LÉ TR IL LE
Bel mire à de faux appas Veut prendre un amant sincère ; Mais il répété : « Bergère ,
» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ?
Elle disait : « O mon âme !
» Je n existe que pour toi :
» Le jour j’adore ta loi :
» La nuit je rêve à ma flamme.
» Je redoute le trépas » Beaucoup moins que ta colère. »
Mais il réplique : « Bergère ,
» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ? »
Elle dit : n Si le caprice » M’offrait le sceptre d’un roi ,
» Qu’avec ivresse , pour toi ,
» J’en ferais le sacrifice !
» Mon cœur n’aspire ici-bas » Qu’à la gloire de te plaire. » Mais il répète : « Bergère,
» Est-ce vrai ? ne mens-tu pas ?
CADALSO.
ANACRÉONTJQUE.
Quel est celui qui bouche Bientôt tout le chemin ,
Le sourire à la bouche,
La bouteille à la main ?
Des pampres le couronnent , Du lierre décoré;
Des bergers l’environnent ,
De nymphes entouré;
Qui vont frappant la nue De leurs joyeux refreins , Chantant la bien-venue ,
Au son des tambourins.
— C’est le vainqueur de l’Inde , Le père aux pampres verts.
— Non -. c’est le fils du Dinde Qui fredonne ces vers.
CADALSO.