‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophie (volume 2)Chapitre 28 sur 47 · o ESl'KTT · texte numérisé non relu

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Sous la république, les femmes et les bommes avaient des habits qui les distinguaient; sous Tibère, les deux siixes avaient déjà revêtu les habits l'un de l'autre. Le^ femmes , au sortir de leur lit et de leur bain , prirent un habillement qu'elles avaient en commun avec les hommes; la galanterie ne laissait point , sans dessein et san^^ goût f une robe faite pour se montrer négligemment à ses amis particuliers et aux personnes les plus chères.

Sous la république , les dames n'avaient des pierreries que pour ressource dans les malheurs, et elles ne les portaient sur elles que dans les fêtes sacrées ; sous les empereurs , elles les prodiguaient sur leurs habits. Dans ces tems-là , les femmes les plus modestes n'osaient non plus aller sans diamans , dit Pline , qu'un consul sans les marques de sa dignité. Tai vu, ajoute le même auteur, Lollia Paulina se charger tellement de pierreries , même après sa répudiation, pour faire de simples visites, qu'elle n'avait aucune partie de son corps , depuis la racine des cheveux jusques sur sa chaussure, qui ne fût éblouissante. L'état qu'elle affectait d'en étaler elle-même se montait à un million d'or , sans qu'on pût dire que ce fussent des présens du prince ou les pierreries de l'empire; ce nétaient que celles de sa maison, et l'un des effets de la succession de Marcus Lollius son oncle.

Ainsi la toge , le voile , le capuchon de grosse laine , se changèrent en chemises de fin lin, en robes transparentes, en habits de soie d'un prix immense , et en pierreries sans nombre. C'est là l'histoire de Rome à cet égard ^ et c'est celle de tous les peuples corrompus ; car ils sont tous les mêmes dans l'origine de leur luxe et dans ses progrès.

Le Chevalier de Jaucourt.

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