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celle qu'ils parcouraient dans une carrière aussi p^nible^ Ces récompenses ëtaicnt de plus d'une espèce ; les spectateurs célëbraient d'abord la victoire des athlètes remportée dans les jeux , par des applaudissemens et des acclamations réitérés i on faisait proclamer par un béraut le nom des vainqueurs; on leur distribuait les prix qu'ils avaient mérités, des esclaves, des cbevaux, des vases d'airain avec leurs trépieds, des coupes d'argent, des vêtemens, des armes, de l'argent monnayé; mais les prix les plus estimés consistaient en palmes et en couronnes qu'on leur mettait sur la tète , aux jeux des spectateurs , et qu'on gardait pour ces occasions dans les trésors des villes de la Grèce.
On les conduisait ensuite en triompbe^ revêtus d'une robe de fleurs dans tout le stade , et ce triomphe n'était que le préliminaire d'un autre encore plus glorieux , qui les attendait dans leur patrie. Le vainqueur , en y arrivant , était reçu aux acclamations de ses compatriotes , qui accouraient sur ses pas : décoré des marques de la victoire et monté sur un cbar à quatre chevaux , il entrait dans la ville par une brèche qu'on faisait exprès au rempart; on portait des flambeaux devant lui , et il était suivi iVvLTi nombreux cortège qui honorait cette pompe. Le triomphe de Néron à son retour de Grèce , tel que le décrivent Suétone et Xiphilin, nous présente une image complète de tout ce qui composait la pompe de ces sortes de triomphes athlétiques.
La cérémonie se terminait presque toujours par des festins , dont les uns se faisaient aux dépens du public , les autres aux dépens des particuliers connus du vainqueur ; ensuite ce vainqueur régalait à son tour ses parens et ses
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âtnisé Âlcibiftâe poussa plus loin la magnificence > lorsqu'il remporta le premier, le second et le quatrième prix de la course des cbars aux jeux oljrmpiques ; car , après s'être acquitté des sacrifices dus à Jupiter olympien , il traita toute l'assemblée : l'athlète Léophron en usa de même , au rapport d'Atbënëe ; Empédode d'Âgrigente ayant vaincu aux mêmes jeux , et ne pouvant , comme pythagoricien, régaler le peuple, ni en viande, ni en poisson , fit faire un bœuf avec une pâte composée de myrrhe, d'encens et de toutes sortes d'aromates, et le distribua par morceaux à tous ceux qui se présentèrent. Le festin donné par Scopas , vainqueur dans un des jeux gymniques , est devenu célèbre par l'accident qui le termina, et dont Simonide fut miraculeusement préservé; cette histoire nous a été transmise par Cicéron , Phèdre et Quintilien, qui la racontent dans toute son étendue. La Fontaine en a fait le sujet d'une de ses fables.
Ces coturonnes, ces palmes, ces triomphes, ces acclamations et ces festins , qui donnaient d'abord un si grand relief a la victoire des athlètes dans les Jeux gymfiiqueSj n'étaient au fond que des honneurs passagers , dont le souvenir se serait bientôt efiiacéj si l'on n'en eût fait succéder d autres plus fixes , plus solides , et qui duraient autant que la vie des vainqueurs : ces honneurs-ci consistaient en différens privilèges qu'on leur accordait , et dont ils jouissaient paisiblement à l'abri des lois , et sous la protection des princes et des magistrats ; l'un des plus honorables de ces privilèges , était le droit de préséance dans les jeux publics. Une telle préséance était bien due à des homme» que les Grecs regardaient comme des dieux : palmaque nohilia terrarum dominos evehit addeosi à des hommes*
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pour lesquels ils ayaient une si-grande considëration, que c'était, dit Cicéron, quelque chose de plus glorieux en Grèce d'avoir vaincu dans les jeux olympiques, qu'à Rome d'avoir obtenu les honneurs du triomphe.
Un autre privilège des vainqueurs dans les combats gymniques , privilège où Futile se trouvait joint & l'honorable , c'était celui d'être nourri le reste de leurs jours aux dépens de leur patrie; ce droit leur i^tait acquis de toute ancienneté : mais dans la suite , leurs victoires se multipliant aussi-bien que les jeux publics , cette dépense sefait devenue fort à charge à leurs compatriotes, si l'on ne l'eut resserrée dans les bornes de la médiocrité ; les empereurs conservèrent tous ces Iprivilégcfs des vainqueurs aux jeux gymniques , et même les accrurent : Auguste en montra l'exemple , suivant le témoignage de Suétone.
L'exemption de toute charge et de toute fonction civile n'était pas une de leurs moindres prérogatives; mais il fallait, pour l'obtenir, avoir été couronné au moins trois fois aux jeux sacrés.
Le désir d'immortaliser les victoires des athlètes remportées aux jeux gymniques , fit mettre en œuvre divers moyens qui conduisaient naturellement à ce 'but : tels étaient les archives publiques, les écrits des poètes, les statues, les inscriptions. La célébration des jeux finie, un des premiers soins des agonothètes était d'inscrire sur le registre public le nom, le pays des vainqueurs , et l'espèce de combat dont ils étaient sortis victorieux. Leurs louanges devinrent chez les Grecs un des principaux sujets de la poésie lyrique ; c'est sur quoi roulent, comme l'on sait ^ toutes les odes de Pindare , partagées en quatre livres , chacun desquels porte le nom des jeux où se sont sign««
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lés les athlètes y dont les victoires sont célébrées dans ces poèmes immortels.
Les peuples 9 non contens du secours qu'ils empruntaient des archives publiques et des poètes pour perpé* tuer le souvenir des victoires des athlètes dans les îeux gymniques, employèrent outre cela tout Fart des sculpteurs pour transmettre aux siècles à venir la 6gure et les traits de ces mêmes hommes , qu'ils regardaient avec tant d'admiration. On peut lire dans Pausanias un dénombrement de toutes les statues qui se voyaient de son tems à Olympie , et ces statues ne devaient pas être plus grandes que le naturel; on ornait ces statues d'inscriptions, qui marquaient le pays des athlètes vainqueurs, représentés par ces statues, le genre et le tems de leurs victoires, et le prix qu'ils avaient remporté. Octavio Falconerii a recueilli , publié et éclairci par de savantes notes plusieurs de ces inscriptions , qui nous restent encore.
Enfin ,. malgré la défense des agonothètes , on est allé jusqu'à rendre des honneurs divins aux vainqueurs dans lesjeux gymniqueSf et cette espèce de culte peut passer pour le comble de la gloire athlétique. On en cite trois exemples tirés de l'histoire : le premier , rapporté par Hérodote, est de Philippe Crotoniate, vainqueur aux jeux olympiques, et le plus bel homme de son tems; les Égestains lui dressèrent après sa mort un monument superbe , et lui sacrifièrent comme à un héros : le second exemple , encore plus extraordinaire, est d'Euthime de Locres, excellent athlète pour le pugilat , lequel , pendant sa vie , re^ eut les honneurs divins; Pline le naturaliste raconte ce fait , lib. VII de son histoire : le troisième exempt celui de l'athlète Théagène , qui , au rapport '"^
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nias, fut, après sa mort^ non-seulement adoré par les Thasieas ses compatriotes, mais par divers peuples tant grecs ^ue barbares. Voilà quels iStaieùt les fruits des combats gymniques, ces exercices k jamais célèbres, et dont nous n'avons plus d'idée.
Le Chevalier de Jaucodbt.
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