‹ Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l (volume 3)Chapitre 46 sur 58 · ROSE · texte numérisé non relu

ROSE

Rose. ( Poésie. MythoL Littir. ) Cette fleur était consacrée à Venus. Tous nos poètes la célèbrent à Timitatioa des Grecs et des Latins; si nous les en croyons,

Cet t la reioe de» flcuis dani le prlolcmt éclMC ; Elle e»t le plus doux toîo de Fk>rc et des Zéphjri i C'est l'ouvrage de leurs soupirs.

Ânaeréon s^ctait contenté de dire avec plus de «impli^ cité, quelle est tout le soin du printems , pQ^^^QV èàpoc ^ùlc^OL. Nos vieux poêles emploieut toujours la rose dam leurs vers. Âujourd'liui les comparaisons tirées de cettt fleur ont été si souvent répétées , qu'on n'cii saurait usev trop sobrement.

Âpbtonius et Taetxes nous assurent que c'est dii Wx%

le VStius que les roses .ont pris leur couleur termeitle. BiOtk prétend âu contraire que la rose doit sa naissance iVL sang d^Âdonis , et ce poëte a pour lui non-seulemeni Ovide 9 mais Fauteur du perpigilium Fênôtiê , AdM rhymne charmafote qii'il a faite sur ce sujet.

« Â.vec quelle grâce, dit-il , le zéphyr amoureux vientil voltiger autour de la robe verte cle cette reine des fleurs , et cbercher à lui plaire par ses plus douces ca-» rcsses ? Déjà la divine rosée fait sortir ce bouton vermeil du fourreau qui l'enveloppe. »

Humor iile tpum serenis asira rorant nociibtiSf Jam nunc virginis pa/niias Moùfil humtfdi peflçm

«. Je le vois, continue-t-il ^ ce bouton qui commence à ^'épanouir ; je le vois glorieux d'étaler ce rouge incarnat dont la teinture est due au sang d'Adonis , dont Téclat est augmenté par les baisers de l'Amour, et qui semble composé de tout ce que la jeune Aurore offre de plus brillant, quand elle monte dans, son char pour annoncer de beaux )Ours à la terre. »

En un mot y les poêles ne se sont plaints que du peu de durée de cette aimable fleur , et nimium hreuis rosse fiore^ amœnoa, a et ces roses, ces charmantes fleurs, qui passent, hélas! trop tôt pour nos plaisirs. » Tout U monde connaît celte épigramme latine :

Quàm longa una dies , œlas tàm longa rosarum , Quàm puùescentes Juncta senecta premtl.

Qttàm modo nascentem ruiilus conspexil Eous , Hanc verdens sero vespere vidil anum,

ft La dutue d'an jour est la n^esure Aç Tâge de la rose^

S78 jesphit

la mdme étoile qui la yolt naître le matin, la ▼oit le soir de vieillesse. )i Malherbe a bien su tirer parti it ^tte idée; irdit, en parlant de la mort de la fille de M* Duperrier :

Ma» elle ëtait du inonde on Ict plus bellet choiea

Oot le pire dcstio ; Et fWM, elle a irécu ce que vivent les rofet»

L'espace d'uo matin»

Ainsi a vécu madame la princesse de Condé.

Les Romains aimaient passionnément les roses y et faisaient beaucoup de dépense pour en avoir en hiver. Les plus délicats les recherchaient encore lorsque la saison ea était passée* Dans le Icms même de la république , ib n'étaient point contcns, dit Pacatus, si au milieu de llii' ver, les roses ne nageaient sur le vin de Falerne qu*on leur présentait, Delicati illi ac Jluentes parùm se lautoi putabanty niât luxnria vertisset annutn^ nisi hibernai poculia rosœ innatasaent. Ils appelaient leurs maîtresses du nom de rose j mea rusa , ma belle amie.

Enfin , les couronnes de roses étaient chez les anciens la marque du plaisir et de la galanterie. Horace ne les oublie jamais dans ses descriptions des repas agréables. Aussi roseus ^ rosea ^ signifiait beau y belle , éclatant, éclatante y comme le po<$?ov des Grecs. C^est pourquoi Virgile dit, en parlant de Vénus :

Ei aperlens roscâ cervice refit Isit,

K En se détournant , elle fit voir la beauté de son cou. » Dans notre langue, un teint de lis et de roses ié* signe aussi le plus beau teint du monde, tel qu'il se trourc seidement dans la florissante jeunesse.

JLe Cfiet^alier db Jaucourt.

DE L*ENCTCLOPÉDIlS. ' 579

iiMMk%wyy^i

SAGE (Le).

OACE (le). (Philosophie.) l^ s«*igc, quelque part qu'Jl se trouve, est, comme dit Leibnitz, citoyen de toutes les rc^publiques , mais il n'est pas le prclrc de tous les dieux; il observe tous les devoirs de la sociclé que la raison lui prescrit; mais sa manière de penser au dessus du vulgaire ne dépend ni de Tair qu il respire , ni des usages établis dans chaque pays, il met à profit Tinstant qu^il tient , sans trop regretter celui qui est passe , ni trop compter sur celui qui sapproclie. 11 cultive surtout son esprit; il s'attache au progrès des arts; \\ les tourne au bien public , et la palme de riionncur est dans sa main. Il sait tirer un bon usage des biens et des maux de la vie, semblable à la terre qui s'abreuve utilement des pluies et qui se pénètre des chaleurs vivifiantes dans les jours brillaus et sereins. Il tend à de si grandes choses, dit La Bruyère , qu'il ne porte point ses désirs à ce qu^on appelle des trésors, des postes, la fortune et la faveur. Il ne voit rien dans de si faibles avantages, qui soit assez •solide pour remplir son cœur et pour mériter ses soins. Lé seul bien capable de le tenter, est cette sorte de gloire qui devrait naître de la vertu toute pure et toute simple;

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mais les hommes ne laccordent guère , et il s*en pai

Si vous avez quelque goût pour le sage^ et que vovs aimiez à entrer dans les détails de sa vie et dans sa façon de pehser , Taimable peintre des saisons va vous en laice le tableau.

Le aage^ dit-il , est celui qui, dans les villes , ou loin du tumulte des villes, retiré dans quelque vallon fertile goûte les plaisirs puts que donne la vertu. Il ne voudrait pas habiter ces palais somptueux, dont la porte orgueilleuse vomit tous les malins la foule rampante des vils flatteurs qui sont à leur tour abosés« Il fie se aoueie nullement de celte robe brillante, où la lumière lail réfléchir mille couleurs, qui flotte néglii^emmeiit , ou qui se soutient par des bandes d'or, pour éviter la peine de la porter. Il n'est pas plus curieux de la délicatesse des mets: un repas frugal, débarrassé d*un vain luxe, suffit à ses besoins et entretient sa santé; sa tasse ne pétille pas d'un jus rare et coûteux ; il ne passe pas les nuits plongé dans un lit de duvet, et les jours dans un état d'oisiveté : mab est-ce une privation pour celui qui ne connaît pas ces joies fantastiques et trompeuses, qui promettent toujours le plaisir , et ne donnent que des peines ou des mometis de trouble et d'ennui ?

Loin des traverses et des folles espéranceis 9 le sage est riche en contentement autant qu'il Tes! en herbes et en fruits : il s'assied tantôt auprès d'une haie odoriférante, et tantôt dans des bosquets et des grottes sombres; œ sont les asiles de l'innocence, de la beauté sans art, de la jeunesse vigoureuse , sobre et patiente au travail. C'est U qu'habite la santé toujours fleurie , lé travail satis ambition,, la contemplation calme et U repos philosophique.

1,'EWCTCLOP^m.

Bl de t» forluoerldcf cimx Tirai Im païuancei cndialD^ ; ' tigov ibMituiiirill *iir h ierrc «l nir l'onda ; "omniantlcaiH Ijnni ; il comnuail* au Inpa t El >'il voj*il pirîr lu monde, loodi! CD péiManl do l'élooDcnil paa-

' Liltêrature, ) Nom sous leqael les Grecs d&*

'.L'Dtral les philosophes , les orateurs , les bi*>

nulres savaos de toute espèce. Pjtliagorc

t- que le titre de sage ^Lait trop fastueux {

' I ilosophe , qui signifie ami de la aagetu,

iges , si oti en eiceple Thalèsj qui cuW

ique et l'asIroDOinie , ae bornait A des

nés pour la conduit^ de la YÏej du

û école formée, ni conlradtcteurs.

Le Chevalier HKJavcovBX. '

animée » et telt^ qu'on la goûte dans le frais Tempe , ott sur le tranquille Néuius, il lit ce que les muscs immortelles eu ont chanté, ou écrit ce qu'elles lui dictent; son œil découvre, et son espoir prévient la fertilité de Faoute, Quand le lustre de l'automne dore les campagnes , et invite la famille du laboureur, saisi de la joie universelle, son cœur s'enfle d'un doux battement; environné dei rayons de la maturité , il médite profondément , et ses chants trouvent plus que jamais à s'exercer. L'hiver sauvage m£mc est un tems de bonheur pour lui : la tempûle formidable et le froid qui la $uit , lui inspirent des pensccs majestueuses : dans la nuit, les cieux clairs et animés par la gelée qui purifie tout , versent un nouvel éclat sur soa œil serein. Un ami , un livre font couler tranquillement $es heures utiles; la vérité travaille d'une main divine sur son esprit, élève son Être et développe ses facultés; le> vertus héroïques brûlent dans son cœur.

Il sent aussi lamour et l'amilic; son œil modeste es* prime sa joie; les embrassemcns de ses jeunes cnfans qui lai sautent au cou et qui désirent de lui plaire , remuent son âme tendre et paternelle; il ne méprise pas la gaieté, les amusemens^ les chants et les danses; car le bonheur et la vraie philosophie £Out toujours sociables et d'une amitié souriante. C'est là ce que les vicieux n'ont jamais connu; ce fut la vie de l'homme dans les premiers âges sans corruption , quand les anges ^ et Dieu mjSme , ue dédaignaient pas d'habiter avec lui.

Ajouterai-je pour terminer le tableau du sage , la peinture qu'en a faite un de nos poêles, d'après ces vers iTHo- Tàce^ impauidumferiônt ruinœ, '

Le «lige » grand cooibic kt dieux ^

»B l'eKCTCLOPÉDIS.

Elt initlni di m deilia^ci ,

Si de 1> rorlune ri dct cirui

Timt Icf puiinocea cndiilafei i n ttfOK ibiioluincal iiir la lerre cl nir l'oade ; llcoatminJcajK tyran* ; il comnundtMllripMt

Et >'il ïOJiil pirîr lu monde, Mtt BODili: CD pciûiaiil tu

Sages. ( ZUllémture. ) Plom soui lequel les Grecs désignaient en gL-n^nlles philosophes, les orateurs, les historiens et les autres savaDs de toute espèce. Pjlhagore sentit le premier que le tïlre de sage était trop fustueux} il prit celui de philosophe , qui sîgni6e ami de la aageaêê, La doctrine des sages, si ou en eicepte Tlialès, qui cuU tivait dûjà la physique et raslrouoiuie , se bomaîl à des sentences ou maximes pour la conduite de la vie} da reitc> ni sjr*^^* » >ù ^le formée , ni contradicleors.

Lt Chevalier DS Ii.VCOtJBZ.

S84 ssrBiT

ÇAGESSlg;.

i3AGE88E, {^Morale. ) La 492^9^ consiste à remplir arec exactitude ses devoirs, tant envers la divinité, qu'envers soi-mi!me et les autres hommes. Mais où trouvera-^t-elle ées motifs pour y être fidèle, si ce n'est dans le sentiment de notre immortalité? Ainsi Fhomme véritablement sage est un homme immortel, un homme qui se survit à luifnêmc, et qui porte ses espérances au-delà du trépas. Si nous nous renfermons dans le cercle étroit des objets de ce monde, la force que nous aurons pour nous empêcher d^étre avares, consistera dans la crainte de faire tort â notre honneur par les bassesses de PintérAt; la force que nous aurons pour nous cmpêdier d'être prodigues • consistera dans la crainte de ruiner nos affaires , lorsque nous aspirons à nous faire estimer des autres par nos libéralités. La crainte des maladies .nous fera résister aux tentations de la volupté ': l'amour- propre nous rendra modéra et circonspects , et par orgueil uon$^ paraîtrons humbles et modestes. Mais ce n est-là que passer d'un vice à un autre. Pour donner à notre âme la Ibrce de s'élever au-dessus d*une faiblesse , sans relomher dans une autre , il faut la faire agir par des motifs bien supérieurs. Les vues du tems pourront lui faire sacrifier une passion à une autre passion ; mais la vue de Péter#iité seule enferme des motifs propres à l'élever au-dessus de toutes les faiblesses. On a vu des ora leurs d'une sublime éloquence ne faire aucun

DB l'encyclopédie. 585

«fl[iet% parce qu'ils ne savaient point intéresser , comme il faut> la nature immortelle. On en a vu, au contraire, d'un talent fort médiocre , toucher tout le monde par des discours sans art ^ parce qu'ils prenaient les hommes par les motifs de Fétemitë. C'est du sentiment de notre immortalité que nous voyons sortir tout ce qui nous console , qui nous élève et qui nous satisfait. H n'y a que l'homme immortel qui puisse braver la mort : lui seul peut s'élever au-dessus de tous les événemens du monde ^ se montrer indépendant des caprices du sort, et plus grand que toutes les dignités du monde. Que cette insensibilité fastueuse j dont les stoïciens paraient leur sage , s'accorde mal avec leurs principes! Tandis que vous le renfermez dans l'enceinte des choses fragiles et périssables , qu'exigez-vous de lui ? Quel motif lui fournissezvous pour le rendre supérieur à des choses qui lui procurent du plaisir ? L'homme étant né pour être heureux , et n'étant heureux que par les sentimens délicieux qu'il éprouve , il ne peut renoncer à un plaisir que par un plus raud plaisir. S'il sacrifie son plaisir à une vertu stérile , vertu qui laisse l'âme dans une molle inaction , où son activité n'a rien à saisir , ce n'est chez lui qu'une vaine ostentation d^une grandeur chimérique. Placez le sage vis-à-vis de lui-même, qu'il n'ait que lui pour témoin de ses actions , que le murmure flatteur des louanges ne pénètre pas jusqu'à lui dans son désert , réduisez cet homme tristement vertueux à s'envelopper dans son propre mérite, à vivre, pour ainsi dire, de son propre lui, vous reconnaîtrez bientôt que tout ce faste de sagesse n'était qu'un orgueil imposant qui tombe de lui-môme , lorsqu'il n'a plus d'admirateur. Avec quel froilt voulez-^vous Tome xiii. aS

58fi xspiuT

tju'un tel sage afiBronte les hasards? Qui peut le dédommager d'une mort qui , lui étant tout sentiment , détruit cette sagesse même dont il se fait honneur ? Mais supposez-vous Fbomme immortel, il est plus grand que tout ce qui l'environne : il n'estime dans Fhomme que llioimne même. Les injustices des autres hommes le touchent peu. Elles ne peuvent nuire à son immortalité; sa haine seule pourrait lui nuire. Elle éteint le flambeau.

L'homme mortel peut affecter une constance qu'il n'a pas y pour faire croire qu'il est au-dessus de l'adversité. Ce sentiment ne sied pas bien à un homme qui renferme toutes ses ressources dans le tems. Mais il est bien placé dans un homme qui se sent fait pour l'éternité. Sans se contrefaire pour paraître maguanime , la nature et la religion Télèvent assez pour le faire souffrir sans impatience , et le rendre content sans affectation. Un tel homme peut remplir l'idée et le plan de la suprême valeur , lorsque son devoir l'oblige à s'exposer aux dangers de la guerre. Le monde verra dans lui un honmie brave par raison ; sa valeur ne devra point toute sa force à la stupidité qui lui ferme les yeux sur le précipice qui s'ouvre sous ses pas, à l'exemple qui l'oblige de suivre les autres dans les {^lus affreux périls , aux considérations du monde qui ne lui permettent pas de reculer où l'honneur l'appelle. L'homme immortel s'expose à la mort, parce qu'il sait bien qu'il ne peut mourir. Il n'y a point de héros dans le monde , puisqu'il n'y en a point qui ne craigne la mort^ ou qui ne doive son intrépidité à sa propre faiblesse. Pour être brave, on cesse d'être homme; pour aller à la mort, on commence à se perdre de vue ; mais- l'homme immortel s'expose, parce qu'il se connaît. L'héroïsme, dans les

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principes d'un homme qui renferme toutes ses espérances dans le monde , est une extravagance. Les louanges de la postëritë contre lesquelles il échange sa vie^ ne sont pas capables de l'en dédommager. Gomment donc et par quel prodige des hommes qui ne paraissent avoir connu d'autre vie que la présente , ont-ils pu consentir à cesser d'être ^ pour être heureux? Gicéron a cru que le principe de cet biéroïsme était toujours une espérance secrète de jouir de sa réputaâion dans le sein même du tombeau. Mais il y a quelque chose de plus. Il ne serait pas impossible que ces liommes célèbres aient été plus heureux par leur mort y qu'ils l'eussent été par leur vie. Admirés de leurs amia et de leurs compatriotes, persuadés qu'ils le seraient de leurs ennemis mêmes et.de la postérité , cette épaisse iiuée de tant d'admirateurs a pu, pour des imaginations vives , former un spectacle dont le charme , quoique de peu de durée , fût .pour eux d'un plus grand poids que leur propre vie. L'amour de nous*mêmes éclairé par la raison , ne consentira jamais à un tel sacrifice : ce n'est qu'à la faveur des accès d'une imagination séduite et enchantée, qu'il lui applaudira.

11 faut 9 observe Sénèque , apprendre chaque jour à se quitter , il faut apprendre à mourir. Ge sentiment qui est si noble et si relevé dans une bouche chrétienne, paraît tout-à-faît ridicule dans celle d'un stoïcien. Il n'avait aucune crainte ni aucune espérance pour l^autre vie : pourquoi donc s'imposait-il une peine si rigoureuse ? Pourquoi fuyait-il les plaisirs attrayans, lui qui devait, à la mort, rentrer dans le sein de la divinité ? Quel avantage avait le philosophe obscur, toujours rempli dépensées funestes, toujours forcé à se contraindre ; quel avantage avait-il sur,

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le libertin aimable et aime, satisfait de son bonheur, ingé— nienx dans la recherche de la volaptë ? Le même sort les attendait tous deux. La vie des hommes s'enrôle trop rapidement f pour être employée à la poursuite d'une vertii farouche et opiniâtre* Nous ne pouvons trop ehercker à être heureux ; et le présent est le seul moyen qui nous conduise à la félicité, du moins à celle dont sommes capables ici-bas. Dompter ses passions, se gêner sans cesse^ renoncer à ses plus chères inclinations , corriger ses erreurs, veiller scrupuleusement sur sa conduite, c'est remploi d'.un homme qui perce au-delà de cette vie , qui sait par la révélation , qu'il survivra à la perte de son corps. Mais les stoïciens n'avaient pas les mêmes motifs de se flatter ; jamais un avenir obscur ne leur a tenu lieu du présent , et le présent était toute leur richesse , l'objet de tous leurs désirs. Aussi les philosophes Grecs , qui parlaient suivant leur cœur, avaient-ils une morale douce et accommodée aux diSérens besoins de la société. Le portique seul se distingua par une sévérité déplacée ; trop de confiance en la raison , l'abus de ses forces , un courage mal entendu le perdirent entièrement.

DlX>£ROT.

nt^^m^^Êêi^M>M¥k

Sagesse. ( Mythologie.) Il ne parait pas que les Grecs aient jamais divinisé la Sagesse , qu'ils appelaient orxpèa ; mais ils l'ont du moins, personnifiée, et le plus souvent sous la figure de Minerve^ déesse de la sagesse : son symbole ordinaire était la chouette « oiseau qui voit dans les ténèbres , et qui marque que la vraie sagesse n'est jamais endormie. Les Lacédémonieus représentaient la Sagesse sous la figure d'un jeune homme qui a quatre mains et

cjuatre oreilles, un carquois à son côte, et Han» sa main droite une fliite; ces quatre -mains semblent désigner que la vraie sagesse est toujours dans Factivité; les quatre oreiUes^ qu'elle reçoit volontieris des conseils ; la flûte et le carquois^ qu'elle doit se trouver partout , au milieu des arm^s comme dans les plaisirs ; c'est du moins là ce que pensent nos mythologues moralistes.

Le Chevalier de JAtrcotTRT.

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