Tome xiii
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Traité de la prosodie française , après avoir obserrc! qa*il y a des brèves plus brèves, des longues plus longues , et une infinité de douteuses ^ finit par décider que tout se réduit à la brève et à la longue; en effet , tout ce qxie Toreille exige, c'est la précision de ces deux mesures; et si dans le langage familier leur quantité relative n'est pas complète, <^est à l'acteur , c'est au lecteur d'y suppléer en récitant. Les Latins avaient , commie nous , des longues plus longues, des brèves plus brèves, au rapport de Quintilien , et les poètes ne laissaient pas de leur attibuer une valeur égale.
Quant aux douteuses , ou elles changent de valeur en changeant déplace : alors, selon la pl^ce qu'elles occupent^ elles sont décidées brèves ou longues ; ou réeUetuent indécises , elles reçoivent le degré de lenteur ou de vitesse qu'il pUit au poëte de leur donner : alors , loin de mettre obstacle au nombre, elles le favorisent ; et plu9 il y a dans une langue de ces syllabes docile^ aux mouvemens qii'oii leur imprime, plus la langue elle-même obéit gisement ,k l'oreiUe qui la conduit. Je suppose donc, avec l'abbé d'OUvet, tous nos tems syllabiques réduits i la valeur de la longue et de la brève : nous voilà en état de doniier à nos vers une mesure exacte et des uomhres réguliersi»
Mais oi^ trouver , me dira-t-pn, le type des quantités de notre langue ? L'usage en est l'arbitre , maj^ l'usage varie ; et sur un point ^ussi diélicat que l'^st la durée relative des sons y il est mal-aisé de saisir la vraie déci-sion de l'usage.
n est certain que tant que les vers n'ont point de métré précis et régulier dans une langue , sa prosodie n'est ^mais stable. C'est dans le^ vers qu'elle doit être comme en
DB L ENCYCLOPEDIB^ g^
flép6t , semblables au mesures qtie Ton trace sur le marbr o pour rectifier celles que Tusage altère ; et sans cela , oom* ment s'accorder ? La volubilité» la mdlesse , Wnégligen-* ces du langage familier, sont ennenûes de la précision* Fluxa et lubrica res sermo hunvanuay dit Platon. Voitloir qu'une langue ait acquis par l'usage seul une prosodie régulière et constante , c'est vouloir que les pas se soient mesurés cPeux-mémes sans être réglés par le chant.
Chez les anciens la musique a donné ses nombres à la poésie ; ces nombres employés dans les vers et communiqués aux paroles, leur ont donné telle valeur; celles-ci l'ont retenue et l'ont apportée dans le langage ; les mots pareils l'ont adoptée, et par la voie de l'analogie lé sys* tème prosodique s'est formé insensiblement. Dans les Ian« gués modernes l'effet n'a pu précéder la cause ; et ce n^ sera que long-tems après qu'on aura prescrit aux veirs les lois du nombre et de la mesure que la prosodie sera llxéo €t unanimement reçue.
En attendant , elle n'a, je le sais , que des vègks iHectueuses $ mais ces règles , corrigées l'une par l'autre , peuvent guider nos premiers pas* ^
i« L'usage consulté par une oreiBe attcative et juste ,* lui indiquera p sinon la valeur exacte des se Ju», au uiiotas leur inclination i la lenteur ou à la vitesse^
S* La déclamation tbéfttrale vient k l'appui de Fusaga et détermine ce qu'il laisse indécis*
3^ La musiqw vocale habitue depuis long-^tatts nos oreiUes à saisir de justea rapports dans la duv^Q rdatîtè des' sons él&oentaires de la langue, et le chant mesuré dont nous sentons mieux que jamais le charme, va réiiui^ plusptécitifi encore la jusiesse dcf ces rapports. Ainsi • des ob^
séryations faite sur Fusage du monde , sur la déclamation théâtrale et sur le chant mesuré ; des ces observations recueillies avec soin, combinées ensemble et rectifiées l'une par l'autre y peut résulter , enfin , un système de prosodie fixe, régulier et complet.
Mabmontei..
PROSOPOPEE.
Prosopopée. ( Rhétorique. ) Cette figure du style élevé, est une des plus brillantes parures de l'éloquence ; on l'appelle prosopopée^ parce qu'elle représente des choses qui ne tout pas; elle ouvre les tombeaux, en invoque les mânes, ressuscite les morts , fait parler les dieux, le ciel , la terre, les peuples, les villes; en un mot, tous les êtres réels , abstraits , imaginaires. C'est ainsi qu'un orateur s'écrie : « Justes dieux , protecteurs de l'innocence ! permettez que l'ordre de la nature soit interrompu pour un moment, et que oe cadavre , déliant sa langue, prenne l'usage de la voix.» Fléchier,pour assurer à ses auditeurs que l'adulation n'aura point de part dans son éloge du duc de Montàudier*, parle de cette manière. <( Ce tombeau s'ouvrirait^ ces -ossemens se rejoindraient pour me dire : pourquoi vien»-tu mentir pour moi , moi qui ne mentis )amais pour personne? Laisse-moi reposer dans le sein de la vérité , et ne trouble point ma paix par la flatterie que î^ai' toujours haïe. » -Dans d'autf^es cas, l'art oratoireemploie la prosopopée
DB l'eNCYCLOPI^DIB, ipi
pour mettre sous un nom emprunté les reproches les plus vifs et les repréhensioDS les plus amères. Ainsi D^mosthène, dans la harangue sur la Chersonnèse, disait aux Athéniens : « Si les Grecs exigeaient de vous un compte des occasions ^happ^ à votre paresse; s'ils vous tenaient ce discours-ci , etc. » En même tems que la proaopcpée diminue la haine pour le censeur, elle augmente la honte pour les autres.
EnBn, les poètes usent de cette âgure avec un laaveilleux succès dans leurs Sctions.
La molcue en plennnt turuD bnoeirlèrB, OuTK un ail liagulauni , et d'une fiibla loli laiue tomber cet moli , qu'elle înlenompt vingt- foîi : O nuit , que m'ts-tu dit I Quel démon iut la terre , Souffle dapa loua 1e< ccenra la Tatigueet la guerre. Hilail qu'c)tdeTenuceteB<*,cetbeDreDi(emi Où lei roi* tlioaondeDt du nom de faindan* S'endormaieiit lurlctidoe, etc.
Le Chevalier de Jaucodut.
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