‹ Espagne poetiqueChapitre 56 sur 112 · LÉ TR IL LE · texte numérisé non relu

LÉ TR IL LE

Bel mire à de faux appas Veut prendre un amant sincère ; Mais il répété : « Bergère ,

» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ?

Elle disait : « O mon âme !

» Je n existe que pour toi :

» Le jour j’adore ta loi :

» La nuit je rêve à ma flamme.

» Je redoute le trépas » Beaucoup moins que ta colère. »

Mais il réplique : « Bergère ,

» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ? »

Elle dit : n Si le caprice » M’offrait le sceptre d’un roi ,

» Qu’avec ivresse , pour toi ,

» J’en ferais le sacrifice !

» Mon cœur n’aspire ici-bas » Qu’à la gloire de te plaire. » Mais il répète : « Bergère,

» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ?

CADALSO.

ANACRÉONTJQUE.

Quel est celui qui bouche Bientôt tout le chemin ,

Le sourire à la bouche,

La bouteille à la main ?

Des pampres le couronnent , Du lierre décoré;

Des bergers l’environnent ,

De nymphes entouré;

Qui vont frappant la nue De leurs joyeux refreins , Chantant la bien-venue ,

Au son des tambourins.

— C’est le vainqueur de l’Inde , Le père aux pampres verts.

— Non -. c’est le fils du Dinde Qui fredonne ces vers.

CADALSO.

Page 1