‹ Espagne (volume 2)Chapitre 19 sur 70 · I.A CUARGE 1)*UADJEB. SA MURT. — IL · texte numérisé non relu

I.A CUARGE 1)*UADJEB. SA MURT. — IL

A l'UUIl SUCCESSEUR SOIT PRBRE ADO-ELr.ABMÀIT. ^ DÉCADENCE DES ARABES. ~ MOUAMMED ALMABAOI FAIT PASSER HES- CHAM POUR MORT ET S^EMPARt DE LA SOU- \ERAINETR. MOHAMMED ^ SOLEÏmAN ,

Af.l-BEN-BAMOUD, ABD EL-RAHMAN , HYA* HIA, ALKASBM, ABD-EL-RAUMAN V, MO- HAMMED*, UESCBAM Kl, LE DERNIER DES O.UMIADES, SB DISPUTENT LA SOUVERAI- NETE. — L*EMPIRR DES ARABES EN ES- PAGNE SE DIVISE EN UNE FOULE DS PETITS ÉTATS INDÉPENDANTS l’uN DK l’aDTRE.

L’administration d’Almanzorfut une époque de gloire pour l’islamisme ; mais ce fut le dernier terme de sa prospérité en Kspagne. On peut la comparer à ces éclairs que Jette une lumière au moment de s’éteindre. A partir de la mort d’Almanz.or, les affaires des musulmans dans la Péninsule ne firent plus que décliner. Les discordes intestines qui de tout temps avaient miné leur puissance, comprimées pendant quelques années par la main victorieuse de Mohammed- ben - Abi -Ahmer, ne tardèrent pas à éclater avec plus de fureur. Cependant quelques jours de victoire étaient encore réservés au califat d’Occident. Abd-el-Meleck, fils et successeur d’Almanzor, avait hérité d’une partie des qualités de ce grand homme. Il commença par faire comme son père, chaque année, une incursion fur le territoire chrétien. Plusieurs de res courses furent encore heureuses.

Des discordes qui déchiraient la Castille rendaient ces succès faciles. L’histoire ne nous fait pas connaître la cause des querelles qui avaient éclaté entre don Garcia , comte de Castille, et don Sancho, son fils; mais elle nous apprend qu’ils avaient pris les armes l’un contre l’autre, et pendant que toutes les forces de cet État se consumaient ainsi dans des dissensions civiles, les Maures ravageaient impu-

nément le pays. Le comte don Garcia, pour mettre un terme à ces attaques, marcha au-devant des ennemis. Il les rencontra près de Berlanga. Il n’avait que peu de troupes , aussi fut-il accablé par le nombre : il tomba entre les mains des Maures couvert de blessures , dont il mourut deux jours après la bataille. Son cadavre, enterré d’abord sur la terre musulmane, fut racheté par don Saiicho , et déposé dans l’église de Saint-Pierre de Cardena (*). Don Garcia laissa son fils don Sanclio pour héritier. Il avait aussi une fille nommée Urraca , qui se consacra au service de Dieu. <

Dès que don Sancho fut maître du comté de Castille, il s’empressa de prendre les armes pour venger la mort de son père. Il fit avec succès plusieurs campagnes contre les Arabes. Au commencement de l’année 1008, il remporta de grands avantages sur l’année d’Abd-el-Meleck, et ce général s’étant retiré à Cordoue y fut bientôt atteint d’une maladie dont il mourut au mois d’octobre suivant. Son frère Abd-el- Rahman, second fils d’Almanzor, lui fut donné pour successeur. On espérait qu’il aurait la fortune et le caractère de son père , parce qu’il lui ressemblait par la taille, par la tournure et par le visage. Mais il était léger, adonné aux plaisirs et peu propre à gouverner; il était surtout ambitieux, et ses projets ne tardèrent pas à se révéler. Il s’appliqua tellement à capter l'amitié d'Hescham , que celui-ci , qui n’avait pas d’enfants, le fit reconnaître pour son siicces.seur, écart.iiit ainsi plusieurs de ses prociies parents. Abd-el-Rahman donna aussitôt In mesure de sa présomption en prenant le surnom qu’avait porté le glorieux Abd-el Rahman III, celui de A7-jVassr-Leddin-Allah , défenseur de la loi de Dieu. Un des parents d’Hescham ressentit plus vivement que les autres l’injure que leur faisait ce choix. C’était un jeune homme du nom de Mohainmc(J. Ainsi que le calife lui-méme, il

(*) Et non pas de Ccrdagiie, (xnnme dit le traducteur de Ferreras.

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était petit-fils d’Abd-el-Rabraan III. Il sortit de Cordoue pour aller parcourir les villes qui se trouvaient sur la frontière de Castille. Il eut peu de peine à déterminer les gouverneurs de ce pays à se révolter contre Abd-el- Rnhman. Celui-ci n’eut pas plutôt connaissance de ce soulèvement, qu’il se mit à la tête de la garde du calife, et partit en toute hâte pour aller étouffer ta sédition. De son côté. Mohammed, averti de la marche d’Abd-el-Rahman , le laissa courir vers les frontières de la Castille, et ayant pris des chemins détournés, il arriva en toute bâte à Cordoue. Il y pénétra sans que la ville fît la moindre résistance , et il s’empara de l’Alcazar (*) , ainsi que de la personne du roi. Alors il fit publier une proclamation par laquelle Hesebam le nommait hadjeb à la place d’Abd-el- Rahman, qui était destitué. Celui-ci, en apprenant ce qui se passait a Cordoue, revint en toute hâte sur ses pas. Mohammed et ses partisans ne lui disputèrent pas l’entrée de la ville : ils l’attendirent sur la place qui était devant les portes de l’Alcazar, et c’est en cet endroit que se livra la bataille. Les habitants, pleins de haine contre les troupes africaines qu’Abd-el-Rahman commandait , et révoltés par l’ambition qu’il avait montrée, prirent parti contre lui , en sorte que la victoire futfavorableà son rival. La garde africaine fut forcée de se retirer en désordre. Abd-el-Rahman , quoique blessé , combattit avec courage jusqu’à ce que son cheval, percé de plusieurs coups de lance, se fdt abattu. Alors on le prit et on leconduisit devant le nouveau hadjeb, qui le fit aussitôt clouer à un pieu. IVIohammed, seul maître du pouvoir, s’empressa de donner toutes les charges de l’État à ceux qui s’(v taient montrés favorables à sa cause, n leur confia la garde des villes les plus importantes. C’est ainsi qu’il nomma Obeid-Allab, son fils , gouverneur de Tolède. Bientôt le titre d’badjeb ne lui suffit plus : il ne se contenta pas d’avoir toute l’autorité du souverain, il

f *) Le palais.

voulut aussi en avoir le nom. Il songeait donc à faire mourir Hescham; mais il fut détourné de ce projet par un brave militaire nommé Wadhah , qui avait reçu le surnom de El-Ahmer (*) à cause de l'attachement qu’il avait toujours témoigné à Alraanzor- Ben-Aby-Ahmer , son général. Il représenta à Mohammed qu'il n’était pas nécessaire de verser le sang d'flescliam ; qu’il suffirait d'enfermer ce prince dans une prison bien secrète, et de supposer sa mort. On commença donc par publier de tous les côtes qu'Hcscham était grièvement malade ; puis au bout de quelques jours on mit dans son lit le corps d’un chrétien qui lui ressemblait beaucoup, et qu’on avait étouffé. On e.vposa publiquement ce cadavre , puis on l’enterra en grande pompe, et Mohammed, le petit-fils d’Abd-el-Rahman III, fut proclamé calife, et prit le surnom AcMahadl (**) Bl'Uah , le pacificateur à l’aide de Dieu.

La haine vivace, qui dès les premiers jours de la conquête animait les Arabes asiatiques contre les Africains, ne s’était pas calmée. La garde du calife, composée en grande partie de Berbères , était surtout odieuse au peuple de Cordoue; et, soit que Al- Mabadi vouldt satisfaire cette haine, soit qu’il eût lui-même conservé du ressentiment contre les cavaliers berbères c(ui s’étaient montrés peu favorables a son élévation, il leur donna l’ordre de sortir sans délai de la ville. Les Berbères et leurs chefs prirent la résolution de désobéir et de renverser l’usurpateur qu’ils regardaient comme le meurtrier d’Uescham. Ils allèrent donc attaquer l’Alcazar. Al-Mahadi fit une sortie, à la tête de ses troupes andalouses. Après une vive résistance, les cavaliers africains, contre lesquels tous les habitants de la ville s’étaient soulevés, furent chassés de la ville. Ce ne fut pas, il est vrai , sans avoir fait un grand carnage de leurs adversaires ;

(*) Les auteurs espagnols l’appellent Alamir.

(**) Mariana le nomme Al AIahadio.il fut proclamé le 25 de la seconde lune de sjumada 399 (24 février 1009).

mais dans le combat leur chef, Heschara-ben-Soleïman , étant tombé de cheval, fut pris et conduit devant Al- Mahadi qui le fil décapiter. Comme les Berbères, chassés de la ville, occupaient encore le faubourg, il leur fit jeter du haut des murailles la tête de leur ancien chef. Il espérait que cet acte de rigueur les intimiderait et les ferait rentrer dans le devoir. Il en fut tout différemment. Cette sévérité ne Ht que les animer davantage. Ils résolurent de se venger, et, pour remplacer leur chef, ils firent choix de son neveu, nommé Soleîman, qui, bien que de la race des Ommiades, n’en fit pas moins, à partir de ce moment, cause commune avec les Africains. Ne se trouvant pas assez fort pour faire le siège de Cordoue, il ravagea pendant une vingtaine de jours les environs de la ville ; puis il se dirigea vers les frontières de la Castille, où il fit alliance avec le comte don Sancho. Les troupes réunies de Soleîman et du comte de Castille s’avancèrent vers Cordoue.

Al-Mahadi, de son côté, rassembla une armée, marcha au-devant d’eux et les rencontra près de Gebal-Quintos. La valeur des chrétiens fit pencher la victoire du côté qu’ils favorisaient. En quelques heures, vingt mille des partisans d’Ai-Mahadi furent tués, et le calife, fuyant avec les débris de son armée, se retira dans les environs de Tolède, dont son fils était gouverneur.

Soleîman se porta aussitôt vers Cordoue. Mais, bien que cette ville ne se défendît pas, il craignit d’abord d’y pénétrer, tant il redoutait la haine violente des habitants contre les Berbères, et les passions fanatiques soulevées contre lui par son alliance avec les chrétiens. Il se borna d’abord à occuper les environs de la ville. Il s’établit a Zahra. Ce ne fut qu’un mois plus tard, le 15 de rabiah-el-akher de l’année 400 (le mardi 6 décembre 1009), qu’il entra dans Cordoue et qu’il se lit proclamer calife, ajoutant à son titre le surnom de El-Mostaîn-Bi’llah , le protégé de Dieu.

Dès les premiers instants de l’élévation de Soleîman, Wadah-el-Ahmer

révéla au nouveau calife l’existence d’Hescham II, et lui donna le conseil de le délivrer et de lui rendre le pouvoir; mais Soleîman lui répondit que ce n’était pas le temps de se remettre en de si faibles mains. El-Mostaîn eût bien voulu conserver auprès de lui les chrétiens, mais il craignait que leur présence ne blessôt les idées religieuses des populations arabes et même celles de ses propres soldats. Il renvoya donc le comte de Castille , après lui avoir payé le prix convenu. Pendant ce temps Al-Mahadi, retiré dans les environs de Tolède, s’efforçait à son tour de gagner à sa cause un des princes chrétiens de l’Espagne orientale. Il fit alliance avec En Ramon-Borell, comte de Barcelone. Avec les secours que lui fournit ce prince, il s’avança pour attaquer son ennemi. Soleîmanel-Mostaïn s’efforça de rassembler une armée pour lui résister, mais les Arabes lui refusèrent leur concours.

Les tribus berbères, établies en Andalousie , embrassèrent au contraire son parti avec ardeur; mais elles étaient peu nombreuses , et leur dévouement ne pouvait suffire à balancer les forces d’Al-Mahadi, qui réunissait, dit-on, neuf mille ehretiens et trente-quatre nulle Arabes. Soleîman fut donc battu à la première rencontre et forcé de se retirer en désordre. Dans sa fuite , il n’osa entrer dans Cordoue; car la haine menaçante des habitants de cette ville l’effrayait. Il se retira à Zahra; puis, ne se trouvant 'pas encore en sûreté dans cet endroit, il en fit enlever tous les trésors , et abandonna la ville au pillage de ses Berbères. C’est ainsi que commença la destruction de cette cité qui était à peine achevée, et dont aujourd’hui il ne reste plus de vestiges.

Mohammed-el-Mahadi arriva bientôt à Cordoue. Il y fut accueilli comme un libérateur par’ toute la population arabe. On lui donna le surnom de Al- Dhaffer, le vainqueur, surnom qu’il ne mérita pas longtemps. Car dès qu’il eut mis ordre aux affaires les plus importantes, il s’attacha à la poursuite de Soleîman. Celui-ci s’était retiré avec ses Berbères vers la contrée la plusmé-

L’UNIVERS

ridionale de l'Andalousie, dans les environs d’Algeziras. Il l’atteignit sur les bords du Guadioro. Les Berbères, qui se trouvaient repoussés jusqu’à l’extrémité de l’Espagne , n’avaient plus de retraite possible. Il leur fallait vaincre ou bien tendre le cou au vainqueur. Au reste, leurs chevaux, rafraîdiis par plusieurs jours de repos, avaient toute leur force et toute leur agilité.Ceuxdessoldatsd’AI-Mabadi.au contraire, et de scs auxiliaires, étaient épuisés par une marche pénible et précipitée. Ils ne purent résistera l’impétuosité de l’attaque de Soleïman. Les cavaliers chrétiens, qui portaient une lourde armure , et dont les coursiers étaient bardés de fer, eurent surtout à souffrir. Armengol , comte d’Urgei, Arnolphe, évêque de Vique, Ætius, évêque de Barcelone, et Othon, évêque de Girone, restèrent au nombre des morts. L’inscription gravée dans le monastère de Saint-Cucuphat, stir le tombeau d'Othon, qui était abbé de ce couvent , fixe d’une manière certaine au septembre 1010 la date de cette bataille (*).

Après cette défaite, Mohammed-el- Slahadi se retira à Cordoue , et le peuple ne manqua pas d’attribuer l’échec qu’il avait éprouvé sur les bords du Guadiaro à son alliance avec les chrétiens. C’est contre ceux-ci surtout que la colère du peuple était excitée, et le calife, dans la crainte de quelque soulèvement, fut obligé de congédier ses auxiliaires. Ceperient Soleïman était venu s’établir dans les environs de Cordoue. 11 dévastait la campagne, interceptait toutes les communication.s. I.a famine et la peste ne tardèrent pas à désoler la ville de Cordoue.

Al-Mahadi ne savait quel parti prendre, ni à qui recourir. Les souffrances et la misère du peuple étaient portées à l’excès. Suivant 1 usage , c’était au calife lui-même qu’on s’en prenait de tous ces niaux. Dans ces circonstances, ■yVadah , qui était hadjeb, pensa qu’il

(•) Voici celte épil.vphc ;

Eranl onni -mille decem po«l Christi priesepia QutDÜo dédit isti necem prima lux leptetnbria.

pourrait sortir de cette position désespérée en rendant le pouvoir à l’ancien souverain. Il tira donc Hescham de sa prison, et le présenta au peuple le septième jour de la dernière lune de l’année q02 (.30 juin 1012). Ce fut avec les démonstrations de la plus vive allégresse que le peuple accueillit son ancien souverain. .Mohammed-al-Mahadi, effrayé par ces transports dejoie, se cacha dans une des pièces les plus reculées de l’Aleazar. Mais après trois jours, le 3 juillet (*), il fut trouvé dans sa retraite, et fut amené devant Hescham, qui le fit décapiter.

Après que sa tête eilt été promenée au bout d’une lance dans les rues de Cordoue , Hescham ordonna qu’elle fût portée à Soleïman. Il espérait que cet exemple l’intimiderait, et l’cngagerait<à rentrer dans l’obéissance. Elle eut un effet tout contraire. Le chef des Africains, après avoir fait laver et embaumer cette tête, l’envoya à Obeïd- Allah, gouverneur de Tolède, fils d’Al Mahadi, en lui promettant de l'aider à venger la mort de son père. Obe’id- Allah rassembla aussitôt des troupes, et se mi t en marche pour venir joindre son armée à celle de Soleïman. AVadah, prévenu de cette démarche, sortit de Cordoue à la tête d’un corps de cavalerie légère , et courut demander l’alliance de don Saneho, comte de Castille. Celui-ci répondit qu’il était en marché avec Soleïman pour le même objet ; que le chef des Africains lui offrait six forteresses sur la frontière; mais que si Hescham voulait lui en assurer autant, il préférerait se mettre de son côté. Ce traité fut conclu, et AVadah marcha aussitôt vers Tolède , qu'Obeïd - Allah avait laissé dégarnie de troupes. Il s'en empara

(*) L’ancien Art de vérifier les dates avait adopté celte date de l’année 401. Coudé ayant par erreur adopté celle de 400 , les nouveaux éditeurs de l’Art de vérifier les dates ont adopte aussi la date de 400 , qui est cependant évidemment cn'onée. 400 répond k l'année 1010, et l'épitaphe de l’évêque Othon nous apprend qu'au mois de septembre 1010, Al-Mahadi livrait la bataille de Guadi-

KSPAG^E.

facilement à l’aide des intelligences qu’il avait dans la ville. Il en remit le commandement à Isniaïl Dzi-el- Koiin, qui fut la souche des rois de Tolède. Dès qu’Obeïd-Allah fut instruit de la prise de celte ville, il s’empressa de retourner sur ses pas pour venir chercher les ennemis. Il rencontra bientôt les troupes de Wadah et deSancho. Il leur livra bataille. Mais il fut vaincu et fait prisonnier. On l’envoya sous bonne escorte à Cordoue , et le calife le fit décapiter. Ensuite, on remercia le comte Sancho, on lui livra les villes qui lui avaient été promises, et l’armée victorieuse de ^Yadah s’en revint à Cordoue. A son approche, .Soleïnian abandonna les environs de cette ville. 11 les avait d’ailleurs tellement dévastés que ses troupes ellesmêmes ne pouvaient plus y vivre. Poursuivi par l’armée de AVadah, il traversa la chaîne de montagnes qui sé- |iare le bassin du Guadalquivir de celui de la Guadiana, et, remontant ce dernier fleuve, il s’empara de Calatrava. 11 se mit aussi en rapport avec les gouverneurs des principales villes de l’Espagne orientale, et notamment avec El - Mundir, le gouverneur de Saragosse, et parvint à l'attirer dans son parti, en lui promettant que, s’il l’aidait à s’emparer de Cordoue, il lui laisserait la souveraineté entière du pays qu’il gouvernait; puis, avec les forces que Mundir lui amena, il vint de nouveau dévaster les environs de Cordoue. Il interceptait toutes les communications, en sorte, qu'une horrible famine ne tarda pas à désoler celte capitale Hcschani , ne sachant à qui s’adresser , écrivit deux lettres, l’une à Aly-ben-IIammoud , gouverneur de Ceuta, et de la famille des Édrisites, qui régnait alors dans cette partie de l’Afrique; l’autre au frère de celui-ci, nommé Al-Casemben- Hammoud, gouverneur d’Algeziras, pour réclamer leur secours. Il leur promettait que, s’ils parvenaient à le debarrasser de ses ennemis , il ferait reconnaître Aly-ben-Ilammoud pour son successeur. Le hadjeb AVadah , pensant que l’intervention de nouvelles

troupes africaines ne pouvait qu’augmenter les embarras dans lesquels on était plongé , s’abstint d’envoyer ces lettres. Cependant la famine et les maux devenaient chaque jour plus pressants. On attribua au hadjeb tous les désastres dont on était accablé. On l’accusa de correspondre avec Soleiman. Ces cris du peuple arrivèrent aux oreilles du soupçonneux Heschara, qui fit saisir les papiers de son ministre. On trouva chez lui les lettres adressées à Casem et à Aly-ben-Hammoud.

Le calife se crut trahi, et, sans se souvenir que c’était par le conseil de A’adah qu’AI-Mahadi ne l’avait pas mis à mort , que c’était à AA adah qu’il devait d’étre remonté sur le trône, il le fit décapiter, justifiant par sa cruauté ce proverbe vrai chez les Arabes comme chez les Espagnols , et comme chez nous : a bueii xervicio, mal galardon, à bon service mauvaise récompense.

Ilescham nomma ensuite pour hadjeb, à la place de AA^adah, un officier du nom de Ilayran. C’était un hou choix, et capable de rétablir sa fortune si elle n eût | as été entièrement perdue. Mais tous les efforts du nouveau hadjeb ne purent empêcher que le 6 de schawal de l’année 403 (lundi 20 avril 1013), les Africains ne s’emparassent de Cordoue.

Hayran et ce qui restait de soldats fidèles, rassemblés devant l’Alcazar, combattirent jusqu’à la dernière extré mité. Hayran, dangereusement blessé, tomba sans connaissance au milieu des morts. Ce fut h la nuit seulement, et quand le combat eut cessé, qu’il put se traîner chez un de ses amis , où il se cacha, et où il se guérit de ses blessures. (Juaut à Hescham, on ne sait ce qu’il devint. Mariana et quelques écrivains disent qu’il passa en Afrique; maison n’a réellement aucune notion certaine sur sa destinée.

Le soir même, Soleïman s’installa dans l’Alcazar. La première fois qu’il avait régné, il avait été proclamé sous le titre de Mostaïn-B’illah (*) , le pro-

(*) La drachme que nous donnons n“ a de la planche 8o porte ce surnom de

L’UNIVERS

tégé de Dieu. Cette fois , il reçut le nom de EI-Dhaffer-bi-Haoul-Bi^ltah, le vainqueur par la puissance de Dieu.

Ensuite, Soleïman congédia ses auxiliaires. Mundir et les autres gouverneurs de l’Espagne orientale retournèrent dans leurs Etats, qui, à partir de re moment, commencèrent a former autant de souverainetés indépendantes.

Cependant Soleïman ne resta pas longtemps tranquille possesseur du pouvoir souverain. Hayran, guéri de ses blessures, se retira dans la ville d’Oribiiela. A l’aide de ses amis et de ses richesses, il eut bientôt rassemblé une petite armée, à la tête de laquelle il s’empara d’Almeria, de Jaën , de liaëza et d’Arjona. Maître de ces quatre places importantes, il se rendit en Afrique auprès de Aly - ben - Hammond (*), gouverneur de Ceuta, un des deux frères édrisites auxquels Hescbam avait écrit pour leur demander du secours, et pour leur offrir sa succession s’ils le délivraient de ses ennemis. Ces lettres avaient, on se le rappelle, été interceptées par AVadab.

Uostaîn BiUah. Elle est frappée à Zahra : elle ne porte , dans la date , cjne le cliil'frc des unités 4. 11 y faut joindre quatre centaines d'années, ce qui donne l’année 404 de l’hégire, ioi3 de l'crc chrétienne, qui Axerait d’une manière précise l’époque du règne de Suleïiiiaii, s'il pouvait, sur ce point, s’élever la moindre difficulté.

Voici la traduction des légendes inscrites sur cette drachme ; je la dois à l’ohligeance (le M. Alp. de Longpenïer ;

Légende circulaire ; Au nom de Dieu a été frappé ce dirhem dans la ville de Zahra , l’an 4.

Légende intérieure. Il n’y a de Dieu que le Dieu unique ; il 11 'a pas de pair.

Sur l’aotrf. hacr : Légende circulaire ; Mahomet est le messager de Dieu, qui l’a envoyé avec la direction de la religion, afin qu’il l’étendit.

Légende intérieure : l'Iman Suleïinan , prince des fidèles, el Mostaïn lii’Ilah.

(*) Mariana l’appelle Hali-Aben-Hamir; Ferreras le nomme Ali -^Ahen - Hamit , et M. Romey, Aly-.Ahcn-Hammoud. Ferreras dit qu’il était ommiade. C’est une erreur; il était édrisite.

Quand Hayran avait été nommé hadjeb, elles étaient passées entre scs mains, et il les avait soigneusement conservées. Il l’engagea à venir en Espagne pour rétablir sur le trône Uescbam, qu’il croyait prisonnier de Soleïman, nubien, si ce prince n’existait plus, pour le venger et recueillir sa succession.

Aly et Casem son frère n’bésitèrent pas à accepter le rôle de vengeurs d’IIescbam. Aly passa en Andalousie avec des troupes qu'il joignit à celles de Casem, et ils marebèrent ensemble pour attaquer Soleïman, qu’ils rencontrèrent près de l’ancienne ville d’Italica. Le calife fut vaincu, et tomba, ainsi que son frère et son père , entre les mains d’Aly. Celui-ci, arrivé à Cordoue, lit amener devant lui les trois prisonniers. Il leur demanda ce qu'ils avaient fait d'Hesebam; et, comme ils répondirent qu'ils ne savaient ce qu’il était devenu ; « Je voue ces têtes à la vengeance d’Hesebam , » dit-il , et il les décapita tous les trois de sa propre main, le dimanebe 22 mubarrem 407 (l" Juillet 1016).

On fit ebereber Hescbam dans toutes les villes qui dépendaient de la domination musulmane , mais inutilement. Ce ne fut que quand toutes ces perquisitions furent acbevées, et après un inteirègnc de quatre mois et vingt Jours , le 13 de la seconde lune de sjumada 407 (17 octobre 1016), qu’Aly se fit proclamer émir, en prenant le surnom de Motaivak-el-Bi'llah, celui qui se confie en Dieu. Au reste , il s’en fallut de beaucoup que le nouveau souverain fût reconnu par tous les musulmans d’Espagne. Presque tous les gouverneurs des provinces lui refusèrentobéissance. Aly netarda môme pas à mécontenter ceux qui avaient combattu pour lui. Hayran se retira à Alméria, et fit une ligue avec plusieurs gouverneurs arabes pour renverser le calife africain, et replacer sur le trône un souverain ommiade.

Aly s'empressa de mareber avec son armée pour étouffer cette révolte. Il paraît môme que , dès le commencement, ses armes furent heureuses.

Cependant ses premiers succès ne produisirent pas un grand résultat, puisqu'au commencement de l’année 408 del’hégire (1017 de J. G.), ils n’empéclièrent pas Hayran de proclamer pour calife Abd-el-Rahtnan, surnommé Al - Mortadliy - Bi’Ilah (celui qui est agréé de Dieu). Il était arrière-petitlils du glorieux Abd-el-Raliman III.

Peu de temps après cette élection, la division s’étant mise entre les principaux chefs de l’armée d’Al - Mortadhy, plusieurs d’entre eux se retirèrent, en sorte que l’émir africain conserva facilement l’avantage. Il lit même Hayran prisonnier, et, "remplissant l’office de bourreau , il lui trancha la tète de sa propre main. Débarrassé dece premier ennemi, Aly s’apprêtait à poursuivre Abd - el-Rahman-al-Mortadhy, lorsqu’il fut étouffé dans un bain par trois de ses serviteurs , gagnés , dit-on , par le parti arabe. Les historiens placent cet événement le 10* jour de l’avant-dernière lune de cette année 408 (le 29 avril 1018).

Les Berbères proclamèrent aussitôt pour souverain, sous le surnom de Al- Mamoun (l’illustre), Al-Casem (*), frère d’Aly. De son côté, Yahya, fils d’Alvben-Hamnioud, passa en Espagne à la tète d'une armée pour revendiquer riiéritage cie son père. Ainsi , à cette époque , trois princes se disputaient la souveraineté de l’Espagne musulmane : Abd-el-Rahinan-al-Mortadhy, qui était soutenu par les Arabes dévoués à la famille des Ommiades ; Al- Casem-al-Mamoum , nommé par les Berbères d’Espagne, Yahya, qui venait à la tète d’autres Berlaères, et escorté d’une garde de noirs.

La guerre que se faisaient les prétendants africains favorisait les intérêts d’Abd-el-Raliman , et comme ses progrès devenaient inquiétants pour ses deux rivaux, l’oncle et le neveu convinrent de faire trêve à leurs divisions et d’attendre, pour partager entre eux l’empire , quuls eussent exterminé Al-Mortadhy, leur ennemi com-

(*) Ferreras l'appelle Alcacim ; Mariana le nomme Cazin, et M. Yiardol, Qiiasem.

mun. Yahya occupa Cordoue pendant qu’Al-Casem se rendait à Malaga , où rappelaient quelques affaires importantes. Le fils d’Aly -ben -Hammond

firofita de cette absence pour violer ’arrangement qui avait été conclu. Il SC fit proclamer calife, et répéta que son oncle n’avait aucun droit à la souveraineté , et qu’il n’y aurait d’autre part que celle qu’il voudrait bien lui laisser. Au reste, cette jactance fui bientôt punie; car Al-Casem, furieux en apprenant ce manque de foi , s’empressa d’accourir , à la tète de son armée. Yahya avait envoyé la plus grande partie de la sienne contre son compétiteur ommiade; il fut pris au dépourvu et forcé de fuir. Al-Casemal-Mamqum rentra dans Cordoue. 11 n’avait signalé que par des meurtres et par des violences les premiers instants de son califat qu’il avait passés dans cette ville; il était déjà odieux aux habitants. Quelques nouveaux actes de barbarie et l’insolence des Africains, dont sa garde était composée, ne tardèrent pas à faire éclater la fureur populaire. Il fut attaqué et assiégé dans son palais, et ce ne fut que par une espèce de miracle qu’il parvint à sortir de la ville et à se soustraire à la vengeance de ses sujets. Ses fils furent également chassés de Séville, dont ils étaient gouverneurs. Enfin, Al-Casem , forcé de fuir, se retira dans les environs de Malaga. Yahya, son neveu, qui exerçait la souveraineté dans cette partie de l’Andalousie, parvint à faire saisir le fugitif et le fit jeter dans une prison , où l’on croit qu’il mourut.

Pendant que ces événements se passaient, et pendant que les habitants de Cordoue proclamaient Abd-el-Rahman IV pour calife, ce prince combattait, dans la plaine de Grenade, contre le gouverneur de cette ville et contre d’autres partisans d’Al-Casem. Mais au moment où la victoire venait de se déclarer en sa faveur, lorsque ses ennemis étaient déjà en fuite, il fut traversé d’une flèche et tomba mort.

Quand on apprit à Cordoue la mort d’Al-Mortadhy, on élut, pour le rem-

L’UJNIVERS.

placer, Abd-el-Rahman V, frère du fameux Moliammed-al-Mahadi, et on le proclama, le 15 de ramadan 414 (l"' décembre 1023), sous le surnom de KI-.Mostadhir-Bi’Ilah (celui qui espère en Dieu). C’était un- jeune homme d’une grande austérité de mœurs. Il voulut rétablir la discipline dans ses troupes et mettre un terme aux excès de toute nature auxquels elles se livraient. Cette sévérité fit beaucoup de mécontents, et Abd-el-Rahman V n’avait encore régné que 71 jours , quand, le 27 dsulkada 414 (10 février 1024), il fut égorgé par scs soldats.

Ils élurent à sa place son cousin Mohammed TI, qui prit le surnom de Mostakfi-Bi’Ilab (celui à qui Dieu suffit). Ce jeune homme fit des largesses aux soldats, donna les principales places de l’État à ses partisans, et se retira à Zahra, où il vécut dans les délices , s’occupant presque uniquement du soin de faire réparer les jardins de celte magnifique résidence. Mais bientôt ses prodigalités eurent épuisé ses richesses et vidé les coffres de l’État. Dans ces temps de désordre , les subsides que les provinces devaient payer ne rentraient pas au trésor. Il fallut surcharger d’impôts le peuple de Cordoue et des environs, qui commença à murmurer, imputant à l’avarice du souverain les exactions dont il était l’objet. Les soldats, de leur côté, attribuèrent aussi à son avarice la cessation de ses prodigalités. On ne tarda pas à conjurer contre lui. Mais, averti par des officiers qui lui étaient restés fidèles, de l’instant où il devait être attaqué, il prit pendant la nuit la fuite avec sa famille, et se retira dans les environs de Tolède, où bientôt il mourut, pour avoir mangé d’une poule empoisonnée.

A la nouvelle de cette révolution, les partisans de Yahya vinrent l’engager à reprendre le califat. Ce prince gouvernait ses États d’Algésiras, Malaga, Ceuta et Tanger, avec beaucoup de modération. Il était aimé de ses sujets, et il lui fut facile de rassembler une armée, à la tête de laquelle il marcha vers Cordoue. Il y fut bien ac-

cueilli par les habitants, qui espéraient enfin un peu de repos sous son administration. Il écrivit aux gouverneurs des provinces pour les engager à venir lui prêter serment. Les plus éloignés s’abstinrent de répondre ; les plus voisins refusèrent hautement de reconnaître son autorité. Le calife résolut de les faire rentrer dans le devoir, et voulut commencer par faire un exemple en châtiant celui de Séville. C’était Mohammed, Arabe d’origine, et de la noble famille des Beny-Abêd. Prévenu que Yahya venait poiir l’attaquer, il alla se placer sur son chemin et l’attira facilement dans une embuscade. I.e calife y fut tué d’un coup de lance , et sa tète fut portée à Séville. Mohammcd-ben-Abed fit enrichir le crâne dp Yahya de pierreries, et en fit faire une coupe dont il aimait, dit-on , à se servir.

Après la mort d’Yahya les habitants de Cordoue firent choix , pour souverain, du frère aîné d’Abd-el-Rahman, A l-Mortadhy. Celui-ci refusa longtemps d'accepter un fardeau qu’il re?gardait conime étant au-dessus de ses foTces.

Enfin, quand, après de longues instances, on fut parvenu à vaincre sa répugnance pour le pouvoir, on le proclama calife,sous lenom d'Hescham III El-Motadd-Bi'Ilah. Bien qii’IIescham eût fini par accepter le pouvoir, il ne voulut pas d'abord aller à Cordoue, dont le peuple ne savait pas se gouverner et ne voulait pas se laisser gouverner.il confia l’ad ministration intérieure de l’État à Djeliwar, qu’il nomma son hadjeb, et pour lui il alla faire la guerre aux chrétiens, combattant tantôt sur les frontières de la Castille, tantôt sur celles de la Catalogne ou du Portugal. « Pendant son « séjour aux frontières, ditM. Romey, X il encouragea fort une institution « qui paraît avoir été la source des « ordres religieux militaires; c’étaient O des guerriers appelés Rabits, ce qui « proprement veut dire solitaires. Ces « Rabits , ou guerriers de frontières , « professaient une grande austérité de « vie et s’adonnaient continuellement « à l’exercice des armes , s’obligeant , X par vœu, à défendre leurs frontières

« des algarades et clierauchées des " chrétiens. C’étaient tous des cheva- « hors d’éli.te, rompus aux fatigues de « la guerre; ils ne devaient jamais fuir, « mais combattre avec intrépidité, et « mourir plutôt que d’abandonner leur « poste. Il paraîtvraisemblablequec’est « de ces Rabits que sont provenus , K tant en Espagne que parmi les chré- « liens d’Orient, les ordres religieux « militaires, si célèbres par leur valeur » et par d’éminents services rendus à « la chrétienté. »

Cette absence prolongée du calife favorisait la tendance de désorganisation , qui se manifestait depuis longtemps dans l’État. Chaque jour les liens qui avaient rattaché les provinces à la capitale, tendaient à se relâcher, et elles n’envoyaient plus aucun subside au trésor. Diehwar pria Hescham avec instance de revenir à Cordotie. I>e calife céda avec regret à ces prières. Bientôt il fut forcé de faire la guerre à des gouverneurs qui refusaient de reconnaître son autorité. Cette guerre, constamment malheureuse, se termina par un traité désavantageux qui blessa l’orgueil des habitants de Cordoue. Ils commencèrent à murmurer ; puis ils demandèrent hautement qu’Hescham fût déposé et banni. En apprenant, par la bouche de son hadjeh, qucl.s étaient les désirs du peuple, llescham III s'écria : « Grâces soient rendues à Dieu qui le veut ainsi ! » Il se retira dans un château qu’il avait fait élever sur la Sierra Morena. Les habitants de Cordoue ne l’y laissèrent pds tranquille, et il fallut qu’il allât chercher un asile près de I.érida, où il resta jusqu’à sa mort. C’est dans le courant (le l'anflée 422 de I’hégire(t031 de J.C.) qu’il avait quitté Cordoue. Il fut le dernier prince ommiade, et c’est à peine si, après lui, le califat d’Occident subsista même de nom. Djehwar, qui fut élu à sa place, ne voulut pas accepter seul la responsabilité qu’entraîne le pouvoir. Il forma un conseil des plus puissants chefs des tribus et ne s’en réserva que la présidence. Il renvoyait à cette assemblée toutes les affaires importantes. Il refusa de quitter sa

maison pour habiter les palais que les califes avaient fait élever. Celte sage conduite eût sans doute rétabli en Espagne les affaires des musulmans, si cela eût été possible ; mais tout ce que la Providence avait destiné de prospérité à cet État était épuisé. Il s’était déjà morcelé. En un laps de 22 années, douze princes s’étaient succédé sur le trône, et la multiplicité de ces changements avait détruit le prestige et l’autorité qui doivent toujours accompagner le nom du souverain. Les provinces ne voulurent plus dépendre de la capitale. Chaque ville un peu importante s’érigea en État indépendant.

C’est ainsi qu’une foule de petits royaumes , ou émirats , se formèrent des débris du califat d’Occident.

BEGMK d’aLPHONSE V. CE PRfITCE RECOB5-

TRUtT LÉON ET LES AUTRES VI LLES DE SON ROYAUME RUINEES PAR LES MAURES.

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