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I.e destin arav* des leçons sur sa tête virante

Il lui donna un royaume et lut refusa du pain.

ciliant. A son arrivée, le docteur Limperani d’Orezza alla lui présenter les demandes formulées dans l’assemblée du mois d’avril, et, après quelques discussions sans importance, Giustiniani publia le décret qui suit :

« La sérénissime république, en considération de ia tranquillité ae ses sujets du royaume de Corse, approuve et décrète ce qui suit :

« 1° Elle accorde un pardon général, avec la remise des tailles , prestations, subsides et autres impositions échues et non prélevées;

« 2° Elle permet de porter les armes, pourvu toutefois que l’on en paye le port;

« 3° Elle abolit l’impôt annuel des deux seini, établi pour la prohibition des armes ;

« 4° Nul ne pourra être puni pour les armes prohibées qu’on trouvera sur lui ou dans sa maison ;

« 5° On ne pourra augmenter les charges d’aucune espèce sans le consentement des douze nobles en exercice;

« 6" Nul ne pourra être emprisonné, ni subir d’autre peine, pour de simples soupçons, comme cela a eu lieu par le passe ;

« 7° On donnera par la suite trois ou quatre évêchés aux nationaux; on leur conférera tous les bénéfices simples, dont quelques-uns pourront être appliqués à l’érection de nouveaux collèges (août 1744). .

Des concessions aussi larges indiquaient suffisamment le désir où était la république de vivre en paix avec les insurgés; et elle obtint ce qu elle désirait , car jusque vers le milieu de l’année 1745, aucun incident ne vint troubler le repos de la Corse ; mais à cette époque les inimitiés s’étant considérablement augmentées et menaçant de redevenir un fléau pour le pays, quelques zélés patriotes. à la tête desquels se trouvait l’abbé Venturini, voulurent remédier à de si grands maux en cherchant à rétablir la paix dans les familles divisées. Toutefois, afin qu’on ne pût donnera leur conduite, toute pacifique, une interprétation malveillante, ils envoyèrent demander au gouverneur la permission de parcourir le pays dans le but que nous avons indiqué. Soit que celui-ci

CORSE

ne crût pas à la sincérité de la démarche qu'on le priait d'autoriser, soit qu’il crai-

Î;nît l'influence que pourraient acquérir es personnages qui auraient opéré les réconciliations, il refusa par deux fois son consentement. Alors ces zélés patriotes, qui n’avaient agi que par déférence pour le caractère de Giustiniani, qu'ils estimaient, résolurent de se passer de son autorisation ; et ayant convoqué une assemblée à Corte ils en reçurent le titre de protecteurs delà patrie, avec mission de réconcilier les familles. Les Corses ui reçurent cette honorable marque e confiance de leurs concitoyens furent l’abbé Ignace Venturini, le docteurGaffori et Alerius Matra. Us se mirent aussitôt à l’œuvre, et le succès qu’ils obtinrent fut une compensation suffisante aux tracasseries qu’ils avaient éprouvées de la part du gouverneur génois. A leur voix, les inimitiés cessèrent tout à coup. Les pièves où la fureur de la vengeance était le plus enracinée retrouvèrent le calme qu'elles avaient depuis longtemps perdu; et les protecteurs, apres une tournée de quelques mois, purent rentrer à Corte avec la conviction que leur œuvre, durable, conserverait à la patrie des enfants pleins de valeur et dont elle pouvait avoir besoin au premier jour (août 1745).

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