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Entre tous les hëros , ce sont les plus vulgaires ; Chaque siècle est fécond en heureux téméraires* ... Mais un roi , vraiment roi , qui « sage en ses projets , Sache en un calme heureux maintenir ses sujets , Qui du bonheur public ait cimenté sa gloire » Il faut, pour le trouver, courir toute l'histoire. La terre compte peu de ces rois bienfaisans : Le ciel à les former se prépare loog-tems !
Tel fut cet empereur, eous qui Rome adorée , Vit renaître les jours de Saturne et de Rhée ; Qui rendit de son joug l'univers amoureux , Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux , Qui soupirait le soir, si sa main fortunée lï'avait par ses bienfaits signalé la journée : Le cours ne fut pas long d'un empire si doux.
Sdnèque {vers, 463 ) peint encore plus sîmplemi plus laconiquement et plus ënergiquement, maïs nonl*^ avec ce brillant coloris, la gloire et les devoirs des roîsyj^^ finis toutefois par ses maximes : y^
Pulchrum emînere est inter illustres viros; Considère pairiœ ; parcere a/flictîs ; fera Cœde absfinere ^ iempus aiguë irœ dare ; Orhi guieiem ; sœculo pacem suo.
Hoc summa pirius : petilur hâc cœlum via !
Diderot.
Roi. {Histoire ancienne.) Nom que les anciens donnèrent ou à Jupiter ou au principal ministre de la reli- ; gion dans les républiques. j
Après que les Athéniens eurent secoué le joug de leurs rois , ils élevèrent une statue à Jupiter sous le nom de Jupiter-roi^ pour faire connaître qu'à l'avenir Ih ne vou-
I DB l'enctclofédib. '55
Lmt d'autre «uiître. A Lébadie oa o^^J^^^ : Ei6cc à Jupiter-roi , et on trouve qoe ce Utoe loi
Lvent donne chen les ancien».
tt ne le «oyaient p.. tellenu^t atta^é. à k L pui-saBce de œ dieu, qu'ils ne V.^sù^t U^ à certains hommes distinguai p-r leur dipiU^.
iie second magUtrat d' AtWnes ou le second «chonte
i de présider anx mystère, et au, sacrifice^: , de là nulle supériorité. Dans le gouTemement pohle sTfLne av^ le titre de reine partagent auss. ...
t^f « «-doce. dit Démostbène dans l'o- K>n Se Néera. venait de ce quWennment ^ leTTe roi exerçait les fonctions de grand-prêf^e; u" ine, à cause de sa dignité, entrait ^ le plu. IX mystères. Lors<pe ll^ésée eut rendu U ld,erté tTlZs. l »bstituant la dénocratie à l'état momur- Iv T\é peuple continua d'éUre entre les prmcipaux feemeC'citoyens , un roi pour les choses sacrées. et les mem j ^^^^ ^^^^ tou)onï.
t^L choses sacrées fussent administrées ayec la afiu que les cno es ^^^^ ^^^ j^.^
Dureté convenable ; et de peur V\ .
!rfut gravée sur une colomxe de pjerre. Ce rox pré-
A irLnc aux mystères : U jugeait les afia«es qui resxaait donc a« y ^^ ^^^^ ^^ ^^ ^
^""^r: a r'ppo^it l'affaire au sénat de l'aréopage ; TZ^t sI'Lronne, il s'asseyait parmi les autre, et aepoMu Le roi et U reme avaient
rr pCrjr. ^ -<- - -^-
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nies dtt la religion; tels que les ëpimelètes^ les hiérophantes, les gerères, les ceryces, etc.
lia même chose se pratiqua chez les Romains, Quelque mécontens qu'ils fussent de leur dernier roi , ils avaient cependant reçii tant de bienfaits des six premiers, qu'ils ne purent absolument en abolir le nom : mais aussi ne lui attribuèrent -ils que des fonctions qui ne pou- Taient jamais menacer la liberté , je veux dire le soin da cérémonies religieuses. Il lui était d'ailleurs défendu de remplir aucune magistrature j ni de haranguer le peuple. On le choisissait parmi les plus anciens pontifes et augures, mais il était toujours subordonné au souveraîo ■pontife : cette dignité subsista jusqu'au règne du grand Théodose.
Roi, Archonte. (Antiq, grecq.) C'est ainsi qn'on appelait le second des neuf archontes d'Athènes. Il avait pour son département ce qui concernait la célébration des fêtes, les sacrifices et la religion. Il décidait , sous le grand portique , des crimes d'impiété et de sacrilège. Il statuait sur les cérémonies et les mystères^ sur les malheurs causés par la chute des bâtimens et des autres choses inanimées. C'était à lui d'introduire les meurtriers dans l'aréopage; il jugeait avec cette célèbre compagnie, en quittant sa couronne, qui était la marque de sa dignité. Pendant qu'il examinait un procès, les parties ne pouvaient assister aux mystères ni aux autres cérémonies de la religion. Pollux remarque que l'épouse du roi-archonU prenait le titre de reine : elle devait être athénienne de naissance : son mari , comme inspecteur sur les affaires religieuses et sacrées, était honoré du nom A^archonU^rai,
DS L'BNCYCLOPÉDIB. $5$
parce que les premiers roU cF Athènes étalent comme les grands sacrificateurs de la nation. Us immolaient les victimes publiques 9 et leurs femmes oflraient les sacrifices secrets ava>it le règne de Thésée. Les Romains, en détruisant la royauté, conservèrent un roi des sacrifices sur 1« jnodèle d'Âlhènes.
Le Chetf aller de Jaucoubt.
MÉAAMkMMà MU^MMb
Roi d'armeS". (Hiat. de France.*) C'était un officier de France qui annonçait la guerre y les trêves , les traités de paix et les tournois. C'est le premier et le chef des hérauts-d'armes : nos ancêtres lui ont donné le titre de roi 9 qui signifie seulement ji^rem/er chef. La plupart des sa vans assurent que ce fut Louis -le -Gros qui donna à Louis de Roussy le titre de roi d'armes, inconnu jusque^ là. Cet établissement fut imité partout , honoré de plusieurs privilèges, de pensions considérables; et les souverains à qui les rois d'armes étaient envoyés, affectaient ^ pour faire éclater leur grandeur dans les autres pays , de leur faire de beaux présens*
Philippe de Commines a remarqué que Louis XI, quoique fort avare , donna à un roi d'armes que le roi d'Angleterre lui avait envoyé, trois cents écus d'or de sa propre main , et trente aunes de velours cramoisi , et lui promit encore mille écus. Lé rang de leur maître les rendait respectables , et ils jouissaient des mêmes privilèges que le droit des gens accorde aux ambassadeurs , pourvu qu'ils se renfermassent dans les bornes de leur commission ; mais s'ils violaient les lois de ce droit , ils perdaient leurs privilèges. Froissart observe que le roi d'armes du due
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Gueidres ayant âéùé le roi Cbarles VI cbnâestÎDemeirt dans la vQIf: de Tournai , et sans lui en âonn'er coxinai»sance , « il fut arrête , mis en prison , et cuida être mort, ji dit cet historien , pour ce que tel d^fi était contre Jea » formes et contre l'usage accoutumé , et de plus dans nu » lien malconTenabk,Toumai n'étant qu'une petite ville » de Flandre. »
Le respect qu'on aTait pour les rois d'armes suivis de leurs hérauts, était si grand, qu'ils ont quelquefois , ëtant revêtus de leurs cotte-d'armes , arrêté par leur présence , en criant Tiolà , la fureur de deux armées dans le fort da combat. Froissart a observé que dans un furieux assant donné à la ville de YiUepode en Galice , k la parole des hérauts , cessèrent los assaillans et se reposèrent.
Le. roi d'armes avait un titre particulier qui était jnont-joie Saint Denys\ et les autres hérauts portaient letitre des seize principales provinces du royaume, comme Bout^ogne,ÎQorTnandie, Guyenne, Champagne.
11 y a en Angleterre trois rois d'armes , sous le titre de \a, jarretière, de Clarence et de Norroy. En Ecosse, les rois d'armes et les hérauts ont été employés dans les tournois , dans les combats à plaisance ou à outrance , à fer émoulu ou à lance momée , que les seigneurs particuliers faisaient avec la permission du roi. Mais ils sont à présent sans emploi par tout pays ; et on ne les voit plus parcourir les provinces pour reconnaitre les vrais nobles, les armoiries des lamilles et leurs blasons ; en un mot , pour découvrir les abus que l'on commettait concernant ta noblesse et les généalogies.
Quaut aux cottes qui sont l'habit qui marquait leur titre et leur pouvoir, celle du roi d armes est difiërente de
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réelle des hérànis, i* en ce que les trois grandes fleurs de lis qui sont au devant et au derrière de la cotte , sont sur- Inontëes d'une couronne royale de fleurs de lis fermée : !3<^ en ce qu'elle est bordée tout -au -tour d'une broderie d'or entre les galons et la frange; 5** parce que sur les znancbes, les mots mont -Joie Saint Denys sont en broderie avec ces mots roi d'armes de France sur la manche gaucHe.
Le roi d'armes , dit Favin , portait la cotte de velours violet avec l'ëcu de France couronné et entouré de deux ordres de France sur les quatre endroits de sa cotte-d'ar^ mes. II ajoute qu'il fallait autrefois être noble de trois races, tant de l'estoc paternel que du c6té maternel , pour être reçu mont -joie. Le même Favin a décrit particulièrement le baptême du roi d'armes ; c'était ainsi qu'on appelait l'imposition du nom qu'on lui donnait à sa réception : cette cérémonie se faisait par le renversement d'une coupe de vin sur sa tète.
Ducange a inséré dans son Srloaaairêy sous le mot Heraldua^ la réception du roi d'armes du titre de mjont^ joie. Les valets-de-chambre du roi devaient le revêtir .d'habits royaux, comme le roi même. Le connétable et les maréchaux de France devaient l'aller prendre pour le mener à la messe du roi accompagné de plusieurs chevaliers et écuyers ; les hérauts ordinaires et les poursuivans marchaient devant lui deux à deux ; un chevalier devait porter l'épée avec laquelle on le faisait alors chevalier , tandis
qu'un autre portait sur une lance sa cotte* d'armes.
Le Che^folier DE Jaucourt^
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Roi nu festin, ou Roi de la table. {Antiq* grecq.
et rom* ) Anciennement , dit Plutarque , on crëaît nn cbcfy un législateur, un roi de la table, dans les repas les plus sages. Je trouve qu'il se faisait de deux manières, ou par le sort du dé , ou par le choix des convives. Horace veut que le dé en décide.
• Qu^"! Venus arbUnim
Dlcet bibendil
Od. 7. 1. n.
Et ailleurs ,
Hec régna vini soriiere tans*
Od. 4. 1. 1.
Plante ne s'en rapporte pas au basard ; les personnages qu'il introduit se donnent eux-mêmes des maîtres et des maîtresses; do hanc tibi florentein florenti ^ ta sic eris dictairix nobis ^ dit un de ses acteurs, en mettant une couronne de fleurs sur la tcte d'une jeune personne. Et dans un autre endroit ; strategum tefacio huic convipio, Plutarque parle comqie Plante, dans la qualrièmc question du /iV. /. EpiauTOV afpofjtaî CTivTrocoqs^fOV yjiaiv.
Ce roi donnait en eGTet des lois, et prescrivait sous certaines peines ce que chacun devait faire, soit de boire, de chanter , de haranguer , ou de réjouir la compagnie par quelque autre talent. Cicéron dit que Verres, qui avait foulé aux pieds toutes les lois du peuple romain, obéissait ponctuellement aux lois* de la table. Iste enim prœtor- seuerus ac diligens, quipopuU romani legibus numquàin paruisset , iis diligenler legibus parebaty quœ in poculis ponebantiin
Cependant on ne faisait pas un roi dans tous les repas, et on ne s'en avisait guère dans les derniers tems qu'au