Tome viu
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ehe sur Fëpaule droite, a6n de laisser plus ie liberté au bras y que les dames tenaient découvert comme les hom-* mes. Cette simare portant en plein sur l'autre ëpaule , formait en descendant un grand nombre de plis qui don^ naient beaucoup de grâce à cet habillement. Aussi les actrices s'en servaient sur le tbëatre.
La couleur blanche ëtait la couleur générale des habits des Bomains y comme aussi la plus honorable , indépendamment des dignités qui étaient marquées par la pourpre. Les citoyens , dans les ré}ouissances publiques , paraissaient ordinairement vêtus de blanc : Plutarqne nous instruit qu'ils en usaient de même dans les réjouissances partiiculières , et surtout dans celles du jour de leur naissance^ qu'ils célébraient tous les ans.
On distinguait les personnes de quelque rang ou qualité par la finesse , la propreté et la blancheur éclatante de l'habit. Aussi lit-on dans les auteurs , qu'on envoyait souvent les robes au foulon pour les détacha et les blanchir : le msnu peuple , hors d'état de faire cette dépense , portait généralement des habita bruns.
Il faut pourtant remarquer que sur la fin de la république y la dbtinetion dans les habits ne s^observait déjà plus à Rome ; les affrandis étaient confondus avec les autres citoyens^ Fesclave s'habillait comme son matti«; et si l'on excepte le seul habit du sénateur , Fusage de tous les autres se prenait indifféremment : le moindre tribui:! des I^obs portait le latidave.
Mais, au milieu de cette confusion y les habits de tout le monde étaient encore tissus de hdne pure ; scm emploi dans les étoffes a été le plus ancien et le plus dnraUe de tous les usages. Pline y en nous diapint que de son tems le
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lute se jouait de la nature même, et qu'il a Vu des toisons de béliers vivans, teintes en pourpre et en écarlate 4 ne connaissait encore que la laine pour matière de toutes sortes d^étoffes 9 qui ne recevait de différence que de la diversité des couleurs et de l'apprêt. De là ce fréquent usage des bains , que la propreté rendait si nécessaire.
Ce ne fut que sous le règne des Césars , que l'on commença à porter des tuniques de lin. Vopîscus prétend que la mode en vint d'Egypte ; et l'empereur Alexandre Sévère trouvait avec raison qu'on en avait corrompu la bonté , depuis qu'on s'était avisé de mêler, dans le tissu, des raies ou des bandes de pourpre. Si le lin est doux sur la peau 9 disait-il, pourquoi ces ornemens étrangers qr.i ne servent qu'à rendre la tunique plus rude?
L'usage de la soie dans les habits d'homme s^étant introduit sous Tibère , il fit rendre un décret par le sénat , conçu en ces termes remarquables : Decretum , ne nyestris serica ^iroa fœdaret. Ce fut Jules-César qui inspira ce nouveau goût de recherches , en faisant couvrir , dans quelques spectacles qu'il donna , tout le théâtre de voiles de soie. Caligula parut le premier en public en robe de soie. U est vrai que sous Néron les femmes commencèrent à en porter 5 mais il y a lieu de croire que leurs étoffes étaient mêlées de lin et de soie , et que jusqu'à Eliogabale le luxe n'a point fourni d'exemple d'ime robe toute de soie, JEliogahalus primus Romanorum^ holosericâ veste usuafertur.
Aurélien n'avait pas une seule robe holosérique dans toute sa garderobe i aussi refusa-t-il à l'impératrice sa femme le manteau de soie qu'elle lui demandait , en lui donnant pour raison de son refus , qu'il n^avait garde
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d'acheter des fils au poids de l'or. La Hyre de soie valait une livre d'or.
Nous ne devons pas nous étonner de cette valeur de la soie dans ces tems-là, si nous nous rappelons que Henri II fut le premier en France qui porta une paire de bas de soie , aux noces de sa sœur 9 et que la femme de Lopez de Padilla crut faire un présent magnifique à Philippe II , en lui envoyant de Tolède en Flandre une paire de bas semblables. Cependant , malgré le prix de ce genre de luxe y les habits de soie devinrent si communs à Rome j que Tempereur Tacite, qui se glorifiait d'être parent de l'historien de ce nom , et qui fut le successeur d'Aurélien même , se contenta de ne défendre qu'aux hommes la robe holosérique, dont EUogabale s'était le premier vêtu 60 ans auparavant.
Terminons cet article par considérer la gradation du luxe des Romains dans leur parure.
Sous la république , 11 n'y avait que les courtisanes qui se montrassent dans la ville en habits de couleur. Sous les empereurs , les dames assortirent les couleurs de leurs habits à leur teint, ou au goût de mode qui régnait alors. « La même couleur, dit Ovide , ne va pas à tout le monde : choisissez celle qui vous pare davantage ; le noir sied bien aux blanches, et le blanc aux brunes. Vous aimiez le blanc, filles de Céphée , et vous en étiez vêtues quand l'île de Seriphe fut pressée de vos pas. ...»
Le même poëte ne réduit point à la seule couleur pourpre tout l'honneur de la teinture. Il nous parle d'un bleu qui ressemble au ciel quand il n'est point couvert de nuages; d^une autre couleur semblable à celle du bélier qui porta Phryxus et sa sœur Hellé, et les déroba aux
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supercheries d'Ino. Il y à, selon lui, un beau vert-de-mer doat il croit que les Nymphes sont habillées : il parle de la couleur qui teint les habits de l'Aurore , de celle qui imite les myrtes de Paphos , et d'une infinité d'autres , dont il compare le nombre à celui des fleurs du printems.
Sous la république^ les femmes portaient des habité pour les couvrir ; sous les empereurs , c^'était dans un autre dessein, « Voyez-vous , dit Senèque , ces habits iransparens ^ si toutefois l'on peut les appeler habits ? Qu'y découvrez-vous qui puisse défendre le corps ou la pudeur? Celle qui les met osera-t-elle jurer qu'elle ne soit pas nue? On fait venir de pareilles étoffes d'un pays où le commerce n'a jamais été ouvert, pour avoir droit de montrer en public ce que les femmes , dans le particulier , n'osent montrer à leurs amans qu'avec quelque reserve : ut matronœ , ne adulteris quidem plus suis , in cuhiculo quant inpublico^ oatendant» »
'Sous la république, les dames ne sortaient point sans avoir la tète couverte d'un voile; sous les empereurs , cet usage disparut; on se tourna du côté de la galanterie. Cette célèbre Rolnaine qui possédait tous les avantages de son sexe y hors la chasteté , Poppée , dis-je , portait en public un voile artistement rangé, qui lui couvrait à demi le visage , ou parce qu'il lui seyait mieux de la sorte 9 dit Tacite y ou pour donner plus d'envie de voir le reste.
Sous la république, les dames sortaient toujours décemment habillées et accompagnées de leurs femmes ; sous les empereurs, elles leur substituèrent des eunuques , et ne gardèrent plus de décence dans leurs ajusicmens.