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LA CORSE SOUS LA DOMINATION BYZANTINE

La domination grecque, qui n’avait jamais étébien paternelle, devint à cette époque intolérable. Saint Grégoire le Grand rapporte que les habitants de la Corse étaient tellement accablés d’impôts de toute sorte , qu’ils avaient peine à y satisfaire en vendant leurs propres enfants, ce qui faisait qu’abandonnant cette île , ils s’en allaient chercher un refuge auprès des Lombards.

« Quel tourment plus cruel, ajoute saint « Grégoire, auraient-ils pu souffrir « auprès des Barbares que de se voir « dans la nécessité de vendre leurs en- « fants (599)? »

Malgré cette dure condition, la Corse resta encore au pouvoir des Grecs pendant longtemps; elle n'essaya pas de se soustraire à ce joug de fer, et aucun événement remarquable ne s’y passa jusqu’à l’arrivée des Sarrasins. Ceux-ci abordèrent en Corse, pour la première fois, en l’an 713 ; ils y saccagèrent plusieurs villes et se retirèrent, emportant un riche butin. Les empereurs d’Orient, déjà bien affaiblis , ne purent opposer aux Sarrasins ni flotte ni armee. Ils

(lois pour scs vaisseaux. Ob quam causant jussi es iis in cors ica nam insutam rrlcyari , ni ligna'profutura navibvs dommici* iucidatis. Vict. U tic., de Pcrsecui. F' and., cap. 3.

avaient peine à contenir chez eux l'esprit turbulent et indiscipliné des populations diverses qu’ils gouvernaient. Leur position se compliqua encore. Le pape, qui jusque-là ai ait reconnu leur suprématie , prétextant de dissidences religieuses, se déclara indépendant et se mit sous la protection de Pépin, roi des Francs. Celui-ci, voyant dans ce protectorat un moyen de grandeur, promit de l’assister et même d’augmenter son territoire par l’adjonction de la Corse, dont il lui fit donation (754). Charlemagne confirma ce qu’avait fait son père, et, comme il venait dedétruire l’empire des Lombards , sous prétexte que la Corse avait appartenu à ce peuple , il y envoya une flotte, pour en taire la conquête dans l’intérêt du saint-siège. Mais le pape, ne pouvant défendre par lui-même la Corse contre les invasions réitérées des Sarrasins, en laissa la possession à Charlemagne , se contentant d’y réclamer les biens qui appartenaient à l’Église.

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