EST PORCÉ DE LEVER LE SiÉDE DE
IJEBIT ET RCTOL'RHE EK EmiQUB. — TUUS- SOUP PASSE POUR LA TRUISIF.ME PUIS EH
ESPAGHE. IL s'empare SUCCESSIVAMEHT
DE CREHADE, DE CORDdUE , DE SEVILLE.
d'aI.HÊRIS, de EUlHriE. DE VALESCE. DE l'algarve et de EAUAJOZ.
Ben-Abé(l, en contractant une ai- Uance avec Alphonsp et en lui facilitant la prise de Tolède, avait esperé ii'd obtiendrait une part dans les époui.les du vaini'u. Il avait compté tirer quelque prolit de la ruine de la dy nastie des l)zy-el-Noun. Il éprouva le ini-eontentement le plus vif quand il vit le roi de Castille con.server pour lui seul tout le territoire enlevé au lils d’Al-Mamoun. Il lit entendre quelques plaintes. Alphonse répondit qu'il était prêt à exécuter les conventions intervenues entre lui et l’émir de Séville ; qu’il avait seulement promis de le secourir contre tous ses ennemis; u’il ne demandait pas mieux que ’accomplir sa promesse, et pour prouver que l’exécution suivrait de près ses paroles, il entra dans les États de Ben-Abéd, et à la tête de 1,500 cavaliers couverts de fer, il courut le rejoindre au fond de l’Andalousie, auprès de Medina-Sidonia où il se trouvait en ce moment. Le roi maure fut peu satisfait de cette visite, qu’il prit pour une bravade plutôt que pour une offre de service. Néanmoins Alphonse s’inquiéta peu de sa mauvaise humeur.
Il voulut voir ce fameux détroit qui sépare l’Europe de l’Afrique. Il .se rendit a Tarifa, et lorsqu’il eut atteint le riv-age il s’avança dans la mer jusqu’à ce que son cheval perdît pied. Enlin, s’ecria-t-il . j’ai ilonc touché l’extrémité de la terre d Espa?ne! Toutes ces manifestations de la part du prince, qui venait d’enlever aux Maures la plus forte de leurs places d’armes, devaient inspirer des craintes .sérieuses aux moinsclairvoyants. Cependant Ben- Abéd ne trouva pas que le moment de rompre filt encore venu, et Alphonse retourna dans ses États pour s’occuper de nouvelles conquêtes.
Deux rois maures, celui de Sara-
gosse et celui de Badajoz, avaient , on se le rappelle, essayé de venir au secours de Tolède. Pour tirer vengeance de cette tentative, Alphonse se niit à faire des incursions dans leurs États.
C’est alors que le roi de Badajoz , trop faible pour résister à un si puissant voisin , et ne voyant personne en Espagne qui pût lé secourir, écrivit au souverain qui régnait dans le nord de l’Afrique, pour réclamerson assistance.
Ben-Al)êd lit bientôt la même démarché ; car l’occasion de rompre entièrement avec Alphonse n’avait pas tardé à se [irésenter. Il s’était engagé a payer, chaque année, une somme d'argent'aux chrétiens. Des discussions s'élevèrent sur la bonté de la monnaie avec laquelle il voulait acquitter ce tribut.
Pendant la nuit qui suivit cette altercation , le trésorier envoyé par Alphonse pour le percevoir fut poignardé. Le roi de Castille ayant demandé raison de ce crime, son ambassadeur fut insulté par Ben-Ahêd. La guerre était, devenue inévitable. L’émir de Séville s’adressa donc aYoussoiif ben-Taschfyn , émir de Fez et de Maroc, en lé conjurant de passer en Europe.
Ifous.souf ne se rendit pas immédiatement à cette demande. Alors Ben- Ahêd convoqua tous les souverains maures de l'Espagne pour qu’ils délibérassent ensemble sur les moyens de sauver la cau.se de l'islamisme. Le danger commun fit cesser un instant les haines et les jalousies qui divisaient ces petits États , et leurs chefs se réunirent .1 Séville sous la présidence de Beii-Abêd. L’assemblée presque entière fut d’avis d’anpeler 'Youssoufben Taschfj’n dans la Péninsule. Le gouverneur de Malaga , Ben-Yakoub, fut seul d’un avis contraire. .Soyez unis , dit-il , et vous serez encore assez puissants pour triompher des chrétiens. Mais n’a(ipe>z pas les Africains en Espagne, car s’ils vous délivrent d’Alphonse, ce ne sera que pour vous imposer des chaînes plus pesantes.
Comme cela arrive presque toujours dans les assemblées délibérantes , la passion l’emporta sur la sagesse. Ben- Yakoub ne put faire prévaloir son opi-
L’UNIVKRS.
nion. On le déclara mauvais musulman, on l’appela partisan des chrétiens, on l’excommunia, on le voua à la mort, et Omar-ben-Afthas, roi de Badajoz , fut chargé d’aller réclamer de nouveau le secours de Youssoufben-Taschfyn, prince des Almoravides.
Les Almoravides, dont le nom va souvent se représenter dans l’histoire de la Péninsule , étaient des musulmans réformés ou plutôt nouvellement convertis. Sur les conlins du Sahara existait la tribu des Lamtounes, qui n’était elle-même qu’une des soixante et dix familles entre lesquelles se divisait la race des Sanhadjah. Ce sont les ïouariks de nos jours qui habitent au nord du désert, an sud d’Alger, de Fez et de Maroc. Ils ont encore conservé les mœurs et le costume des anciens Lamtounes. Comme leurs aïeux, ils ont l’habitude de porter un morceau d’étoffe qui ne laisse que les yeux découverts , ^ui cache tous le bas du visage, et qui tombe Jusque sur la poitrine , sans doute pour que les organes de la respiration restent garantis du sable que le moindre vent soulève. Ces Lamtounes vivaient dans une grossière ignorance, ne connaissant que de nom la loi de Mahomet. Un fakir entreprit de les éclairer. Il s’établit dans un ermitage ( liabitten) , où de nombreux disciples vinrent bientôt écouter sa proie. A raison de leur assiduité à iréquenter son ermitage, il les appela Morabites ou Al-Morabites, non! dont les Espagnols ont fait celui d’Âlmoravides (*).
Le prince de ces nouveaux convertis, partageant leur ardeur fanatique, employa la force des armes pour convertir les autres tribus du désert. Les Almoravides s’emparèrent ensuite de
fresque toute la côte septentrionale de Afrique. C’est au chef de ces hordes barbares et superstitieuses qu’on allait ouvrir la Péninsule.
Youssonf-ben-Taschfyn , avant de consentir à passer en Espagne , voulut
(*) Siiiraiil quelques auteurs, rc nom de Morabites aurait une autre sigttiGcalioa il voudrait dire dévoués à Dieu. >
assurer sa retraite pour le cas où le sort des armes ne Itii serait pas favorable. Il exigea qu’on lui remît un des ports les plus importants et l’uit des plus voisins de la côte d’Afrique. Il voulait être certain de pouvoir entrer en Espagne ou sortir de ce paysqtiand bon lui semblerait. Potir le satisfaire, on lui livra la ville d'Algesiraz. Alors il réunit une année nombreuse composée , pour la plus grande partie , d'habitants du Sahara. Cette artnée, rassemblée aux environs de Ceuta, passa le détroit eti peu de jours , et Yoiissouf-ben-Taschfyn débarqua luiméme à Algesiraz , le 15 de rabi-elawal de l’année 479 de l’hégire (30 juin 1086 de J. C.I. Il fut accueilli par les émirs espagnols comme un libérateur. Ils vinrent se ranger sous ses bannières et s’avancèrent avec lui pour aller.combattre Alphonse. Ce prince reçut la nouvelle du débarquement des Almoravides et de la ligue des émirs andalous lorsqu’il venait de mettre le siège devant Saragosse. 11 leva aussitôt son camp ; demanda des secours au roi d’Aragon, au comte de Barcelone, et rassembla de nouvelles forces dans tous .ses États. Il était occupé de ces préparatifs lorsqu'il reçut un message de Youssüuf-ben-Taschfyn. Le chef des Almoravides lui écrivait pour le sommer de se reconnaître .son tributaire, d’embrasser le mahométisme, ou de combattre. Alphonse répondit à cette insolente provocation , que celui qui la lui adressait n’avait pas besoin de se fatiguer à marcher, qu’il allait le trouver, et à l’instant il se mit en route.
Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de la Guadiaiia, à quelques lieues de Badajoz , dans les bois et les plaines appelées de Zalaca (*).
C’est là qu’on en vint aux mains. Les auteurs chrétiens parlent fort peu de cette bataille. Les Arabes , au contraire, sont remplis de détails; mais les circonstances dont ils entourent les faits principaux sont évidemment fabuleuses et n’ont pas le mérite d’être
(*) Il y a dans Mariaiia Caçalla.
intéressantes. En écartant les rêveries astrologiques et les explications de songes dont ces derniers entremêlent leur récit, voici ce qu’il est possible d'en croire :
Quelque temps avant la bataille, une terreur panique s’empara d'un corps de l’armée d’Alplionse, et plusieurs milliers d’hommes prirent la fuite sans avoir été attaqués et sans être poursuivis. Malgré cette déf> ction ', ses troupes étaient encore fort nombreuses. Du côté des Almoravides, disent les auteurs arabes , il y axait tant de combattants que Dieu seul peut en connaître le chiffre. Les deux années restèrent quelques jours à s’observer. Enfin la bataille s'engagea le II resjeb 479 (22 octobre 1086) (*).
Dans le commencement, l’avantage fut du côté des chrétiens. Les Maures furent presque tous mis en fuite. Mais Youssouf-ben-Tascbfvn étant parvenu par une manoeuvre liabile à se jeter sur le camp d’Alphonse, commença à le piller et à l’incendier. A la viie des fiammes qui dévoraient les tentes, aux cris des femmes et des malades qu'on égorgeait, une partie des chrétiens fit volte-face. Le désordre se mit dans leurs rangs. Alors les Alauresqui étaient en fuite se rallièrent , revinrent à la charge : ils firent un horrible carnage. Alphonse lui-même fut bles-
(*) les Arabes, loiijoiirs préis à accuser les princes cbrcliens de perlidie, avancent qii’Alphonse avait pruposé aux Almni'avides de neconiliaUre , ni le vendredi, parce cpie c’est le jour saint des nialioiiicnins, ni le samedi, parce ipie c'esi le joiirsuinl des juifs, elipie beaucoup deceiix-ciseiroiivalent dans les deux années, ni le dimancbe, jour saint des cbtéliens , et de livrer la balaille seulement le lundi ; que ri'|Hmduiil, malgré relie trêve ronsenlie par les deux généraux, Alphonse avait ailaqiié les nialioniélans le vendredi ti resjeb. Pour convaincre celle allégation de mensonge, il snriil de dire que le i ■ resjeb n'élail pas un vendredi , niais bien un jeudi. Au reste , connue il faut cire exact en tout, il est jnsic de dire que |ionr faire concorder leur conte el la dale véritable, quelques ailleurs rceuleiit la balaille d'un jour et la placent au la resjeb , a 3 octobre.
sé, et il fut contraint de se retirer en fuyant jusqu’à Tolède , accompagné seulement de quelques cavaliers échappés à ce désastre. Le nombre des chrétiens tués dans celte déplorable affaire fut considérable. Quelques auteurs ra|rportent qu'il s’éleva à plus de vingt mille; d’autres racontent qu’on planta en terre une lance, et qu’aiitour de cette arme on enta.ssa toutes les têtes des guerriers d’Alphonse tués dans le combat, et que la pvramide ainsi formée de ces horribles trojdiées dépassait de beaucoup la hauteur de la pique la plus longue qu’on eiit pu trouver dans le camp. Le butin fut aussi considérable, et les Maures saluèrent sur le champ de bataille Youssouf du titre encore inusité d’émir des émirs d’Espagne.
Le soir même de cette victoire , pendant qu’on s’occupait du partage des dépouilles, Youssouf reçut la nouvelle de la mort de son fils, qu’il avait laissé malade à Ceuta. Il fut tellement affecté de ce douloureux événement, qu'il se déroba au triomphe et aux fêtes qui l'attendaient en Andalousie, et il retourna en Afrique pour assister aux funérailles de l’piifant qu’il avait perdu. Avant de quitter le théâtre de sa victoire, Youssouf ben- Tnscbfyn choisit pour commander les Almoravides pendant son absence , Sebyr ben-Abou Bekr, plusconniidans les chroniques espagnoles sous le nom du roi Bucar.
Youssouf était seul l’âme de la ligue des émirs andulous. nés qu’il fut parti , chacun ne songea plus qu'a ses propres intérêts, la ligue fut dissoute, et l'on ne put tenter aucune grande entreprise. L’armée africaine se contenta de piller les frontières de la Galice. L’émir de Badajoz s'attacha à reprendre les villes que les chrétiens lui avaient enlevées. Ben-Abêd , de son côté, enleva celles qu’il avait données pour la dot de .sa fille Zaïde; il désola aussi les environs de Tolède; il revint ensuite dans le loyaume de Murcie.
Mais une petite année cltrétienne, qui probahlement avait le Cid pour général , l’atteignit , tailla ses troupes en
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L’UNIVERS
fiièces dans les environs de Lorca , et e contraignit à se réfugier dans cette ville.
Ou ne peut dire d’une manière trèscertaine quels furent les hauts faits du Cid. Il paraît que , bien longtemps avant l’invasiun des Almoravides , il était rentré en grâce auprès d'Alphonse. Mais accoutumé à une entière liberté d'action, et ne pouvant.se soumettre aux ordres d'un autre chef, il avait mieux aimé faire la guerre seul et avec ses propres ressources. Alphonse le lui avait permis, et lui avait donné à titre de seigneurie tout ce u'il pourrait conquérir. Le Cid avait onc été s’établir sur les conlins de l’Aragon et du royaume d’Albaracin.
Il avait construit' un château sur le sommet d’une roche, qui conserve encore aujourd’hui le nom de Roche du Cid ( Peha del Cid). C’est de cette retraite inaccessible qu'il s'élançait pour soumettre ou pour rançonner le pays voisin. Du sommet de’son rocher'il exerçait une influence qui s’étendait sur les rois maures de Saracosse, d’Albaracin et même de Valence, auxquels il avait, dit-on, vendu souvent le secours de ses armes. A la tête de la petite armée qui lui était dévouée, il s’était avancé à la rencontre de Ben- Abêd, l'avait attaqué, l’avait vaincu, et s’était emparé du château d’Albit ou de Lébit, dans une position trèsforte , â quelques lieues seulement de Lorca. De cette retraite il se mit à faire tous les jours des incursions sur les domaines des rois maures. Mais c'était surtout les États de Ben-Abèd qu’il prenait à tâche de dévaster, parce que c'était ce prince qui avait appelé les Almoravides en Espagne. Fatigué de cette guerre acliarnee et ne se sentant lias assez fort pour y mettre un terme, Ben-Abéd passa en Afrique:
il alla trouver Youssouf, pour se plaindre à lui de ce qu’on laissait les chrétiens se relever du coup qu’il leur avait porté. Youssouf vint donc de nouveau en Espagne. Il convoqua les roisandalous; maisces souverains commençaient à comprendre qu’ils avaient eu tort d'introduire chez eux une race
étrangère. Le danger qui les y avait déterminés s’était éloigné ; Alphonse avait été vaincu, et d'ailleurs celui-ci ne leur semblait plus si redoutable depuis qu’ils avaient pu comprendre combien You.ssouf était à craindre.
Le plus grand nombre d’entre eus s'abstint donc de répondre a l'appel qui leur était adressé. Néanmoins Youssouf, avec les troupes africaines qu’il avait amenées , et avec celles de quelques princes qui s’etaient rendus à son camp, alla mettre le siège devant le château de Lébit. Cette place était, à ce qu’on pense , défendue par le Cid lui-méme à la tète d'une garnison de 10.000 soldats d’élite. Les attaques du prince almoravide furent inutiles. La discorde ne tarda pas à éclater entre les rois qui lui avaient amené des troupes. Abd-el-Azis, roide Murcie, ayant été insulté par Bcn-Abêd et par Youssouf, ne se borna pas à quitter l’armée; il commença à courir la campagne et a couper les vivres aux assiégeants.
De son côté, Alphonse, pendant les dix-huit mois qui s’étaient écoules depuis la bataille de Zalaca, avait réuni une armée nouvelle. Il avait reçu des secours de France et il s’avançait pour attaquer Youssouf. Mais celui-ci ne crut pas devoir l’attendre; il retourna en Afrique, le cœur plein de courroux contre les rois andalous qui lui avaient fait défaut. Quant à Alphonse, il se contenta de dégager la garnison qui avait si vaillamment combattu. Il l'etnmena, abandonnant la place, qui, entourée de tous les côtés par des forteresses arabes , ne lui sembla pas pouvoir être utilement conservée.
Youssouf resta une année entière à rassembler des troupes en Afriffue, et il débarqua de nouveau en Espagne dans le courant de l’année 488 de l’hégire (I090de.lésus-Christ), mais cette fois sans y être appelé par aucun des princes qui y commandaient. La guerre sainte contre les chrétiens n’était plus pour lui qu’un prétexte. Il convoqua tous les émirs, mais aucun ne vint. U comment^ cependant une camuagn* contre Alphou.se; mais il ne tarda paa
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à dévoiler ses véritables projets. Reçu comme nilié par Altd-Allali-ben-Balkiiiben-Badir, roi de Grenade, il lit au bout de deux mois arrêter ce souverain et le fit conduire à Aamüt en Afrique, avec ses femmes, ses enfants et son frère, et il s'empara de son royaume.
Ben-Abêd comprit alors le sort qui l’attendait et toute l’étendue de l'imprudence qu’il avait commise. Il essaya de la réparer , en se préparant à une résistance désespérée. Ce fut inutilement. Une division des troupes almoravides, sous la conduite de Kasour, s’empara, le 3 de safar 481 ( 27 tnars 1091), de Cordoue, gouvernée par un fils de Ben-Abéd. Ce jeune prince fut inhumainement massacré par le vainqueur , malgré les termes de la capitulation qui lui avait ouvert les portes de la ville. Ronda tomba aussi au pouvoir des Almoravides, et Kasoiir tua encore de sa propre main un autre fils de Ben-Al)êdqui l’avait défendue. Toutes les places qui avaient ap)>artenu à l’émir de .Séville lui furent successivement enlevées; il ne lui restait plus que Carmona et Séville. Carmona fut prise d’assaut par Abou-Bekr le 17 de rabia el awal 484 ( le 9 mai 1091 de Jésus-Christ). Alors ce malheureux souverain comprenant qu’il ne pouvait plus résister sans un secours étranger, s'adressa à cet Alphonse le Brave contre lequel il avait appelé le vainqueur de Zalaca. Alphonse envoya à son secours une armée de vingt niille hommes, commaTidée, à ce qu'on croit, par le Cid. Mais elle fut repoussée par des forces plus considérables, que le général almoravide avait opposées aux chrétiens. Enfin Motanied-ben- Ahéd ayant perdu ce dernier espoir de secours, fut forcé de capituler. Il livra Séville dans le courant de septembre 1091. On l’envoya en captivité en Afrique à Agmât, ou il vécut encore quatre années dans une telle misère, que les filles de celui qui avait été roi de la plus belle | artie de l’Andalousie marchaient tes pieds nus , et qu’elles étaient réduites à filer pour vivre.
Dans la même année, les Almoravi- “des s’emparèrent de Jaen et de Murcie. Trois royaumes restaient encore à soumettre dans l’Espagne méridiojiale : ceux de Valence, de Badajuz et de l’Algarve. Ce fut d’abord contre celui de Valence que les lieutenants de You.ssouf tournèrent leurs efl'orts. On se rappelle que ce royaume avait longtemps apparlenii aux descendantsd'AImanzor.Cettedynastieavai tété chassée par Yahya-el-Mamoun en lOC.». C’était dans cette ville que s’était réfugié Yahva II , après que le royaume de 'loléde lui eut été enlevé par Alphonse en 1085. Il s’y défendit courageusement.
Mais le ca'iii de la ville était Ahmedben-Djehaf (*) el-Moaferi , de la race des anciens souverains de Valence. Celui-ci, d'intelligence avec les Almoravides, leur livra les ()ortes de la ville. Us s’y précipitèrent, y firent un grand carnage, et Yahva rerut le coup mortel en combattant avec vaillance. Quant à Ahmed-el Moaferi , )K)ur prix de sa trahison, il reçut des vainqueurs le gouvernement de leur nouvelle conquête.
Pendant que les Almoravides travaillaient a réunir en un seul royaume tons ces petits États formes des débris de l'empire des Ommv’ailes, Alphonse avait clierché à raffermir par des alliances sa puissance un moment ébranlée. Thérèse, sa fille.qu’il avait eue de son union déclarée illegitimeavecXimena Mufios.étaitmariéeà Henri, quatrième lilsde Henri de Bourgogne etarrièrepetitlils du roi de France, Robert, l’excommunié. Il avait donné Urraca, née de son mariage avec Constance, à Raymond , autre comte bourguignon, «avec l’aide de ses gendres, il avait fait plusietirs campagnes heureuses en Estrémadure et en Portugal. Le 30 avril 1093. il avait pris Saiitarem, le 4 mai Lisbonne et le 8 Cintra. Pendant qti’AlplKinse s'agrandissait aux dépens du roi de l’Atgarve, les Almoravides, sous la conduite d’Ahou-lîekr. s’emparaient du reste de ce royaume. Un
(*) M.ariana l'appelle Ahenxa.va. Don Ro- Jeric et Feireiaa le nommeni Alieii-Japbat.
L’UNIVERS
spul des rois and.nloiis restait donc encore. debout, c'éiait celui de Badajoz, Omar-ben-Aflhas. Il fut à son tour attaqué par Aboii-Bekr; il livra aux Almoravides une bataille où ses troupes furent défaites. 8e voyant sans espoir de salut, il offrit de livrer Badajoz, à rond tion qu’on le laisserait sortir de la ville avec ses (ils, ses lilles et tout ce qu’il possédait. En effet , on le laissa sortir; mais quand il fut à quelque distance, on envoya à sa poursuite un corps de cavaliers lamloiines qui le tuèrent a coups de lance lui et ses (ils. C’est par cet assassinat que le cbef des Almoravides se débarrassa du dernier des rois andalous , et qu'il réunit en scs mains tout ce qui restait aux musulmans dans le midi de la Péninsule. Le roi de Sara^osse était le .seul qu’il n’eiit pas osé attaquer.
Quant au roi d'Albaracin, il n'avait conservé son royaume qu’en se reconnaissant vassal'de Youssouf. C'était une époque nouvelle qui commençait pour la puissance musulmane en Espagne. Déjà trois fois nous l’avons vue se modifier. Pendant la première période qui n’a duré que 41 ans, depuis la bataille du Guadaleté en 71 1 Jusqu’à l'année 756, l’Espagne a été gouvernée par les lieutenants des califes abassides.
La seconde période commence à l’arrivée d'Abd-el-Rabman-el-Dagliel qui a établi en Espagne l'empire des Ommyades. Sa dynastie n’a eu que 275 ans d’existence, et l’année 1031 a vu tomber du troue Hesebam III, le dernier des califes d’Occident.
La troisième période se compose de ce temps de désordre et d’anarchie où l’ancien empire des Ommyades est resté divisé en cette foule de petits Etats, qu’un même homme a pu voir naître et mourir. Après 63 ans seulement, en 1094, un nouveau |)Ouvoir, celui des Almoravides, s’établissait. Une destinée plus longue ne lui était pas réservée.
rSI.SE DE VAI.EnCE PAS CE CID. SUPPI.ICE
d’aHMKT-E[-A10AFER[. VORT DK AANrilO
RAMIHEZ, BATAILLE d’aLCORAE, DO^
PEDRO CBAirCE LES ARUES d’aRAGOIV.
PRISE DR HIIESCA. — r MORT DU CID.
ARUU-BEER FAIT LE SIÉlîE DE VAT-EWCE.
,'At.EKCE F.ST ARARDOUHÉE PAR LES CHRÉ- TIENS. ILS REPORTENT LE CORPS DU