‹ Espagne poetiqueChapitre 40 sur 112 · LES DEUX SOEURS · texte numérisé non relu

LES DEUX SOEURS

Yoici la querelle Qu’à Jeanne , sa sœur,

Faisait Micaelle ,

Sans trop de douceur :

« Dire si tu changes ?

Ah ! je t’en réponds :

L’autre jour en langes ,

De suite en pompons ;

» Puis mal habillée , Soupirant partout;

La nuit éveillée ,

A l’aube debout :

» Tu prends ta couture , Sans y faire un point ;

On fait la lecture.

Tu n’écoutes point.

» Mais on vous écoute ,

Le soir au balcon :

Si maman s’en doute ,

11 y fera bon.

LETR ILLES.

)> Nous aurons des grilles 9 Viendront les verroux;

Et les autres filles Danseront sans nous.

» Ce n’est qu’à l’église Qu’on va nous mener.

Avec tante Alise ,

Pour nous y cerner.

» On va prendre garde Aux moindres fredons :

Si T on nous regarde,

Si nous regardons.

« Et, portant les peines.

Sans avoir erré ,

Ce sont vos fredaines Que moi je paîrai.»

« Hélas! » répond Jeanne,

Je souffre en effet ,

» Car on me condamne ,

» Et sans être au fait.

» Personne ne parle » A ta pauvre sœur .

» Le perfide Charle » M’a rendu mon cœur.

GENRE NATIONAL

» Charle, que Jacynthc » Voulait avant moi ;

» J’écoutai sa plainte,

» Je reçus sa foi ;

» Mais bien évidente » Est la trahison ,

» Lorsque l’on s’absente ,

» Sans nulle raison.

» Voici , Micaelle ,

» Cinq jours révolus » Qu’à mon infidèle » Je ne pense plus. »

« Mal peste ! petite : »

(L’autre lui répond:)

« L’herbe pousse vite , Quand elle a du fond. »

« Le retour m’alarme Plus que le départ ,

Si tu n’as d’autre arme Qu’un dépit sans art.

» Plutôt qu’une flamme Qui brûle si fort ,

Ne sorte de l’âme ,

C’est l’âme qui sort. »

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