DON ENRIQUE ET DE DOSA CATALINA
^TRÊve EN’rRE LA CASTILLE ET LE PC»- TOGAL. — MORT DE DON JUAN.
Quand don Juan eut rendu les derniers honneurs à son père , il se fit Gouronner à Biirgos , avec sa femme, doôi Leonor, ülle du roi d’Aragon. Il o'aTsit alors que vingt et un ans et trois mois. Son âge et son caractère promettaient à la Castille un règne ioogst heureux. Le jeune roi était doua, affable. Il ne jugeait pas légèrement, et prêtait volontiers l’oreille aux conseils. Quand un avis sage lui était donné , il n’hésitait pas à l'adopter, de quelque part qu'il vint. Il était d'une petite taille , cependant il avait l’air majestueux. Son premier soin, en mootant sur le trône, fut de resserrer
d’étnipoerypbeoualtéré.CepeDdantjen’ose retarder la difficulté comme décidée. Maia. comBKCoDde n’indique en aucune manière b raijon qui lui fait supprimer le règne de Mohammed Abu’l-Hagen, je suivrai l'opinion h plus généralement admise. Au reste, je (luis dire que je prends seul cette délerminjüon ; carM. Guéroult, qui devait m'aider de ses lumières et de sou talent et dont la rotlaboraiion m’eét été si nécessaire dans res questions difficiles , a été promu à des lonrtions importantes qui l’ont forcé de quitter la France. Les premières feuilles de ra voluaie étaient déjà imprimées lors(|u’il est pani ; mais il n’avait pas encore mis la ■uùi au travail que nous devions fiiire en rommun; il n'est donc pas juste que je bine peser sur lui la responstbilité des erreurs que j’ai pu commettre. J. I*
l’aUiance entre ia Castille et la France, et d’envoyer une flotte pour aider le roi Charles V dans la guerre qu’il faisait au duo de Bretagne , Jean de Montfort, allié des Anglais.
Les heureuses espérances que le commencement de ce règne faisait concevoir furent encore augmentées par l’accouchement de ia reine dona Leonor. Le 4 octobre 1379, elle mit au jour un fils auquel on donna le nom de don Enrique. Cet enfant avait à peine quelques mois, lorsque le roi de Portugal, don Ferdinand, le fit demander en mariage pour dona Beatriz, son héritière présomptive.
En 1376, lorsqu’elle n’avait que trois ans , elle avait déjà été fiancée à don Fadrique, duc de Benavente, fils naturel de don EnriquedeTrastamare. Don Ferdinand n’avait pas de fils ; il craignait qu’après sa mort ses frères ne dépouillassent sa fille du trône. Il avait donc pensé raffermir la couronne sur la tête de cette princesse, en l’unissant à relui qui devait être un jour roi de Castille; il espérait que ce souverain saurait faire respecter les droits de son épouse. Don Juan accueillit avec empressement une alliance qui pouvait réunir un jour dans la mêtne main la Castille et le Portugal. On convint des conditions du mariage, et les cortès de Castille furent réunies à Soria pour donner leur sanction aux arrangements qui avaient été convenus. Ces fiançailles, qui semblaient devoir être un gage de paix entre les deux États, devinrent une causede guerre. Le Portugal servait de refuge à tous les mécontents de la Ôistiile. Cet asile leur manquait, si les deux royaumes étaient réunis. De leur côté, les Portugais ne pouvaient, sans que leur orgueil se révoltât, songer à oette union qui devait un jour faire passer leur pays sous la domination d’un prince castillan. Les Anglais voyaient aussi avec inquiétude la Castille recevoir un semblable aocroissement de puissance. Telle qu’elle était, elle leur araissait déjà un ennemi assez reoutable ; et l’année précédente , la flotte castillane , réunie à celle de France , avait ravagé les côtes d’ Aa-
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gleterre et porté la terreur jusque sur les rives de la Tamise. Ils ne pouvaient donc souffrir que la Castille et le Portugal obéissent au même souverain.
D’ailleurs, le duc de Lancastre n’avait pas abandonné ses prétentions à la couronne de Castille , et tout ce qui tendait à augmenter la force de cet État devenait un obstacle de plus à ce que la fille de don Pedro le Cruel pilt reconquérir la couronne. Enfin le roi de Portugal était d’un caractère inconstant ; il fut facile de le déterminer à rompre une alliance que luimême avait sollicitée, et de l’engager à entreprendre la guerre contre la Castille.II fit donc ses préparatifs en grand secret ; mais don Juan ne se laissa pas surprendre, et pendant que les Portugais armaient uneflotte à l'embouchure du Tage, les Castillans en préparaient une à Séville. Les forces des deux nations ne tardèrent pas à se rencontrer. Seize galères castillanes attaquèrent celles de Portugal, qui, bien qu'au nombre de vingt et une , furent complètement battues , et restèrent toutes au pouvoir des vainqueurs. Beaucoup de seigneurs de distinction qui étaient embarqués sur cette flotte , et notamment don Alphonse Tellez, comte de Barcelos , qui la commandait , furent faits prisonniers. Néanmoins, les Castillans ne tirèrent pas de cette victoire tous les avantages qu’elle pouvait leur assurer. Ils perdirent leur temps à conduire à Séville les bâtiments qu’ils avaient pris , et laissèrent ainsi aux Portugais le temps de se remettre de la terreur que cette bataille leur avait inspirée. La flotte anglaise, qui apportait des secours , put entrer librement dans le port de Lisbonne , et y débarquer des troupes commandées par le Irère du duc de Lancastre , Edmond de Langley, comte de Cambridge. Ce seigneur avait amené avec lui son fils, âgé seulement de six ans. On convint que cet enfant épouserait l’infante Beatriz, celle qui avait été fiancée déjà à l’infant de Castille , don Enrique.
Pour que cette cérémonie eût plus de solennité, on dressa un lit magnifique, dans lequel on fit coucher l’infante et
le jeune Édouard , fils du comte de Cambridge, en présence des prélats et des seigneurs de la cour. Au reste, cette formalité indécente et ridicule ne rendit pas les fiançailles plus stables que celles qui les 'avaient précédées.
La guerre ne dura qu’une année. Les auxiliaires anglais pillaient et dévastaient le pays où ils passaient. Ils causaient plus de mal au Portugal qu’à la Castille, en sorte qu’on fut bientôt fatigué de leur alliance. Le roi don Ferdinand fit donc secrètement proposer la paix à don Juan. Le projet de mariage entre l’infante de Portugal et l’heritier présomptif de la couronne de Castille avait été le motif de la guerre. On avait craint de voir réunir sous le même prince la Castille et le Portugal. Mais le 28 novembre 1380, un second fils était né au roi de Castille. On lui avait donné le nom de Ferdinand. On convint que ce serait lui qui épouserait dona Beatriz. De cette manière, la réunion des deux États ne devait plus avoir lieu , et le motif qui avait provoué la guerre n’existait plus. Le roi on Juan, en considération de la pair, s’engagea à mettre en liberté tous les prisonniers qu’on avait faits sur la flotte portugaise, et à restituer les bâtiments qu’on avait pris. Il s’engagea aussi à fournir des vaisseaux pour reporter les troupes anglaises dans leur pays. Quoique cette paix eût été conclue sans l’assentiment du comte de Cambridge, il fallut bien qu’il la subit ; et le roi de Portugal , voulant mettre un terme aux désordres que les Anglais commettaient dans le pays, leur envoya l’ordre de se tenir prêts à partir aussitôt que la flotte de Castille serait arrivée. Ils quittèrent en effet le Portugal vers lafîndu mois d’aoûtlSS!.
La joie que cette paix fit éprouver en Castille fut bientôt troublée par une perte douloureuse. La reine Leonor mourut en mettant au monde une fille , qui ne lui survécut que de peu d’instants. Le roi de Portugal pww que cette mort lui donnait la facilite de réaliser immédiatement une alliance qui assurerait le trône à sa fille bmn mieux que celles qu’il avait projetées
jusqu’à ce jour. Elle avait été fiancée successivement à don Fadrique, duc deBenavente, fils naturel du roi don Earique de Trastamare ; ensuite à rii^Dt don Enrique ; puis au jeune f^ard. fils du comte oe Cambridge; enfin à don Ferdinand ; mais il fallait attendre de longues années pour effectuer ce dernier mariage , tandis que dona Beatriz pouvait épouser immédiatement le roi de Castille, qui maintenant se trouvait veuf. Les noces eurent donc lieu à Yelves, au mois (le mai de l’année 1383, et il fut convenu que l’infante Beatriz, qui avait dii ans , serait reconnue héritière de Portugal; mais que jusqu’à ce qu’un enfant fût né de son union avec le roi deC^stille, la reine mère, dona LeonorTeliez de Menezez, si elle survivait à son mari , conserverait le gouvernement du Portugal. Il y avait à peu près quatre mois que le mariage avait été célébré , quand le roi de Portugal, don Ferdinand , mourut le 22 octobre 1383. Dona Beatriz fut proclamée reine à Lisbonne ; mais cette liroclamation fut mal accueillie par les Portugais, qui ne pouvaient supporter la pensée d^étre soumis à une administration étrangère. Le maître de l’ordre d’ Avis, don Juan, fils naturel du roi don Pedro et de dona Thereza, ne tarda pas à susciter des troubles. Il fut nommé protecteur de la nation et régent du royaume. Don Juan étant entré en armes dans le Portugal .^pour y faire respecter les droits de dona Beatriz, les Portugais qui formaient le parti du maître d’Avis prétendirent qu’aux termes des conventions , il ne pouvait entrer dans leur pays accompagné de troupes étrangères ; que c’était une violation flagrante des traités, par laquelle ils étaient dégagés de toute obéissance à son égard ; que, par con^uent , ils étaient libres de se choisir un souverain. Beaucoup de villes, et notamment Coïmbre , Porto, hisbonne , refusèrent d’ouvrir leurs portes à don Juan. Celui-ci pensa que s'il parvenait à s’emparer de la capitale du royaume, les autres villes ne tarderaient pas à se soumettre. Il commença
donc le siège de cette ville, qui, à cette épr^ue, était déjà désolée par des maladies épidémiques. Elle fut étroitement serrée par terre et par mer , et la famine, qui ne tarda pas à s'y faire sentir, augmenta les progrès de l’épidémie. Mais le maître d’Avis, qui était à Lisbonne, n'en persista pas moins à se défendre. Bientôt les maladies gagnèrent le camp des assiégeants ; il mourut dans leur armée un grand nombre de seigneurs. Leurs meilleurs soldats furent victimes de ce fléau. Enfin le roi de Castille fut obligé de lever le siège et de se retirer. Le maître d’Avis se mit alors à attaquer à son tour les villes qui avaient embrassé le parti du roi de Castille. Les cortès de Portugal se réunirent à Coïmbre. On soutint dans cette assemblée que dona Beatriz n’était pas fille légitime du roi , puisque sa mère , dona Leonor Tellez de Menezez, était déjà mariée à don Joan LorençoVasquezdeAcunha, lorsqu’elle passa entre les bras de don Ferdinand ; que, de leur côté, les infants don Juan et don Dioniz , fils d’Inès de Castro .
n’avaient pas plus de droits, puisqu'il n’était aucunement prouvé que leui mère eût été mariée au roi don Pedro; que dès lors les Portugais pouvaient choisir librement leur souverain. Le plus grand nombre des suffrages se porta sur le maître d’Avis , qui fut proclamé roi. Ce prince fit aussitôt battre monnaie à son nom , et se prépara à soutenir courageusement la lutte. De son côté , don Juan de Castille entra en Portugal à la tête de ses troupes. Les deux armées se rencontrèrent, le 14 août 1385, près du village d’Aljubarrota. Les Portugais étaient beaucoup moins nombreux ; mais ils occupaient une position avantageuse.
Les officiers castillans les plus expérimentés n’étaient pas d’avis qu’on les y attaquât. Ils voulaient au moins qu'on laissât reposer l’armee castillane, qui était épuisée par une longue marche ; mais les plus jeunes répétaient qu'il y aurait du déshonneur à rencontrer l’ennemi sans lui livrer bataille. Leur avis prévalut , et la victoire ne tarda pas à se déclarer pour le maître
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d’Avis. Les Castillans furent mis en fuite, et perdirent plus de 10,000 hommes dans cette déroute , tandis qu’il ne resta pas plus de 1,000 Portugaia sur le cliamp de bataille. Le roi de Castille, qui était malade, et qui se faisait porter dans une litière, fut obligé, pour échapper à l'ennemi, de monter à cheval et de courir toute la nuit. Il ne s’arrêta qu’à Santarem , ville éloignée de plus de onze lieues de l’endroit où la bataille avait été livrée. Le lendemain il prit une barque , et descendit le Tage pour rejoindre sa flotte, qui se tenait devant Lisbonne.
Dès qu’il y fut arrivé, il mit à la voile et se rendit à Séville. Il éprouva tant de douleur de cette défaite, qu’il prit des vêtements de deuil , et qu’il conserva ce costume pendant plusieurs années. Les Portugais, au contraire, célébrèrent pendant longtemps l’anniversaire de la journée d'Aljubarrota.
En ce jour, le prédicateur, du haut de la chaire , préconisait la valeur et les prouesses de sa nation, tandis qu’il livrait au rire et aux sarcasmes de l'assemblée la honte et la timidité des Castillans.
Cette victoire affermit sur la tête du maître d’Avis la couronne de Portugal. Néanmoins, il eut encore recours aux Anglais, et sollicita l’appui du duc de Lancastre. Celui-ci saisit avec empressement l’occasion qui se présentait. I> débarqua en Galice à la fin de juillet 1386, a la tête de 1,500 hommes d’armes et de 1,600 archers; il s’empara de plusieurs villes , et notamment de celle de Saint-Jacques , et se fît proclamer roi. Leduc de Lancastre, pour rendre plus durable l’alliance entre lui et le nouveau roi de Portugal , promit de lui donner pour épouse Philippe, sa fîlle atnée, qu’il avait eue de sa première femme, et l’on convint que ce mariage serait célébré aussitôt ue don Juan serait relevé par le pape U VŒU de chasteté qu’il avait fait comme maître de l’ordre d’Avis. Le duc de Lancastre et le nouveau roi de Portugal se partagèrent aussi d’avance les États du roi de Castille; mais , dit Mariana , c’était partager le gibier
avant de partir pour la chasse. Le roi de Castille n’était pas disposé à laisser la partie sans se défendre.ll avait fait demander des secours au roi de France, qui avait promis de lui envoyer 2,000 lances sous le commandement de Loaii de Bourbon , et qui lui avait donné 100,000 florins pour faire face aui premières dépenses de cet armement.
En attendant l’arrivée du secours qui lui était annoncé, le roi de Castille donna l’ordre de renfermer toutes les récoltes dans les places fortes, de mettre tous les bestiaux à l'abri d'un coup de main , et de détruire par le feu tout ce qu'on ne pourrait pû renfermer , afin que les ennemis ne trouvassent nulle part ni vivres ni fourrage. Les Anglais surtout eurent à souffrir de ce genre de guerre, et l’année ne s’était pas encore écoulée, qu’ilsavaient perdu , par la famine et par les maladies , le tiers de leur monde. Les villes attaquées par les confédérés se défendirent avec courage ; en sorte qu'ils ne purent rien faire d’utile. Le duc de Lancastre envoya un roi d’armes pour défier le roi dô Castille ou pour le sommer d’abandonner le royaume. Il fit établir par des juristes les prétendus droits de dona Costanza sa femme.
Le roi de Castille adressa des ambassadeurs au duo de Lancastre pour réfuter les prétentions de dona Costanza.
Tout cela était pour le public : en secret il lui fit proposer un arrangement qui confondrait tous les droits :
c’était de marier dona Catalina , fille atnée qu'il avait eue de dona Costanza, avec rinfant don Enrique, héritier présomptif de la couronne de Castille.
Le duc ne repoussa pas cette proposition ; mais sa réponse ostensible fut qu’il ne déposerait les armes que lorsu’il aurait chassé du trône le fils de on Enrique de Trastamare. Il viat en effet , avec le roi de Portugal, faire le siège de Benavente ; mais la place repoussa toutes les attaquas, et les assaillants manquant de vivres furent bientôt obligés de se retirer en Portugal. C’est sur ces entrefaites qu'arriva le secours des 2,000 lances françaisea , commandées par le dqc da
Bourbon; mais il n’était déjà plus nécessaire; on congédia ce corps après lai avoir payé la solde qui lui était due. De son côté , le duc de Lancastre, qui n’espérait plus faire prévaloir ses prétentions par la force des armes, ne tarda pas à accepter les offres qui lai avaient été faites de la part da roi de Castille. Il proposa d’ouvrir des conférences à Bayonne , où l’on conviendrait des conditions du mariage, et il quitta le Portugal avec le peu de troupes qui lui restaient.
Les articles du traité, entre le duc de Lancastre et le roi de Castille, furent arrêtés à Bayonne de la manière suivante : on convint oue l’infant don Enrique épouserait aona Catalina , fille de dofia Costanza et petitefille de don Pedro le Cruel ; qu’on assignerait pour douaire à la fiancée, Soria , Almazan , Atienza , Deza et Molina; que l’on payerait , en différents termes, 600,000 florins au duc de Lancastre, et qu’on assurerait à dofia Costanza une rente viagère de 40,000 florins.
Les Cortès réunies à Briviesca , en 1388, ratifièrent ces conditions. Elles ajoutèrent seulement qu'à l’avenir l’héritier présomptif de la couronne prendrait le titre de prince des Asturies , comme le fils aîné du roi d’Angleterre prenait le titre de prince de Galles, comme le fils aîné du roi de France recevait, depuis 1349 , le titre de dauphin, de même enfin que, depuis 13.52, on commençait à désigner le fils aîné du roi d’Aragon sous le titre de duc de Girone.
Les fiançailles furent célébrées la même année, avec beaucoup de pompe, dans la cathédrale de Palencia. Don Enrique n’avait encore que neuf ans ; sa fiancée était plus âgée de dix années.
La Castille et le Portugal avaient également besoin de repos. En 1389, un arrangement intervint donc entre les deux États; on se rendit, de part et d'autre, les villes qu’on s’était enlevées , et l’on convint d’une trêve de six années.
En paix avec tous ses voisins, don
Juan de Castille réunit les cortès à Guadaiaxara , pour s’entendre avec cette assemblée sur les améliorations à apporter dans l’administration du royaume, et pour délivrer le peuple des charges que la guerre lui avait imposées. Dans cette assemblée, il accorda une amnistie à tous ceux qui avaient embrassé le parti de Jean de Lancastre ou du maître d’Avis. Il ne fit qu’une seule exception : Alphonse, comte de Gijon, fils naturel ue Enrique de Trastamare, avait, du vivant même de son père , donné des preuves de son caractère inquiet et turbulent.
Depuis l’avénement de don Juan, il avait, par ses révoltes, troublé plusieurs fois la tranquillité du pays. Son frère lui avait toujours accordé un généreux pardon; mais , cette fois, il ne croyait pas pouvoir lui rendre la liberté sans danger pour l’État.
La modération et la clémence de ce
firince, les sages mesures adoptées par es cortès de Guadaiaxara, promettaient à la Castille des années moins agitées et plus heureuses , lorsqu’un événement imprévu vint détruire toutes ces espérances. Quelques familles chrétiennes vivaient depuis très-longtemps dans le royaume de Maroc ; suivant quelques auteurs , elles y étaient fixées depuis la perte de l’Éspagne; suivant d'autres , elles provenaient de ces Mozarabes qii’Aly-ben- Yousouf avait fait déporter en Afrique après l’expédition qu’Alphonse le Batailleur avait faite au cœur de l’Andalousie (*). Don Juan avait demandé, pour ces chrétiens , la liberté de venir se fixer
(*) La qualité de Goths qui leur est donnée par une lellre que le roi de Maroe érrivail à don Juan, ne contredit aucune de ces explications; car des familles goüiiqnes
fieuveni avoir subsisté longtemps en Andaousie , et avoir été transportées plus tard en Afrique. Ce nom de Gotbs ne précise donc en aucune manière l’époque de leur translation dans ce pays. Yoici au reste le passage de cette lettre : « Ta te envio lo que pedias e a las de tu ley de grand finage, e tienes los. Estos son los cincuenta christianos farfaneSi Godos de los antigoa de tu regno, etc.*
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dans ses États. Cette permission leur avait été accordée, et cinquante de ces chrétiens d’Afric[ue , Cju’on appelait Farfanès, et qui passaient pour être de très-habiles cavaliers, vinrent à Alcala de Uenarès pour remercier le roi. Celui-ci voulut voir leurs exercices, et, stimulé par leur exemple, il lança à toute bride , au milieu a'un champ labouré, le cheval sur lequel il était monté. L’inégalité des sillons fit broncher son coursier , qui s’abattit ; don Juan fut lancé à terre avec tant de roideur qu’il fut tué sur le coup.
L’archevêque de Tolède accourut aussitôt; il commença par publier que le roi n’était pas mort, afin d’éviter les Uoubles et les soulèvements que cet événement pouvait causer. Il fît dresser une tente à l’endroit même où le roi était tombé , et , dès la nuit suivante, il envoya des courriers aux villes principales et aux seigneurs les plus influents, pour leur apprendre ce malheur et pour les engager à garder la fidélité à l'infant don Enrique. Cette mort si imprévue arriva le dimanche 9 octobre 1390. Don Juan, qui n’avait que 33 ans, réraait depuis 1 1 ans 3 mois et 20 jours. Il laissait pour héritier l’infant don Enrique , qui , depuis cinq jours seulement, était entré dans sa 12° année. Ainsi, la Castille, qui devait espérer quelque temps de repos , se vit tout à coup replongée au milieu des inquiétudes et des agitations d’une minorité.
FIIT DU RKGXE DE DON PEDEO LE CERRMO'
NIEOX. SES DIPPBEENTS MARIAGES. —
IL EPOUSE SYEILB FORCIA. DISCUSSIONS