VISITE DES ÉDIFICES. XXXVII
pendant les chaleurs, n'est pas propice à la conservation de cette boisson.
On trouve dans les horchaterias des boissons rafraîchissantes très agréables, telles que horchata de chufaSy agrazy limon helado, etc.
Les Espagnols boivent beaucoup d'eau, dont la crudité peut être combattue par l'emploi de ces pains ou biscuits nommés azucarillos ou refrescosy aux sucs d^orange, de citron, de fraise, etc.; on les broie entre les doigts et ils se dissolvent rapidement.
Tabacs, Magasins.
Tabacs. — Les débits (estancos), dépendent d'une compagnie qui a le monopole des tabacs. — Les meilleurs cigares (puros) de la Havane et des Philippines ne se trouvent qu'aux débits les plus achalandés; on paie un habano de 25 c. à 2 p. (ceux de 40 c. à 60 c. sont les plus demandés) et un fiUpino de 10 à 60 c. (ordinairement ce sont ceux de 20 à 30 c. que l'on fume). Les cigarettes (cigarrillos) se vendent par paquets (40 à 60 c); celles dites Valencias sont très fortes; celles de la Havane, plus parfumées, sont généralement faites avec d'assez mauvais papier. — Le tabac à fumer {tabaco picado; hebrà) se vend par paquets (depuis 40 c). — Les boîtes d'allumettes en cire (cerillas), bonnes et bon marché, se vendent 5 et 10 c.
Magasins. — Les magasins qui affichent des prix fixes (precios Jîjos) sont assez rares. Dans tous les autres, pour ne pas payer des prix exorbitants, il faut marchander et offrir au plus les deux tiers du prix que l'on demande.
Visite des Edifices.
Visite des églises. — Les cathédrales sont ouvertes jusqu'à 5. h. du soir, sauf 2 ou 3 h. vers le milieu du jour. — Les petites églises, au contraire, ferment très souvent dès 9 h., parfois même avant, sauf les dimanches où elles restent ouvertes jusqu'à 10 h. ou midi. Il est difficile d'y circuler à son gré aux heures d'offices, car la surveillance est rigoureuse. On peut les visiter avec plus de liberté en s'adressant au sacristain (sacristân) qu'il n'est pas toujours aisé de trouver, malgré l'aide que les gamins sont disposés à prêter aux étrangers pour recevoir quelques sous. Il faut aussi avoir recours au sacristain, dans les grandes églises, pour ouvrir les chapelles, découvrir les tableaux; on doit prendre des billets pour visiter les trésors et les annexes, les tours, souvent même les chapelles.
Pourboires. — Dans la visite des édifices, lorsqu'on no doit pa3
XXXVIII RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX
payer un droit fixe, il y a lieu de donner un pourboire (propina) au gardien ou au sacristain qui vous accompagne; ce pourboire est naturellement proportionné à l'importance de la visite et au nombre de personnes; il varie ordinairement de 0 p. 25 (réal) à 1 p. — Dans les hôtels, on pourra donner 50 c. par j. au garçon de restaurant et 25 c. à la femme de chambre. — Une cigarette est toujours bienvenue des personnes avec qui Ton entre en contact.
T^lafîons avec les 'Espagnols,
L'Espagnol est très ouvert et très bienveillant; sa politesse est maniérée, sa parole ampoulée, mais il n'en reste pas moins très sympathique (nous n'examinons ici que des relations superficielles). En revanche, on devra s'abstenir de toute critique qui pourrait atteindre son amour-propre national. L'Espagnol est fier; aussi devra-t-on éviter de blesser môme les domestiques, bien qu'ils soient très souples. — L'indolence et la négligence sont de règle chez les employés, les garçons et même les vendeurs; par contre, les officieux et les mendiants sont insupportables. Les pauvres et les gamins mendient sans la moindre honte, parfois sans nécessité; ils vous importunent dans les cathédrales, dans la rue et aux portières des trains dans les stations. Aussi ne se fera-t-on pas scrupule, surtout pour les gamins, de ne pas les écouter ou de les renvoyer : « onda, hombre! »
En tout cela, comme en beaucoup d^autres détails, il faut se rappeler que Ton est dans un pays où la patience et le calme sont deux vertus indispensables, celles qui permettent le mieux d'obtenir ce que l'on désire.
Spectacles,
Théâtres. — En dehors des grands théâtres qui donnent des opéras (souvent en italien), des opérettes, des comédies ou des drames, la plupart des théâtres ont adopté aujourd'hui les représentations par sections qui constituent une particularité de l'Espagne moderne. On joue de petites pièces en un acte mêlées de chant (zarzuelas), de courtes opérettes ou des farces ne durant pas plus d'une heure. Moyennant une somme modique, le spectateur peut choisir l'une des 4 sections qui composent ordinairement les spectacles entre 8 h. et minuit. Ordinairement on paye un droit général d'entrée (entrada) en sus du prix de sa place. Les meilleures places sont les fauteuils d'orchestre {butacas) et les loges (palcos).
Courses de taureaux. — Ce genre de spectacle est la passion du peuple espagnol. Pas de ville qui n'ait sa Plaza de Toros. Les courses (corridas de toros) ont lieu pendant les jours de Feria et a