‹ Esprit de l'économie politiqueChapitre 50 sur 52 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des cdoiiies.

Il y a descoloDies extérieures ou intérieures; instituées dans un but général ou particulier ; colonies agricoles ou militaires , pénales ou de bienfaisance.

Les colonies extérieures sont un accroissement de territoire et un débouché de population; et comme telles, elles sont doublement utiles aux pays dont la population est à Técart dans les limites de son territoire. Pour les pays où les capitaux sont considérables et les rentes en conséquence basses , les colonies présentent un placement de fonds avanlageux, et

viennent ainsi en aide aux fortunes et aux existences gênées. £n y déversant le trop plein des hommes et des capitaux, on rend la vie plus aisée dans la métropole, en même temps qu'on l'améliore dans les colonies. Les rapports commerciaux que les colonies continuent d'entretenir avec la mère-patrie, lui sont d'une utilité constante. Lors même qu'en enfants devenus grands, celles-ci lui échappent, la liberté ne fait que rendre plus naturelles et plus profitables ces mêmes relations. L'inappréciable avantage, pour une nation, de se reproduire à des distances lointaines, de semer, sur tous les points du globe , des traces de son existence, peut bien entrer en comparaison avec les dépenses qu'exige l'établissement des colonies, lors même qu'elles ne rapportent pas de bénéfices considérables. Quelque grande que soit la distance de la colonie, et quelque difficile que soit par suite sa surveillance, son administration peut être bonne avec des agents intègres et capables, munis d'instnulions claires et

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précises. Œuvre économique et politique, les colonies deviennent une œuvre religieuse et civilisatrice , lorsque des Européens vont se fixer chez des sauvages et leur apporter les lumières de leur foi et de leur civilisation.

S'il faut déjà avoir une certaine puissance sur la mer pour fonder des colonies, la possession des colonies renforce cette même puissance; elle est même une condition indispensable de Texistence de la marine , tant mililaire que marchande, en présentant aux navires des points de ralliement, de repos et de ravitaillement.

Les colonies pénales peuvent être intérieures ou d'outre-mer .Généralement moins coûteuses que les prisons, celles d'outrenmer demandent néanmoins, pour le transport des criminels , des dépenses tellement considérables, qu'on est obligé de leur préférer les colonies intérieures, d'autant plusque celles-ci présentent en outre l'avanlage d'une surveillance plus aisée.

Elles peuvent être consacrées à des individus condamnés correctionnellement , à des criminels proprement dits, ou à des libérés. Pour les premiers , le séjour dans les colonies est de trop peu de durée pour les améliorer efficacement. Quant aux seconds, la peine des colonies n'est pas assez sévère et n'a pas assez d'intimidalion^et on ne peut y empêcher leurs rapports, toujours très-funestes. Il n'y a donc que les libérés sortant des galères ou des prisons, pour lesquels le séjour dans les colonies peut être un complément d'amélioration.

Les colonies de mendiants et de vagabonds ont donné des résultats tout à fait satisfaisants, tant en Hollande qu'en Belgique. L'entretien des pauvres cause des dépenses immenses à l'État. En les établissant sur des terres en friche, et il n'y en a que trop dans chaque pays, on les occupe avantageusement , pour eux comme pour l'État. Le régime des maisons de refuge et des dépôts de mendicité est souvent cruel et funeste pour la sauté de ceux qui y

sont renfermés. Le travail de la terre ne présente pas les mêmes inconvénients, et, grâce à une discipline sévère, on voit dans ces colo^ nies les mendiants perdre leurs goûts d'oisiveté.

Quant aux colonies militaires, le peu de succès qu'elles ont obtenu en Russie, ne doit pas faire désespérer de leur cause, et les résultats qu'elles ont produits en Suède et en Autriche doivent, au contraire, encouragera les répandre. Au lieu de faire des paysans soldats, il faut faire des soldats colons. C'est là, à la fois, utiliser leurs loisii*s, pourvoir à leur subsistance et relever leur état.

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