SPECTACLES. XXXIX
d'autres fêtes, parfois tous les dimanches de la bonne saison dans les plus grandes villes. Mais beaucoup de ces courses ne sont que des noviUadas, où les taureaux n'atleignenl pas 3 ans, et où les toreros (non toréador) n'ont pas reçu la consécration de V « alternatioa ». — La, plaza de toros est un vaste amphithéâtre pouvant souvent contenir jusqu'à 15,000 spectateurs : le prix des places varie suivant leur rang et suivant leur situation à l'ombre {sombra) ou au soleil (sol). Les places que préfèrent les connaisseurs {aficio nados)y sont les places du T' rang {delanteras)^ les plus voisines de l'arène, et ce sont les plus chères ainsi que les loges (palcos) du 1" étage. Mais des gradins (gradas et tendidos) à la sombra, on a une meilleure vue d'ensemble que des delanteras.
A l'heure fixée pour les courses (vers 4 h. ou 5 h.), le président de la corrida donne le signal de l'entrée. Après les saints d'usage des alguazils commence le paseo ou entrée des cuadrillas dans l'arène : en tête viennent deux alguazils à cheval, puis les espadas ou matadores (ordinairement deux), le plus ancien à dr. ; derrière eux des banderilleros suivis des picadores à cheval, puis les chulos ou serviteurs de la plaza et, en dernier lieu, les attelages de mules pour l'enlèvement des taureaux et des chevaux tués. Tous les toreros sont richement vêtus de costumes brodés de paillettes dorées; ils saluent la présidence. Un alguazil demande la clef du toril que lui jette le président de la corrida, pendant que les toréadors échangent leurs manteaux de parade contre les capas rouges.
Le taureau sort du toril ayant ordinairement la divisa, flot de rubans dont les couleurs indiquent la ganaderia (parc d'élevage) et le nom du propriétaire.
Outre les nombreuses sueries de capa (jeux de manteaux), la corrida se divise en trois phases distinctes : 1° Suertes ou jeux des picadores; 2" Suertes ou poses de banderilles; 3® Suertes ou passes de muleta et mort du taureau.
1" Les chevaux des picadores (de vieux chevaux auxquels on bande l'œil droit) sont fournis par un entrepreneur qui les fait servir tant qu'ils tiennent debout. Le picador, dont les jambes sont protégées, doit, avec sa vara (pique), maintenir le choc du taureau qui fonce sur le cheval et souvent fait rouler cheval et cavalier. Alors un des toreros, qui sont auprès du picador, détourne l'animal avec sa capa : c'est ce qu'on appelle un quite. Le taureau prend ordinairement 4 piques.
2° La seconde partie du combat est le jeu des banderilles, qui consiste à planter dans le garrot du taureau des banderillas, fortes baguettes enrubannées qui ont environ 0 m. 90 de longueur et dont l'une des extrémités est armée d'un crochet en forme d'hameçon. Les banderilleros, par un saut de côté, évitent le taureau qui fonce;
XL RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
ils mettent ordinairement 4 paires de banderilles. Si le taureau n'est pas brave (bravo) et n'a pas foncé sur les chevaux, on le siffle et on pose des banderillas de fuego, garnies de pétards.
3^* Lorsque le président a fait sonner la troisième partie de la course, le matador, chargé de tuer le taureau, prend son épée, longue de 90 cent., et sa muleta (étoffe rouge écarlate, repliée sur un bâton) et va offrir (brindar) au président la mort du taureau. Avec la muleta, l'espada arrive, à la suite de passes diverses, où ii montre sa vaillance et son habileté, à trouver le moment propice pour frapper le taureau de son épée. Si les coups portent bien à Tendroit voulu, au sommet du garrot, la foule applaudit le matador; plusieurs coups sont souvent nécessaires. Si le taureau tombe à la première estocade, mais n'est pas tué suivant les règles, le torero est sifflé. Souvent, l'animal, bien que mortellement frappé, ne tombe pas tout de suite : alors l'espada lui plonge son épée dans la nuque, entre les deux cornes, et l'animal tombe foudroyé (ce coup est appelé le descabello). Lorsque le taureau, blessé, se couche, il est achevé d'un coup de poignard dans la cervelle par un torero appelé puntillero. Quand, d'un seul coup d'épée très régulier, le matador a tué le taureau, les spectateurs lui font une ovation indescriptible, lui jettent leurs chapeaux, des cigares, etc. Les attelages de mules emmènent au galop les cadavres du taureau et des chevaux. Et la course des autres taureaux (ordinairement 6) se poursuit arec les mêmes phases, mais naturellement avec des variantes de détails qui permettent aux aficionados d'apprécier la valeur des toreros.
Jeu de paume à la basque ou jeu de pelote. — La pelote est une petite balle très dure. Les murs contre lesquels la pelote est lancée s'appellent frontons ou jeux de paume. Les frontons des villes sont des halls gigantesques. Jouer au blaid, c'est jouer contre le mur. On joue au blaid à mains nues ou avec chistera, sorte de grand gant creux, en cuir ou en osier, que le joueur s'attache à la main droite. Il y a deux camps; on joue deux contre deux, ou trois contre trois. Le jeu consiste à lancer la pelote contre le mur, et les adversaires n'ont qu'à la refouler, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'une pelote soit manquée. Le camp qui l'a manquée perd un point, marqué au camp adverse. Les parties ont lieu généralement en 70 points.
La partie de pelote au rebot, qu'on joue moins souvent, est plus grandiose. Au lieu, comme dans le blaid, de taper la pelote contre un seul mur, on se la renvoie de mur à mur. Les adversaires sont bien plus éloignés les uns des autres, et la balle, lancée avec force, décrit en l'air des courbes énormes. Les joueurs sont 5 contre 5, et il y a toujours, comme dans le blaid, un buteur pa?"