LA CORSE ROMAINE
(591 de Rome, 450 après J. C)
Ce fut sous la domination paisible et incontestée de Rome que Marius et Sylia fondèrent , à des époques rapprochées l’une de l’autre, deux puissantes colonies, qui devinrent bientôt florissantes et fournirent à la métropole une partie des blés dont elle avait besoin. Marius fut le premier qui, vers l’an 600 , envoya en Corse une colonie, laquelle bâtit à l’embouchure du Goto la ville de Mariana. Quelques années plus tard (673), Sylia, imitant Marius, fit passer à Aléria un certain nombre de vétérans et de citoyens romains , et leur distribua, selon Florus, les terres autrefois conquises (2). Cette période de l’occupation romaine paraît avoir été la plus heureuse de la Corse dans l’antiquité. Ses plaines étaient soigneusement cultivées , sa population nombreuse. Elle comptait, selon Pline, trente-trois cités, dont plusieurs faisaient du commerce. Pendant de longues années elle jouit d’un calme parfait; mais les dissensions qui agitèrent l’empire romain après la mort de César vinrent de nouveau la troubler.
Sextus Pompée, qui, à la tête d’une flotte considérable, dominait en maître dans la Méditerranée, l’enleva à Octave, à qui elle était échue en partage (712). Mettant à profit les bois de la Corse ,
fi; Ce que nous venons de raconter de la résistance opposée par les Corses aux Romains nous a été transmis par les historiens de Rome. Comme dans leurs rédis ceux-ci ne s'oeeu|>ent périi-salement que des faits qui oui motive les expéditions, dès que la lutte vient à cesser, ils lie parlent plus des peuples soumis. Aussi, a parlir de celte époque, n’est-il plus question de la Corse que par accident.
|2) Florus, Ep-, Il v. 8»
CORSE
Sextus augmenta sa flotte et inquiéta tellement les triumvirs qu’il les obligea à traiter avec lui. Le gouvernement de la Sicile, del’Acliaïe, de la Sardaigne et de la Corse lui fut attribué : mais la trahison de Menedorus, son lieutenant, fit passer de nouveau la Corse à Octave et epmmença sa ruine (714).
La Corse suivit alors le sort du reste de l’empire jusqu'au moment oùOthon et Vitellius se disputèrent le pouvoir.
Dans cette circonstance, elle embrassa d’abord le parti d'Othon, comme le firent la Sardaigne et les autres îles voisines. « Mais la témérité du procura- « teur DeeimusPacarius, dit Tacite, fail- « lit lui être funeste , témérité qui , « dans le choc d’une si grande guerre , « ne devait rien produire en résultat , « et qui fut fatale à lui-même. Eu ef- « fet , en haine d’Othon , il résolut « d aider Vitellius des forces de laCorse : « vain secours, même s’il se fût réalisé. « Avant convoqué les principaux de « l’fle, il leur exposa son dessein. Clau- « dius Phirrieus , commandant des ga- « 1ères qui s’y trouvaient en station , « et Quinctus Certus, chevalier ro- « main, osent le contredire ; il les fait « massacrer. Epouvantés de leur mort, « ceux qui étaient présents ettoute cette « multitude sans expérience, disposée « à s’associer aveuglément à toutes les « frayeurs , prêtèrent serment à Vitel- « lins; mais, dès que Pacarius com- « mença à faire des levées et à fatiguer « d’exercices militaires ces hommes « sans civilisation , détestant ce joug « inaccoutumé, ils considérèrent quelle « était leur faiblesse, que c’était une « ile qu’ils habitaient, qu’ils étaient « loin de la Germanie et de la protec- « tion des légions , que la flotte avait « saccagé et dévasté des pays que pro- « tégeaient des cohortes et’ de la c.ava- « lerie. Leurs opinions changèrent « tout à coup. Sans recourir toutefois
* à la force ouverte , ils choisirent un « moment propice à leur complot. Pa- « carius avait éloigné sa suite: il fut tué « dans sou bain, nu et privé de tout « secours; ils égorgèrent aussi ses'in- « tiinps, et leurs têtes, comme celles « des ennemis , furent portées à Othon « par les meurtriers eux-mêmes ; ils ne
• furent ni récompensés par Othon ni
2r Livraison. (Corse.)
« punis par Vitellius, et, dans cette pro- « digieuse confusion de toutes choses, « ils restèrent oubliés au milieu de ° plus grands criminels (1). »
Le parti d'Othon se maintint jusqu’à l’arrivée de Vespasien au pouvoir. La Corse suivit alors l’exemple du reste de l’empire, et il ne fut plus question d’elle jusqu’au partage qui eut lieu entre les enfants de Théodose ; elle fut comprise alors dans l'empire d’Occident.