‹ Espagne et PortugalChapitre 97 sur 196 · R. 24] Il MADRID. Il · texte numérisé non relu

R. 24] Il MADRID. Il

L'Ermitade San Antonio de la Florîda {V. plan d'ensemble), chapelle où a lieu un pèlerinage le jour de la fête du saint (13 juin), a été construite à la lin du xviii* s.

Autour de la coupole, * fresques (meilleure lumière l'après-midi), par Goya,

représentant St Antoine prêchant et des miracles de St Antoine (1798). « Ne cherchez pas dans cette œuvre, dit Emilio Castelar, un atome de sentiment religieux ; le peintre encyclopédiste et libéral est né dans un siècle de révolution, de combat contre les vieilles institutions et les vieilles croyances. Obligé de peindre des scènes religieuses dont le sentiment lui manquait, il choisit les femmes les plus belles et les pluâ perdues de son temps, les peignit avec sa large facilité et en fit les anges du ciel. Mais à part cette grosse profanation, quelle vie, quelle vérité, quelle couleur, quelle animation, quel mouvement! »

La ealle Mayor se détache à l'angle S.-O. de la Puerta del Sol. ; On y trouve bientôt, à g., deux courtes rues, avec une arcade à leur extrémité, donnant accès à la plaza de la Gonstituciôn {V. ci-dessous). Plus loin, à g., est la plaza de la Villa, avec la statue de V amiral Alvaro de Bazân (1526-1588), premier marquis de Santa Gruz, par Benlliure (1891), et YAyuntamientOy construit au xvii" s., sauf les façades, qui datent du commenc. du xvui® s. (on peut visiter l'intérieur, pourb.); en face de l'Ayuntamiento, à l'E., la tour de los Lujanes (l'Académie des sciences morales et politiques y est ■. installée), restaurée de nos jours, fut la prison de François P' l après sa défaite à Pavie (2 février 1525) jusqu'en janvier 1526, • époque à laquelle il fut transféré à l'Alcazar.

Plus loin, à g., on voit un monument de mauvais goût aux victimes . de l'attentat de 1906 contre le roi et la reine d'Espagne le jour de i leur mariage, et le palacio de los Consejos (Conseil d'Etat) construit sous Philippe III.

Par la partie S. de la calle de Bailen, qui franchit le vallon de la calle de Segovia sur un viaduc (1873) long de 130 m. et haut de 23 m., on peut se rendre à l'église de San Francisco el Grande! (p. 246).

La plaza de la Gonstituciôn ou plaza Mayor (à g. de la: calle Mayor) forme un rectangle long de 122 m. et large de 94. Ses maisons à portiques ont été construites sur un plan uniforme par; Juan Gomez de Mora, d'après l'ordre de Philippe III. De grandes* arcades voûtées communiquent avec les principales rues voisines. Cette place, qui changea de nom suivant les changements de régime, » servi de théâtre aux autodafés, aux pièces religieuses de Lope (Je Vega, aux exécutions criminelles ou politiques, aux manifestations populaires et aux fêtes publiques, tournois ou corridas, que les rois présidaient du balcon de la Panaderia (V, ci-dessous). Un square elliptique occupe la plus grande partie de la place. Au centre s'élève la belle * statue équestre de Philippe III, commencée d'après un tableau de Pantoja de la Gruz par Jean de Bologne et achevée par Pietro Tacca (1613).

Sur le côté N. de la place, la Panaderia est un vaste bâtiment commencé en 1590 et dont le rez-de-chaussée devait servir de boulangerie. Il ne reste de l'œuvre primitive que le portique, au-dessus

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duquel s'élèvent trois étages couverts d'ornements churrigueresques avec deux tours en pyramides.

Au S.-E. de la plaza Mayor une arcade voûtée donne accès à la plaza de Provincia, ou de Santa Cruz, d'où se détache la calle de Atocha (p. 239), et où s'élève un édifice construit en 1634 par l'Italien Grescenti et restauré de nos jours; il est occupé aùj. par le Ministère d'Etat {Affaires étrangères). Dans la cour de dr. est la statue de Christophe Colomb, dans celle de g. la statue de Sébastien Elcano, le premier navigateur qui fit le tour du monde.

Au S. de la plaza Mayor se détache la calle de Toledo, rue mouvementée et pittoresque, traversant le vieux Madrid. On y voit à g. l'église San Isidro el* Real.

San Isidro el Real, ancienne collégiale, auj. cathédrale en attendant l'achèvement de la nouvelle, a été construite par les jésuites dans la première moitié du xvii* s. La façade est décorée de colonnes corinthiennes.

Intérieur. — Capilla Mayor : retable avec la statue de San Isidro Labrador, patron de Madrid, par Pascual de Mena, les statues de la Foi et de r Humilité, par Pereira, et une peinture [la Trinité) par Raphaël Mengs; au-dessus de l'autel, restes du saint et de sa femme Santa Maria de la Cabeza. — Dans une chapelle latérale, à g., statuette de iV. S. de la Soledad, par Becerra. — Dans la sacristie, le Christ et St Pierre, par Morales.

La calle de Toledo aboutit à \a, puerta de Toledo {porte de Tolède), commencée en 1813 pour fêter le retour de Ferdinand VII après sa captivité à Valençay et inaugurée en 1827.

En face de la puerta de Toledo, le paseo de los Ochos Hilos aboutit au pont de Tolède (9 arches), construit en 1732 sur le Manzanares.

Au delà du pont s'étend, sur la rive dr. du Manzanares, le faubourg des Mataderos, où se trouvent les cimetières et, près de la rivière, entre le pont de Tolède et le pont de Ségovie, la Pradera de San Isidro, où ont lieu tous les ans, le dernier jour du carnaval (mercredi des cendres), la cérémonie burlesque dite « l'Enterrement de la sardine » et, au mois de mai, la célèbre fête populaire du saint protecteur de Madrid et où l'on vient non seulement de Madrid mais de toute l'Espagne.

Les cimetières, ou tout au moins le plus aristocratique d'entre eux, le cimetière de San Isidro, méritent une visite, à cause de leurs vastes colum^ barivms et de certains « panthéons » ornés de beaux morceaux de sculpture. On remarquera à ce propos combien ces nécropoles sont délaissées du public maarilène.

A rO. de la calle de Toledo se trouve Véglise San Andrés du xvH* s., qui fut pendant longtemps dépositaire du corps de San Isidro.

A g. de l'église (au S.) se trouve la grande chapelle construite au xvii» s., en l'honneur du saint laboureur et qui reçut son corps; elle se compose de deux parties, décorées de marbres : dans la première, carrée, on remarque quatre tableaux (J/iracZe* de San Isidro) par Bicci et Carreno\ dans la seconde, octogonale, avec coupole, est l'autel, surchargé d'ornements et de statues et surmonté d'un baldaquin.

Sur la petite place au N. de l'église (Gostanilla de San Andrés, 9), la capilla del Obispo, datant du règne des Rois Catholiques

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(1520), a été reslaurée de nos jours. Les deux battants de la porle d'entrée sont garnis de bas-reliefs très bien conservés.

A l'intérieur, du style gothique, grand retable orné de bas-reliefs (Vie de Jésus) sculptés par Fr, Giralte, qui a exécuté également le riche tombeau mural, de style plateresque, do Tévêquc de Plasencia, Gutierrez de Vargas, et ceux de ses parents Francisco do Vargas et Inès de Carvàjal (p. lxxxiii).

De la place de San Andrés on peut gagner au N. la calle de Segovia, qui passe sous le viaduc et aboutit au pont de Ségovie (9 arches) long de 200 m. et large de 7 m., construit en pierre de taille, sous Philippe II, par Juan de Herrera, architecte de l'Escorial.

De la puerta de Moros, la carrera de San Francisco conduit à Téglise de San Francisco el Grande.

L'église San Francisco el Grande, vaste édifice de forme circulaire, a été construite de 1761 à 1784 par l'architecte Sabatini^ sur remplacement d'une ancienne chapelle (ermita). Erigée en Panthéon National par un décret des Cortès en 1837 confirmé en 1869, elle a été magnifiquement restaurée et officiellement inaugurée en 1889. L'aspect extérieur rappelle celui du Panthéon d'Agrippa à Home. — Sous le portique, orné de marbres et de mosaïques, s'ouvrent 7 portes sculptées par Ant. Varela,

Intérieur. — Ouvert de 8 h. à midi et de 3 h. à 5 h. ; les jours de pluie on ne visite pas la sacristie, la salie capitulaire et le cloître. A lintérieur, de style dorique avec chapiteaux corinthiens, on remarque : — sur de magnifiques piédestaux, les statues dos 12 Apôtres par i/anano BenlUure, Bellver, Siinol, etc. ; — les fresques et peintures do la voûte et des chapelles par Plasencia, Ferrant ot autres peintres espagnols contemporains; dans la p» chap. à g., au-dessus de 1 autel, St François prêchant, par Goya; — la sacristie, avec de belles peintures de Contreras et d'Amerigo; — la salle capitulaire, avec des stalles richement sculptées provenant d'El Paular, près de la Grauja (p. 191).

Cloître, avec de nombreuses toiles représentant en grande partie des épisodes de la vie de St François d'Assise, et œuvres de peintres du xviii« s., du commencement du xix® s., ainsi que de maîtres contemporains [Pradilla, Plasencia Amerigo, Contreras, etc.).

Dans les quartiers qui s'étendent à l'E. de la calle de Toledo nous mentionnerons : — la plaza del Bastro, où se tient, les jeudis et dimanches matins, un curieux marché de friperies et de vieilleries de tous genres; — la plaza del Progreso, avec la statue de Juan Alvarez de Mendizahal, homme d'Etat (1790-1853), par José Grajea,

Palais T^yaly Armeria, Écuries royales.

Le ♦Palais Royal {Palacio Real, difficilement visible, même en l'absence de la famille royale; il faut une permission spéciale de r\iitendance générale; il en est de même pour les jardins; l'accès à la cour et à la chapelle est toujours permis) est situé dans la | partie la plus occidentale de la ville, sur la hauteur qu'occupait VA Icazar.

Le château ou Alcazar, qui servait de demeure aux rois de Castille et de défense à la ville, fut réduit en cendres, sous Philippe V, en 1734. Le roi fit 5

il PALAIS ROYAL. |( [K. 24] — 2'f7

venir de Turin larchilccto Filippo Juvara (f 1735), qui mourut bientôt, puis J.-B. Sacchetti. Les constructions commencèrent en 1737, et le palais lut inauguré par Charles III, en 1764; il coûta, dit-on, près de 80 millions.

Cet édifice forme un carré de 132 m. de côté; ses quatre façades à colonnes et pilastres corinthiens couronnés d'une balustrade, diffèrent beaucoup par l'élévation : celles du S. et de TE. n'ont guère plus de 28 m. de hauteur, tandis que les deux autres en ont presque le double avec les substructions qui rachètent la déclivité du sol. La façade S., la principale, est précédée d'une vaste cour ou place d'Armes (plaza de Armas)^ bordée d'arcades à l'E. et à l'O. (à l'angle S.-O., près de la grille, entrée de l'Armeria, V. ci-dessous) et limitée au S. par une belle grille s'ouvrant sur l'esplanade de la plaza de la Armeria. Trois grandes arcades voûtées, percées dans l'aile de l'E., font communiquer la place d'Armes avec la plaza de Oriente. — C'est là que se fait t. L j. vers 11 h. la parade de la garde montante et de la garde descendante; ce spectacle, bien qu'un peu long, est curieux. Les hallebardiers entrent au palais vers 10 h. 15.

La porte centrale de la façade E. donne accès à la cour carrée, dallée en granit, entourée d'un portique que surmontent deux galeries, l'une vitrée, au l" étage, l'autre découverte, au 2® étage. Sous les arcades du portique, statues colossales des empereurs romains nés en Espagne, Trajan, Adrien^ Théodose et Honorius. Dans une niche, en face de l'escalier, statue de Charles III on empereur romain.

Le grand escalier est une des plus belles parties du palais; les marches, d'une seule pièce, sont de marbre noir et blanc. A partir du l*"" palier, orné de deux lions de marbre blanc, il se divise en deux branches parallèles qui conduisent à la salle dos gardes. La cage de l'escalier est décorée de 1-2 colonnes d'ordre composite avec chapiteaux, formés de castels, de lions et de colliers de la Toison d'or. Sur la voûte, Conrad Giacinto a peint à fresque la Monarchie espagnole rendant hommage à la Religion.

Au !•' étage, série do riches salons dont le plus grand et le plus beau est le salon de Embajadores ou salle du Trône. A la voûte, peinte par Tiepolo et représentant la Gloire de VEspagne (p. xciv), sont suspendus deux magnifiques lustres en cristal de roche. Les murs sont couverts de velours cramoisi à bordures d'or et de 12 grandes glaces, devant lesquelles, sur des tables de marbre, sont entassés des bustes, des pendules et d autres objets d'art d'un grand prix. A dr. du trône, gardé par quatre lions de bronze doré, on voit la statue de la Prudence^ et, à g., celle de la Justice.

La chapelle, située dans l'aile N. et surmontée d'un dôme, qui s'élève au-dessus du palais, a la forme d'une ellipse. A l'une des extrémités se trouve le maître-autel, et, à l'autre, la tribune royale. A la voûte du dôme Conrad Giacinto a représenté la Sainte-Trinité, la V. et plusieurs groupes de saints, originaires d'Espagne. — Au maître-autel, Annonciation^ par Raphaël Afengs. — En face de la sacristie, riche trésor (Relicario de la Real Capilla) installé dans deux salles. Parmi les objets les plus remarquables nous signalerons un reliquaire (n° 57) provenant, dit-on, du trésor royal de France et donné par François I"" à Charles-Quint; un reliquaire (n® 59) avec groupes sculptés par Rerruguete; un coffret (n° 119) renfermant les ossements du roi Ferdinand (f 1252), canonisé en 1671.

La Bibliothèque royale occupe 10 salles de l'angle N.-E. du palais et possède env. 100,000 vol. et 3,000 manuscrits. — Les Archives de la Maison ROYALE {Archivio de lareal Casa) occupent une trentaine de pièces, où sont classés plus de 10,000 liasses do documents (ceux administratifs à partir de 1479; ceux juridiques à partir de 1558; quelques pièces relatives au monastère. de l'Èscorial datent du xi« s.) et env. î,000 vol. — La Pharmacie

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