‹ Espagne poetiqueChapitre 39 sur 112 · LES PENDANS D’OREILLE · texte numérisé non relu

LES PENDANS D’OREILLE

Mon trouble est extrême :

Peut-être ce jour Le jaloux que j’aime Sera de retour :

Et je perds la veille , Venant du lavoir,

Les pendans d’oreille Qu’il tient à me voir :

Cadeau qui m’engage , Censé talisman ,

Contre le langage De tout autre amant.

Que va donc me dire Mon absent jaloux ?

C’est toujours le pire Qu’il pense de nous.

Il dira , sans doute ,

« Qu’à dessein je veux » Laisser libre route 3> A d’aimables vœux. »

» Que j’aime dans lame » Qu’on n’aime que moi :

» Que d’aucune femme » N’est sûre la foi. »

» Qu’amour et constance » Pour nous c’est un jeu;

» Que de son absence » Je m’affligeais peu. »

» Pour voir la jeunesse » J’aurai recherché ,

» Dimanche la messe ,

» Jeudi Je marché.».

« Que je suis volage... »

Je dirai qu’il ment :

Que tout le village Me juge autrement.

Que j’aime dans l’âme , Mais c’est mon bercer :

Qu on peut être femme ,

Et ne point changer.

Que je n’ai que faire D’aucuns beaux discours j Qu’à tout je préfère Nos simples amours.

LETRILLES.

Que je trouve belle Sa blouse à cordons , Plus que la dentelle De nos jeunes Dons.

Je dirai que neuve Aux tendres sermens , Je dois pour la preuve M’en remettre au tems.

Amour de mon âme.

Ne dis plus pour moi :

» Que d’aucune femme » N’est sûre la foi. »

GENRE NATIONAL

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