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CHAPITRE VII

De riDdigence.

L'indigent est celui qui manque des moyens nécessaires de subsistance, pour qui le travail même n'est pas une ressource sufTisante, et qui, pour exister, a besoin du soutien d autrui.

Les moyens de subsistance étant une notion relative aux lieux et aux temps, et eux-mêmes diflerant suivant les usages des nations et les habitudes des classes laborieuses, l'indigence se trouve être également une idée relative et diffère réellement suivant les circonstances. Le pauvre anglais serait un rentier russe.

On s'accorde à désigner comme la limite à laquelle commence Tindigence, la condition de l'ouvrier le moins favorisé, telle que celle du terrassier en France. Tout homme dont les ressources seraient inférieures au salaire de ce dernier serait en conséquence indigent. Le bajon Voghl évalue à quatre livres de pain de froment le minimum du

|iai jaiu piiui iiij liiiiitiiu . ilaai> 1<*> latitadeb emnprkesi eutre le 4*^' ^^ '^ (>*^' dofiT<'« ce ^ iierûu jiour Paris. 60 centiiDes fiar joui.

Od attribue la cause de l*indii:encf à la lilx^ile. àia ci^ilisaticiQ ei a la ricljessc*. En effet . eile ne se raycontre pas chez les peuple^ s;)iiva£:e> . escia\e> (Mifin^Tes; elle croit aL\ec la ricliessr et la ci^iii* flttkMi,el présente scm plus pand dé\('lop]>einenl les peuples qui soûl les plus riches et les plus «s. L*Aii|^leterre et la Hollande, qui S4>nt les dpBKÉUU les plus nches« sont aussi oeu\ qui ci^mp- %aÊi le plus de pauvres. La Suisse, la Russie, au eonliaire, qui sont les ]>a\s le> moins riches de rEurope^sout aussi ceu& qui ont le moins d*indifqiU^,!/. La même okser\atîon se retrouve dans qp s^ul et même pays. Ainsi les dt^partenients les I^Dft riches de la France contiennent, proportion /grAfr, plus d'indigents que les départements les plus pauvres.

I^^émapcipation des escla^ es et des seris a créé la classe des prolétaires, des pauvres et des indi-

«atSy qui, de nos jours, accable les pays libres.

Les pavs au contraii-e qui ont conservé le servage

et resclavage, la Russie, la Pologne et les colonit^.

sont presque dépourvus d*indigents.

/i) Le chiffre des pauvres fsl do i/rt en Anglelrrre, do i i« en France V de i/3o en Italie, de 1 ik<^ on Turquie, do 1 100 aaBniHe.

lien est de la civilisation comme de la richesse et de la liberté : plus on avance dans cette carrière, plus on voit s'augmenter l'indigence, et les pays incultes sont les moins indigents.

On est porté à conclure de ces faits que le triomphe de la civilisation, de la richesse et de la liberté, est toujoui*s acheté par l'indigence, cette plaie terrible des sociétés modernes; que les hommes ont beau faire : une cruelle condamnation pèse sur eux ici-bas; que pour un mal vaincu il en surgit un nouveau , qu'un avantage acquis est suivi de près d'une calamité quelconque, et que la perfectibilité n'est qu'une chimère.

Quelque triste que puisse être le sort des hommes sur la terre, il n'est pourtant pas incompatible avec toute amélioration, et ne donne pas le droit de désespérer de la perfectibilité humaine : les progrès accomplis peuvent servir de mesure pour les progrès à venir.

Commençons par disculper la civilisation. Elle est parfaitement innocente de l'accroissement de la misère. Bien qu'elle soit coïncidente avec elle , elle n'en est nullement la cause. C'est elle, au cou* traire, qui vient en aide à l'indigence et qui recherche les moyens de la soulager.

Quant à la liberté, personne ne croit l'avoir achetée I l'op cher, fût-ce même par la misère ; et, malgn* les exemples contraires, il y a toujours eu, comme

il y aura toujours, des esclaves empressés (réchan* ger Tesclavage contre Tindigence. Les États libi*es, étant en même temps les mieux administrés, constatent le nombre de leurs indigents avec bien plus de certitude que ne le font les États à serfs, qui« moins bien administrés, ont une statistique excessivement inexacte. Il en est de Tindigence comme de la criminalité : les listes publi((ues présentent moins de criminels chez les peuples les moins policés; mais il serait erroné d'en conclure (|ue la criminalité est en rapport direct avec la civilisation, et que celle-ci amène et provoque celie-Ki. On obtiendrait des résultats tout à fait difTérents si Ton ▼érifiatt les chiffres. Mais à supposer même que les listes des indigents soient vraies, et que Tindigence permanente soit moins grande chez les peuples serfs, l'indigence accidentelle y est d'autant plus forte. Qui peut nier, par exemple, que dans la Russie , qui figure parmi les nations les moins indigentes, les disettes réduisent souvent à la mendicité des villages, des districts, des gouvernements entiers , tous les serfs des propriétaires ruinés?

Quand même des registres constateraient que les indigents sont moins nombreux chez les populations esclaves , le chiffre des pauvres ne pourra y être que plus élevé* Si même on ne comprend pas les esclaves parmi les indigents, ils^doivent

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pour le moins figurer dans le cliifTre des misérables; les peuples les moins indigents seraient ainsi encore les plus miséi'ables ; et qui pourrait admettre que l'absence de l'indigence partielle* compense la misère générale (i )?

En ce qui concerne le reproche fait à la richesse d'être une cause de la misère, il est bien plus rationnel de dire que la cause de la misère est la misère dle-méme. La pauvi*eté qui croit en rapport avec la richesse est une pauvreté apparente, relative et nullement absolue. En présence de la grande fortune des uns, la pauvreté des autres devient plos évidente, plus sensible, mais ne devient pas pour cela plus grande, et l'indigence, absolunaent par^ lant, ne croit nullement avec la richesse. L'accroissement des richesses ne nuit pas aux pauvres, mais profite aux riches comme aux pauvres. Les pauvres vivent sur les revenus des riches; les riches emploient leur fortune à salarier les pauvres , ils font usage de leurs bras et de leur travail ; et plus il y a de richesse , plus il y a de travail , de ressources pour les pauvres, moins il y a d'indigents.

On a aussi cru devoir rejeter la misère sur Texcès

(i) Nous entendons ^sjr pauvreté \a [>auvreté relative, Tétit de celui dont les besoins surpassent les moyens ; (>ar misère , la pauvreté absolue, l'état de celtii dont les moyens sont audeesous du strict iiécesftnre; et par indigence, le dénùment complet auqael le travail ne vient pat en aide.

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de la population , er en accuser le ti^op gi*and nombre des hommes; on a voulu les décimer quand on n'a pu prévenir leur trop grand accroissement. Cest bien là couper l'arbre avec ie fruit , trancher les difficultés sans les résoudre. Abolir la misère en abolissant les hommes ou en empêchant leur accroissement , peut être un remède commode, mais ne saurait être un moyen juste et praticable. L'indolence ou la paresse, l'imprévoyance ou la iliiaipation, une répartition vicieuse des fortunes, idlea sont, en Irlande comme en Angleterre, en Russie comme en Turquie, les causes de la misère bien plus que ne l'est l'excès de la population.

L'^alité des richesses est une chimère que les utopistes les plus hardis doivent abandonner. Quelque considérable que soit la richesse d'un pays, disséminée en cotes égales dans toute la population, elle serait réduite à la nullité, et au lieu de supprimer la misère, on ne ferait que la rendre générale (i). Celte égalité ne saurait se soutenir quand même elle pourrait s'établir : à peine instituée, elle serait aussitôt renversée par la seule force des choses. L'ordre naturel est l'inégalité, et l'égalité n'est pas dans la nature : il n'y a pas deux feuilles parfaitement égales sur un seul

fi) Le revenu total de la France distribué à toute sa populilion ne donnerait pas 2o<> francs par personne, somme cpii n*cst |iu f iilB»ante au strict néecssaire du simple journalier.

arbre. Combien le sont moins encore les capacités humaines y physiques ou intellectuelles , et leur égale rétribution serait non -seulement la plus grande injustice, mais aussi la plus grande impossibilité.

Il est du devoir sacré du législateur d'asseoir la répartition des propriétés sur les bases de la justice, et sur le principe de l'admission des plus grandes masses de la population à la participation de la propriété. Mais le pouvoir de la loi est infiniment borné à cet égard , et jamais elle ne pourra faire que tous participent aux biens de quelques uns.

TouteFois, des deux utopies, de celle qui veut passer le niveau sur les fortunes, ou de celle qui veut passer la population au fildeTépée, ne seraitce même que la population indigente, on ne peut opter encore que pour la première.

Le spectacle de Tindigence qui accable les sociétés modernes doit -il faire désespérer de la science des richesses , et vouer ses dogmes à Tanathème? Quelques*uns ont déjà renoncé à ses maximes consacrées par le temps et le génie, sans en trouver de meilleures. Ils ont condamné la concurrence, la liberté du travail, le laisser-faire,sans oser pourtant se prononcer pour les principes contraires, renversés à jamais par l'expérience et

la raison. A les entendre, letat actuel de Tindustrie serait celui du moyen ûge et de la féodalité; ils ont prédit de grandes et terribles révolutions. Ils ont dit qu'il y a quelque chose a faire, sans savoir dire ce qu'il y a à faire (i).

Certes, Tindigence est grande, mais elle n'est pas la critique la plus amère et la plus destructive des principes de notre science y et la richesse partout croissante est bien au moins le plus beau triomphe de ces principes. Certes, le méconlentemeot est grand, il approche du désespoir , el il peut bien des fois encore renverser l'ordre des choses y sans jamais échapper aux lois divines et naturelles, et sans reconstituer un ordre de choses meilleur. Le malaise général qui n sa source dans des abus peut renverser ces mêmes abus avec profit; mais la gène, qui tient à la force des choses, pèsera toujours; on peut l'alléger, s'en consoler par la résignation, lui échapper par la persévérauce dans le travail, par le redoublement des efforts y par Taide mutuelle, par la bienfaisance générale, jamais par l'abattement ou par l'insurrection.

Briser les machines, rétablir les corporations, les taxes, proscrire la liberté du travail, cest re-

(i ) Voyez Eugène Biiret, De la nmvfr tic.\ rins.srs lain*nvu.\vs en Angleterre et en Francv : IntiodiictHin i.

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iioncer à la civilisation , à la perfectibilité et à la richesse; c'eàt revenir à l'esclavage et se replonger dans la barbarie. Le Rubicon industriel est franchi : revenir sur ses pas, se retii*el- eri présedde du danger, ferait pui^illànimité 6t lâcheté. L'industrie est une guet*re comme une autre. Bien des victoires ont été reiliportées : des abils ont été abolis, des prérogatives détruites, la liberté de l'industrie proclamée. Et , parce que cette mer orageuse a des tempêtes, fàut^-il lâchement rentrer au port ? La lutte n'est pas d'hier , elle dure depuis longtemps; mais la fin est plUs proche qu'on ne le croit, et cette Bn est plus belle qu'on ne le pense. Cependant, dans cette guerre intestine de l'industrie, il y a eu et il y a des victimes; la société a été blessée au vif et dangereusement. La plaie qu'elle s'est portée est celle de l'indigence : on l'a sondée, elle est profonde et immense. Reste à la fermer, et dire ou croire que leseflfortâ réunis elles hommes et des nations n'y parviendront pas, c'est s'abuser étrangement sur \e\it puissance, et oublier les grandes œuvres et les grandes victoires de l'humanité. Des plaies plus grandes ont été cicatrisées : l'esclavage et la barbarie isont presque abolis, et qui pourrait compter les nobles victimes que ces gouffres ont englouties? Quand même les maux passés ne peuvent faire {>erdre de vue les maux présents, au moins faut-il ne pas

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désespérer, et redoubler d'efTorts pour s'en rendre mattre (i).

* L'indigence a*t-^lle droit au secours ^ et le soin des pauvres doit-il faire matière de loi?

Cette question ne peut être résolue qu'affirmativement à l'égard des personnes qui sont devenues indigentes dans le service public de l'État. Les employés et les soldats devenus infirmes ont droit à subsister le reste de leurs jours aux dépens de l'État. Mais les ouvriers , les artisans » les artistes, tout en servant leurs propres intérêts, servent ceux de la nation , et , s'ils ont honorablement perdu leurs moyens d'existence, ils peuvent justement prétendre à être secourus du public. La bienfaisance ne saurait devenir une nécessité; ne pouvant être prescrite aux particuliers, elle ne peut être imposée au public ou au gouvernement, ni constituer le droit des pauvres. Mais comme tous les gouYernements chrétiens et civilisés rivalisent entre eux pour le soin des pauvres, aucun d'eux ne saurait se soustraire à ce devoir sans s'ex-

(i) Il y aà Paris 75,000 pauvres et autant de maisons. De Gerando a proposé de les y répartir et de charger les habitants de leurs soins. Son opinion peut au moins servir de mesure de ce qu'on pourra tntnvfr le jour où Trin cherchera si*rieAaeiDf nt des renitfdv*!^.

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poser au blâme de ses sujets et à celui des étrangers. Aussi la bienfaisance est-elle devenue une loi de politique et d'usage, comme une obligation morale. La mendicité est réprouvée par tous les gouvernements dans l'intérêt de la sécurité et de la convenance publique; mais il serait injuste et cruel de l'interdire sans avoir préalablement pourvu à l'entretien des pauvres.

Néanmoins y ériger la bienfaisance publique en loi d'Etat et en droit du pauvre, ce serait faire un grand mal par excès de bien. Loin de détruire l'indigence, une lelle loi la rendrait permanente; loin de la diminuer, elle l'augmenterait outre me* sure et au delà de tous les moyens de secours. Cette loi offrirait une prime à l'imprévoyance, a l'insouciance et à la paresse, au préjudice delà ca* pacité et de l'application. Se fiant sur elle, le pauvre ne travaillerait pas; l'ouvrier, à l'abri du dénûment, ne serait ni sobre ni économe. Une telle loi de bienfaisance serait de toutes les lois la plus malfaisante, car elle serait à la fois injuste et immorale : injuste, en faisant vivre le fainéant aux frais du travailleur; immorale, en salariant l'inconduile. L'Angleterre nous en a fourni un grand exemple : la taxe des pauvres y a plus contribué à l'augmentation de l'indigence que toutes les causes qui la provoquent directement; elle a appauvri ceux même qu'elle a imposés pour ve-

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nir à l'aide du pauvre, et n a été abolie qu après avoir outre-passé toute mesure (r).

Les pauvres sont toujours portés à abuser de kar malheur. La mendicité est une véritable industrie. Un mendiant gagne à Paris de 9 à 1 a fr. par jour, trois fois le prix de la journée d'un ouvrier; à Londres, 2 fr. 5o c. à 6 fr. a5 c, et quelques-uns gagnent jusqu'à 3o fr. par jour (n). 11 y a des écoles de mendicité et des clubs de mendiaots (3).

Mais, d'autre part, on pousse trop loin le principe de la sécurité, lorsqu'on fait de la pauvreté an délit, et delà mendicité un crime. Les dépôts de mendicité ressemblent trop aux piîsons, qui, de leur côté, sont devenues des institutions philanthropiques.

• Les workhousesj hospices actuels de TAngie-

(1) £d i833, la taxe paroissiale dépassait 200,000,000 fr. pour une population de i4»ooo,ooo. Selon le rap[)ort dr M. Magendie à FA^cadéniie des sciences , la paroisse de Sunderiand, sur une population de 17,000 habitants, en contenait i4fOOO légalement pauvres. Le comté de Suffolk renfeimait des paroisses où la taxe s'élevait à /|0 scliel. par tête. En lA33y une propriété louée 640 liv. st. payait 427 liv. st. pour la subveotioD des pau\res. fiuret, liv. I, chap. v.

(a) Un mendiant nègre (|uitta Londres avec 3,760,000 fr. KniSSSy à Lexden, le mendiant Thomas Humm laissii ^^fSoOyOOo fr. à ses héritiers.

(3} Morogues, du Paupéiisme, p. 171.

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(erre, offrent aux pauvres pour hospitalité le supplice de la meule y auquel les indigents préfèrent la mort par la faim.

A la vue des abus de la misère, on croit devoir interdire aux particuliers le soulagement des pauvres ^ et ne s'en rapporter qu'à la sollicitude du gouvernement, qui seul peut discerner les indigents véritables des mendiants valides et paresseux. L'égoïsme et l'avarice n'ont pas fait défaut à cet appel à l'insensibilité, et lui trouvant un prétexte légitime, ont fermé leur bourse aux pauvres et leurs cœurs à la compassion, ou bien n'ont plus fait l'aumône que par vanité et par ostentation. Le riche pourtant est fait pour soulager le pauvre, et il ne peut mieux légitimer sa possession, ni faire un meilleur usage de son superflu qu'en le consacrant au nécessaire du pauvre. Il vaut mieux donner à dix pauvres indignes, à dix mendiants riches, que de laisser mourir de faim un seul indigent véritable et innocent. Un homme qui mendie est , par ce seul fait , assez misérable pour mériter la «compassion et l'aide du riche. Toute cette générosité n'exclut pas l'examen , et il est juste que l'on consacre de préférence ses soins à ceux qui les méritent le plus. Dans notre siècle éminemment philanthrope , que chaque homme aisé ait son indigent , comme à Rome chaque patron avait son client; qu'il en ait même

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isieiirs, s il le peut. I^e gouvernement niuvens tii de pourvoir ù tous ies nécpssiteu.\, ni de se convaincre de leui' moralité. Les impôts [o'il perçoit, même dans un but de bienfaisance, t tout le disorëdtt des impôts, et une grande pai-lie s'en trouve toujours absorbée en frais d'a<lministration, sans fruit pour les pauvres. Mais la cbarilé légale et la cbarilé privée, les sens de toute espèce, ne sont que des palliatifs l» misère. Tout en la soulageant, ils ne peuvent la d<5tniii'eel ne font souvent que l'augmenter. I.e mal doit être comballu dans s()n germe. On doit lacUiter par tous les moyens l'accès de la propriété aux pauvres, et y admettre toutes lesdaases Bans distinction; émanciper le travail, celle source irincipale des ricbesses. On doit faire particij)er l'instruction toutes les classes et tous les individus : les filles qui, plus tard, et conmie femmes et comme mères, auront une si grande influence sur le sort des familles, les indigents et les ouiriers. Mais pour que la civilisation devienne une lUrce de richesse et non de misèie, un moyen de production et non de dissipation , une consolation et non un tourment et un désespoir, il faut que l'inslruclion soit établie sur des bases d'utilité réelle et de vraie morale, et non sur les principes de l'ancienne routine, qu'elle soit proportionnée ADX besoins véritables de la classe à laquelle elle

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s'adresse. Ce n'est pas l'art de lire ou d'écrire seulement, ce n'est pas la connaissance du grec et du latin qui assureront une existence aux pauvres, mais bien des principes de saine morale, l'enseignement de la vie pratique, de l'économie domestique, de la culture des terres, ou l'apprentissage d'un métier. Et, puisqu'enfin la vraie religion s'en va pour faire place au veau d'or, au culte matériel des richesses , il faut la rappeler , ne serait-ce que dans l'intérêt matériel. 11 n'y a point de vraie richesse sans religion , et il n'y a souvent de refuge contre la misère qu'au sein de la religion. Qui peut donner à l'indigence de la résignation dans son malheur, la force de supporter ses maux, de l'espoir, de la persévérance et du courage, si ce n'est la religion? Et puisqu'on lui voit produire tous ces effets, il faut aussi la préconiser et la soutenir, ne serait-ce encore une fois qu'en vue de l'intérêt.

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