‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie (volume 2)Chapitre 24 sur 47 · XX · texte numérisé non relu

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Gybeniqjkjbs^ JBUXoa Combats; (^Littérature grecque tf^iro/Tsaf/ztf;) LeS'îeuxoU QanSD2A& gymniques étaient des egcercicescélèbresxliez les Grecs^et les Ronuins , qui prirent, leur nom de la nudité des athlètes ,' lesquels, pour être plus (liliresv se mettaient naâs ou presque nuds;

Om coarvient qu'Hercule, en instituant les^eux olympiques, imposa aux athlètes, qui devaient y combattre, la loi d'y paraître nuds ; la nature de la plupsirt des exercices udtés dans ces jeux , jointe à-laxhakur du dimat etfde lasaîsoD où l'on tenait :ces sortes d'assemblées, exigeraient nécessairementi cette -nudité, qui pourtant ix^était pus litière; onavait soin decacherxe quela*décetice défend de découvrir, et l'on employait pouricelajuaei espèce de ceinture , de. tablier, ou. d'écharpe , dont on attribue l'invention à Palestre , fille de Mercure.

Mais , vers la quinzième olympiade , s'il en faut croire Denis d'Halicamasse, lesLacédémoniens s'affranchirent de la servitude de l'écharpe ; ce fut , au rapport d'Eustathe, l'aventure d'un certain Orsippe qui en amena l'occasion : l'écharpe de cet athlète s'étant déliée lorsqu'il disputait le prix de la course , ses pies s'y accrochèrent , en sorte qu'il se laissa tomber et se tua , ou du moins fut vaincu par son concurrent ( car on compte la chose de deux façons. ) Ce malheur donna lieu de porter un règlement qui décidait qu'à l'avenir les athlètes combattraient sans écharpe et

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sacrifieraient la pudeur à leur commodité , en retranchant même ce reste d'habillement. Acanthe , le Spartiate, suivit lepremier l'ordonnance , et disputa tout nud le prix de la<course aux jeux olympiques : toutefois les autres peuples rejetèrent cette coutume, et continuèrent à se couvrir de l'écharpe dans la lutte et dans le pugilat, ce qu'observaient encore les Romains du tems de Denis d'Halîcarnasse. Cependant l'dpoque de l'entière nuditë des athlètes , que cet auteur met à la cpiinsième olympiade , est démentie par Thucydide , qui prétend qu'elle ne s'était introduite que quelques années avant le tems où il écrivait l'histoire delà guerre du Péloponèse : or, l'on sait que le commencement de cette guerre tombe à la nremière amiée de la quatre-vingt-septième olympiade.

Quoi qu'il en soit , la nudité des athlètes n'était d'usage que dans certains exercices, tels que la lutte, le pugilat, le pancrace et la course à pied ; car il est prouvé par d'anciens monumens , que , dans l'exercice du disque, les discoboles portaient des tuniques ; on ne se dépouillait point pour la course des chars, non plus que pour l'exercice du javelot $ et c'est pour cette raison , comme le remarque Eusthate, qu'Homère, grand observateur des bienséances, ne fait paraître Agamemnon aux jeux funèbres dePatrocle , que dans cette dernière espèce de combats ^ où ce prince n'était point obligé de déroger en quelque sorte de sa dignité , en quittant ses habits.

Cependant, comme dans les gymnases destinés kformtr la jeunesse aux combats gymniqtbes , les jeunes gens y paraissaient d'ordinaire presque nus', il y avait des inspecteurs appelés aophroniatesy préposés pour veiller sur eux et les maintenir dans la pudeur.

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Lycon , selon Pline , institua ces jenz gymniques eu Arcadie^ qui de là se répandirent par-tout , firent successivement les délices des Grecs et des Romains , et accompagnèrent presque toujours la célébration des grandes fêtes, sur-tout celles des bacchanales.

Ces jeux se donnaient avec magnificence quatre fois Tannée^ savoir, \*^ à Olympie , province dlËlide, et par cette raison furent appelésyi^z/x olympiques , en llionnear de Jupiter olympien; 2^ dans Tisthme de Corintbe, d'où ils prirent le nom àejeux iathmiena, et furent dédiés à Neptune; 3° dans la forêt deNémée, à la gloire d'Hercule, et furent appelés j'ez^jc néméens^ 4® on les connut aussi sous le nom de Jeux pyiliiens , en l'honneur d'Apollon, qui avait tué le serpent Python.

On y disputait le prix du pugilat, de la lutte, de la course à pied, de la course des chars, de l'exercice du disque et du javelot. Lucien nous a laissé de ces divers combats , avec son badinage ordinaire , un tableau fort instructif dans un de ses dialogues^ où il fait parler ainsi Anacharsis et Solon.

Anacharsis. « A qui en veulent ces jeunes gens, de se mettre si fort en colère , et de se donner le croc en jambe^ de se rouler dans la boue comme des pourceaux, tâchant de se sufibquer? Us s'huilaient, se rasaient d'abord paisiblement Tun l'autre : mais tout à coup baissalit la tête , ils se sont entre choqués comme des béliers ; puis l'un élevant en l'air son compagnon, le laisse tomber à terre par une secousse violente, et , se jetant sur lui, l'empêche de se relever, lui pressant la gorge avec le coude, et le serrant si fort avec les jambes , que j'ai peur qu'il ne l'é* toufie, quoique l'autre lui frappe sur l'épaule, pour le

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prier de le lâcher, comme se reconnaissant vaincu. Il ma semble qu'ils ne devraient point s'enduire ainsi de boue^ après s'Être huilés , et je ne puis m'empôcher de rire , quand ie vois qu'ils esquivent les mains de leurs compagnons comme des anguilles que l'on presse ; en voilà qui se roulent dans le sable avant que de venir au combat , afin que leur adversaire ait plus de prise, et que la main ne coule pas sur rhuile ni sur la sueur.

Solon. n La difBcultd qui se trouve à colleter un adversaire , lorsque Fhuile et la sueur font glisser la main sur la peau , met en état d'emporter sans peine ^ dftns l'occasion , un blessé hors du combat , ou d'enlever un prisonnier* Quant au sable et à la poussière dont on se frotte , on le fait pour une raison différente, c'est-à-dire pour donner plus de prise , afin de s'accoutumer à esquiver les mains d'un antagoniste malgré cet obstacle; outre que cela sert, non-seulement à essuyer la sueur et à décrasser, mais encore à soutenir les forces, en s'opposant à la dissipation des esprits, et à fermer l'entrée à l'air ^ en bouchant les pores qui sont ouverts par la chaleur.

Anacharsis. » Que veulent dire ces autres qui sont aussi couverts de poussière ? ils s'entrelacent à coups de pied et de poing, sans essayer de se renverser 'comme les premiers : mais l'un crache ses dents avec le sable et le sang , d'un coup qu'il a reçu dans la mâchoire , sans que cet homme , vêtu de pourpre , qui préside à ces exercices, ' se mette en peine de les séparer; ceux-ci font voler la poussière en sautant en l'air , comme ceux qui disputent le prix à la course.

Solon. » Ceux que tu vois dans la boue ou dans U poussière I coxnbattent à la lutte; les autres se frappent à

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coups de pied et de poing , au paticraôe ; il y a encore d'autres exercices que tu verras 9 comme le palet et le pugilat, et tu sauras <)ue par-'tout^le vainqueur est cou-*

ronné. »

Mais avant que de parler de la couronne qu'obtenait l'athlète vainqueur , il importe d'exposer, avec quelque détail , la police , les lois , et les formalités qu'on observait dans la célébration des jeux solennels , qui intéressaient si fort et des villes fameuses à tous égards , et des peuples entiers.

Il ne suffisait pas aux athlètes , pour être admis à cou-^ <K)urir dans ces lieux , d'avoir soigneusement cultivé les divers exercices du corps dès leur tendre jeunesse , et de s'être distingués dans les gytnnases parmi leurs oimarades : il fallait encore, du moins parmi les Grecs , qu'ils subissent d'autres épreuves par rapport à la naissance , aux mœurs et à la condition : car les esclaves étaient exclus des cont" tats gymniques; les agohothètes i autrement dits les hellanodiques, préposés à l'examen des athlètes écrivaient sur un registre le nom et le pays de ceux qui s^enrôlaient, pour ainsi dire.

A l'ouverture des jeux , un héraut proclamait publiquement les athlètes qui devaient paraître dans chaque sorte de combats, et les faisait paisser en revue devant le peuple, en publiant leurs noms à haute voix. On travaillait ensuite à régler les rangs de ceux qui , dans chaque espèce de jeux , devaient payer de leur personne : c'était le sort qui seul en décidait; et dans les jeux où plus de deux concurrens pouvaient disputer en même tems le prix proposé, tels que la course à pied, la course des chars, etc. , les champions se rangaiient dans l'ordre selon

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lequel on avait tire leurs noms ; mais la lutte , le pugilat et le pancrace , où les athlètes ne pouvaient combattre que deux à deux^ on appariait les combat tans en les tirant au sort d'une manière différente : c'est Lucien qui nous apprend encore toutes ces particularités.

Après avoir tire les athlètes au sort et les avoir animés à bien faire, on donnait le signal des cli vers combats , dont Y'àssenàilaf^e krmaities Jèuxgymniquesi citait alors que les athlètes entraient en lice 9 et qu'ils mettaient en œuvre toute la force et la dextérité qu'ils avaient acquises dans leurs exercices > pour remporter le prix. Il ne faut pas croire cependant qu'affranchis de toute servitude 9 ils fussent en droit de tout oser et de tout entreprendre pour se procurer la victoire i les hellanodiques et les autres ma-> gistrats , par des lois sagement établies , avaient soin , en conséquence de ces lois 9 de refréner la licence des combattans, en bannissant de ces sortes de jeux la fraude, l'artifice et la violence outrée. Toutes les lois athlétiques, et toutes celles de la police des jeux étaient observées d'autant plus exactement, que l'on punissait avec sévérité ceux qui manquaient d'y obéir. C'était-là d'ordinaire la fonction des mastigopbores.

U était défendu de gagner ses juges et ses antagonistes par des présens; et la violation de cette loi se punissait par des amendes , dont on employait l'argent à ériger des statues en l'honneur des dieux.

Enfin , ces hommes dévoués aux * divertissemens publics , après avoir passé par diverses épreuves laborieuses et rebutantes avant et pendant la célébration des jeux , recevaient à la fin les récompenses qu'ils se proposaient pour but, et dont l'attente était capable de les soutenir

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