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CORSE JUSQU’A L’ORGANISATION AC- TUELLE

Les Romains, ayant fait la conquête de la Corse, la soumirent ainsi que la Sardaigne au gouvernement d’unjnéme préteur. Les auteurs latins citent deux villes importantes, Aléria et Mariana, dont il reste aujourd'hui encore quelques vestiges, fondées par Marius et Sylla, avec des colonies de vétérans romains. Quant aux autres cités et bourgades dont il est fait mention, il serait assez difficile, non-seulement de donner une idée quelconque de leur importance, mais même d'indiquer d’une inan ère exacte, pour le plus grand nombre, leur emplacement. Du reste , les Romains ne nous ont rien laissé sur la division territoriale du pays et sur son administration intérieure. Comme on le verra dans le courant de cette histoire, on a fort peu de données sur ce qui se passa en Corse dans les premiers siècles du moyen âge. Au onzième siècle eut lieu, pour la première fois, une division importante dans l'ile de Corse.

Tout le pays compris depuis la chaîne de montagnes du système transversal jusqu’à Brando se déclara indépendant, sous le nom de Terre de Commune, s’organisa et appela un prince étranger pour le gouverner. Alors s'établit, d’une manière certaine et régulière, une. division qui se continua jusqu'au seizième siècle. Le pavs d’au Delà des Monts , sous la dépendance de ses seigneurs, ne reconnut d’autre division que celle des fiefs qui le composaient. Dans le Deçà des Monts , il y eut deux grandes divisions , la Terre de Commune, se régissant d'une manière indépendante, et le Cap-Corse, soumis à des seigneurs féodaux. Ces trois grandes parties de la Corse se subdivisaienten provinces, les provinces en pièves, et les pièves en paroisses. La province comprenait un certain nombre de pièves , et les pièves un nombre in-

déterminé de paroisses. Il n’y a rien aujourd'hui qui ait remplacé les provinces, qui ont servi à former les arrondis sements. Quant aux pièves, elles ont été remplacées par les cantons, et les paroisses par les communes :

Au temps de Filippini, la Corse se divisait aussi en cinq évêchés ou juridictions ecclésiastiques qui embrassaient tout le pays. Comme ce régime s’-est conservé a peu près le même jusqu'à l’arrivée des Français, nous allons donner ici le passage dans lequel Filippini résume la position géographique de l’ile de Corse, au seizième siècle.

« La Corse fuit donc trente mille feux, divisés en soixante-six pièves, quarante-cinq pour le Deçà des Monts, vingt et une pour le Delà des Monts, et toutes relevant de six évêchés. Le premier de ces évêchés est celui de Mariana, qui cuntient les seize pieves suivantes : Tomino, Luri , Brando, Lota, Ürto, Mariana, Bigorno, Caccia, Quadro ou Casinca , Tavagna , Moriani , Ostriconi , Tovani, Sant-Andrea, Giussani, etCasacconi; il a mille écus d'or de revenu. 2° Vient ensuite l’evëché de Nebbio, qui rend plus de quatre cents ducats. et qui comprend cinq pièves : Canari, Nonza, Rosolo, Sanquilico et Santo-Pietro. 3“ Puis celui de Sagoua, qui rend environ cinq cents ducats, et ui comprend dix pieves, savoir : Pino, ans la Balagne, Olmia, Calenzana , Chiomi, Vico, Amitro ou Saguo, Paomia, Cinarca, Soroinsù , Cruzini et Sevindentro. 4° Puis le petit évêché d’Accia, qui vaut un peu plus de deux cents ducats de reute, et qui ne renferme que deux pièves, celle d’Ampugnani et celle de Rostino; mais Nebbio et Accia ont été réunis, comme on peut le voir dans un livre des dîmes du pape. 5° L'évêché d'Aleria,dont le revenu est de deux mille écus, et qui renferme dix-neuf pièves, savoir : Giovellina, Campoloro, Verde, Opino, la Serra, Bozio, Alesciani, Orezza, Valbrustie, Talcini, Venaeo, Rogna, la Cursa, Covasina, Castello, Aregno, Matra, Niolo et Carbini au delà des monts. 0“ Enfin, P évêché d’Ajaccio , dont le produit est de mille ducats, et qui renferme douze pièves, celles d’Ajaccio, Appietto, la .Mezzana, Celavo, CauFO, Ornano , Talavo, Cruscaglia , Areggeni,

L’UNIVERS

Valle, Attallà. On doit observer que les pièves se comptent d'une certaine manière par les evêques, pour ce qui tient au spirituel, et d’une autre mauière par les collecteurs d’impôts, pour ce qui est du temporel (1). »

Après la conquête des Français , en 1769,1a Corse fut déclarée pays d’états et divisée en neuf juridictions, qui eurent chacune un tribunal de première instanee, et l’on établit à Bastia une cour d’appel, sousle nom de Conseil supérieur. Ou reste, on conserva l’ancienne division en pièves et en communes. Les neuf juridictions dont nous venons de parler étaient les suivantes : 1“ Ajaccio, comprenant les pièves de Ci narra, Mezzaaa, Tavaco , Celavo, Talavo, Ornano, et Sanpierro; 2° Aléria , comprenant Campoloro , Tavagna , Moriani , Alesani , Verde, Serra, Cursa, Coasina; 3° Amp/(ÿMafli,formédes pièves d’Ampugnani, Orezza , Vallerustie , 'Rostino , Casacconi , Casinca ; 4° Bastia , comprenant I.ota, Brando, Luri, Rogliano, Canari, ÎSonza ; 5° La Balagne , dont les pièves étaient: Aregno ,Sant-Andrea, Tuani, Giussani , Ostriconi , Pino , Olrni ; 6° Le Aebbio, qui comprenait les pirves d’O letta, Murato, San-Pietro, Patrimoiiio, Mariana, Bigorno, Canale; 7° Corté , «ayant Talcini,Venaro,Bozio,Caccia,C.astêllo, Giovellina, Niolo, Rogna; 8 ° La Rocca, comprenant les pièves deSartène, Tallano, Porto-Vecchio, Veggiano, 1stria, Carbini, Scopamene, Bonifacio; 9“ l'ico , qui renfermait les pièves de Cruzini, Soroingiù , Sevinfuori , Sevindentro, Soroinsù. La Corse resta, ainsi divisée jusqu’à la révolution française, époque ii laquelle, avant été déclarée partie intégrante du territoire français, elle forma un département et fut organisée en districts et communes. De 1793 à 1811 , elle forma deux départements, celui du Goto et celui du Liamone. Le premier comprenait les trois arrondissements de Bastia, Calvi et Corté; le second , ceux d’Ajaccio , Sartène et Vico. En 1811 , les deux départements furent, réunis en un seul, et Ion supprima l’arrondissement de Vico. C’est l’organisation actuelle.

La Corse forme donc aujourd'hui un

(Il Filippini , Isl. <(i Curtica, l I. p. 126 Ëdit. de Pise, ih>7-

département divisé en cinq arrondissements, savoir : Ajaccio, chef-lieu de préfecture, Bastia , Calvi, Corté , Sartene.

Elle comprend 61 cantons, 346 communes, et environ 200,000 habitants. Elle a une cour royale siégeant à Bastia , et à Ajaccio un evéché suffragant de l’arch^reché d’Aix. Elle forme la dix-septième division militaire.

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