LES PENDANS D’OREILLE
Mon trouble est extrême :
Peut-être ce jour Le jaloux que j’aime Sera de retour :
Et je perds la veille , Venant du lavoir,
Les pendans d’oreille Qu’il tient à me voir :
Cadeau qui m’engage , Censé talisman ,
Contre le langage De tout autre amant.
Que va donc me dire Mon absent jaloux ?
C’est toujours le pire Qu’il pense de nous.
Il dira , sans doute ,
« Qu’à dessein je veux » Laisser libre route 3> A d’aimables vœux. »
» Que j’aime dans lame » Qu’on n’aime que moi :
» Que d’aucune femme » N’est sûre la foi. »
» Qu’amour et constance » Pour nous c’est un jeu;
» Que de son absence » Je m’affligeais peu. »
» Pour voir la jeunesse » J’aurai recherché ,
» Dimanche la messe ,
» Jeudi Je marché.».
« Que je suis volage... »
Je dirai qu’il ment :
Que tout le village Me juge autrement.
Que j’aime dans l’âme , Mais c’est mon bercer :
Qu on peut être femme ,
Et ne point changer.
Que je n’ai que faire D’aucuns beaux discours j Qu’à tout je préfère Nos simples amours.
LETRILLES.
Que je trouve belle Sa blouse à cordons , Plus que la dentelle De nos jeunes Dons.
Je dirai que neuve Aux tendres sermens , Je dois pour la preuve M’en remettre au tems.
Amour de mon âme.
Ne dis plus pour moi :
» Que d’aucune femme » N’est sûre la foi. »
GENRE NATIONAL