CHAPITRE IV
OROAmSATION POPULAIRE — SAV1-
bucuccio d’alando.
A l’époque où nous sommes arrivés, c’est-à-dire au commencement du onzième siècle, les seigneurs, profitant de l’état d'anarchie dans lequel se trouvait le pays, commencèrent à se faire la guerre entre eux et à chercher à augmenter leur puissance. Le comte ae Cinarca , le plus considérable des seigneurs féodaux , crut le moment favorable pour s’emparer de la suprématie de Plie. Il commença par faire la guerre à ses voisins, en soumit plusieurs , et , rassemblant ses forces , se prépara à de nouvelles conquêtes; mais le peuple, qui souffrait de cesdcchirements intérieurs, s’opposa à ses empiétements. S’étant assemblé en diète générale à Morosaglia (1007), il nomma pour son général Sambucuccio , seigneur d'Alando , et homme généralement estimé. Sambucuccio, ayant réuni des forces considérables , marcha contre le comte de Cinarca, le battit et le força à rentrer dans ses domaines.
Sambucuccio, vainqueur du comte de Cinarca et des autres petits seigneurs, qu’il obligea à se tenir tranquilles chez eux, songea à donner au peuple, qui l’avait investi de l’autorité suprême, une organisation indépendante appropriée aux mœurs et aux besoins du pays. Il établit que chaque paroisse nommerait un portes ta, qui, assisté des pères delà commune , en dirigerait les affaires. Les podestats d'une certai ne circonscription nommaient à leur tour un magistrat charge de faire les lois et les règlements. Les "magistrats élus par les différentes circonscriptions étaient au nombre de douze, et tonnaient leconseil appelé des Douze. Les pères de la commune nom-
mèrent aussi, sous le nom de caporale, un magistrat chargé de défendre les intérêts des faibles contre les empiétements ou la rapacité des forts. Cette organisation ne fut appliquée qu’à la Terre de Commune, ainsi appelée parce que les peuples qu’elle renfermait firent cause commune pour s’affranchir de la tyrannie des seigneurs (1). Quant aux autres parties de file, elles continuèrent à être gouvernées par leurs seigneurs.