R. 6] Il DE BARCELONE A ÎARRAGONE
a la prétention d'avoir été fondée par Noé (sur l'écusson de la ville est figurée une arche). — Longue tranchée de 1,200 m.
55 k. La Granada. village au point culminant de la ligne.
59 k. ViUafranea del Panades, ville de 7,750 hab., à 539 m., au milieu d'une plaine fertile. — Eglise du xiv* s., défigurée, avec une haute tour. — Quelques habitations fort anciennes : palais des rois d'Aragon, palais du baron de Rocafort, casa Pia Almana, anc. hôpital de pèlerins, etc.
[A 11 k. N.-O., sur une colline, San Martin de Sarroca possède une belle petite église du style romano-byzantin, avec une abside considérée comme l'œuvre la plus complète que le xi® s. ait laissée en Catalogne.]
64 k. Mônjos. — 71 k. Arbos, dans une situation charmante, dominant la belle campagne du Panades : à la façade de la belle église SanJulian, flanquée de 2 tours, 4 statues et groupe de la Vierge et l'Enfant (à Tint., retable); villas dont Tune, très curieuse, de style mauresque, avec une haute tour semblable à la Giralda de Séville. — 76 k. Vendrell, ^,1^0 hab. (tour octogonale). — La voie descend vers la mer. — 83 k. San Vicente de Calders (p. 66).
107 k. TARRAGONE ® (Tarragona), ville de 23,292 hab., ch.-l. de la province du même nom et siège d'un archevêché, s'étend en amphithéâtre sur une colline qui domine la mer. Une enceinte de fortifications modernes, auj. abandonnées, l'enveloppe presque complètement; derrière se dressent les vieilles murailles romaines construites sur des murs cyclopéens. Le quartier qui avoisine la] gare et le port n'oiîre aucun intérêt; il renferme la fabrique de liqueur {Union Agricola) des Pères Chartreux expulsés de France.
Omnibus : — des hôtels à la gare.
Hôtels : — de Paris, rambla de San Carlos (lunch 3 p., dîn. 4 p. ; ch. dep. 4 p. ; pens. dep. 10 p. ; électr.) ; — Continental, Apodaca, 30 (recomm. ; ch.
hygién., pens; 6 p.; électr.). — Europa, rambla de San Juan (lunch 3 p. 50; pens. 7p.); — del Centra, rambla de
San Juan, 63 (pens. dep. 6 p.); — National, rambla de San Carlos.
Poste et télégraphe : — calle de San Augustin.
Voitures : — pour le tombeau des Scipions, 10 p. (à 2 chev.).
Syndicat d'initiative : — rambla de San Juan.
Histoire. — Cette très ancienne cité, autrefois le centre de la puissance romaine en Espagne, la résidence des consuls, des préteurs, des Scipions,' (i'Octave-Auguste et d'Adrien, avait tous les privilèges de Rome : un amphithéâtre, un cirque, des palais, des temples, une enceinte immense. Sa puissance s'éclipsa sous les G-oths; les soldats d'Euric la détruisirent en 467; les Maures la dévastèrent en 714. Deux fois conquise par Louis d'Aquitaine et parRamon Bérenger, elle retomba sous le joug des Maures, après des luttes nombreuses et sanglantes, et devint définitivement catalane et chrétienne par la conquête d'Alphonse le Batailleur en 1220. Longtemps oubliée pendant toute la période chrétienne qui succéda à la domination des Maures, Tarragone, en 1640, prit parti dans le soulèvement de toute la Catalogne contre les ministres de Philippe IV, mais ne sut pas résister à l'armée qui vint l'assiéger. Plus tard, après la mort de Charles II, elle se donna à l'archiduc Charles d'Autriche, et ne rentra sous le pouvoir de Phi-lippe V qu'avec le reste de la principauté, lors du traité du 14 mars 1713, En 1811, le général Suchet vint assiéger Tarragone, qui ne se rendit qu'après une résistance des plus opiniâtres.
Il TARRAGONE. || [R. 6] — 69
ITINÉRAIRE. — De la gare les voitures montent à la ville haute, où se trouvent les hôtels et les principaux monuments, par une route (à dr.) qui décrit un lacet. Les piétons monteront encore plus à dr., par un large escalier, à la cuesta de Toro, boulevard en corniche qui aboutit à l'extrémité S.-O. de la rambla de San Juan, large voie plantée d'arbres, bordée de maisons modernes et très fréquentée. A cette extrémité S.-O. s'élève la statue de Roger de Loria, ^ar Ferrer (1888).
Ici commence le*paseo de Pi y Margall, belle promenade en terrasse qui domine la mer et d'où l'on jouit d'une vue admirable sur la Méditerranée. On domine le Presidio (prison), où l'on distingue quelques restes d'un amphithéâtre datant du temps d'Auguste. A g. s'ouvre la rambla de San Carlos et, plus loin, on voit le Torreôn de Pilatos, antique donjon servant de prison, reste du palais d'Auguste. Le côté N. de cet édifice donne sur la plaza del Rey (assez belle fontaine).
A l'extrémité du paseo de Pi y Margall, en face de la Casa de Beneficiencia, précédée d'un petit jardin public, devant lequel s'élève une belle croix Renaissance {Cruz de S. Antonio), s'ouvre la puerta de San Antonio, que l'on franchit pour se rendre, par les vieux quartiers, à la cathédrale.
La * cathédrale, bâtie sur remplacement d'une mosquée, entre la fin du xii' et le milieu du xiii* s., couronne un petit plateau au point le plus élevé de la ville.
La * façade, de style gothique, précédée d'un large escalier, présente un vaste portail formé d'arcs ogivaux concentriques, flanqué de deux piliers carrés terminés en pyramides. A la naissance des arcs, et sur les trois faces des piliers, au-dessus du soubassement, 22 niches renferment des statues d'apôtres et de prophètes. Le portail a été commencé en 1278 par maestre Bartolomé : la Vierge au trumeau et les 8 apôtres de l'ébrasement sont de cette époque; les autres statues sont l'œuvre de Jayme Castails (1475); les vantaux (remarquables heurtoirs) de la porte centrale datent de 1510. A dr,. et à g. de chacun des gros piliers, deux autres portes à arcs plein cintre sont d'un style plus ancien. Au-dessus de la porte de dr. est un ancien sarcophage chrétien. Une grande et magnifique rose circulaire se développe au-dessus du porche ; plus haut, la façade est restée inachevée. — On a, à l'E., un coup d'oeil pittoresque sur l'extérieur de l'abside, la tour octogonale de 60 m. et le dôme octogonal qui coiffe la croisée du transept avec la nef principale.
Intérieur. — L'intérieur (fermé de midi et demi à 3 h.; pourboire au sacristain qui montre les chapelles ; pour 2 p. on obtient la permission de photographier toute une journée dans la cathédrale et le cloître) a conservé tout le caractère de sa très ancienne origine. Il est vaste, d'un aspect majestueux, d'une grande sobriété d'ornements, mais un peu lourd en raison du peu d'élévation de ses trois nefs et des proportions massives des piliers (doubles colonnes engagées sur chaque face) et des arcs. La croisée est d'un bel effet, plus élevée que le reste de l'église et dominée par un cimborio (coupole) octogonal; les deux bras du transept sont éclairés par deux rosaces (beaux vitraux, très restaurés, de 1574).
Trascoro. — A g *owbeau de Jaime el Conquistador (Jacques I", roi
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d'Aragon, -•- 1976), refait en 1856 en partie avec des fragments de l'ancien tombeliu (xvi® s.) transportés du monastère do Poblct (p. 73); à g. du tombeau, bénitier du xiii® s. — Sur le côté N. (à g. en entrant), petite chap. DEL Santo Sevulcro, trcs curieuse, renfermant un saint-sépulcre (figures en pierre coloriée et, sous verre, sur un antique sarcophage romain, Christ en marbre sculpté par Francisco Gomar).
Coro. — Construit dans le style gothique au xiv« s. — Belles grilles. — A dr. et à g., ambons du xiii* s. — Stalles du style gothique fleuri (xv» s.), avec, à dr. en entrant par le trascoro, le siège épiscopal (ces sculptures, allouées en 1478 à Franscisco Goynar^ mais qui paraissent dater en partie du commenc. du xvi« s., se ressentent de l'influence de la Renaissance); sculptures de l'orgue par Juan Amigô (1563).
Bas-côté dr. — l""® chap. (de las Virgenes) servant de baptistère ; grand sarcophage antique (peut-être était-ce une baignoire), magnifique bassin de marbre, long de 3 m., large de 1 m.. 50, trouvé dans les ruines du palais d'Auguste. — 3^ chap. (de Sta Tecla), richement ornée de marbres et datant du xviiie s. : reliques de la sainte, patronne de Tarragone. — 5« chap. (de LA Sagrada Familia) : bas-relief en bois peint imitant le marbre, du xvi« s. Présentation au Temple).
Capilla Mayor. — C'est une des parties les plus anciennes de l'église. — * Maître-autel orné d'un grand retable en marbre sculpté (commencé en 1426; p. Lxx), œuvre do Père Johan de Vallfogona et de Guillen de la Mota (scènes do la vie du Rédempteur et de la vie de Ste Tecla; statues de la V., de St Paul et de Ste Tecla ; les sculptures de la prédello sont remarquables par leur élégance et leur finesse extrême; 3 dais délicatement ajourés s enlacent à une grande hauteur. — De chaque côté, splendides portes gothiques. — A dr. du maître-autel, tombeau (belle statue funéraire) de l'archevêque Juan de Aragon, fils de Jaime II (f 1334), œuvre italienne de V école d'A. Pisano, et, de l'autre côté, pierre tombale do don Alfonso de Aragon.
Transept g. — A dr., chap. de los Sastres (des Tailleurs) : jolie galerie gothique ; retable en pierre, du xiv* s. ; sur la paroi dr., urne cinéraire d'un patriarche d'Antioche (xiv° s.). — Porte conduisant au cloître {V. cidessous). — A g., CHAP. DEL Sacramento, bâtieon 1586, dans le stylo de la Renaissance (deux colonnes antiques proviendraient du Forum de la cité romaine); elle communique avec l'aile S.-O. du cloître.
Bas-côté g. — Chap. de la Concepcion (la 3* depuis l'entrée), riches tombeaux du chanoine Girôn de Rebolledo (f 1682) à g., ©t do son frôro Godefroi, à dr. ; ils sont conçus dans le style pompeux de la décadence et présentent : le premier, les allégories et les emblèmes des sciences; le second, les allégories et les emblèmes de la guerre. — 2* chap. (de l'Anunciata) : à g., élégant mausolée do l'archevêque Jacobo de Cardona (f 1531), belle œuvre do la Renaissance italienne.
La cathédrale possède une riche collection d'étofl*es brodées et de tapisseries des XV®, xvi« et xvii« s. (quelques-unes d'après des cartons de Jor daens) : on les expose à certains jours de fêtes, notamment à l'époque de la Fête-Dieu et le 23 sept., jour de la fête de Ste Tecla,
Le ** cloître, contigu au transept N., est charmant, avec son jardin au centre. On y accède par un très intéressant portail orné de sculptures romanes, notamment les très curieux chapiteaux où rep.osent les arcs et celui du trumeau. — Le cloître de style roman (xn® et xiii« s.), avec des voûtes en arc d'ogive est d'une grande légèreté et d'une élégance achevée. Les chapiteaux sont richement sculptés et décorés ; on remarquera celui du 3e pilier (2^ grande arcade), à dr. du portail de l'église, représentant la Procession de las Ratas (des rats procèdent à l'enterrement do chats qui font semblant d'être morts). — En continuant de ce côté, on arrive, à l'angle S.-lv, ti la chapelle du Corpus Christi (s'adresser, le matin, au chapelain), précédée d'une porte accostée de fenêtres géminées et qui était jadis la
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chapelle du Chapitre; elle renferme quelques bonnes statues de saints, du xiv« s. A côté sont les archives et la nouvelle salle du Chapitre. — Dans l'aile E., la chapelle de Sta Maria Magdalena renferme un retable de l'école espagnole du xv® s. — Dans l'aile N. et à l'anp^le N.-E., une image de la Vierge, sculpture' romane (xi* ou xii® s.) en bois, est connue sous le nom de la Virgen de la Guia (les murs de cette partie du cloître sont presque en entier ceux de lantique Arx romaine). — Dans l'aile O., entre la porte de la chapelle dcl Sacramento et celle qui donne sur la calle de la Carniceria, on voit une arcade aveugle en forme de niche, de construction arabe, avec une inscription de l'an 960 (347 de l'hégire) et, près de là, quelques fragments romains et du moyen âge.
A côté et au N. de la cathédrale est le Palacio Arzohispal (archevêché), édifié au commenc. du xix® s., sur remplacement du Gapitole et appuyé sur l'antique muraille romaine (vieille ioar; pourb.).
Par la calle de San Pablo, qui contourne à TE. le cloître de la cathédrale, on arrive à la Capilla de San Pablo, bâtie au xiii® s. et dont rentrée se trouve dans la cour du Seminario conciliai' (séminaire), édifice moderne construit sur l'emplacement de l'ancien couvent de San Pablo.
A l'angle de la calle de San Pablo et de la calle de Vilamitjana est l'antique petite église de Santa Tecla, du xii® s., époque à laquelle elle servit de cathédrale. — Dans la calle de la Vitaniitjana rnème, qui lonp:e le flanc S. de la cathédrale, on peut voir, au n" 3, les restes d'un édifice roman (arcs, chapiteaux) emmurés dans un bâtiment postérieur.
Revenant au Llano de la Catedral et suivant, en bas de l'escalier, la calle Mayor, on arrive à la pla:a de la Fuenle, sur laquelle ie trouve un puits cyclopéen (ou plus probablement romain), profond .; de 47 m. et dans lequel on pouvait descendre par un escalier en bois (actuellement prohibé) de 11 étages. — C'était ici l'emplacement de l'ancien cirque romain.
A l'extrémité N. de la place est la Casa Consistojnal, où, au rezde-chaussée, à dr., le Museo arqueolôgieo provincial (t. 1. j. non fériés de 9 h. à I h. et de 3 h. à 5 h.; pourboire) renferme une intéressante collection d'antiquités de l'époque romaine et du J moyen âg-e.
Salle d'entrée : sarcophages, fragments divers de l'époque romaine (entre autres, un moulin). — Grande salle à g. ; statues (beau torse d'un ' jeune Bacchus; torse d'une Vénus; torse de Pomone); beau ♦lampadophore en bronze (jeune nègre, portant un plateau pour 3-^ déposer les accessoires); bustes d'empereurs; mosaïques (au pavement cenrral, remarquable *tête de Méduse); collection numismatique intéressante, surtout pour les pièces phé- - Diciennes et ibériques, etc. — Dans la salle en face de l'entrée (à la suite de la l""* salle), on a réuni ce qui a pu être sauvé de la dévastation du monastère de Poblet : tombeau du comte de Santa Coloma,; débris du ma^^-nifique tombeau en marbre de don Jaime avec bas-reliefs remarqualdes; statues; fragments de statues, statuettes et sculptures diverses, chapiteaux, etc. — Le gardien montre dans un corridor adjacent le modèle du . puits de la Fuente (F. ci-dessus).
A quelques min. N. de la Casa Consislorial on peut aller voir, la puerta del Rosario, les restes de 1'** enceinte pélasgique ou cyclo : péenne, formée de gros blocs irrégiiliers, qui a servi de substruc-
îl MONASTÈRE DE POBLET. || [R. 6] — 73
tion à Tenceinte romaine (une petite porte à g. date de cette dernière). — En sortant par la porte del Kosario on jouit d'un intéressant coup d'œil sur la campagne, et à dr. sur les murailles avec la haute torre del Arzobispo.
[Environs. — i° * Aqueduc romain (4 k. env. N.-O. ; voit, à 2 chev. 10 p., prix exagéré; à 1 chev. 1 p. ; traj. en 25 min.; promenade recommandée, de
I h. 30 env.), — A Textrémité de la rambla San Juan, une route descend à g. rejoindre la grande route de Valls, qui remonte la vallée du Francoli et que Ion suit à dr. Après quelques montées et descentes on atteint une petite plaine admirablement cultivée. Tout à coup, à dr., dans un petit vallon, on aperçoit l'aqueduc, d'un ton jaune doré. Par un chemin à g. du vallon, on monte à pied jusqu'au-dessus des arcades du magnifiqne puenie de las 2 erreras ou del Diable, à 2 rangs d'arcades (la rangée infér eure, da
II arcades, est longue de 73 m. et haute de 13 m. 6; la rangée supérieure, de 25 arcades, est longue de 217 m. et s'élève à 28 m. 7). Cet aqueduc, qui prenait les eaux du rio Gaya, alimentait la ville.
2° Tombeau des Scipions (8 k. env. E.), p. 66.
3° Monastère des Santas Creus. — On peut faire cette excursion en 1 j., soit par San Vicente (F. ci-dessus, A), soit par Valls (V. ci-dessus, A), et où' conduit aussi une voit, publique partant 2 fois par j. de Tarragone, p. 77.]
DE TARRAGONE A LERIDA, PAR REUS; EXCURSION AU MONAS- TÈRE DE POBLET (^ du Nord, 103 k. ; en 4 h. env.; 12 p. 90, 9 p. 70) 7 p. 10; pour visiter Poblet il faut descendre à Espluga, d'où une assez mauvaise route de 4 k. env., desservie pendant la saison par des voitures pas trop commodes, conduit au couvent ; de Tarragone on peut faire cette excursion en une journée). — Laissant à g. la ligne de Valence, la voie franchit le Francoli et parcourt une grande plaine (le Campa de Tarragona^ bien cultivée. — 9 k. Villaseca. — On contourne Reus.
16 k. Beus (p. 78), où l'on croise la ligne de Barcelone-San Vicente- Reus-Saragosse (R. 7, A). — La voie s'élève. — 23 k. Selva, au pied des hauteurs qui bornent le Campo. — On longe la base des montagnes. — 29 k. Alcover, dominé par des montagnes dénudées. — On remonte la valléo du Francoli, que l'on traverse à une grande hauteur sur un beau viaduc en deux travées supportées au centre par une tour; vue magnifique.
34 k. Picamoixons (g), où l'on rejoint, à dr., l'embr. de Roda de Barâ-Barcelone (p. 77). — 37 k. La Riva ou Biba, petite ville industrielle, en amphithéâtre sur la rive g. du Francoli. — On franchit le Francoli. — 39 k. Vilavert. — La voie franchit plusieurs fois le torrent et pénètre dans une vaste plaine (la conca de Barbera). — 44 k. Mordblanch, petite ville de 5,200 hab., entourée de murailles flanquées de tours (église du xiv* s.). — La voie franchit la haute sierra de Pradès.
50 k. Espluga de Francoli (hôt. de Villa Engracia, fermé en hiver), petit village à la limite N. de la conca de Barbera. Aux environs, Fuente del Eierro est une villégiature d'été fréquentée (nombreux chalets).
[monastère de POBLET (^ 4 k. env. N. ; 40 min. env. en voit.; en été on trouve à la gare d'Espluga des voit, pour le couvent, 3 p. par pers.; se renseigner à Tarragone). — On traverse le village sur la dr. — 15 min. Croix de pierre. — 30 min. Groupe de statues brisées. — On prend à g. une avenue qui conduit jusqu'au mur du monastère, que l'on contourne jusqu'à la porte (40 min.).
Le ♦monastère Santa Maria de PoLI -t. qui a été un des plus beaux et des plus riches de l'Espagne, doit son nom à un saint ermite qui vivait dans le pays vers l'an 1120. Fondé, en 1153, par le comte de Barcelone, Ramon Bérenger IV, qui le donna h. l'ordre de Cîte'aux, le monastère fut successive-
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ment augmenté et enrichi par les rois d'Aragon, qui y bâtiront un palais et y établirent leurs sépultures. Pendant le^s troubles civils de 1835, les moines s'cniuirent, emportant les objets les plus précieux et, profitant de cet abandon, aes bandes de malfaiteurs mirent à sac le monastère, brisèrent les tombeaux pour y chercher des trésors, et, tinalement, l'incendièrent. — Auj. classé comme monument historique, ce monastère est encore très intéressant à visiter et ses ruines donnent l'idée de sa richesse passée.
On pénètre dans une cour bordée par les anciennes dépendances. A dr. est une chapelle gothique de 1443. Une porte donne accès dans une autre cour. — On a devant soi la porte de la 3® enceinte, encadrée entre deux grosses tours d'un aspect imposant; elle s'ouvre sur le palais construit par le roi don Martin.
En traversant ce palais on pénètre dans le cloître, de style romano-ogival, et assez bien conservé. En face, se trouve la salle capitulaire (11 grandes pierres tombales recouvrent les sépultures des abbés).
A dr. (S.) du cloître est Véglise, bâtie par Alphonse II d'Aragon au xii« s.; le maître-autel avec retable en marbre richement sculpté, est l'œuvre authentique de Damiân Forment (1527); sa partie supérieure est seule bien conservée; à dr. et à g., tombes royales.
De la terrasse qui couvre les galeries du cloître on peut apprécier les élégantes fenêtres du palais du roi Martin, merveilles de légèreté.]
55 k. Vimbodi, pittoresquement situé aux bords du Milano (dans l'église, plusieurs retables provenant du monastère de Poblet; ruines du château de Milmanda, anc. résidence des prieurs de Poblet). — 59 k. On atteint le point culminant (1,011 m.) de la ligne. — 63 k. Vinaixa. -- La ligne descend vers la plaine d'Urgel. traverse le Bnigent dont elle suit de près la rive dr. — 78 k. Borjas. —83 k. Juneda. — 91 k. Puigvért-Artesa.
103 k. Lerida(g)(p. 81).
2"" De Tarragone à Valence.
^ du Nord, 275 k. en 7 à 10 h.; 30 p. 95, 19 p. 80, 14 p. 65.
Auto- cyclisme : — @ 283 k.; route la plupart du temps monotone, avec quelques passages difficiles; ainsi, entre Gambrils et l'Hospitalet, les gués sont impraticables par temps de pluie; de même après Villareal un autre gué a 40 cent. deau. — 9 k. Vilaseca. — 18 k. 5 Cambrils. — 33 k. Hospitalet. La route devient très accidentée, descente rapide par 10 lacets; les montées et les descentes se succèdent. — 60 k. PerelLô. — 91 k. Tortosa (on sort par les calles de Tablas Viejas et de la Càrcel). 4 passages à niveau. — 105 k. Santa Barbara: route plane. — 120 k. Ulldecona. — 136 k. Vînaro:;. — 143 k. Benicarlô. La route est parallèle à la voie ferrée. Après (165 k.) Alcalâ de Chisvert, 4 passages à niveau.
— 177 k. Torreblanca. — 192 k. Oropesa-, descente rapide et pittoresque.
— 201 k. Bénicasim. — 214 k. Castellon de la Plana (on sort par la calle de Madrid). La route est presque plane, sol médiocre, et traverse de nombreuses plantations d'orangers. — 221 k. Villareal. — 232 k. Nules. — 246 k. Almenara. — 256 k. Sagunto. De là à (283 k.) Valeiice, mauvaise route à travers une belle huerta parsemée de nombreux villages (^u'on traverse.
La voie laisse à dr. la ligne de Lerida (F. ci-dessus), et franchit le Francoli (belle vue sur Tarragone). — 13 k. Salou, port de la ville de Reus {V. ci-dessous) à laquelle il est réuni par un embranch. de 8 k.; ancienne ^owr de guet à la pointe du cap Salou. — 19 k. Cambrils {église à grosse tour carrée percée de meurtrières, comme un donjon). — La montagne se rapproche de la côte; on aperçoit
Il TORÏOSA. Il [R. 6j - 75
à g. sur le rivage une pittoresque tour en ruines. — 33 k. Ilospitalet de Tarragona, anc. hôpital de pèlerins (bâtiment ogival flanqué de 4 tours), que Ton aperçoit tout près de la mer. — A dr., castillo de Balaguer sur une montagne nue (737 m.). — 49 k. Amcila, Au S on voit s'avancer dans la mer le vaste delta de VEbre, plaine basse d'alluvions bordée de sable blanc.
61 k. Ampolla, village de pêcheurs au fond du golfe de Saint- Georges, ou puerto del Fangal, que ferme au S. la plaine du delta. La voie s'éloigne du rivage et court au pied de la montagne à la lisière de la plaine marécageuse formée par lesalluvions de l'Ebre; on aperçoit au loin les phares de la pointe del Fangal et du cap de Tortosa, extrémité la plus saillante du delta, à l'embouchure principale du fleuve (il se divise en deux bras, dits Gola del Norte et Gola del Sud, séparés par VileBuda). — 74 k. Amposta^ petite ville de 2,000 hab., située à 4 k. S.-O. de la gare, sur la rive dr. de TEbre, et à l'entrée du delta; le lit du fleuve étant encombré par des bancs de sable en aval, on a ouvert en ce point un canal qui aboutit au S. à San Carlos de la Rapita, au fond de la baie des Aliaquès. — Tournant au N.-O. la voie s'engage dans la fertile vallée de Timbre dont elle remonte la rive g. jusqu'à Tortosa.
84 k. Tortosa (g) (hôt. de VEurope^ omnibus), ville de 24,500 hab., évêché, sur la rive g. du fleuve, dans une plaine étroite bordée par une ligne de hauteurs escarpées; c'est le centre d'un commerce actif d'huiles et de vin.
Histoire. — Tortosa est l'antique Dertosa Julia Augusta des Romains. Assiégée et prise par Louis le Débonnaire en 811, reprise par les Maures qui en firent un nid de pirates, elle revint enfin, en 1148, au comte Ramon Bérenger IV. Une nouvelle attaque des Maures ayant été repousséo ^râce à l'héroïsme des femmes, Bérenger IV leur octroya en souvenir un insigne figurant une hache et le droit de préséance sur les hommes dans les cérémonies officielles.
La cathédrale, fondée par Tévêque Gaufredo (f 1178) sur l'emplacement d'une mosquée datant de 914, a été rebâtie en 1347 dans le style gothique et déflgurée plus tard par des ramaniements de style baroque; la tour, dite Almudena, est d'origine mauresque.
A Tint., belle chaire, grille et stalles du chœur de la fin du xvi» s., par Cristnbal de Salamanca ; chapelle Santa Cinta, très ornée et qui conserve une ceinture delà Vierge; dans la chapelle Ste Candie, tombeaux des quatre premiers évoques jusqu'à 1251; dans la sacristie, inscription rappelant la fondation de la mosquée primitive; bibliothèque nombreuse et riche do 350 manuscrits.
Le collège est de style Renaissance. En montant près de la gare à VAlameda, on a une vue magnifique sur les murailles, les hautes tours, la ville et la vallée de l'Ebre.
En quittant Tortosa, la voie franchit l'Ebre, en suit quelque temps la rive g., puis s'en éloigne au S. en s'élevant. On a à dr. les hautes montagnes du Maestrazgo, et à g. la petite sierra de la Rapitaqui cache le port des Alfaquès.— 113 k. Ulldecona, 6,510 hab., [tour octogonale), au pied du Montsiâ (764 m.). — A dr., tour d'un ancien château. —La voie redescend vers la mer pour franchir le
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Génia, qui forme la limite entre la Catalogne et l'ancien royaume de Vnlence.
128 k. Vinaroz, ville de 8,600 hab., avec un petit port de commerce. , C'est ici que mourut en 1742 le duc de Vendôme dont Philippe V * fit transporter les restes à l'Escorial.
[Morella (^ 60 k. N.-O, diligence en 9 h., 6 p., fonda S. José), 7,300 hab., l'antique Castia-JElia, puis importante place frontière du royaume de Valence, est bâtie au sommet d'un piton escarpé qui se dresse au milieu i d'un cirque de montagnes. — Eglise Santa Maria la Mayor, gothique (1317), où un escalier tournant accède au chœur surélevé sur des arceaux et des piliers (tableau de Ribalta : Jacques I®"" d'Aragon apportant und « relique de la Vraie Croix). — Ancienne tour de la Saloquia.]
La voie franchit le rio Seco ou Calig. — 134 k. Benicarlô, 7,250 hab. : (vieux château; belle église avec un dôme revêtu d^azulejos bleu foncé et un clocher octogonal). — La voie monte pour s'éloigner de la mer, puis parcourt un plateau bien cultivé (vignes, olivettes, j caroubiers). On aperçoit à env. 7 k. à g. l'ancienne place forte de *Peniscola, assise sur un roc escarpé et isolé, de 75 m. de haut., qui ne tient à la terre ferme que par une langue de sable souvent couverte d'eau. On l'a comparée à Gibraltar.
C'est, dit-on, Tancienne Acralefke ou Cartago vêtus, fondée par Hamilcar et où le jeune Annibal « jura aux Romains une haine éternelle ». Jaime . d'Aragon la prit aux Maures en 1233 et la donna aux Templiers; sous Alphonse V, en 1429, elle revint à la couronne. Les Français l'assiégèrent' en 1811 et elle capitula après onze jours de feu.
156 k. Alcalâ de Chisvert (joli clocher octogonal). — A g., petite chaîne de hauteurs avec quelques restes de châteaux ruinés. La^ voie descend et se rapproche de la mer. — 171 k. Torreblanca. — A g., étang de Albalat. — 185 k. Oropesa, au bord de la mer, près du cap d'Oropesa {tour carrée et phare), à Textrémité d'une ligne de hauteurs aux silhouettes découpées. — Tranchées; tunnels. — 194 k. Benicasim. — La plaine, couverte de caroubiers et d'oliviers, puis d'orangers, est bordée à g. par la mer et à dr. par les monts de la Pena Golosa.
206 k. Castellôn de la Plana (hôt. de la Paz 5'uiso), ville moderne de 29,904 hab., ch.-l. de la province du même nom, dans une plaine fertile, à 6 k. env. de la mer. — Près de la gare, sur le paseo de Ribalta^ obélisque commémoratif de la guerre carliste (1837) et monument du peintre Ribalta (f 1628). Sur la place qui porte son nom, statue en bronze de Jacques P' d'Aragon, fondateur de la ville (1251). — Eglise Santa Maria, de style ogival (façade avec portail du xiv® s.; à Tint., Ascension par Carlo Maratta et un tableau de Ribalta). Des œuvres du même peintre se voient aussi à l'hôteL de ville et à l'Institut d'enseignement secondaire, calle Mayor, 29. ;
[A 2 ou 3 k. N. sur la hauteur, ermitage de Ste Marie-Madeleine sur l'emplacement de la ville primitive.
^^ à voie étroite de la ville au port (5 k.), appelé Grao de Castellôn. — Un autre ^ qui passe à (5 k.) Almazora et à (8 k.) Villarreal{V. ci-dessous) mène ^(22 k.S.O.) Onc^a, petit© ville d© 4,948 hab. (nombreuses fabriques d'azulej os). J