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Sous la république, les femmes et les bommes avaient des habits qui les distinguaient; sous Tibère, les deux siixes avaient déjà revêtu les habits l'un de l'autre. Le^ femmes , au sortir de leur lit et de leur bain , prirent un habillement qu'elles avaient en commun avec les hommes; la galanterie ne laissait point , sans dessein et san^^ goût f une robe faite pour se montrer négligemment à ses amis particuliers et aux personnes les plus chères.
Sous la république , les dames n'avaient des pierreries que pour ressource dans les malheurs, et elles ne les portaient sur elles que dans les fêtes sacrées ; sous les empereurs , elles les prodiguaient sur leurs habits. Dans ces tems-là , les femmes les plus modestes n'osaient non plus aller sans diamans , dit Pline , qu'un consul sans les marques de sa dignité. Tai vu, ajoute le même auteur, Lollia Paulina se charger tellement de pierreries , même après sa répudiation, pour faire de simples visites, qu'elle n'avait aucune partie de son corps , depuis la racine des cheveux jusques sur sa chaussure, qui ne fût éblouissante. L'état qu'elle affectait d'en étaler elle-même se montait à un million d'or , sans qu'on pût dire que ce fussent des présens du prince ou les pierreries de l'empire; ce nétaient que celles de sa maison, et l'un des effets de la succession de Marcus Lollius son oncle.
Ainsi la toge , le voile , le capuchon de grosse laine , se changèrent en chemises de fin lin, en robes transparentes, en habits de soie d'un prix immense , et en pierreries sans nombre. C'est là l'histoire de Rome à cet égard ^ et c'est celle de tous les peuples corrompus ; car ils sont tous les mêmes dans l'origine de leur luxe et dans ses progrès.
Le Chevalier de Jaucourt.
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