R. 10] IISARAGOSSE.il
126 k. Cortcs (châteaa des comtes de Zaldivar), dernière localité de Ja Navarre espagnole.
[Borja (^ 18 k. S. en 1 h. ; 2 p. 25, 1 p. 10, 1 p. 05), petite ville dans la vaiJée de rùuecha, fut le berceau de la famille des Borja (Borgia), dont on voit encore le château. — C'est do Borja que l'on fait le mieux l'excursion (à cheval) au célèbre vionasfère des Cisterciens de Veruela (église à 3 nefs; beau cloître gothique du xiv® s., salle capitulaire, etc.).] i
Pont sur le ravin de laMarga, grand remblai, tranchée.
136 k. Gallur (église très élevée avec joli campanile), d'où un embranch. remontant au -N.-E. la vallée de TArba, dessert (10 k.) Tauste et (34 k.) Egea de Los Cabarellos, 3,000 hab., au confluent des 2 branches de TArba. dans la région des maigres pâturages déserts diis Bardenas; celte ligne doit être prolongée vers Sabada. — 144 k. Luceni et, sur la rive g. de l'Ebre, Praditta. — Au delà de l'Ebre, à g., Alcala de Ebro. — 148 k. Pedrola (somptueux palais du duc de Villahermosa : on visite). — 157 k. Alagôn (élégante église). — A g., au delà de l'Ebre, ruines du château de Castejar. — Pont sur le Jalon. — 161 k. La Joyosa.
166 k. Casdas. A dr., la ligne de Madrid (R. 11).
170 k. Utebo-Monznlbarba (maisons de campagne). — La voie passe à côté du château de la Aljaleria, franchit TEbre sur un pont de 340 m., de 5 travées (belle vue à dr.), revient toucher la rive g. du fleuve en face de la cathédrale de la Virgen del Piiar et se détourne vers le N.-O. à la gare del Arrabal.
182 k. Saragosse (D (li. 10).
Route 10. — SARAGOSSE
SARAGOSSE (Zaragoza), ville de 111,701 hab., ch.-I. de la province du même nom, est située à 184 m. d'alt. sur la rive dr. de l'Ebre) et limitée vers le S. par le rio Huerva. Un pont en pierre et un pont en fer la réunissent avec le faubourg ou arrabal d'Altabas^ où se trouve la gare de la ligne du Nord. C'est une ville des plus intéressantes, soit par ses souvenirs historiques, soit par son aspect et ses monuments. On y retrouve encore la vieille cité aragonaise, où presque chaque maison, du solar de la noblesse à l'habitation du bourgeois, était une petite forteresse.
Les environs, appelés la huerta^ contrastent par jeur belle végétation avec l'aspect général si désolé du pays d'Aragon. Une des noies caractéristiques de la huerta sont les grandes roues destinées à conduire Peau dans les jardins et dans les champs.
Gares : — Gare del Sepulcro @ Pampelune-Irun et de Barcelone, via
(PL A, 5), du ch. de fer de Madrid- Saragosse-AIicante, pour les directions de Madrid et de Barcelone, via Caspe et Reus ; — Gare del Arrabal (B) (PL B. 1), du ch. de fer du Nord, pour les directions de Castejôn-Miranda de Ebro, Castejon-
Lerida et Manresa; — Gare de Ca- RiNENA, au S.-O. do la ville; — Gare d'Utrillas, au S.-E.
Hôtels : — Universo y Cualro Naclones, calle de Bon Jaime I, 52 (bon; asc, chauff., bains, l^i, café, billards; dop. 10 p. par j.; on reçoit
Il HISTOIRE.
pacho central) : — calle dcl Coso, ^S,
Bains : — calle de la Independencia, 56; — plaza de la Constituciôn, 5. ,
Vcitiires de place : — 2 personnes ; la course 1 p., rheuro 1 p. 50; chaque pers. eu plus, 50 e.; le double la nuit (dep. 9 ou 10 h. s.); chaque pers. en plus, 1 p. — Voit, à 2 chev., la course 2 p. 50, l'heure 3 p.; le double la nuit.
Trams : — de la plaza do la Constituciôn : à la gaj^e d'Arrabal, par la calle de Don Jaime; à la gare del Scpulcro, par la calle de Pignatelli; à Torrero, par la calle de la Independencia ; — de circonvallation, par le Coso et le quai de l'Ebre (rive dr.).
— Prix uniforme, 10 c.
Théâtres : — Principal, calle de Don Jaime I; — Pignatelli, calle de la Independencia, 31 ; — Iberia, Variedades, môme rue.
Plaza de Toros : •— dans le quartier de ro.
les coupons Cook) ; — Palace-ffOtet, pi. de la Constituciôn, 4 (neuf; asc, chauff.. bains); — de Europa, plaza de la Constituciôn et calle del Coso (bonne maison; bains; café; dep.
10 p. par j.); — Continental, calle del Coso, 52 (dep. 8 p. par j.; chaurf'.
bains); — Elias, calle AÎfonso I, 24 (dep. 7 p, parj.; chautf.); — Barrio.
calle de la Independencia, 21 (plus simple); — Oriente, Coso, 13 (dep.
6 p. par j.); — Regina (confort moderne); EeimandeZy Coso, 92 (dep.
Cafés : — Ambos Mundos, vaste local, Suizo, Matossi, tous trois calle de la Independencia; — Gamhrinus et Eiiropa, pi. de la Constituciôn.
Pâtisseries-confiseries : — Zorraquino, calle de Coso, 58; — Jordana, calle AIfonso, 2.
Poste : — calle de San Jorge, 3 et 5.
Télégraphe : — calle de la Independencia.
Agence des chemins de fer {Des-
Histoire. — Saragosse est l'antique Salduba ibérique, transformée, l'an 728 de Rome, par Auguste, en colonie militaire sous le nom de Cœsarea Augusta. Les Goths en firent Cesaragosta, puis les Maures Saracusta, qui devint la rivale de Cordoue, de Tolède et de Mérida.
Un instant menacée par Charlemagne, qui vint l'assiéger, en 778,' avant sa sanglante retraite à travers les défilés de Roncevaux, elle resia riche, grandissante et civilisée, sous l'autorité des califes, jusqu'au moment où ce petit noyau de chrétiens qui avait formé le royaume de .Sobrarbe, envahit peu à peu la Navarre et TAragon, et vint asseoir, en 1118, à Saragosse, le trône du royaume nouveau.
Lorsque, vers la fin du xv" s., les rois catholiques Ferdinand et Isabelle, réunissant, sous leur autorité, la Navarre, l'Aragon et la Castille, posèrent les bases de la future monarchie espagnole, Saragosse cessa d'être la résidence des rois et ne fut plus que le chefrlieu de l'Aragon, qui essaya de conserver ses « fueros » et de défendre son autonomie. Cela conduisit Philippe II à l'acte de tyrannie qui amena la mort de Laniiza, le dernier des grands juges d'Aragon, l'héroïque gardien des libertés provinciales, décapité en place publique. Plus tard Saragosse essaya de prendre parti dans la guerre de Succession (1707-1710) en se mettant du côté de l'archiduc Charles contre Philippe V, mais les succès du petit-fils de Louis XIV retirèrent pour toujours à Tancien royaume le peu qu'il avait pu sauver de ses privilèges.
Au commencement du xix* s., le siège de Saragosse par les Français fut au nombre des faits les plus saillants de la résistance de l'Espagne à l'invasion napoléonienne. La plaqe fut investie par le maréchal Lannes, le 28 décembre 1808. Bien que Saragosse fût à peine fortifiée, les premières attaques tentées de vive force ne purent réussir, et il fallut ouvrir la tranchée comme devant une place régulièrement fortifiée. Au bout de 27 jours de tranchée et après un assaut général, les Français pénétrèrent dans l'enceinte par le couvent de Santa Engracia, mais ils ne purent avancer vers le centre do la ville qu'en faisant le siège do chaque maison, rencontrant partout dos combattants infatigables. Enfin il fallut bien capituler.
11 fut convenu que tout ce qui restait de la garnison sortirait par la porte
100 — [R. 10] il SARAGOSSE. |t
principale, déposerait les armes et serait prisonnière de guerre, à moins qu'elle ne voulût passer au service du roi Joseph. — « Le 21 février, dit Thiers, 10,000 fantassins, 2,000 cavaliers, pâles, maigres, abattus, défilèrent devant nos soldats saisis de pitié. Ceux-ci entrèrent ensuite dans la cité infortunée, qui ne présentait que des ruines remplies de cadavres en putréfaction. Sur 100,000 individus, habitants ou réfugiés dans les murs de Saragosse, 54,000 avaient péri. Rien dans l'histoire moderne n'avait ressemblé à ce siège, et il fallait dans l'antiquité remontera deux ou trois exemples, comme Numance, Sagonte ou Jérusalem, pour retrouver des scènes pareilles. « — Saragosse a reçu le titre de Siempre heroica, et le drapeau de sa milice a été décoré du collier de l'ordre de Saint-Ferdinand.
L'ancien royaume d'Aragon est représenté de nos jours par les provinces de Saragosse, Huesca et Teruel. Son berceau fut le petit royaume de Sobrarbe fondé au viii« s.; la tradition nous a gardé la fière formule du ^ serment imposé par les Aragonais au premier souverain qu'ils se donnèrent % et qui fut prêté pendant quatorze générations de princes, de 734 à 1336, m depuis Garci Ximenez jusqu'à don Pedro IV : « Nous qui valons autant que 1 vous et qui pouvons plus que vous, nous vous élisons roi à la condition que 1 vous garderez nos franchises et libertés et qu'il y aura entre vous et nous m quelqu'un qui pourra plus que vous; sinon, non ». Et dans le corps de lois H du royaume une clause sévère ajoutait que : « si jamais le roi violait leurs fueros (ou privilèges), ils auraient le droit d'élire à sa place un autre roi, fût-il païen ». Ce quelqu'un, placé entre le roi et ses sujets et qui pouvait plus que lui et eux était le Justicia, haut magistrat chargé de la conservation des lois, qui recevait le serment du roi et dont le pouvoir s'étendait sur les ministres, les juges et les fonctionnaires dont l'action portait sur le peuple. Il était d'autant plus redoutable qu'il était généralement respecté comme l'homme de la nation et qu'il n'était jugé par personne. — Ces privilèges furent conservés par tous les rois, même après que les couronnes d'Aragon et de Castille furent réunies en 1409 sous le même sceptre. Ce fut ia dynastie des Bourbons qui, la première, foula aux pieds ces privilèges, pour punir les Aragonais d'avoir, avec les Catalans {V. Barcelone : Histoire)^ pris parti pour la maison d'Autriche dans la guerre de Succession. Mais le droit des fueros n'en reste pas moins vivant au cœur de l'Aragonais; c'est son flambeau politique.
Les Aragonais sont froids, sérieux et tenaces (un proverbe dit qu'ils enfoncent des clous avec leur tête). Jamais ils n'ont cédé quand il a fallu combattre pour la défense de leurs lois, de leur indépendance nationale, de leur liberté et du trône de leurs rois.
ITINÉRAIRE. — Une large voie, la ealle del Coso, tracée sur l'emplacement de l'ancienne enceinte, traverse tout le centre de la ville et aboutit, vers l'E., près de VUniversité (PI. 15), au nouveau puente de N. S, del Pilar, pont en fer sur TEbre, Entre cette artère principale et le fleuve s'étendent les vieux quartiers avec leurs rues en partie sombres et étroites, à travers lesquels on a percé deux rues nouvelles : la calle de Don Jaime, qui relie le Coso au vieux puente de Piedra, pont en pierre, du xv^ s., et la calle de Don Alfonso, qui va du Coso à la place del Pilar (F. ci-dessous). Tout le mouvement et le commerce de la ville sont concentrées dans ces trois voies.
La plaza de la Constituciôn, située au milieu du Coso, est ornée d'un monument du Siège de Saragosse, par Quérol (1908), et son côté 0. est formé par le palais del Gobierno Civil y de la "" Diputacion Provincial (Pl. 12). — Au N. de cette place, à dr. au delà du Coso, sur lequel se trouvent le Théâtre principal (Pl. 22) et j
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