, puis la rambla de Los Estadios (tous les mat., marché aux oiseaux), sur laquelle s'élèvent à g. Véglise de Nuestra Sehora de Bélen, de style baroque (xvm® s.), et les grands magasins de El Siglo, et enfin la rambla de CanaletaSy qui aboutit à la plaza de Cataluna.

La plaza de Cataluna, centre du mouvement et point de croisement des plus importantes lignes de tramways, est une vaste esplanade, d'où se détachent, vers le N.-O., la rambla de Cataluna et le paseo de Gracia {V. ci-dessous : nouvelle ville), et vers le S.-O. et l'E., les grandes avenues de la Ronda, qui contournent la vieille ville. A l'angle 0. de la place se trouve la gare du ch. de fer de Sarriâ (p. 45).

De la plaza de la Paz se détache, au N.-E., le '^paseo de Colon, large allée plantée de palmiers, qui occupe l'emplacement de l'ancienne « muraille de mer », mais d'où, malheureusement, on ne voit ni le port ni la mer, que masquent les magasins des quais; on croit que, lors de son séjour à Barcelone, Cervantes habita l'endroit où se trouve le n'' 33. En suivant cette promenade on laisse à g. d'abord la petite plaza Medinaceli (fontaine surmontée d'une colonne, dédiée à l'amiral catalan Galceran Marquet), puis la Capitainerie générale. Le paseo de Colon se termine par la plaza Antonio Lapez, avec la statue, par Mestres et Vallmitjaua,d'ylnionio LopeZy

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marquis de Gomillas, le fondateur de la Compagnie Transatlonti(}ue espagnole. C'est là qu'aboulit la nouvelle voie qui vient de la ronda de San Pedro.

Au delà de cette place commence le paseo de Isabel Segunda, dont le côté g. (N.-O.) est occupé par la Lonja (Bourse; PI. 14; grande salle à 3 nefs et 3 travées, de style gothique, bâtie en 1382, remaniée au xvni* s.; escalier orné de statues). 11 aboutit à la plaza del Palacio, ornée d'une fonlaine, érigée sur les plans de Molina, en 1856, en marbre de Carrare (au-dessus, génie ailé; statues des provinces catalanes de Barcelone, Gérone, Lérida et Tarragone; sur la face principale, armes de Bernardo de Quiros, marquis de Campo sagrado, ancien capitaine général, sous l'administration duquel fut construit l'aqueduc de Moncada). — Au coin de la place, à dr.vers le N.-E., s'élève l'ancien palais de la Aduana, construit par le comte Roncalli sous Charles IV, où sont installés le Gouvernement civil, y Administration des Finances et la Douane, — Ici commence le paseo de la Aduana; à dr. est la Estaciôn de Francia {gare de France), principale gare de Barcelone, qui va être agrandie considérablement au détriment du parc voisin; à l'extrémité s'ouvre la grille du Parque (p. 42) et à g. commence vers le N.-O. le paseo de la , Industria, large avenue, qui sépare du Parque le quartier E. de la vieille ville. — A l'extrémité N.-O. de cette avenue on atteint, à g., la cal le de la Princesa qui mène à la plaza de la Constituciôn (V. ci-dessous).

Quartier à l'E. des Ramblas. — Ce quartier de la vieille ville est celui qui renferme les édifices les plus importants. 11 est traversé, dans la direction S. -0. -N.-E., par la calle Fernando Vif (beaux magasins; église San Jaime, construite en 1394, agrandie au xvn* s.), qui aboutit à la plaza de la Constituciôn (PI. C, 3) sur laquelle s'élèvent : au S.-E., la Casa Consistorial et, à côté, au N.-E., à l'angle de la rue Jaime PS l'élégant édifice de la Caisse d'épargne et du Mont-de-Piété (PI. 13); au N.-O., la Casa de la Diputaciôn.

La Casa Consistoriaî ou Ayuntamiento (PI. 7; visible de préférence le matin entre 10 h. et midi) a, sur la place, une façade moderne, ornée des statues de Jaime I" le Conquérant et du conseiller Fivaller, et, dans la petite calle de la Giudad (au N.), sa façade ancienne, de style gothique catalan (1369), et charmante dans son irrégularité.

Belle cour : au 1" étage, jolie galerie ogivale. Un grand escalier monte au !«*■ étage et à la galerie qui donne accès au salôn de Ciento {salle des Cents), grande salle des séances du conseil municipal langue do 30 m. env. et large de 14 (belle porte Renaissance à colonnes torses; inscription commémorative de la l" séance du conseil tenue dans cette salle le 14 août 1373; plafond ouvragé; élégantes fenêtres à 3 baies). A dr., Sala nueva ou dei* GoNSiSTORio, moderne et assez bien décorée, servant aux séances ordinaires du conseil.

Au 2® étage, Archives municipales (t. 1. j., dim. et fêtes exceptés, de 10 h. à l h. et de 4 h. à 6 h.), formées de plusieurs milliers de volumes de documents, depuis la fin du xii* s.

Il PL. DE LA GONSTITUGIÔN. — AUDIENCIA. || [R. 3] — 35

Derrière rAyuntamiento, dans la bajada de San Miguel, l'ancien palais de<i condes de Centellas a un beau patio du xv® s., restauré.

La Diputaciôn provincial (PL 6; visible de préférence le matin entre 10 h. et 1 h.; pourboire) est un vaste édifice du xv® s. avec façade du xvi" s.; il est attenant à celui de l'Audiencia (V. ci-dessous), avec lequel jl communique.

Un spacieux vestibule aboutit à un perron flanqué de deux lions et qu'une grille sépare de la voûte qui donne accès aux portes latérales du palais et à la cour de l'Audiencia {V. ci-dessous). — A dr. du vestibule, un riche escalier moderne (architecte, Roman Prats) monte au l*"" étage :

Salon de San Jorge, à 3 nefs supportées par des piliers élevés. — A dr., Gran Salon de Sesiones, salle des séances du conseil provincial : Bataille de Tétuan, immense toile, la plus grande composition ae Fortuny, malheureusement inachevée, d'une grande vigueur de coloris.

Du salon de San Jorge on passe directement dans la galerie du 1«' étage de l'Audiencia.

L'Audiencia (ancienne Cour d'appel; PL 10), palais, contigu à la Casa de la Diputaciôn, construit au milieu du xv* s., et du style gothique le plus élégant. La * façade principale s'élève sur l'étroite calle del Obispo; la porte y donnant accès est fort simple, mais le couronnement, avec un St Georges terrassant le Dragon dans un élégant médaillon, est un véritable modèle du style catalan. La façade sur la rue Honorato est également ancienne; elle a des fenêtres à fines colonnettes.

La ♦cour est une évocation du xv« s., du gothique le plus pur et le plus délicat. Un charmant escalier en pierre, avec rampe en marbre artistement fouillée, monte à la double galerie formant cloître supérieur autour de la cour et dont les arceaux sont supportés par des chapiteaux d'une grande finesse de détails qui n'a d'égale que la sveltesse des colonnettes sur lesquelles ils reposent. « Tout, dans ce petit hôtel, semble garder le cachet de cette belle efflorescence artistique qui précéda la Renaissance, et on n'est pas étonné de voir çà et là un mariage heureux des deux styles. » (Forestié.)

De la galerie du l*"" étage, on passe dans le joli patio de los Naranjos (cour des Orangers, récemment restaurée), espèce de courbante, entourée de bâtiments (belles croisées; nombreuses et curieuses gargouilles) et dominée par une tour. Dans les salles on peut voir quelques beaux plafonds à caissons.

La *capilla de San Jorge (pourboire), dont la porte, curieusement travaillée, est à dr. de celle de la cour des Orangers, appartient à deux époques différentes : le vestibule, du xv« s. (belle voûte), et la coupole, plus moderne. Au-dessus de la porte d'entrée, dans un cadre (excellent morceau de sculpture sur bois), St Georges ; tentures flamandes du xvi® s. à grands personnages ; dans une armoire de la sacristie, chasubles brodées, missel avec enluminures; reliquaire en argent doré.

De la place de la Constitution, \Q.calle del Obispo, qui s'ouvre à dr. dé la Casa Consistorial et dans laquelle se voit à g. la façade principale de l'Audiencia (V. ci-dessus), conduit à la cathédrale.

La ** cathédrale, ou Basilica de Santa Ealalia (PL 1), date des premiers siècles chrétiens et prit, vers 878, le nom de Santa Eulalia, lorsqu'on y eut transporté les restes de la sainte patronne de Barcelone. Ramon Bérenger 1"^ la réédifia en 1058, et, deux siècles après, en 1298, les rois d'Aragon commencèrent la construc-

U — [R. â] Il BARCELONE. || ;

tion de réalise actuelle, dans laquelle fut ménagée une vaste .J crypte, terminée en 1339, en l'honneur de la sainte ; cette construc- i tion se poursuivit jusqu'au xv® s. Parmi les architectes ayant A dirigé les travaux on cite Jayme Fabre de Majorque (depuis 1317) i et maître Roque (fin du xiv° s.). La façade sur la plaza de la ] Gatedral est moderne (achevée en 1892); les deux tours octogonales aux extrémités du transept datent du xiv* s. Très belle flèche '^ ajourée, en pierre, de construction récente. L

En faisant le tour extérieur de l'église on voit sur le flanc N.-E. i que longe la calle de los Condes de Barcelona, la poHe de San Ivo | ou de V Inquisition : au-dessus, statue de St Ivo-, de chaque côté, ] inscriptions relatives à la construction de l'église et datant de 1298 j et de 1329; bas-reliefs représentant le combat du chevalier Vilardell ] avec un dragon : le chevalier élevant son glaive au-dessus de sa ;i tête pour célébrer sa victoire reçoit les gouttes de venin qui en découlent et meurt, « Bios castigando su vana gloria >>, ainsi que rexplique la légende. — Dans la calle de la Piedad, à côté de Tabside, la porte de la Piedad, qui donne accès au cloître {V. cidessous), est ornée d'un bas-relief du xv® s. {la V. au pied de la Croix). — Sur le flanc S.-O., vers la calle del Obispo, la porte de Santa Eulalia, du plus pur style gothique, est richement ornementée : sous un dais finement sculpté, Ste Ealalie. — Enfin, à l'angle S.-O., sur la calle de Santa Lucia, la porte de Santa Lucia, qui '. donne accès à la chapelle du même nom, est un beau spécimen d'architecture romane.

Intérieur (très sombre) : — trois n^fs, longues de 83 m. et larges de ^ 37 m.; la haut, sous clef de la voûte principale est de 25 m. 50. A chacune des travées de la nef centrale correspondent, sur les bas-côtés, le long des murs latéraux, 2 chapelles pratiquées entre les contreforts et de forme polygonale.Les fenêtres, très petites, sont garnies de vitraux du xv« s. On remarquera la disposition des galeries supérieures, des bas-côtés, et l'élégance et la hardiesse des piliers de la nef et du chœur.

IV. B. — Il est difficile de voir les chapelles, d'une part à cause du manque 'ï de lumière, d'autre part parce que les clefs ne sont pas toutes dans les mains d'une seule personne.

Trascoro. — Quatre beaux *bas-reliefs (épisodes de la vie de Ste Eulalie), aeux par Bavt. Ordoîlez (1520) et les deux autres par Pedro Vilar (1564).

Coro. — Profusion d'ornements et de figures : boiseries et stalles, d'une grande richesse, la partie inférieure par l'Espagnol Mafias Bonafé (1457), la partie supérieure par les Allemands Locker et Friedrich [Ûd du xv« s.) ; chaque siège supérieur est surmonté d'un dais très élancé et finement découpé; au-dessus de ces sièges sont peints les noms et les armoiries des chevaliers qui reçurent la Toison d'Or dans le premier chapitre de cet ordre tenu en 1519 par le roi Charles I" (l'empereur Charles-Quint); à dr. (en regardant le maître-autel) est le siège épiscopal à dais sculpté qui' termine la rangée des stalles. — Au pilier à g., en sortant du coro, chaire épiscopale couverte j d'ornements : on remarquera Vescalier qui y monte en dehors du coro, et sa ,( porte d'entrée. -:

Transept. — Lustres remarquables. — Dans le bras g. (N.), au-dessous de ! l'orgue, on a placé, suivant l'usage catalan, une grosse tête de Maure barbue j (crins naturels) et coloriée. ^

Capilla May or. — Maître-autel gothique (xv« s.), précédé d'une haute \ grille et auquel on monte par deux escaliers latéraux; c'est un gracieux ;»

Il CATHÉDRALE. ||

ensemble de trèfles, de découpures en pierre de couleur sombre, au milieu desquelles apparaît, au-dessus du tabernacle, Jésus en croix. — Au-dessous du maître-autel, sous un ^rand arc surbaissé, crypte ou chapelle souterraine dk Santa Eulalia (on y descend par 25 marches) : mausolée en marbre avec bas-reliefs, roniermantles restes de la sainte et que supportent 8 colonnes

de marbre, toutes dilférentes,

Ca/J

œuvre toscane d'un élève de Giov. Pisano (1339); à la voûte, nombreuses lampes.

Bas-côté di\ — A dr. de la grande porte, vaste chapelle de S. Olegario ou del Santi- ^ ^ siMO Sacramento (on peut ^^;, y entrer aussi du cloî-

Q^^ tre); c'est en quelque sorte une an-

Puerta.

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Plaza de la Cat

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