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Espagnols et Flamands au 16e siécle

Ce volume fait suite à celui que nous avons publié sur les origines de la révolution du XVI^ siècle dans les Pays-Bas considérée au point de vue espagnol et dans ses rapports avec la politique générale (i). Le premier correspond à l'époque de l'apogée de la puissance extérieure de l'Espagne; le second, au déclin de cette suprématie transmise par Charles- Quint à son fils et dont le maintien était subordonné à la possession des Pays-Bas. Comme nous l'avons montré dans le précédent volume, c'est la nécessité de conserver ces provinces qui explique surtout les moyens violents employés pour étouffer le mouvement révolutionnaire à- son début. C'est la raison également de l'effort colossal fait par Philippe II pour réduire celles du nord après leur séparation, en iSyg. Impuissant à les soumettre par la force des armes aussi aisément qu'il l'aurait voulu, il songea à se débarrasser de Guillaume d'Orange, l'àme de la résistance, en mettant sa tète à prix. L'assassinat du Taciturne ne contribua pas à ramener une seule ville à l'obéissance. Il fallut trouver d'autres moyens : Philippe II les chercha

(i) Espagnols et Flamands au XV I*^ siècle. L'Établissement du régime espagnol dans les Pays-Bas et V Insurrection. Bruxelles, Lamertin, 1905.

dans^ l'action à l'étranger. C'est ainsi que l'histoire des Pays-Bas est dès lors très étroitement mêlée à celle de sa politique européenne.

En i585, la chute d'Anvers parut lui fournir l'occasion d'exécuter dans des conditions favorables un projet qu'il entretenait depuis longtemps : la conquête de l'Angleterre. Maître de ce royaume, il comptait soumettre aisément les provinces insurgées. Tout est subordonné à la réalisation de cette entreprise. Dans les Pays-Bas, des troupes sont assemblées, qui doivent composer l'armée d'invasion, sous le commandement d'Alexandre Farnèse, alors gouverneur général. Philippe II attendait beaucoup du concours de son neveu. Mais Farnèse désapprouvait l'expédition ou, tout au moins, la trouvait inopportune. Cette divergence de vues nuisit aux opérations; elle ne fut pas la cause de l'échec.

Des historiens espagnols n'ont pas hésité cependant à juger avec sévérité la conduite de Farnèse dans cette affaire de l'Armada. Il nous parait hors de doute que leurs reproches ne sont pas fondés. C'est Alexandre Farnèse qui, en cette circonstance, fut le premier et le principal confident de Philippe II. On ne peut lire les nombreuses dépêches ([u'il adressa au roi à ce sujet, de i583 à i588, sans être frappé de la fermeté de ses avis et de sa clairvoyance. Seul peut-être de tous les conseillers du roi il a vu juste dès le début de l'entreprise; seul aussi il en a aperçu les défauts. (^)uand il en prévoyait l'échec, cju'il exprimait ses craintes, le roi ne voulut pas, il ne pouvait plus reculer.

Ceux (|ui ont accusé le prince de Parme d'avoir, avec le duc de Médina Sidonia, causé la défaite, se

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