R. 18] II DE BURGOS A MEDINA DEL GAMPO
XV* s., mais a été remaniée au xvii* et restaurée au xix* s. La façade, de la dernière époque du gothique (fin du xv* s.), est «d'une ornementation surabondante.
A Tint., belle voûte; tombeaux par A. Berruguete (p. lxxxiii) et P. Leoni^ (p. Lxxxiv); aux extrémités du transept, riches portes gothico-plateresques.
En face de San Pablo, le Palacio Real (PI. 8), considérablement agrandi, en 1601, par Philippe IlI,aétéréparéaucommenc. du xix*s.
A Tint., beau patio entouré de galeries à arcades ornées de médaillons qui encadrent des bustes d'empereurs romains en demi-reliéf, attribués à Berruguete. — Vastes galeries (gai. de Savoie).
A quelques min. au S.-O. de la plaza de San Pablo, San Martin (PL 3), église modernisée, qui a conservé une tour du xiii* s.; dans la calle de las Angastias se trouvent Véglise de Nuestra Senora de las Angiistias (PI. 6), du xvii** (maître-autel attribué à Pompeo Leoni; dans une chapelle à dr., célèbre « Virgen de los Guchillos >» ou Madone des sept douleurs, sculpture de Juan de Juni), et, en face, le théâtre Calderon (PI. 12).
Par la vieille et typique calle de las Platerias, on atteint Véglise San Julian y San Miguel non loin de la plaza San Miguel.
A Tint. : beau retable {Nativité et Circoncision)^ par Becerra, quelques autres sculptures (St Michel et les Apôtres, par Pompeo Leoni; St François et St Ignace, par G. Rernandez; un crucifix en ivoire); tombeaux des comtes de Fuensaldana; dans la sacristie, St François par Ribera,
Il nous reste à signaler : — au S. de la place de la Fuente Dorada, près de l'hôtel de France (PI. B,2), Véglise San Salvador, qui renferme dans une chapelle à dr. du maître-autel un * retable sculpté flamand avec des volets peints par Quentin Metsys (offert en 1504); — dans le quartier N.-O. de la ville : la belle église gothique de San Benito (PI. 7), du xv* s., restaurée en 1893 (porche massif à 2 étages et, à Tint., imposante nef de basilique; dans le couvent, auj. caserne, cloître des types dorique et ionique, par Rivero). — Plus au N., la maison de Fabio Nelli (PI. 15), le Mécène de Valladolid, avec une belle porte et une belle cour; en face, la chapelle del Convento de la Purisima Concepciôn, avec un beau jubé.
De là on pourra bélier jusqu'au bord du Pisuerga (rive g.), que longe la promenade dite paseo de las Moreras ou del Espolôn,
[Simancas (@ Il k. S.-O. ; serv. de dilig., dép. calle de Santiago, 84), la Septimanca des Romains, petite ville sur la rive dr. du Pisuerga que franchit un beau pont de 17 arches, possède un ancien château dans lequel , sont conservées, depuis le temps du cardinal Ximenez, les archives générales du royaume, riche collection de documents précieux.]
DE VALLADOLID A MEDINA DE RIO SECO (^ 44 k. en 2 h. 10 à
S h. 25; 4 p. 40 et 3 p. 30). — 8 k. Zaratan. — 15 ^rVillanubla. — 28 k. La Mudarra. — d9k. Valverde. — 44 k. Médina de Rio Seco (à l'église, custodia de Antonio de Arphe, 1585, et autres ouvrages d'art). —Une ligne de 46 k. relie Médina de Rio Seco à \Hlada (p. 195) en desservant (27 k.) Villalôn d'où part un embranch. de 45 k. pour Palencia (p. 193). — Une autre ligne de M k. relie Médina de Rio S«co à Palanquinos (p. 195) par (75 k.) Yalencia de Don Juan,
Il SIMANGAS. — MEDINA DEL GAMPO. || [H. 19] ~ 177
DE VALLADOLID A ARIZA (^ 256 k. en 8 h. par le tr^in correo-mixte 32 p., '24 p., 16 p.). — Principales stations : 20 k. Tudela de Duero. — 33k Surdon de Duero.
60 k. Penafiel; à 1 k. de la gare, magnifique château se dressant sur un cône aride et composé d'un donjon et d'une double ceinture de murailles avec tours. — La voie longe presque constamment l'une ou l'autre rive du Duero.
100 k. Aranda de Duero (église du xv» s.). — 145 k. San Esteban de Gormaz (sur la hauteur, château du temps de la guerre des Maures; vieux pont). — 153 k, Osma, ville importante au temps dos Maures, a une cathédrale gothique du xiii* s. ; près du village, sur une hauteur, ruines d'un donjon do l'ancienne Uxama.
204 k. Almazan (p. 108) où l'on joint la ligne de Soria-Torralba que l'on suit jusqu'à (211 k.) Coscurita où elle se détache à dr.
256 k. Ariza, X ^® ^^ ligne de Saragosse à Madrid (p. 108).
En sortant de Valladolid, la voie pénètre dans une région à plantations de pins, vignes et cultures. — 135 k. Viana. — Pont en treillis sur le Duero. — 140 k. Valdestillas. — Pont sur l'Adaja. — 147 k. Matapoziielos, à 732 m. — 155 k. Pozâldez, à g. (église avec tour carrée à campanile octogonal).
163 k. Nedina del Campo (b), quelques ch. assez bonnes; hôt. Victoriay pens, 7 p.), gare à 722 m. d'alt., X des lignes de Salamanque-Porto-Lisi)onne, de Madrid par Avila ou Ségovie et de Zamora.
La ville est à 1 k. S. de la gare, au milieu d'une plaine fertilisée par le Zapardiel. Elle est dominée vers l'E. par les belles * ruines rougeàtres de la Mota, forteresse bàlie en 1440, habitée par la cour de Castille au xv" s., et spécimen très intéressant de Farchitecture militaire à cette époque. — V église San Aniolin (xvi' s.) a un maîtreaulel remarquable (belle grille en fer).
De Médina del Campo a Madrid par Avila ou Ségovie, R. 19; — a Zamora, R. 22; — a Salamanque, R. 23 ; — a Lisbonne, par Salamanque, R. 43.
Route 19. — DE MEDINA DEL CAMPO A MADRID
A. — Par Avila.
f^ 200 k. en 5 h. par les express, en S h. 30 par le correo. — 25 p., 18 p. 75, 11 p. 25; suppL par le Sud-Express, 12 p. 50.
La voie, laissant la ville à dr., passe à g., au pied du vieux château de la Mota. — A dr., au loin, Madrigal, lieu de naissance d'Isabelle la Catholique. — On commence à apercevoir la chaîne du Guadarrama. — 18 k. Ataquines, village à 1 k. à dr., dominé par 7 petits mamelons. — Viaduc sur le confluent de TAdaja et de l'Arevalillo. — Grande courbe. — 35 k. Arevalo (à dr.), avec un vieux château, des églises et des couvents qui attestent de son ancienne prospérité. — A l'horizon, à dr., sierra de Avila. — 46 k. Adanero; plus loin, à g., hautes montagnes de Somosiorra. — 55 k. San Chidrian (935 m.). — A dr., ti\ avant, puerto d'Aviia, col ou dépression que franchira la voie ferrée.
KSPAO.NS. 12
178 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. ||
72 k. Mlngorria, à dr., sur le penchant d'une colline; on i exploite les blocs de granit épars sur les pentes du Guadarrama, — Tranchées, grande courbe et remblai à côté et au-dessus d^Avila qui se présente à dr. sur la pente d'une colline.
86 k. AYILA (D (la gare, à 1,132 m. d'alt., est à près de 1 k. du centre de la ville), ville de 11,885 hab., ch.-l. delà province du même nom, et siège d'un évêché qui fait partie de la Vieille-Gastille, est située à 1,114 m. d'alt. sur une colline découpée en promontoire au-dessus de la rive dr. de l'Adaja. Avila a un aspect conventuel sombre et froid; mais cette ville déchue offre au visiteur une enceinte du moyen âge et une collection d'églises romanes sans égales en Espagne.
L"*^enceinte de murailles, construite dans les dernières années du XI" s. sous Raymond de Bourgogne, bien conservée, mais très restaurée, forme un quadrilatère irrégulier d'env. 2,400 m. de tour; d'un grand aspect, avec ses 88 tours de granit, presque toutes demi-cylindriques (c«6os), et ses 8 portes, elle est considérée comme une des plus belles fortifications du moyen âge. La cathédrale se rattache, par son abside, au système général de défense de la ville.
Hôtels : — Gran Hôtel Inglès, en face et à l'O. de la cathédrale (maison espagnole ; chauff. ; pens. dep.
7 p. par j.; voiture de la gare à l'hôtel, 1 p.); — J\uevo Hôtel del
Histoire. — Avila, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, est mentionnée au temps des Romains sous le nom de Avela. Au début du viii" s., elle tomba au pouvoir des Maures, qui la fortifièrent, mais qui, à la fin du XI* s., furent obligés de l'abandonner. Vers le xvi« s., Avila était une ville florissante de 20,000 hab., mais l'expulsion des Morisques (descendants des Maures), sous le règne de Philippe III (1607-1610), lui fit perdre sa prospérité.
Ste Thérèse (1515-1582) naquit à Avila.
ITINÉRAIRE. — On arrive dans la ville par la plaza de Santa Ana, avec Véglise du même nom, à dr. de laquelle s'étend la promenade du Canipo de Recreo, et, par la calle del Daque de Alba, on atteint la plaza del Mercado Grande ou del Alcâzar, centre d'animation de la ville {statue de Ste fhérèse). A l'E. de cette place, s'élève l'église San Pedro (le sacristain habite calle de San Segundo, 7), belle construction romane des xii* et xiii® s., avec quelques parties dans le style de transition : élégante rosace et belles portes de la façade et latérales; belle abside à colonnes et corniche du pur roman. — A l'extrémité 0. de la plaza del Mercado la puerta del Alcâzar est une des portes les plus remarquables de l'enceinte de la ville.
A l'extrémité S.-E. de la plaziiela del Marques de Novaliches, la calle de San Roque conduit au paseo de Sanlo Tomas, qui aboutit au couvent de Santa Tomas, édifice fondé par les Kois Catholiques, de 1478 à 1493 (cloîtres intéressants).
Santo Tomâs, intéressante église du style ogival de la dernière période, a un portail orné de statues et des armes des Rois Catholiques.
Jardin, calle San Segundo, 1, en face et à l'E. de la cathédrale (dep. 6 p. parj.); — del Comercio, calle Tomas Ferez, 14 (pens. 6 p.).
Poste : — Mercado grande. .
'>fm 'pjiop^ii^A ^^vw.'^p^f^
ytpupBjAl
if 201 'anbuBuis/Bf^
iSO — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. ||
Intérieur : — à une nef flanquée de chapelles, disposition assez originale. Le coro (belles stalles du gothique le plus fleuri) est placé au-dessus d'une arcade qui forme l'entrée de l'église; en face, à l'extrémité opposée, une voûte surbaissée supporte le * maître-autel, avec le chef-d'œuvre d'un peintre de l'école espagnole primitive, Pedro Berruguete (p. lxxx), qui a reproduit difl'érents épisodes de la vie de St Thomas d'Aquin, son portrait et ceux des quatre Pères de l'Eglise latine. — Au milieu du transept, * tombeau en marbre du prince Juan, fils unique de Ferdinand et d'Isabelle (f à 19 ans, en 1497), œuvre intéressante du Florentin Domenico FanceLli{\Dl'd)\ tombeau de Juan d'Avila et de si femme Juana Valâzquez de la Torre (1504), dans la 3« chap. à g. — Dans la sacristie est enterré le grand inquisiteur Torquemada.
On revient vers la ville par la carreta de Santo Tomâs, qui conduit au faubourg ou barrio de las Vacas, où elle se continue par la calle de San Cristôbal'^ à son extrémité, on monte à g. en quelques min. à la puerta del Rastro, d'où Ton découvre en contre-bas les églises romanes de Santiago et de San Nicolas. En entrant par cette porte, à dr. une rue mène à la plaza de la Frata en longeant 1er palacio de Abrantes; à g. on aperçoit le noble et puissant Torreon de Ohate (tour fortifiée). De la porte del Rastro, on suit, vers l'O., la promenade de el Rastro, le long des murailles de la ville, jusqu'à la puerta de Santa Teresa, qui donne accès à une petite place; en face se trouve l'ancien couvent de Santa Teresa avec une église de style baroque, bâtie sur l'emplacement de la maison natale de Ste Thérèse; sur le côté 0., la casa del Duque de la Roca est une assez belle construction du xv* s. (fenêtres à colonnettes).
En longeant l'église Santa Teresa à g., on voit Véglise romane. de San Domingo; plus Ipin le Palacio de Polentinos, qui renferme* l'Académie (école) d'administration militaire; cet édifice présente un beau portail et à l'intérieur un patio à double étage d'un style plateresque non moins riche.
Par la calle de Valespin, on monte à l'E. à la plaza Mayor ou de. la Constitucion. Au N. de cette place, à dr. de VAyuntamiento, un^ courte rue mène à la place de la Capilla Mosén Rabi, belle et imposante construction de la Renaissance en forme de croix, abritant un tombeau et les statues des fondateurs (s'adresser à g. de la place; on notera, en entrant, l'écho prolongé que renvoie la voûte' très surbaissée du jubé). De cette place se détache, à l'E., la calle^ de Sofraga, que bordent, à g. et à dr., des demeures seigneuriales, "^ et qui aboutit à la puerta de San Vicente (F. ci-dessous); on prend à dr. la calle del Tostado, qui longe la belle façade avec écussons de la Casa Torreon de los Abrines, en débouchant sur la place de l§i Cathédrale.
La * cathédrale' (San Salvador), partie romane, partie des premiers âges gothiques, est à la fois une église et une forteresse (p. Lxvn). — L'édifice actuel, commencé à la fin du xi° s., ne fut terminé qu'au xiv^ s. La partie la plus ancienne, l'abside, est encastrée dans l'enceinte de la ville, formant une énorme tour ave( mâchicoulis et créneaux. La façade est flanquée de deux ioars ''don une est achevée et couronnée de créneaux) de style romano* gothique. Le portail monumental, rajouté au xvi" s., a des sculp-
Il AVILA. I! [B. 19] - 181
lures médiocres. Beaucoup plus intéressant est le portail N,, orné de statues et de bas-reliefs du xiv* s.
^Intérieur. — 3 nefs. — La belle nef centrale est très élancée ainsique le transept. — L'abside, avec son double déambulatoire, sa couronne de chapelles, les baies de la Capilla Mayor, est un puissant modèle d'architecture romane.
Trascoro (côté extérieur du chœur, du côté de l'entrée). — II est décoré de bas-reliefs du xyi* s. (scènes de la vie du Rédempteur), et surmonté d'un crucifix de marbre. ' .
Coro (de 1530). —Stalles ornées défigures de saints et d'épisodes de leur vie par le Hollandais Cornelis (vers 15 10).
Transept. — Adossés aux piliers de la croisée, à dr. et à g., 2 très jolis autels en albâtre de la Renaissance avec des scènes de la vie de St Segond et de Ste Catherine, et chaires en fer repoussé et doré, celle à dr., du style gothique, et celle à g. de la Renaissance ; beaux vitraux. Dans le bras de dr.. diverscowî6eaMj?duxvi«s., notamment celui de don SanchoDavila(-î- 1534).
Capilla Mayor. — Belle g^nlle; retable (scènes de la vie du Christ) peint de 1499 à 1508, par Pedro Berruguete., Jean de Bourgogne et Santa Crus (Fencadrement estde Vasco delà Zarza); dans la partie postérieure, * monument de l'évèque Fernandez de Madrigal, dit el Tostado (f 1455), oeuvre magnifique, dans le style de la Renaissance, par Vasco de la Zarza (achevée en 1518).
A dr. de l'abside, Sacristie : belle voûte octogonale; dans les niches, 4 groupes delà Passion, en terre cuite; riche autel en albâtre avec basrcli^s attribués à Berruguete\ dans le vestibule, belle custode en argent par Juan de Arfe (1574).
Nef latérale g. — V^ chap. (sous la tour) datant de la fin du xii« s. : tombeaux des premiers âges de l'Eglise. — 2« chap., précédée des fonts baptismaux en marbre (encadrement do la niche et base des fonts par Vasco de la Zarza\ les fonts, ornés de reliefs, sont une œuvre allemande du xv« s.); belle grille (xvi« s.); Descente de croix (Piedad)^ d'après Michel-Ange. — 3" chap. : triptyque (xv* s.); tombeau.
Nef latérale de dr. — Statue assise de St Pierre, en bronze.
Une porte romane donne accès au cloître, gothique (xiv^s.) avec un couronnement de la Renaissance; à g. (E.) chap. du cardinal Cisneros avec une magnifique grille; à dr. (O.), chap. de la Vierge des 7 glaives; du côté vS., belle chapelle avec retable peint par V. Joanes.
Du haut de la tour (sonner à dr. de l'entré©, pourb.), on a une vue particulièrement intéressante sur la ville avec ses demeures seigneuriales, ses couvents et l'enceinte du moyen âge.
On sort de l'enceinte par la puerta delPeso^k côté de laquelle on verra l'énorme tour à mâchicoulis dans laquelle est encastrée l'abside de la cathédrale; on suit au N. la catle de S. Segundo (à g., porte du xvi* s. de l'ancien hôpital San Martin), et en quelques min. on atteint la puerta de San "VicentejJ'une des plus remarquables de l'enceinte, flanquée, comme la porte de l'Alcazar (F. plus haut), de 2 tours très hautes, reliées par un arc à la partie supérieure. A côté est l'église de San Yicente.
L'^église San Vicente (sacristain au n** 5 de la galle de Valladolid), bâtie du xii" au xv*s. et la plus intéressante des églises romanes de la ville (p. lxv), "a été élevée à l'endroit où St Vincent et ses deux sœurs subirent le martyre au iv® s.; elle est actuellement en restauration. — Belle façade 0., avec un portail, du xii° s., à deux portes dont les piliers sont ornés de statues d'apôtres, de style bourguignon, et les archivoltes décorées d'une profusion d^oy-
182 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. ||
nements du roman fleuri ; seufe, la tour N. a un seiîond étage (ajouté au xv^s). Le luii^ du côté S. court une sorte de portique inaclievé (xvjii" s.) sur leijuel s'ouvre le portail latéral du*xii® s. orué d'intéressantes sculptures (Annonciation, rappelant les statues du portail de Vézelay). Au-dessus des nefs se développe une jolie corniche qui entoure aussi la triple abside.
intérieur. — L'int. est celui d'une petite basilique, avec 3 nefs, un transept, 3 absides, dans le style roman et romano-ogival. — Magnifique *tombeau de !St Vincent et de ses deux sœurs, sarcophage du xii* s., porté par de gracieuses colonhettes gémelées et orné de reliefs remarquables représentant le martyre des saints, sous un baldaquin gothique fleuri (1465). — La crypte, très ancienne, où descend un escalier dans le bas-côté g., a été modernisée.
A quelques pas au N. de San Vicente est Véglise roniane de San Andrés, semblable à la première.
De San Vicente on pourrra achever de faire lecteur de l'enceinte de la ville (1 h. env.) en suivant d'abord le côté N., parfaitement conservé, qui présente les portes del Carmen et del Mariscalet, et quelques tours carrées, à dr., on aperçoit le clocher roman de Vermitage de S. Martin, —r Le petit côté 0., défendu par de grosses tours très rapprochées, est percé d'une seule porte, la puerta del Puente, — En contre-bas, sur la rive de TAdaja, Ermita de Satf SegundOy qui rappelle les églises normandes (portail roman).
A Tint, (s'adresser à côté, à dr.), tombeau de St Segond, premier évêque d Avila, avec une statue par Jua7i de Juni.
De Tautre côté du rio Adaja, on a une belle vue sur la ville. — En continuant à suivre le mur d'enceinte, on atteint le côté S., et on rejoint bientôt les portes Santa Teresa et del Rastro et la promenade de el Rastro {V. ci-dessus) qui ramène au Mercado Grande, près de laquelle s'ouvre la porte de l'Alcazar, et d'où Ton peut regagner la gare.
En allant à l'aventure dans la ville intérieure ou extérieure à l'enceinte, on verra nombre de portails de demeures seigneuriales datant de l'apogée du royaume espagnol; on rencontrera aussi des animaux bizarres sculptés très grossièrement dans le granit et paraissant représenter des sangliers: ce sont des œuvres remontant aux époques les plus primitives et dont la destination nous échappe.
Au delà d' Avila, la voie s'élève pour franchir la chaîne du Guadarrama, en traversant sur un parcours de 71 k., — jusqu'à l'Escorial, — plusieurs viaducs et 16 tunnels présentant ensemble une longueur de 4,478 m. — On contourne la vallée de la Lagartera, puis, au delà d'un grand viaduc (114 m. de long.) et de 3 tunnels, on découvre à dr. une vallée profonde et désolée, dominée par la masse rocheuse du Canto del Pico. Au tunnel de la Canada^ long de 945 m., ouvert dans le Puerto de Avila, dépression entre la sierra de iVlalagôn à l'E. et la Palamera de Avila au S.-O.^ montagnes qui Unissent la sierra de Guadarrama à celle de Gredos» la ligne atteint son point culminant (1,360 m.).
IIVILLALBA. — OLMEDO.II [B. 19] — 183
109 k. Herradôn-La Canada. — Descente par des pentes rapides. — A dr., panorama étendu; au loin, la sierra de Tolède.
118 k. Navalperal, à 1,270 m. — Ici c(înimence une immense et mao:nifique forêt de pins, dont on extrait la résine et qui appartient au duc de Medinaceli. — Viaduc et tunnels. — A dr., vaste panorama. — 123 k. Las Navas del Marques, 2,800 hab., avec un ancien palais (restauré) de don Pedro de Avila (xvi" s.) appartenant auj. au duc de Medinaceli. — 141 k. Robledo, à 1,009 m.; la voie contourne Tun des grands contreforts de la sierra de Guadarrama, ayant, à 2 k. à dr., dans le bas de la vallée, Robledo de Chavela, dont Véglise renferme un retable en 17 compartiments (scènes de la vie de la Vierge), attribué à Ant del Riiicôn (1446-1500). — Au delà d'un tunnel, étranges superpositions de blocs de granit. A dr. s'étend le plateau de Madrid. — A g., on voit le monastère de TEscorial.
149 k. El Escorial, stat. à 920 m. (description, p. 267).
161 k. Villalba, à 875 m., à la jonction de la ligne Medina- Avila aveccellede Medina-Ségovie (F. ci-dessous, B). — On traverse le rio Guadarrama. — 169 "k. Torrelodonés, avec des sites du pittoresque le plus impressionnant. — Tunnel. — 182 k. Las Rosas. — A g., domaine royal du Pardo (p. 266). — 191 k. Pozaelo. — La voie décrit une grande courbe. — A g., village de Chamartin {palais des ducs d'Ossuna; grand collège tenu par les Jésuites.)
Napoléon établit son quartier général à Chamartin, dans le palais des ducs d'Ossuna, où il reçut, le 2 décembre 1808, la capitulation de Madrid. Il en partit avec 60,000 hommes pour franchir la Guadarrama et aller à la recherche des Anglais qui occupaient la Vieille-Castille.
La voie franchit le Manzanares et longe les jardins de la Moncloa et de la Florida.
200 k. Madrid, gare du Nord @ (R. 24).
B. — Par Ségovie.
^ 194 k. en 4 h. 30 par les rapides, en 6 h. par le correo, en 7 h. 30 par train mixte ; 24 p. 25, 18 p. 20, 10 p. 85.
On laisse à dr. la ligne d'Avila (F. ci-dessus, .4), en passant au pied du château de la Mota (F. ci-dessus, A), à g. — La voie monte dans la direction N.-O.-S.-E. à travers une région à grandes plantations de pins
22 k. Olmedo, 2,800 hab., ancienne place forte, qui a joué un rôle important dans l'histoire de l'Espagne et de laquelle on disait : « Qui veut être le maître de la Gastille doit avoir à son côté Olmedo et Arevalo ».
37 k. Coca, au confluent du Voltoya et de l'Eresma : restes de l'ancienne enceinte; très intéressant * château fort de la famille de Fonseca, bâti au xv* s. par des Maures (p. Lxni); dans l'église, ♦tombeau de Juan Rodriguez de Fonseca, par Bart. Ordonez, et tombeaux d'autres.Fonseca, œuvres italiennes du xvi* s. — A g. un bois appelé Pinar de Nieva. — 56 k. Ortigoia de Peslano, à dr. f^t
184 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. ||
Santa Maria de Nieva, à g., fondée par Catherine de Lancastre 1en 1395 et où Henri IV convoqua les Certes en 1473. — Quelques localités agricoles sans importance. — La voie remonte TEresma jusqu'à Ségovie. — A g. on découvre Ségovie, dominée par la cathédrale et TAlcazar.
93 k. SÉGOVIE @, ville de 14,658 hab.,ch.-l. de la province du même nom, située à 998 m. d'alt., à une petite distance des premiers versants de la chaîne du Guadarrama, est bâtie sur un immense rocher isolé qui domine d'env. 100 m. deux torrents, au N. TEresma et au S. le Clamores, qui se réunissent à l'O. au pied de l'Alcazar. Elle est entourée de murailles remontant au temps des Romains et reconstruites au xi® s., avec certaines parties à peu près intactes au N. et au S., crénelées, flanquées de 86 tours et percées de portes, dont les plus importantes sont celles de San Andrés ou del Socorro au S., et de Santiago ou de San Cibriàn au N. De ces côtés, l'aspect des murailles, à demi cachées par les grands arbres qui escaladent la pente du rocher, est particulièrement pittoresque. Du côté E. une profonde dépression, séparant la haute ville de ses faubourgs, est franchie par l'aqueduc romain.
En se promenant dans le dédale des ruelles, on verra un peu partout de curieuses façades anciennes et un grand nombre d'anciens écussons seigneuriaux.
Hôtels : — Comercio y Europeo^ calle Infanta Isabel, 24 (7 p. 50 à 15p. par j., chauff., bains); — Fornos y Paris, même rue, 15 (7 à J2p. parj.) ; — Villa Ochoa, en face de la gare (dep. 7 p. 50).
Poste : — calle de la Trinidad, 1.
Télégraphe : — calle de Juan Bravo, 2.
Agence du chemin de fer : — plaza Mayor.
Omnibus : — de la gare à l'agence, 50 c. par place.
Histoire. — Ségovie a été jadis une ville importante : d'abord l'une des grandes étapes de la domination romaine, puis capitale au temps de la domination arabe, puis résidence des rois chrétiens, d'Alphonse le Sage (1284), qui y composa ses fameuses tables astronomiques, et de quelquesuns de ses successeurs. Toutes ces époques ont laissé à Ségovie de magnitiques et éloquentes traces : Rome, l'aqueduc; les Goths, des monuments religieux; Alphonse VI, l'Alcazar, et ce furent probablement les Maures qui apportèrent les premiers éléments de cette industrie qui donna longtemps une grande célébrité, — perdue de nos jours, — aux fabriques de drap et aux laines de Ségovie.
ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare, on suit à dr. VAlameda del Obispo Quesada, que continue le paseo Ezequiel Gonzalez. Suivant, à dr., la calle de Zorilla (naguère del Mercado), long faubourg de la ville, on franchit \epont de la Muerte y la Vida et, par la calle de la Muerte et la calle de San Francisco, — où VAcadémie d'Artillerie occupe l'ancien couvent de San Francisco, fondé en 1220, — on atteint la plaza del Azoqiiejo, que traverse le fameux ** aqueduc romain, un des monuments de l'antiquité les plus majestueux et les mieux conservés.
Cet aqueduc amène à Ségovie un ruisseau qui prend sa source à 17 k. de la ville, sur le flanc N.-O. de la sierra de Fuenfria. Une série:çle 118 arches traverse, sur une étendue de 818 m., les faubourgs et la vallée. La conduite
Il III 'Il ■— — MM I ^fÊÊmmmmmmmmmÊmmmmmmÊmammmmmmmmmm
'>i^9'P!^psy\l\'>ill 'BJuEjg B/ 'UJ oo-fy B SJBQ
i Mm r-^Pkm i
186 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. 1|
aboutit à l'Alcazar. La direction de l'aqueduc et sa hauteur varient suivant les dispositions du terrain; les arcades s'élèvent au point de départ, à 7 m., et au point le plus profond (à la place del Azoquejo), à 28 m. 50. Ici, et sur une longueur de '276 m., en ligne droite, elles sor>t distribuées sur deux étages, avec une hardiesse et une légèreté remarquables. La construction tout entière est en belles pierres de granit du Guadarrama, si parfaitement parées qu'elles ont été posées à sec, sans mortier, ni ciment. Plusieurs arches détruites au xi® s., lors de la prise de Ségovie par les Maures, furent réédiliées à la fin du xv« s. En 1520 les images d'Hercule, qui se trouvaient dans la niche du plus haut pilier, ont été remplacées par celles de Notre-Dame et de St Sébastien.
On remonte la calle de Cervantes et la calle de Juan Bravo. Au coin de la calle del Sauco^ à dr., au n° 49, la casa de Los P'icos (du XIV® s.; la façade est du xvi* s.) était jadis la forteresse qui défendait la porte de San Martin et qui servait en même temps d'habitation au premier magistrat de la ville; c'est là qu'on recevait les rois et qu'ils s'engageaient à conserver les privilèges et les statuts de la cité.
Plus loin, sur une place en terrasse avec fontaine, s'élève l'église San Martin (portail, porche et jolie galerie extérieure du style roman).
A Tint, quelques tombeaux et un tableau du xv« s. : la V. apparaissant à St Ildefonse. A g., chapelle du style gothique fleuri {tombeau de marbre et très curieux retable).
A l'E. de la place, casa de Marqués de Lozoya avec une belle tour (xv* s.); au N., VEscuela de Artes contenant le petit Masee provincial.
Quelques tableaux, notamment une bonne réplique de l'Ecce homo de /. Bosch qui est à l'Escorial, sculptures, inscriptions.
De la place de San Martin une courte rue à g. descend au Salon de Isabel II, jolie petite promenade en terrasse plantée d'arbres.
De la place de San Martin la calle de Juan Bravo, dans laquelle, à g., estVéglisedu Corpus Christi, ancienne synagogue de style mauresque, analogue à Sta Maria la Blanca à Tolède, conduit à la plaza de la Constitueiôn, ou plaza Mayop, avec portiques. Sur cette place s'élèvent, au N.-O. ÏAyuntamiento, solide construction du xvn* s. (au 1" étage, salons de sessions; salon des portraits; gracieuse salle de réception avec plafond peint à fresque psiT Antonio Gracia), au N.-E. Véglise San Miguel (à Tint., triptyque flamand, p. Lxxn) et, au S.-O., la cathédrale.
La *eatliédrale, d'un style gothique très mitigé, commencée en 1522 par Juan Gil de Hontahôn, continuée par son fils Rodrigue, est un des plus beaux monuments de ce genre qui soit en Espagne. La tour, haute de 90 m. env., est surmontée d'une coupole. La grande coupole, au-dessus de la croisée, s'élève à 67 m. L^e chevety où s'irradient d'élégants contreforts, est très remarquable. •
Intérieur. — L'int., long de 105 m., large de 48 m., a 3 nefs et offre une grande richesse de décoration. Les chapelles sont fermées de grilles en fer d'un beau travail. — Coro : stalles d'une grande richesse do décoration gothique, provenant en partie de l'ancienne église (xv« s.). — Maitre-autel : qiarbres ; statue ivoire et argent de la Vierge de la Pa,Sy ornée de pierres
IISÊGOVIB. Il [R. 19] — 187
précieuses. — A g., 5* chap. ^de la Piedad) : * retable sculpté à figures coloriées (1571), représentant la Descente de croix et connu sous le nom do la IHedad de Juni (du nom de lauteur, Juan de Juni, p. lxxxiv) : en face, • triptyque flamand du commenc. du xvi« s. (sous l'influence de Q. Metsys). — A dr., 4« CHAP. (de Santiago) : dans la partie g. du retable, beau por^ trait de Fr. Guterez de Goxer, fondateur de la chapelle, par Pantoja de la Crus, — 5« chap. (del Cristo del Consuelo) : 2 tombeaux d'évêques, belle porte gorhique donnant accès au cloître (V. ci-dessous). — Chap. du Sagrario (elle s ouvre dans la l''^ baie du déambulatoire) : très belles tapisseries flamandes du xvi« s. (Aventures de Pompéi, Vie de Zénobie, les Jardins); Christ de Alonso Cano. — A g. de la chap. du Sagrario, sacristie: riches ornements d'église des xv«, xvi« s., etc. (s'adresser au sacristain pour voir la sacristie et le cloître).
Le beau * cloître gothique, bâti en 1524 par Juan Campero et récemment restauré, renferme les sépultures des anciens évoques et, dans l'angle S.-O., la tomba de Maria Saltos, juive accusée dadultère que son mari tit précipiter du haut du rocher et qui, ayant invoqué la Vierge, fut sauvée miraculeusement (tableau); elle mourut en 1237. Sur le côté O. du cloître s'ouvrent la chapelle Sta Catalina (à- la base do la grande tour; tombeau de l'infant don Pedro, 1366 ; grande -custodia en argent, xvii* s.) et la salle CAPiTULAiRE toudue de velours cramoisi du xvi® s., magnifique plafond en bois artesonado et peint. A l'angle S.-O., chapelle Renaissance; à l'angle S.-E., belle chapelle du gothique fleuri.
De la place de la Constitution, par la calle de los Leones (au n° 6 palais du Marqués del Arco avec un beau patio du xvi* s.), la Canongia Nueva (à g., église San Andrés, du xii* s. mais modernisée, abside romane), on atteint une terrasse plantée d'arbres, qui s'étend devant l'Alcazar et d'où la vue plonge sur les vallons de l'Eresma à dr. et du Glamores à g., ainsi que sur les à-pic qui supportent le château. On a érigé sur cette place en 1910 un monument par A. Marinas, à Daoiz et Velarde^ héros de la guerre de l'Indépendance.
L' *Alcazap s'élève à la pointe 0. de la ville, à 80 m. au-dessus du confluent de l'Eresma et du Glamores, qui baignent sa base. Le roi Alphonse IV (le roi du Gid), qui vivait vers la fin du xi® s., chassé de ses Etats par son frère, don Sanche le Fort, s'était réfugié chez les Maures et y avait étudié la construction de l'Alcazar de Tolède; rentré en Gastille, il résolut d'opposer aux ennemis de sa religion une autre forteresse. Fondé au xi* s., l'Alcazar fut rebâti et considérablement agrandi dans la première moitié du xv* s. par Jean II. G'est un château avec tours à hauts pignons, parmi lesquelles s'élève un énorme donjon rectangulaire, le Castillo (80 m. au-dessus du fond du fossé), dont la plate-forme est flanquée de tourelles et qui servit longtemps de prison d'Etat. Fortement endommagé par un incendie en 1862 et complètement restauré depuis, il renferme les archives militaires d'Espagne. Un pont-levis franchit un profond fossé au pied du Gastillo.
A Tint, (visible sur demande) on visite, au rez-de-chaussée, à dr. de la cour d'honneur, des salles remplies d'archives où se voient des restes de frise et d'ornements de style mud.ejar(des balcons, belles vues plongeantes). De là on passe sur le paseo de los Reyes, plate-forme crénelée à l'extrémité de l'éperon rocheux et dominée par la tour del Homçnaje (belle vue). Par lejoa^io de Armas on revient à la cour d'honneur.
De l'Alcazar il faut suivre à dr. le paseo de Don Juan II (belles
188 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRTD. |1
vues) pour aller voir la puerta del Socorro et de là revenir à la place de la Constitution.
Nous signalerons encore dans la ville les églises romanes de San Esteban (dans la partie N.), avec une galerie romane et une haute et très belle tour du xm^ s., dans le style roman de transition, actuellement en reconstruction (à Tint., tableau d'Ambrosiiis Benson); de San Juan (àrextrémitéN.-E.) avecde très intéressantes sculptures romanes; de San Millân (portail, très belle abside, galerie), dans la faubourg du Sud.
En sortant de la ville par la puerta de Santiago, on trouve, sur la rive g. de l'Eresma, l'ancienne casa de la Moneda (Monnaie), élevée en 1586, abandonnée depuis 1730; presque en face, sur la rive dr., est l'ancien monastère del Parral, fondé en 1447, avec une église construite en 1494 par Juan Gallego. Portail avec écussons de la famille de Villena. (La visite, comme celle de Vera Gruz, se fait sous la conduite d'un employé de TAyuntamiento; il faut donc s'y adresser d'avance.) Au S., patios en ruines; dans une salle, tombeau provenant de San Juan.
Au transept dr., portail du style gothique de la décadence et, à côté, tombeau de la comtesse de Medellin ; grand retable, peint par JDiego de Urbino (1553); tombeaux plateresques des marquis de Villena, fondateurs du couvent ( K. p. lxxix); nombreux tombeaux gothiques.
La situation charmante de l'église et du vieux couvent entouré de jardins, autrefois bien entretenus, a donné lieu au dicton : « Las Huertas del Parral, paraiso terrenal » (Les jardins du Parral, paradis terrestre).
A quelques minutes 0. de là, sur la hauteur qui domine la rive dr. de la rivière, l'église de la Vera Cruz est une curieuse construction romane du commenc. du xm* s., bâtie sur le modèle du Saint- Sépulcre de Jérusalem; elle appartenait aux Templiers et fut restaurée vers 1830. C'est une église polygonale à 12 côtés avec 2 portails et une partie centrale à deux étages, dont l'inférieur représente le sépulcre (les gentilshommes faisaient la veillée des armes à l'étage supérieur et étaient armés chevaliers à la partie inférieure).
Dans le faubourg de San Lorenzo, au N.-E. de la ville, où l'on descend par la porte San Cibridn, se trouve près du pont de San Cibridn, sur la rive g. de l'Eresma, l'ancien couvent de Santa Cruz, dont Véglise, érigée en 1218 par St Dominique au-dessus d'une grotte qui lui, servit d'asile, a été réédifiée avec une vaste nef gothique (un riche poriaii gothico-plateresque; dans la lunette, une Pietà et, de chaque côté, le roi Ferdinand et la reine Isabelle à genoux). Plus loin, à l'E., Véglise San Lorenzo (restaurée en 1900) est une intéressante église romane, offrant sur les côtés S. et 0. une galerie à colonnes gémelées, coiffées de curieux chapiteaux.
Enfin on peut faire une admirable promenade en suivant le fond du vallon de l'Eresma jusqu'à son confluent avec le Glamores, en contournant l'Akazar et en revenant, par le vallon de Glamores, profond ravin.
SAN ILDEFONSO ET LA GRANJA(#11 k. de Ségovie; ne pas visiter pendant les séjours delà famille royale, d'ailiCurs pou fréquents; oujuilus
Il LA GltANJA. Il [B. 19] - 189
correspondant avec les trains, plusieurs fois par j.; 2 p. par pers.; billets daller et ret., les jours de fête seulement : 3 p.; une voit, jusqu'à 3 pers., depuis 10 p. aller et ret.; les fontaines des jardins jouent généralement le 23 janvier, les 17 et 30 mai, les 21 et 24 juillet, le 26 août, les 11 et 24 sept.;
Eendant l'été, les jeudis et dim., deux fontaines jouent à partir de 5 h.). — a route, qui traverse une contrée dénudée, monte puis descend vers le fond de verdure où Ton aperçoit la Granja. — 8 k. On longe à g. le domaine royal de Quita Pesares ou Sans-Souci (nombreux peupliers); puis, après une descente à travers des arbres, on remonte.
11 k. San Ildefonso (hôt. : Roma ; Europeo^ sur la plaza del Palacio), bourg de 3,600 hab., dans iasierra de Guadarrama, au pied du Picô de Penalara (2,406 m.), est une station d'été agréable par suite de son altitude (1,191 m. au château royal). Il y existe enoore les restes d'une cristallerie et verrerie jadis célèbre.
Histoire. — Ce bourg doit son origine au roi Henri IV qui, se promenant un jour de l'an 1450 dans les forêts giboyeuses q.ui entourent le village de Balsain (ou Valsain), fit bâtir une maison et un ermitage dédié à l'archevêque St Ildefonse, dans un endroit pittoresque nommé Casa del Polio. Les moines hiéronymites du couvent du Parral {V. ci-dessus, Ségovie) étant devenus propriétaires de la maison et de l'ermitage, firent bâtir une sorte de ferme-auberge {Granja), de construction solide et d'un style sévère, dont la cour est encore conservée au centre du palai's; c'est de cette Granja du monastère du Parral que prit son origine le bourg de San Ildefonso. — Philippe V, voulant bâtir un palais qui lui rappelât le Versailles de sa jeunesse, chargea Theodoro Ardemans, directeur des bâtiments royaux, do dresser les plans. Les travaux commencèrent le 1*"" avril 1721, et furent achevés dès 1723. Les jardins entrepris en même temps, sous la direction de René Carlier et Et. Boutelou, artistes français, ne furent terminés que sous le règne de Charles III (p. xciv).
Itinéraire. — La. plaza del Palacio, qui s'ouvre par la porte de Ségovie, s'étend au N.-O., devant sa façade postérieure (jardins). Les pavillons, de construction uniforme, qui l'entourent, sont réservés aux personnes de la cour et aux gens de service.
Le Palais Royal {lieal Palacio) de la Granja a la forme d'un rectangle avec 4 ailes parallèles. La façade priccipalo au S.-E., du côté des jardins, 155 m. de long, offre un beau portique central surmonté d'un attique avec 4 Saisons sous forme de cariatides. Sur la façade postérieure (place du Palais) s'avance un puissant avant-corps, la chapelle du palais, ou Colegiata, que surmontent une coupole et des tours (V. ci-dessous). — Les appartements (entrée par l'aile N. au fond de la place, à g.; pourb., 1 p.) renferment à l'étage principal un riche mobilier et une somptueuse décoration du xyiii^s. Au rez-de-chaussée, dans une galerie, moulages et reproductions de sculptures antiques qui ont été transférées dici au musée du Prado de Madrid.
L'église de la Colegiata. adossée au palais, date du règne de Philippe V (première moitié au xviii* s.)- On entre par 2 portes latérales. A Tint., les voûtes et les coupoles sont décorées de fresques par Maella et Bayeu; le maitre-autel^ en beaux marbres et bronzes, est l'œuvre du Napolitain Solimena, d'après les dessins d'Ardenians. Au-dessus du coro, tribune royale. — A g. du maître-autel, on pénètre dans le Panthéon, chapelle avec le sarcophage en marbre et en bronze, par Pituë et Dumandre, de Philippe V et d'Isabelle Farnèsc. — Dans la sacristie et la salle capitulaire on montre quelques objets d'art.
Les* jardins, à bon droit célèbres et bien entretenus, ont été dessinés par Boutelou. L'étendue des jardins et des bois est de 146 hect., renfermés dans une grande enceinte de 5,970 m. de longueur. Ils s'étagent sur une croupe jusqu'à une altitude de 1,325 m.
Les** fontaines monumentales sontau nombre de 26; elles sont comparables, sinon supérieures, à celles do Versailles, Elles ont été sculptées sur plomb
190 — [R. 19] Il DE MEDINA DEL GAMPO A MADRID. ||
par Frpmin et Thierri, puis par Dtiniandre et Piiué. — On entre par l'angle S. de la place du Palais (à dr. de la Collégialej. Devant la façade latérale îS.-O. du palais s'étend le magnitlque parterre de la Fama, orné des statues de l Daphné et Apollon et de riches vases, jusqu'à ïs, fontaine de la Fama, où la Renommée montée sur Pégase lance un jet d'eau à 47 ui. de hauteur ; l'allée du parterre (celle du Valsain) aboutit aux Bailos de Diana, la plus belle dei
fontaines; elle représente Diane sortant du bain en présence d'une vingtaine de nj^mphes. Une allée perpendiculaire à la précédente monte à la fontaine de las Ranas ou de Latone, où une multitude de batraciens lancent des jets » d'eau. Prenant une nouvelle direction perpendiculaire, à g. [calle Larga), on rencontre successivement aux carrefours ; 4 figures de nymphes, 4 muses, les 8 fontaines de las Ocho Galles ornées de divinités, puis d'autres muses et Apollon, pour aboutir à la fontaine des Trois-Gràces (V. ci-dessous). De la plaza de las Ocho Galles partent 4 allées obliques par rapport à la calle ' Larga qui conduisent à l'O. et au N. aux 2 fontaines des Dragons, et au S. et à l'E. (partie haute) aux 2 fontaines des Vasques-, entre ces 2 dernières, un chemin monte à la fontaine del Ganastillo (corbeille de fleurs et fruits). L'élégante fontaine des Trois-Gràces domine la cascade et la fontaine d'Amphitrite et le parterre devant la façade du palais. A l'angle É. de ce dernier descend en cascade la fontaine de Selva ou de Pomone. Parallèle à la cascade se déroule la carrera de Caballos, composée des fontaines de VAbanico, de Neptune, à! Apollon vainqueur du serpent Python, des Dragons et d'Andromède délivrée par Persée. Autour de cette dernière, plaee et parterre bordés de statues et de vases.
> De la fontaine d'Andromède, on monte au bois, et, en quelques min., on atteint un lac artificiel, nommé el Mar, qui alimente les fontaines; sur ses
Il LA GRANJA. || [R. 19] - 191
bords se voient une cascade et une maisonnette abritant une gondole de Charles III.
[Environs. — Les environs de San Ildefonso sont très jolis. On peut s'y promener en voilure ou à pied quand on reste quelques jours à la Granja.
1« Le Valsain est un bois de pins à 3 k. S., de 11,000 hect., avec les restes du palais du Valsain.
2^ La forêt royale de Riofrio (700 hect.) est à 12 k. S.-O. Le Palais, de forme carrée et à quatre façades semblables, renferme des peintures de Jordan, Carces, Carduccio, Bayeu^ Maella, Galvez^ Ribera et Zacariaa Velazquez, etc.
8** A. 10 k. E. (chemin escarpé), par le puerto de Reventon, col au pied du Pico de Penalara, chartreuse del Paular (auj. verrerie), fondée par Jean 1*"" à la fin du xv** s. dans la vallée du Lozoya. Une porte Renaissance donne accès au cloître, luéglise, bâtie de 1433 à 1440 par le célèbre architecte maure Abd-er-Rahman, est richement décorée. Au maître-autel, le magnifique retable en marbre, malheureusement badigeonné, est l'œuvre de sculpteurs génois (milieu du xv« s.). La chapelle du Tabernaculo (xvii«s.) est d'une ornementation exubérante (à la voûte, peintures de Palomino).]
En sortant de Ségovie, la voie commence l'ascension des premiers contreforts de la sierra de Guadarrama et gagne la petite vallée de Hontoria, où elle traverse le Riofrio et ensuite le rio Pecès. — Tranchées, rampes et courbes. — i03 k. La Losa-Navas de Riofrio; à dr., à env. 2 k., château de Riofrio (V. ci-dessus). — 112 k. Otero de Herreros, à 1,224 m. — Tunnel. — Col. — La voie descend et franchit le rio Moros.
121 k. Espinar, à 1,198 m. — La voie remonte. — Tunnel de 100 m. — 125 k. Halte de San Rafaël (villas modernes), au milieu d'une région boisée de pins. — La voie s'engage dans le grand tunnel de 2,500 m., percé sous le col ou puerto de Guadarrama (1.530 m.) et où elle atteint son point culminant (1,289 m.). — immédiatement après, petit tunnel au delà duquel on découvre à dr une vue très étendue sur la Nouvelle-Castille. — La voie descend en décrivant un grand contour. — Petit tunnel.
137 k. Cercediila, à 1,154 m. (tout autour, villas modernes). — 3 petits tunnels. — La ligne continue à descendre (sur la dr. on apen-oit rEscorial) et franchit le rio Guadarrama.
153 k. Villalba (p. 183). — Pour la description du trajet entre Villa iba et Madrid, p. 183.
194 k. Madrid, gare du Nord, (g) (R. 24).
TJ{07S1BMB SECTJÛJ^ LÉON. — ASTURIES. — GALICE.
LEON. — OVIEDO. — LA COROGNE. — ORENSE. — VIGO. — PONTE VEDRA. — SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE (SANTIAGO).
Route 20 — DE VENTA DE BANOS A LEON, OVIEDO ET GIJÔN
^ 304 k. en 8 h. 20 par le rapide bi-hebdomadaire, entre Madrid et Gijôn, et vice versa (!'* cl. et wagon-lits); en 10 h. par le correo. — 34 p. 35, Î5 p. 75, 15 p. 45.
Auto-cyclisme : — || 284 k. de Valladolid (route de Madrid) à Gijôn; la route, en général ondulée avec des pentes variant de 5 à 10 0/0, est très poussiéreuse jusqu'à Léon, et même mauvaise de Valladolid à Médina et d'Oviedo à Gijôn; la descente du col de Pajares est très pittoresque, mais dangereuse avec des virages brusques. — 40 k. Médina de Rioseco (traversée par le corro del Carmen, à g. après le pont, et la calle May or). — 48 k. Berrueces. — 87 k. Mayorca. — 116 k. Mansilla de las Mutas. — 135 k. Léon (sortie par la route de Asturias). — 161 k. La jRobla. — 169 k. Pola de Gordon. La route devient admirable (plusieurs passages à niveau). — 175 k. Ciriera. — 191 k. Busdongo. La montée continue jusqu'à (196 k.) Puerto de Pajares, où la route commence à descendre rapidement (pentes de 7, 10 et 15 0/0). — 201 k. Pajares. — 210 k. Puente de Los Fierros, où finit la descente ; la route est encore sinueuse, mais ondulée. — 221 k. Pota de Lena. — 231 k. Santullano. — 241 k. Madi-u; descente en lacets de 10 à 15 0/0. — 245 k. Olloniego; montée de 7 à 12 0/0, puis descente de 7 à 10 0/0. — 255 k. Oviedo. — 260 k. Lugones; montée puis descente raide. — 280 k. Roces. — 284 k. Gijôn.
La voie, se détachant de la grande ligne Madrid-ïrun (p. 170), se dirige vers le N.-O.
11 k. Palencia @ (hôt. : Iheria, calle Mayor Principal, 8; Samaria, calle S. Juan, 2; Continental, 8 p. par j., barrioNuevo, 14), Ja Pallantia des Romains, ville de 18,907 hab., ch.-l. de la province du même nom et siège d'un évêché, située au milieu d'une plaine sur les deux rives du Carriôn, fut au moyen âge une des villes les plus importantes de la Gastilie. Les Gortès y furent convoquées en 1312.
Itinéraire. — De la gare située au N. de la ville, on se rend, par la plaza de Cedn, à rentrée de la calle Mayor ^ rue bordée de portiques qui traverse la ville du N. au S. (jusqu'à la promenade du
194 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. ||
Salon). De la plaza de Léon, on prend, à TO., la calle de la Vireina et la calle dei Emperador, qui mènent à la plaza de San Anlolin, sur laciuelle s'élèvent un monument à Clmmaculée Conception (1905) et la cathédrale.
La * cathédrale, très bel édiPice du style gothique de transition, a été bâtie du xiv® au xvi« s. Elle manque de façade, mais les portes latérales donnant accès aux transepts sont, par contre, très intéressantes, surtout Idi porte deVOhispo (transept dr.), richement ornée par Diego Hartado de Mendoza (lin du xv** s.) avec une statue de la Vierge au-dessus delà porte et une statue de St Antolin au sommet du grand arc; une grosse tour carrée (on y monte, belle vue; pourb.) sépare cette porte d'une autre plus petite, qui ne manque pas d'élégance. L'autre porte, dite de los Reyes (transept g.), est également ornée de sculptures.
Intérieur. — L'abside et les 4 dernières travées de TE. formaient la cathédrale primitive du xiv« s. A la fin du xiv« s., on l'agrandit de 6 travées avec une nouvelle capilla mayor, un transept (5» travée) et un coro.
— La nef centrale, magnifique, est "flanquée de 2 nefs latérales. Trascoro. — Sculptures en pierre, bas-reliefs, par Gilde Siloe^ encadrant
un intéressant retable peint sur bois (1505) par Juan de Holanda (8 compartiments; au centre, la Vierge avec l'évêque de Fonseca, le donateur; scènes de la vie du Christ). — Devant le trascoro, un bel escalier, de style plateresque, descend à une crypte ou caveau (-2 parties voûtées), d'origine visigothe, où don Sanchez le Grand, suivant la tradition, découvrit la statue de St Antolin, patron de l'église et de la ville. — En avant, à g., chaire, avec dais, en noyer sculpté, œuvre charmante de la Renaissance de Hiqinio Balmaseda.
Coro. — Belle grille (1555); stalles sculptées du xvii« s. — Aux murs latéraux du coro sont adossés des retables^ chefs-d'œuvre du gothique fleuri et do la Renaissance plateresque (statues de St Louis, roi de France, et do St Herménégilde, roi d'Espagne).
Transept. — A g., porte de los Reyes. — A dr., porte de l'Obispo, et, en haut, horloge bizarre avec un groupe de 3 figures (un chevalier qui frappe l'heure, un lion qui frappe les quarts et un Maure à grosse tête grimaçant à chaque coup).
Capilla Mayor. — Grille de Cristôbal Andino (1520); beau retable du XVI* s., en 12 cadres orné de figurines sculptées et pointes, œuvre de Juan de Flandes [Jean de Flandre) et d'A/onso Berruguete (au centre, St Antolin ; au-dessus, la Vierge); tombeaux. — Capilla Mayor primitive : à g. tombeau de Dona Urraca de Navarre (xii® s.) et de dona Inès de Osorio (1492).
— Au chevet, chapelles du pur style gothique (chap. de la Justicia, à dr.), avec des tombeaux du xvi» s. ■ ^
La sacristie possède, avec quelques tableaux remarquables, une grande custodia en argent ciselé (pourb. au sacristain qui la montre), œuvre de /. de Benavente (xvi« s.), de riches chasubles brodées, un cotfret arabe, etc.; au-dessus de l'entrée, Crucifiement de Mateo Cerezo.
Sur le côté dr.. cloître (fermé) et grande salle capitulaire avec de magnifiques tapisseries flamandes du xvi® s., aux armes de l'évêque Fonseca (pourb. au sacristain). ,
Dans le quartier N. de la ville, à côté de la plaza de Leôn, sur la petite plaza de San Pablo, église de San Pablo, du xv® s. avec une façade de la Renaissance.
Coro alto : stalles remarquables (xvi« s.). — Capilla Mayor : maître-autel plateresque; à dr., superbe tombeau de la famille de Rojas,.avec les
H PALENCIA. - LEON. Ij [R. 20] ~ 19b
figures agenouillées du marquis et de la marquise do Poza (1557) par Alonso Beri-uguete,
A rO. de la ville, dans la calle Mayor anligaa^ curieuse église de San Miguel, du style rornano-gothique (xiii' s.); grande tour ou donjon crénelé avec de belles et grandes fenêtres gothiques.
Le Garriôn coule à 10. de la ville; on y voit, près d'un grand pont moderne, un curieux pont ancien en forme dT.
De Palencia a Santander, R. 18; — a Villalôn (p. 176).
Au delà de Palencia la voie franchit le Garriôn et le canal de Castille. — 17 k. Grijota, — 25 k. Becerril. — 32 k. Paredes de Nava, patrie du célèbre sculpteur et peintre Berrnguetey né en 1480? (régiise Santa Eulalia contient quelques sculptures de cet artiste). — 46 k. Cisneros. — Pont sur le Sequillo. — 57 k. Villada, X sur Médina de Rio Seco (p. 176). — 67 k. Grajal (jolie église; château fort, du xvi" s., crénelé et flanqué de tours rondes aux quatre angles). — Pont sur le Valderaduey.
73 k. Sahagûn, 2,600 hab., l'anc. Camala, jadis célèbre par soD couvent de Bénédictins, auj. en ruines (dans Téglise, tombeaux du roi don Alfonso VI de Léon et de personnages de Léon et de Castille); antique église San Tirso, du style roman (xi® s.).
La voie franchit le Gea. — Au delà de (107 k.) Santas Marias, à 4 k. env. sur la rive g. de PEsla, petite ville de Mansilla de las Mutas et, à l'horizon, montagnes des Asturies (on reconnaît, à une dépression, le col de Tarna, dominé par trois énormes rochers, dits les Frailes de Maraha). — 116 k. Palanquinos, X de la ligne de (94 k.) Médina de Rio Seco par (19 k.) Valencia de Don Juan (p. 170). — Pont en fer (.300 m.) sur TEsla.
134 k. LÉON (Ledn)®, ville de 19,580 hab., ch.-l. de la province du même nom et siège d'un évêché, est situé à 832 m. d\'ilt. sur la rive g. du Bernesga. — Léon était jadis entouré de murailles d'un aspect imposant ayant de 4 à 5 m. d'épaisseur, flanquées de grosses tours rondes et dont une partie subsiste encore. Malgré tous ses souvenirs historiques la ville n'a rien de l'aspect d'une capitale et seuls quelques monuments peuvent encore témoigner de son ancienne splendeur.
Histoire. — Le nom de Léon témoigne à lui seul de l'ancienneté de la ville, car il n'est autre que celui delà Legio Septima, la VII« légion d'Auguste, qui avait placé à cet endroit son quartier général. Après les Romains, les Gotns, puis les Maures, — qui, défaits et chassés, reviennent plus tard sous la conduite du célèbre El-Mansour, — mettent la ville à feu et à sang, mais ne la gardent pas longtemps. Au x« s. Ordono II, fils d'Alphonse le Grand, roi des Asturies, choisit pour capitale Léon et, au xi« s., Ferdinand I*"", roi de Castille, ajouta la couronne de Léon à la sienne, mais les deux royaumes se séparent pour se réunir définitivement sous le règne de Ferdinand III (xiii* s,).
Hôtels : — de Paris, calle San Marcelo, 8 (pens. 7 à 12 p., chauff., bains) ; — Inglèa, anc. Noriega, calle delaCatedral, 8(pens.7 p.); — Tberia, calle Ordono II, 1 (pons. 6 p.).
Poste : — à l'angle de la calle Cervantes et de la calle Damaso Merino.
Télégraphe : — calle San Marcelo, 3.
cflft
Il LEON. Il [R- 20] - 197
ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare (qui est à 1 k. env. de la ville), on franchit le Bernesga et on traverse la plaza de Guzman el BuenOy décorée de la statue de Guzmân par Marinas (1900). De cette placeuse détachent, à dr., ie paseo de Guzman el Bueno et, à g., le paseo de San Marcos {V. ci-dessous). On suit la calle Ordono II, boulevard aboutissant à la petite plaza de Santo Domingo, contiguë à g. à la grande plaza del Rastro, et d'où l'on atteint, à dr., la plaza de San Marcelo, au centre de la ville.
Sur cette place se trouvent : — au S.-O. et au S., VAyuntamiento, bâti au XVI* s. par J. Ribeira, attenant au théâtre, et Véglise de San Marcelo (construite au xn* s., mais presque entièrement modernisée) ;
au N., le vaste palais moderne de la famille Fernandez, par
Gaudi; — à l'E., la casa de los Guzmancs, imposant palais édifié en 1560 par Tévêque Juan (^uinones y Guzmân, et occupé auj. par le gouverneur civil (profusion de grilles et de balcons de fer forgé, beaux encadrements de fenêtres Renaissance, écussons sculptés; patio à ornementation plateresque; à Tint., escalier en pierre, en limaçon); Philippe II, voyant ce palais, disait: « C'est beaucoup de fer pour un évêque ».
En suivant à TE. la calle de San Marcelo, on atteint en quelques min. la plaza de la Catedral,
La ** cathédrale, ou Santa Maria de Régla, est un des plus intéressants et des plus anciens spécimens du style ogival (xiii-xv* s.). M. Street, dans son excellent travail sur 1' « Architecture gothique en Espagne », la considère comme un monument d'origine et de caractère français, et parmi les noms de ses architectes se trouve celui d'un Guillaume de Rohan. Les travaux d'édification commencés en 1199, ne furent poussés avec activité que depuis le milieu du xiii" s. Au commenc. du xiv® s. l'édifice était à peu près terminé. L'extrême légèreté de l'édifice en compromit la solidité et il dut être complètement restauré dans la seconde moitié du xix* s. par Juan de Madrazo (f 1880), Demetrio de los Bios et autres.
La façade 0., avec le grand portail construit dans la seconde moitié du xiii' s. à l'imitation des porches du transept de la cathédrale de Chartres, se compose de cinq beaux arcs en ogives ornés de sculptures et surmontés d'un vaste balcon à jour que dominent deux tourelles; elle est percée de trois portes : celle de San Juan de Begla à g. (au-dessus, Visitation, Nativité, Adoration des Mages, Fuite en Egypte, Massacre des Innocents, bas-reliefs); de Nuestra Sehora la Blanca au milieu (dans les tympans, Résurrection, Récompense des justes, Punition des méchants, le Christ en souverain juge); de San Francisco à dr. (au-dessus, bas-reliefs. Couronnement et Dormition de la V.). — Le portail latéral S., remarquable par son élégance, est à trois étages et à trois portes : à g., celle de fa Maerte, au milieu celle de San Froilan et à dr. celle de la Reina, actuellement murée. — A l'angle S.-E., l'extérieur de la sacristie est du style plateresque; sur le côté E., on remarquera l'extérieur de la Capilla Mayor, atix élégants pinacles. Deux «ours -surmontent l'édifice : la tour N. (65 m.) est la plus ancienne; l'autre (68 m.), çst de la fin de la période gothique.
Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔiN. H
Intérieur. — 91 m. de long sur 40 m. de large; 3 nefs de l'entrée au transept (qui est extraordinairement largo) et 5 nefs du transept au maitreautel ; les piliers, formés de faisceaux do colonnes, sont d'une finesse et d'une' légèreté extrêmes. Toute la partie supérieure des croisées, finement découpée, est garnie de magnifiques * vitraux, ainsi que les immenses
rosaces aux deux extrémités de la croix et à l'entrée
Autour du sanctuaire (Ca-
pilla Mayor), au-dessus du
maître-aùtol, tout est à jour.
Ces vitraux, qui occupent une
superficie d'environ 1,200 m.
la grande nef
âe tancisco
^IS^r -^
■^<tc„
carrés, sont l'ornement le plus précieux de la cathédrale et forment un ensemble unique en Europe; les sujets comprennent tous les styles depuis le XIII® s. jusqu'à4nos jours : particulièrement remarquables sont les vitraux de la Capilla Mayor, de la Capilla de Santiago et du transept N.
Trascoro, en albâtre, très richement sculpté, du style plateresque. — CoRO du XV* s. ; stalles sculptées par maître Theodoric (1468-1481). — Capilla MAYOR : le maître-autel avec un élégant tabernacle, une urne et une belle custodia d'argent (xvi® s.) est surmonté d'un retable moderne encadrant des peintures sur bois du xv* s. provenant en partie de l'ancien retable de la cathédrale (p. lxxi).
Dans le Tbas-Sagrario, ainsi que dans les chapelles de l'abside, on voit quelques tombeaux intéressants : — Cap. del Carmen : tombeau de l'évêque Rodrigo (■^ 1532), de Zamora. — En face de la sacristie, tombeau Renaissance de l'évoque San Pelayo; à g., portada del Cardo, élégant portail du xv« s., donnant accès au maître-autel. — Cap, del Salvador : à g., tombeau de la comtesse Sancha par el Maestro Marcos (xiv« s.). — En face, au mur de la Capilla mayor, mausolée d'Ordono II (f 923), du xiv« s. avec un encadrement du xv« s. — Cap. de la Concepciôn : à g., tombeau do révêc^ue Manrique de Lara (f 1232), fondateur de l'église. — Cap. de Ioa Asunciôn : tom- '
Il LEON. Il [R. 20] - 199
beau de l'évoque Arnaldo (f 1235). — Cap. de N. S. del Dado : au-dessus do l'autel, statue gothique on pierre pointe, de la « Vierge au dé » : la légende raconte qu'un joueur malchanceux jeta ses dés contre la statue, qui saigna.
— La vaste cap. de Santiago, du style ogival du xv« s., est la plus belle de toutes; elle est richement ornée de sculptures et de vitraux (ceux du côté E. représentent VI apôtres, 12 vierges et li évoques). — Do cette chapelle on passe dans la cap. de San Andrks, qui a un portail, de la fin du xiii« s., décoré de statuettes de rois et d'évêques.
La porte del Dado donne accès au beau * cloître, bâti au xiv« s., mais fort altéré par des remaniements ultérieurs, qui forme un carré régulier, ayant sur chaque côté six arcs gothiques : les ailes O. et N. conservent encore des fragments de fresques exécutées de 1464 à 1470; au milieu de l'aile N., près de la cap. du comte de ReboLledo (monument de ce gentilhomme, -^ 1636), l'escalier montant à la salle du Chapitre est un curieux spécimen du style platcresque. — La cathédrale possède dos archives intéressantes.
Revenu à la pi. San Marcelo, on prend à dr. la calle del Cid qui va à la plaza San Isidoro où se trouve Téglise collégiale de ce nom.
"♦"San Isidoro, le « Saint-Denis espagnol » des premiers siècles, a été fondé au xi* s. par le roi Ferdinand I"' et agrandi au xn* s. L'église, consacrée en 1U7, est un spécimen intéressant du style roman (p. lxv) : ses lourds piliers, ses portes et ses fenêtres plein cintre lui donnent l'aspect d'un couvent plutôt que d'un temple. Le côté S. offre deux portails romans : celui de g., qui donne accès dans l'église, est surmonté d'un fronton ajouté au xviii* s. portant la statue équestre de San Isidoro en son costume d'archevêque de Se ville, la mitre en tête et Tépée au poing; le portail dr. (muré) a au tympan un intéressant bas-relief de la Descente de croix.
Intérieur. — Du style roman avec traces de gothique primitif et adjonctions postérieures. Les chapiteaux romans dos colonnes sont richement ornés do sculptures. — A g. de l'entrée, fonts baptismaux sculptés du xi" s. — Capilla Mayor, par Juan de Badajoz (1513) : maître-autel « manifiesto », c'est-à-dire ayant le privilège de garder apparente l'hostie du Saint- Sacrement; châsses de St Vincent, l'une en ivoire, l'autre (du xiii" s.) émaillée.
— A l'extrémité 0., *Panthéou (chap. de Santa Gatalina), du xi" s., ayant beaucoup souffert à l'époque do l'invasion française (déc. 1808) : sépultures de 11 rois, de 12 reines et de 21 princes ou grands seigneurs (parmi les rois, Alphonse V, f 1028, et Ferdinand 1<", jr 1065; parmi les reines, dona Urraca, reine do Zamora, fin du xi® s., Zaïda, fille du roi maure de Séville, qui épousa Alphonse VI. lo conquérant de Tolède, commenc. du XII" s. et doua Sancha); à la voûte, peintures de la fin du xn® s. — Le trésor^ très riche et difficile à voir en entier, contient notamment une belle croix processionnelle du xvi« s., un calice en agate du xi« s., des ivoires, etc.
Cloître, fortement modernisé : dans l'aile E., chapelle du xii« s. avec fresques très anciennes. — Bibliothèque (on y accède du transept N. ; pourboire), jadis très importante ; elle a conservé quelques pièces intéressantes (bible de 960; bréviaire avec miniature du xv« s.); la salle d'entrée iCamara de la Raina ou de dona Suncha) oiiro des restes do pointures murales, apparemment de l'école toscane. Un bel escalier Renaissance mène au 2» étage.
De San Isidoro, la chaussée du faubourg de Renueva conduit, au N.-O., au '^monastère de San Marcos, ancienne commanderie de Saint-Jacques, dont l'origine paraît dater du commenc. du xii'^s. et qui a été rebâtie au xvi* s., dans le style plateresque, par Juan de
200 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. ||
Badajoz, La façade principale est particulièrement remarquable L entrée d un aspect monumental, est surmontée d'un fronton sculpte (statue de St Jacques au sommet). Dans la tribune haute du chœur belles stalles très ornées de 1541-1547, par le Français Gmllaiime Doncel (compar. Auch). La sacristie, à trois voûtes est 1 œuvre de Juan de Badajoz. Dans la salle capitulaire ouvrant sur le cloître, un beau plafond en bois de santal. L'édifice est en partie occupe par le musée provincial (pourboire), qui contient des œuvres romaines notamment un autel dédié à DianedeTépoque de Traian et des sculptures chrétiennes (croix byzantine, Vierge gothique, etc.)! On voit dans le couvent la cellule où fut emprisonné par Philipne IV le iTL^LfentZtilZT'''''^"'''''''''' ^'''''''''^ ' cause^'d-écrits s^aPtiriques
On peut voir, principalement au N. et à TE. de la ville, les restes intéressants des remparts romains.
r„[i^.^!l^^-f ni' T. m Q^" ^^ ^^"^1' ^"^^«.??® ^^lise S^^ Miguel de Escalada, qui date, dit-on, de 913, mais paraît sensiblement postérieure à cette époque.]
De Léon a Monforte, la Corogne, Vigo, R. 21.
Au delà de Leôn, la voie remonte vers le N. la vallée du Bernesga (rivière à dr.), au pied d'une ligne de collines. — 145 k Santibanez. — Pont sur le Bernesga.
160 k. La Robla, X où aboutit à dr. la ligne du chemin de fer houiller venant de Bilbao par Valmaseda et Mataporquera (p. 144) et desservant les riches charbonnages de la région — En avant de la voie, on aperçoit la ligne des monts Asturiens aux cimes dentelées. — Bientôt commence la partie intéressante du trajet. « Parmi les traversées de chaînes de montagnes par des voies ferrées, dit M. de Saint-Saud, il peut en être d'aussi pittoresques que celle du col de Pajares, dans les Asturies, mais il n'en est pas de plus belles, à la condition toutefois d'aborder la Cordillère par l'Espagne, c'est-à-dire par les plaines monotones du Léon. »
168 k. Pola de Gordon, sut le Bernesga. — Tunnel. — 174 k Cinera. — La voie s'engage dans un étroit déQlé avec la route et là rivière, qu'elle franchit 14 fois; elle coupe par 7 tunnels les premiers contreforts de la chaîne des Asturies : tranchées ravins gorges sauvages. A l'issue de ce défilé, vallée plate, dominée par de hautes montagnes. — 180 k. Villamanin. — - 3 tunnels.
188 k. Busdongo. — Tunnel de Busdongo ou de la Perruca (3 050 m ) percé à l'ait, de 1,283 m., au-dessous du col dit Puerto de Pajares] crête de la chaîne cantabrique qui forme la limite des provinces de Léon et d'Oviedo (Asturies). — Le bas de la vallée vers laquelle on descend est à 11 k. en droite ligne (42 k. 6 par le ch. de fer) et à une différence de niveau de 767 m. Le tunnel de la Peruca qui s'ouvre au milieu des pentes arides du versant méridional, débouche sur les vallées du versant N. qui se développent à g. de la voie vertes et cultivées depuis les sommets jusqu'au rio Pajares. ~ Pescente en courbes j 60 tunnels mesurant bout à bout 23,255 m..
202 — [R. 20] Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. ||
dont 10 entre Busdon^o et Pajares; dans les courts intervalles qui les séparent, belles échappées sur la vallée.
198 k. Pajares. 18 tunnels entre Pajares et Parana; la voie forme deux lacets opposés en contournant le ilanc de deux vallées; à g, on aperçoit la suite du tracé et, en bas des deux boucles, le village de San Andrès. — 208 k. Navidiello-Parana, 14 tunnels jusqu'à la ^ station suivante. Deux courbes en fl» en sens opposé, contournent la jolie vallée de Congosiinas, au milieu de laquelle se trouve le , village de ce nom. — - 218 k. Linares. 10 tunnels. Après le tunnel de Bustiello, la voie décrit une boucle; à g. en contrebas, on voit la i ligne de retour et la ligne iïiférieure qui parcourt le fond de la vallée. — 223 k. Malvedo. 8 tunnels. A dr., à 120 m. en contre-bas, on aperçoit la ligne au fond de la vallée. — Nouvelle boucle, parcourue en souterrain.
231 k. Puente de los Fierros, à 516 m., au confluent du Pajares •; et du Parana. — 237 k. Campomanes, près du confluent du Pajares et du rio Huerna. — 243 k. Pola de Lena, Le paysage change d'aspect ; la vallée large et riante est entourée de collines vertes. — Viaduc.
250 k. C/jo, village minier, X' de la ligne vasco-asturienne • (p. 206) qui dessert aussi plus loin Mierès et Ablafia. — 251 k. Santullano, — A dr., vieux pont.
255 k. Mierès, petite ville industrielle de 2,900 hab., au pied de montagnes très riches en mines de houille, de fer, de cinabre, de soufre (école pratique de mécanique). — 258 k. Ablaha. — En face, à dr., importante/onc/me de fer de Mierès. — On franchit le Caudal; à g., monts del Padrani; à dr., pont et route d'Oviedo. — 261 k. Olloniego; au delà de la rivière, colline boisée avec un ermitage au sommet. — Tunnel d'Olloniego, au-dessous d'une cime couronnée d'un château maure; à dr., petite vallée du rio Nalôn. — Au delà d'un petit tunnel, étroit défilé (se placer à g.) et pont sur le Nalôn; belle vue sur la magnifique vallée du Barco Soto, parcourue par le Nalôn que la voie va dominer à mi-côte.
266 k. Soto de Rey.
DE SOTO DE REY A Cl A NO (^ 22 k. en 1 h.). ~ Cotte li^ne, qui suit^ les bords du Nalôn, dessert des centres industriels et miniers. — 8 k. Tudela- \ Veguin (carrières calcaires, fabr. de ciment). — 17 k. La Felguera (usines métallurgiques, constructions mécaniques, raines de charbon). — 19 k. Sama (mines, fonderies). — 22 k. Ciaiio- Santa- Ana.
268 k. Las Segadas. — Viaduc. — Au delà d'un tunnel, fabrique de poudre. — Dernier tunnel; au delà, carrières de gypse de Et Fresno et pont de los Pilares, — On passe sous VaquedaCy long de 382 m., qui amène à Oviedo les eaux de la source de Fitoria.
274 k. OVIEDO (g), ville de 27,000 hab. (48,100 avec sa banlieue), ch.-l. de la province du même nom avec le titre particulier de Principauté des Asturicj et siège d'un évêché, est située, à 228 m. d'alt., sur un terrain un peu en pente et entouré d'une plaine fertile. Construite, comme toutes les vieilles cités, sans plan déterminé et un peu de tous les temps, Oviedo n'en est pas moins une assez jolie ville, propre, avec de belles maisons et un joli parc près du
Il OVIEDO. Il
centre; elle est plus animée que bien d'autres chefs-lieux de province d'Espagne.
Hôtels : — de Paris, callo Pelayo, 13, et calle Uria, 14 (direction française; dep. 7 p. 50 par j.; rest.) ; — Francés, calle de Jovellanos, 1; — Covadonga, callo Mendizabal.
Tram : — de la garo à la ville, 75 c.
Poste et télégraphe : — calle Posada Ferrera.
Voitures de place : — la course, 1 ou 2 pers. 1 p., chaque pers. on plus, 50 c; l'h. 2 p. pour 2 pers., chaque pers. en plus, 1 p. ; colis, 50 c.
Histoire, — Les Asfuri étaient une nation guerrière, ayant l'horreur du joug étranger, s'alliant aux Cantabres contre Carthage, puis aux Carthaginois contre Rome, et obligeant même Auguste à venir en personne pour les réduire; mais Auguste, fatigué de la lutte contre cette poignée de montagnards, laissa à ses généraux le soin de la conquête. Vaincus par le nombre, les Asturi furent contraints de descendre dans la plaine et d'y habiter avec leurs vainqueurs. Mais lorsque Rome fut tombée, les Asturi rentrèrent dans leurs montagnes devant l'invasion des Vandales et des Goths. Ces derniers engagèrent la lutte; le nombre encore leur assura la victoire ; la race nouvelle se confondit avec la vieille race pour fonder ce petit peuple de héros qui devait plus tard sauver les libertés du pays.
Ce fut dans les montagnes des Asturios que Pelage, otage échappé de la cour du roi de Cordoue, donna, au vu* s., le signal de la révolte. Les Asiuriens, conduits par lui, attaquèrent les Maures, descendirent dans les plaines et les dévastèrent. L'an "718, El-Horr, vice-roi de Cordoue, envoya contre eux une armée que Sébastien de Salamanque fait monter à 124,000 hommes. Pelage l'aurait attendue dans les gorges de Covadonga et l'aurait anéantie sans qu'il en restât un seul homme (!). Effrayés par cette terrible défaite, les Maures respectèrent le repos de cette poignée de révoltés et, derrière ces montagnes infranchissables, se fonda la jeune monarchie, le berceau des monarchies espagnoles (F. Covadonga. p. 206).
Fruela, ou Froïla, 3* successeur de Pelage, fonda, en 757, Oveta, qui depuis devait devenir Oviedo. En 810, Alphonse le Chaste y transporta la résidence des souverains des Asturies, qui avaient jusqu'à cette date établi leur demeure à Cangas de Onis et à Pravia.
Ordono !•', roi d'Asturie (f 866), et, après lui, Alphonse le Grand (f 910), passèrent les monta/^nes, et portèrent jusqu'aux rives du Duero les limites du royaume chrétien. Alphonse avait trois fils : Ordono, Garcia et Froïla; il partagea entre eux ses conquêtes. Froïla II (f 924) eut Oviedo; Garcia, la Galice. Ordono II fonda, à Leôn, la capitale d'un royaume nouveau. Froïla succéda à ses deux frères ; il choisit Leôn pour sa métropole et les Asturies ne furent plus désormais qu'une province du royaume de Léon.
Après la mort d'Alphonse VII (1157) un semblant de royaume se reconstitua à Oviedo, avec dona Urraca pour reine, et lorsque Alphonse X, en guerre avec son fils, disait c[ue Séville ne l'avait pas abandonné, il oubliait qu'Oviedo et les Asturies lui restaient fidèles.
En 1388, les Certes du royaume réunis à Briviesca, déclarèrent, sur la proposition du roi, que les Asturies constitueraient désormais une principauté et que le premier-né de la couronne de Castille serait nommé désormais prince des Asturies. Ce suprême honneur, qui récompensait la vieille fidélité des Asturiens, assurait leur dévouement futur et ils en donnèrent des preuves nombreuses. En 1808 ils se prononcèrent contre l'invasion française, instituèrent une junte suprême et organisèrent la'résistance.
ITINÉRAIRE. — En sortant de la gare, on suit la calle de Uria, (parcourue par un tram aboutissant à la plaza Mayor), qui monte vers le centre de la ville et sur laquelle s'élèvent des constructions récentes; à dr., V Ecole normale (renfermant le Museo Arqueologico
Il DE VENTA DE BANOS A GIJÔN.
Asturlano, ouvert de 10 h. à 1 h. : intéressante collection d'antiquités locales; fragments romains, tombeaux du xit** s.), et à g., un peu en arrière, le nouveau théâtre^ très élégant. Derrière Técole, hospice provincial, construit en 1752 par Ventura Rodriguez. — On longe, ^ à dr., le Campo de San Francisco et le Salon Del Bombe, deux prome-
6liôn,29k.7'
Leôn. 120k. \ la Trubia
nades, et on atteint la phza May or (ou de la Constituciôn)^ au centre d'Oviedo et bordée d*arcades; au N., les Casas Consistoriales^ de 1662, ont un aspect assez imposant; à l'O. église San Isidoro (1578).
Au N. de la place, la calle de Cimadevillay prolongée par la calle de la Rua, conduit à la cathédrale.
La* cathédrale est une magnifique construction de style gothique (1388-1528). — Le portail 0. se compose de trois grandes arcades (celle du centre est plus élevée) avec portes richement ornées de fleurons, de guirlandes (au-dessus de la porte principale, la Transfiguration et bustes de Fruela et d^ Alphonse le Chaste). Sur le côté N, de ce portail on remarquera un curieux arc biais. — La tour (première moitié du xvi* s.), haute de 80 m., par ses ornements si bien distribués, et par les quatre tourelles si sveltes et si élégantes qui flftn(juent l'étage des cloches, peut être regardée comme l'une des
Il OVIEDO. Il [I^. 20] - 205
plus belles d'Espagne (on peut y monter, entrée â l'extrémité 0. de ia nef de dr.; belle vue du sommet).
Intérieur. — L'int. (pourb. au sacristain) n'a que 67 m. de long sur 22 m. de large; mais ses proportions exactes et ses nombreuses ouvertures semblent accroître ses dimensions. — Les piliers ont pour chapiteau une simple toutfe de feuilles, les arcs s'élancent avec une majestueuse nudité, et la galerie qui entoure la uef et contourne les deux bras de la croix est d'une gracieuse légèreté. Au-dessus de cette galerie, de grandes fenêtres, divisées en six compartiments par des arêtes de pierre et garnies, du côté du S., de vitraux, s'élèvent jusqu'à la voûte.
Capilla Mayor. — Contre l'un des piliers de dr., sur un fût de colonne ayant pour chapiteau des coquilles de pèlerins renversées, très ancienne statue du Sauveur^ contemporaine, dit-on, de l'évêque Pelage (xii« s.). — Au maîtreautel, fastueux *retable des xv« et xvi« s., achevé vers 1525 par Giralte et Balmaseda. A g., tombeau gothique de l'archevêque Arias de Villar (1490).
Les chapelles latérales ont pour la plupart une ornementation baroque des XVII» et xviii« s.
Bas-côté dr. — Dans la chap. de Ste Barbe, stalles de l'ancien coro; la 4*^ chap. est dénommée « del Cristovelarde » ; dans le bras dr. du transept, porte donnant accès à l'escalier qui monte à la Câmara Santa^ précédée d'une petite chapelle contenant de curieuses stalles du xvi« s.
La ♦ Câmara Santa (ancienne chap. de San Miguel : visible le mat. à 9 h. et l'après-midi à 3 h. 30; les chanoines qui montrent les reliques donnent aux visiteurs une notice concernant ces reliques ; il est d'usage de déposer dans le tronc une otfrande de i p., ou de 2 p. si l'on est plusieurs) se divise en deux parties : la plus grande, en forme de voûte semi-circulaire, présente, sur les côtés, 6 piédestaux portant chacun deux statues d'apôtres, adossées aux colonnes à chapiteaux représentant des animaux fantastiques ; elle date du règne de Ferdinand II (xii® s.) ; la plus petite, qui contient le reliquaire, remonte au temps d'Alphonse II (ix« s.) ; elles ne sont éclairées que par deux étroites fenêtres. Le reliquaire (on ne l'ouvre jamais) est un coffre de bois de cèdre couvert de larmes d'argent travaillées en relief montrant le Christ, la Vierge, les Apôtres et des scènes de la vie du Christ : il a été donné par Alphonse VI. Il contenait les reliques exposées auj. : deux morceaux de la vraie croix, l'un des trente deniers de Judas, un morceau du cœur de St Barthélémy, un fragment de la baguette de Moïse, une sandale du pied droit de St Pierre, un morceau de pain multiplié dans le désert, de la manne, un débris du tombeau de Lazare, des cheveux de la Madeleine. Parmi les joyaux exposés dans la Câmara Santa il faut citer la célèbre *Cruz de los Angeles (croix des Anges), couverte de pierreries (rubis d'une rare grosseur; gemmes gravées; travail en filigrane d'une exquise finesse) qui a été donnée à la cathédrale par Alphonse le Chaste (808). A dr., au-dessus d'un coffret qui renferme deux intéressants dyptiques en ivoire, la Cruz de la Victoria (croix de la Victoire) provient, dit-on, de Pelage; elle est en bois; Alphonse III la fit couvrir d'or ciselé et de pierreries.
Une porte, voisine de celle qui conduit à la Câmara Santa, donne accès au cloître ( V. ci-dessous).
Abside. — Dans les chapelles, quelques tombeaux peu importants.
Bas-côté g. — Au fond du bras g. du transept, porte donnant accès à la célèbre Capilla del Rey Casto fondée par Alphonse II (f 843); démolie en 1705, elle fut reconstruite en style baroque par l'évêque Thomas Reluz. On y pénètre par un arc gothique dont les fleurons surmontent une grille de fer d'un riche travail. L'intérieur est richement orné de sculptures élégantes. A g. en entrant, autel de Nuestra Senora de la Luz, avec retable richement ornementé; des deux côtés, statues de St Pierre et de St Paul. Au tond, à dr., le Panthéon des rois des Asturies ne renferme plus qu'un seul sarcophage ancien ; 9 urnes portant chacune un écusson royal et con-
206 — [R. 20] li DE VENTA DE BANOS A GIJÔN. ||
leDant les cendres des rois sont rangées contre les murs. — Dernière chapelle, en descendant, (de Santa Eulalia) : châsse du xi® s. en argent doré. Le cloître (entrée voisine de la porte de la Câmara Santa), de petites dimensions, mais d'une riche architecture de style gothique (sculptures variées des chapiteaux), date de la première moitié du xiv" s. ; il contient des tombeaux des xii% xiii* et xiv» s. — La salle capitulaire, du xiii« s., a des stalles du xvi* s. — L'archive renferme des pièces intéressantes (actes de donation* d'Alphonse le Chaste ; manuscrits précieux).
A l'angle S.-O. de la place de la Cathédrale, Tantique église de San Tirso a été en très grande partie modernisée (à Tint., Adoration des Mages, assez bonne peinture).
A quelques pas au N.-E. de la cathédrale se trouvent deux églises : celle du couvent de San Vicente, bâtie au xvi* s. (cloître intéressant), et celle de San Pelayo, attenant au cloître des Bénédictines.
La fabrique d'armes, à l'extrémité N.-E. de la ville près de la route de Santander, occupe l'ancien couvent de la Vega et l'église romane de Santa Maria de la Vega.
En revenant de là, on peut visiter, au N.-O. de la plaza Mayor, VUniversité, de la fin du xvi® s. (entrée, calle San Francisco); elle contient quelques peintures de Bibera, Zurbaran, Giordano, etc.
[1° Naranco (1 h. N. d'Oviedo; chemin assez mauvais), à 1,233 m., sur la colline de la Cuesta de Naranco, possède une église Santa Maria de Naranco qui date, dit-on, de 850, mais paraît avoir été terminée au xii« s. ; un peu ,
Elus haut, l'église de San Miguel de Lino, du ix« s. (portail avec sculptures j arbares imitant des ivoires byzantins; p. lxiv). i
2'>Trubia (^, 2 lignes : 13 k., par la ligne du Norte; 18 k. par le ch. de fer vasco-asturien), ville de 4,295 hab., avec une fonderie de canons et une fabrique d'armes de guerre. — La ligne vasco-asturienne passe par (11 k.) J^uso de la Reina d'où un embr. desservant le district minier va à (16 k.) \ Ablana, à (19 k.) Mieres et à (24 k.) Ujo (p. 202). — De Trubia, la ligne se ; prolonge jusqu'à (39 k.) San Esteban de Pravia, port de mer.
3° Covadonga (^^68k. en 2 h. 20 jusqu'à Arriondas, ligne de Santander, p. 150; 6 p. 80, 4 p. 80, 3 p. 65; ^^ à vap., d'Arriondas à Covadonga, en 1 h., 2 p. 35, 1 p. 20). — 9 k. Gangas de Unis (aub. de Avelino Cuesta), l'antique résidence des premiers rois des Asturies, n'offre de remarquable que; son vieux pont, mais une excursion dans la pittoresque gorge du Sella (5 àJ 6 h., aller et ret.; bonne route) est très recommandée.
17 k. Covadonga (aub. ou Hospederia, modeste) est situé sur un promon-î toire rocheux dans une petite vallée entourée par les hautes montagnes d'Enol, dont le calcaire dénudé contraste avec la verdure du fond de la vallée. — On peut rester un jour à Covadonga: les promenades le long du torrent, la visite de la grotte où est enterré le roi Pelage, fondateur du royaume des Asturies, celle de la basilique (vue de la galerie extérieure), occuperont la matinée; l'après-midi on ira (6 h. aller et ret. à pied ou à âne) au lac Enol (vue intéressante sur les montagnes asturiennes).
C est à de pieux souvenirs, perpétués d'âge en âge, que Covadonga doit cette sorte d'auréole mystique qui entoure son nom et qu'il doit d'être devenu i un pèlerinage si fréquenté. — Au pied du pic qui domine vers l'O. la petite vallée, dans les flancs d'un rocher s'ouvre (un bel escalier en marbre y' accède) la célèbre Cueva, la grotte où Pelage s'était réfugié avec 300 de ses guerriers et où il soutint un sièo^e contre les bandes sarrasines. Elle renferme le sarcophage de Pelage (f 737), de sa femme Gaudiosa et de sa sœur Hermesinda. — A côté, la petite chapelle de Santa Maria renferme l'autel de N. S. de Covadonga et le tombeau du roi Alphonse I" (f 757). — L'ancienne abbaye, avec la petite église collégiale, date du xvi« s. (dans le cloître, deux tom-
Il COVADONGA. — GIJÔN. ||
[R. 20] — toi
beaux do l'époque romane). Auprès est la nouvelle épli^c, bâtie en style roman de 1877 à 1901. — Au-dessous, la Deva tombe en formant une belle cascade. De Covadonga on peut revenir à Cangas par Biera et Soto, et visiter, à Abamia l'antique église Santa Eulalia, renfermant les curieuses sépultures qui seraient, dit-on, celles de Pelage et de son épouse; l'église a été