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bre d’esclaves suffisant pour leur faire cultiver tous les champs qu’ils avaient
Îiris; ils n’avaieqt pas pu, comme es Francs, attacher les vaincus à la glèbe. Ainsi lesdeux tiers au moins des meilleures terres arables restèrent en friche et servirent de pâturages aux brebis ambulantes. Les Goths firent, à la vérité , des lois pour punir ceux qui dévasteraient les récoltes , qui causeraient du dommage aux bois , aux vignes, aux oliviers; mais les lois les plus protectrices ne feront pas naître de récoltes là où l’on n’a pas semé.
Malgré les plus beaux règlements, la terre reste inféconde quand elle n’a pas été arrosée par la sueur de ses habitants. Ainsi l’occupation de la Péninsule par les Goths fit-elle à l’agriculture uece pays une blessure si profonde , que onze siècles n’ont pas suffi pour la cicatriser.
La profession de laboureur semblait aux Goths indigne de leur noblesse , par la même raison l’exercice des arts mécaniques leur paraissait peu honorable; et ces travaux, dont la perfection tient encore plus à l’élévation de la pensée qu’a l’exécution manuelle, étaient sans prix pour des hommes qui méconnaissaient le pouvoir de la science : aussi , les monnaies frappées par les Goths se ressentent-elles de la barbarie des temps.
Les caractères graphiques y sont quelquefois si mal formés, que les légendes deviennent indéchiffrables. Les effigies des rois qu’on y a gravées sont roides et faites d’une manière grossière. F.nfin, un seul exemple suffira pour faire juger combien sont informes les types qu’on y a dessinés. Au dos de quelques-unes de leurs médailles ils avaient essayé de graver une Victoire ; mais telle était l’imperfection de cette figure , que plusieurs personnes la prirent pour l’image d’un scarabée. Il a fallu toute la sagacité des antiquaires pour deviner l’objet que l’artiste , ou plutôt l’ouvrier, avait réellement voulu y représenter. Il est cependant plusieurs médailles qui ne sont pas tout à fait aussi barbares : parmi les plus correctes il faut citer celle
L’UNIVERS
de Wamba , gravée planche XXXII , n”6.
Cependant il esHJn art dans lequel ils avaient acquis un grand renom :
ils passaient chez les Francs pour d’excellents architectes. Dire en ce temps qu’un monument avait été bûti par un Goth, c’était en faire l’éloge.
Ainsi, dans une chronique écrite vers la première moitié du huitième siècle, on rapporte que le corps de saint Ouen était enseveli dans l’église de Saint- Pierre de Rouen, ouvrage admirable construit de la main des Goths (*)•
Il ne faut pas, au reste, confondre leur stvle architectural avec celui qu’on a pendant longtemps désigné sous le titre impropre d’architecture gothique, et qui est principalement caractérisé par la présence de l’arc en tiei^-point. On est maintenant convenu d’appeler celui-ci style ogival, car il est de plusieurs siècles postérieur à l’époque dont nous nous occupons. Les monuments que les Goths élevaient n’avaieiit rien qui les distinguât des constructions romaines de la décadence : c’était le style roman ou byzantin. • On doit re- » gretter, dit M. de Laborde, qu’aucun « de leurs édlGces ne soit resté assez n intact pour qu’on puisse juger de « cette époque intermédiaire des arts. » Les constructions qu’on peut avec certitude attribuer aux Goths sont excessivement rares. On cite les murailles de Tolède, dont une partie est l’ouvrage de Wamba , ou bien encore le portail de l’église de Villa-Nueva, élevé par la sœur du second roi d’Oviedo. On y a sculpté un bas-relief représentant la mort de ce prince étouflfé par un ours. Ce monument doit se rapprocher beaucoup de ceux construits pendant la domination des Goths ; mais cependant il y avait déjà plus de vingtcinq années que les Arabes étaient
(*} IIU vcro basilica , in qna Mncli ejns membre quietcunt, mirum opus, quadrts lapîdibuft , Gotbica manu , a primo Clotlürio Franconim rege olim nobiliter tonatrucU fuit , anno pliu niinus quarto et vigesimo regai ejii>, sedem Rbolomagensem oblînente l'tavio episcopo. Recueil de Ducbesne, 1. 1", p. 63*.
entrés dans la Péninsule. On retrouve encore en Espagne quelques monuments de style byzantin : il faut citer parmi les plus éléigants le portail d’une église à la Corogne (*); la gracieuse église de Saint-Nicolas à Girone (**), et l’abside de l’église de Bososte (***). Mais ces monuments peuvent avoir une date postérieure de trois siècles à la destruction du royaume des Goths; en effet. Jusqu’à la fin du dixième siècle l’architecture byzantine a seule été en usage. Ce n’est que vers le commencement du onzième que le style ogival lui a été substitué, et c’est une chose bizarre qu’on ait donné le nom de gothique aux monuments à ogives , puisqu’ils n’ont pu être construits que trois cents ans après que les Goths avaient cessé de régner. Peut-être fautil penser que le nom de Goth était devenu le synonyme de bon architecte, et que plus tard, pour vanter l’élégance et la légèreté des nouveaax édifices, on a dit qu’ils étaient gothiques. Quelle qu’ait été, au reste, la renommée de leurs constructions, ils en ont laissé bien peu dans la Péninsule, et cependant leur domination y durait déjà depuis trois siècles, quand il suflit d’une bataille perdue pour la faire s’évanouir.
COSQuiTES DU HEUEEE ER EEPAOITE.
DI-SEnSIOHS ENTEE LES CHEFS MAOEES.
LES ESPAGNOLS SI REFOGIENT DASfS