PAPE. — EXPÉDITIONS DE CHAR- LEMAGNE
Les Sarrasins étaient , à cetteépoque , le fléau de la Méditerranée; iis passaient de l’Afrique en Kspacne, et de là faisaient des incursions continuelles sur les côtes des pavs chrétiens. En l’an 80G, ayant rassemblédes forces considérables^ ils opérèrent une descente en Corse ; Pépin, roi d’Italie, envoya contre eux la flotte impériale. Les Barbares se hâtèrent de fuir. Toutefois ils ne purent le faire assez promptement pour éviter le combat, el ils furent entièrement défaits. L’année suivante, ils tentèrent une nouvelle expédition. « Alors, dit « Éginhard, Charlemagne envoya Bur- « «bnrdt , comte de ses écuries, avec une « flotte, pourdéfendrelaCorsecontre les
CORSE
* Maures, qui avaient l’habitude, depuis ■ quelques annés, de l’envahir. Selon a leur coutume, les Sarrasins partirent « d’Espagne et abordèrent d’abord en « Sardaigne; ils livrèrent bataille aux « Sardes, et, après avoir perdu beau- « coup de monde , ils allèrent direete- « ment en Corse. Là, ils engagèrent a un nouveau combat avec la flotte « commandée parBurchardt, perdirent « treize vaisseaux, un grand nombre « d'hommes, et furent mis en fuite (1).» Ces mauvais essais ne les rebutèrent point ; ils revinrent de nouveau, en 809, pendant la semaine sainte , saccagèrent la ville d’Aléria et n'y laissèrent que l'évêque et quelques vieillards.
L’année suivante (810), ils firent une nouvelle descente; et comme ils n’éprouvèrent aucune résistance, ils soumirent à leur puissance une très-grande partie du littoral. Les Corses avaient fui les pavsde la plaine et s’étaient réfugiés dans (es montagnes, où ils bâtirent des villages dans des lieux naturellement fortifiés et d’où ils pouvaient facilement repousser un ennemi aussi audacieux :
neanmoins, leur position était des plus tristes; ils la firent connaître à Charlemagne , qui envoya à leur secours son fils Charles. Ce prince battit les .Maures à Mariana , puisa Aléria.Ceuxqui , échappés à ce carnage, se sauvèrent dans l’intérieur, furent massacrés par les habitants. Riais, à la mort de Charlemagne, les .Sarrasins , profitant des circonstances, revinrent dans l’tle, la ravagèrent entièrement et emmenèrent plus de cinq cents prisonniers. Comme ils s’en retournaient en Espagne, Irminger, comte de Lampourdan, leur tendit un piège à Majorque, les battit et leur enleva ces captifs (2).