‹ Esprit de l'encycloped́ie: ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l (volume 5)Chapitre 22 sur 56 · K»RÎT · texte numérisé non relu

K»RÎT

iônd devrait être un i, et ^ipsi àes autres. La seconde raison de Timpossibilité de réformer entièrement noire orthographe , c'est qu'il y a bien des mois dans lesquels le besoin ou h dësir de conserver Tétymologie ne pourra • être satisfait par de purs accens , à moins de multiplier tellement ces accens , que leur usage dans lorthographe deviendrait une étude pénible. 11 faudrait dans le mot tems un accent particulier au lieu de l's; dans le mot Undj un autre accent particulier au lieu du rf; dans le mot tant , un autre accent particulier au lieu du t^ etc. ; et il faudrait savoir que le premier accent indique une s^ et se prononce comme unz^ que le second indique un rf, et se prononce comme un t ; que le troisième indique un t, et se prononce de même , etc. Ainsi notre façon d'écrire pourrait être plus régulière , mais elle serait encore plus incommode. Enfin , la dernière raison de l'impossibilité d^une réforme exacte et rigoureuse de l'orthographe , c'est que si on prenait ce parti il n'y aurait point de livre qu'on put lire , tant l'écriture des mots y différerait à l'œil de ce qu'elle est ordinairement. Le lecture des livres anciens , qu'on ne réimprimerait pas , deviendrait un travail : et dans ceux même qu'on réimprimerait, il serait presque wssi nécessaire de conserver l'orthographe que le style , ()omme on conserve encore l'orthographe surannée des vieux livres , pour montrer à ceux qui les lisent les changemens arrivés dans cette orthographe et dans notre prononciation.

Cette différence entre notre pnanière de lire et d'écrire , différence si bizarre et à laquelle il n'est plus tems aujourd'hui de remédier, vient de deux causes; de ce que notre langue est un idiome qui a été formé, sans règle , de plu-

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«îeurs idiomes mêlés , et de ce que cette langue ayant com« mencé par être barbare » on a tâché ensuite de la rendre régulière et douce. Les mots tirés des autres langues ont été défigurés en passant dans la nôtre ; ensuite ^ quand la langue s'est formée et qu'on a commencé à l'écrire , on a voulu rendre à ces mots par l'orthographe une partie de leur analogie avec les langues qui les avaient fournis ^ analogie qui s'était perdue ou altérée dans la prononciation : à l'égard de celle-ci, on ne pouvait guère la changer ç on 6 est contenté de l'adoucir , et de là est venue une seconde différence entre la prononciation et l'orthographe étymologique. C'est cette différenôe qui fait prononcer Ve de tems comme nu z,\ed de tend , comme un ^ , et ainsi du reste. Quoi qu'il en soit , et quelque réforme que nOtrà langue subisse ou ne subisse pas à cet égard ^ un bon dic«^ tionnaire de langue n'en doit pas moins tenir compte de la différence entre lorthographe et la prononciation , et des variétés qui se rencontrent dans la prononciation môme. On aura soin de plus^ lorsqu'un mot aura plu<p sieurs orthographes reçues , de tenir compte de toutes ces différentes orthographes, et d'en faire même différens articles , avec un renvoi à l'article principal : cet article principal doit être celui dont l'orthographe paraîtra la plus régulière , soit par rapport à la prononciation , soit par rapport à Tétymologie; ce qui dépend de l'auteun Par exemple y les mots tems et temps sont aujourd'hui à peu près également en usage dans l'orthographe , le pre* mier est un peu plus conforme à la prononciation ^ le se-^ cond à l'étymologie : c'est à l'auteur du dictionnaire Se choisir lequcfl des deux il prendra pour l'article principal : mais si, par exemple , il choisit temps, il faudra un article

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tems avec un renvoi à temps. Â l'^rd des mots o& Tof* thographe étymologique et la prononciation sont d accord, comme savoir et sapante qui viennent de sapere et non de scire , on doit les écrire ainsi : néanmoins , comme l'or* thographe sçauoir et sçavant , est encore assez en usage , il faudra faire des renvois de ces arliclesi. Il faut de même user de renvois , pour la commodité du lecteur , dans certains noms venus du grec par élymologie : ainsi, il doit y avoir un renvoi Santropomorphite à antliroponiorpliile ^ car quoique cette dernière façon d'écrire soit plus conforme à Tétymologie , un grand nombre de lecteurs chercheraient le mot écrit [de la première façon, et nes^avisant peutêtre pas de l'autre , croiraient cet article oublié. Mais il faut surtout se souvenir de deux choses : i<^ de suivre dans tout l'ouvrage l'orthographe principale, adoptée pour chaque mot ; 2° de suivre un plan uniforme par rapport à l'orthographe^ considérée relativement à la prononciation, c'est-à*dire , de faire toujours prévaloir ( dans les mots dont l'orthographe n'est pas universellement la niûmc ) ou l'orthographe à la prononciation , ou celle-ci à l'orthographe*

Il serait encore à propos , pour rendre un tel ouvrage plus utile aux étrangers , de joindre à chaque mot la manitrc dont il devrait se prononcer suivant l'orthographe des autres nations. Exemple, On sait que les Italiens prononcent n et les Anglais w , comme nous prononçons ou , etc.; ainsi, au mot ou d'un dictionnaire, on pourrait dire : les Ilaliens prononcent ainsi Txx , et les Anglais r^i ou, ce qui serait encore plus précis, on pourrait joindre à ou les lettres li et iP , en marquant que toutes ces syllabes se prononcent comme ou, la première à Rome

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]« seconde à Londres : par ce moyen, les étrangers et les Français apprendraient plus aisément la prononciation de leurs langues réciproques* Mais un tel objet bien rempli , supposerait peut-être une connaissance exacte et rigoureuse de la prononciation de toutes les langues , ce qui est physiquement impossible ; il supposerait du moins un commerce assidu et raisonné avec des étrangers de toutes les natious qui parlassent bien : deux circonstances qu'il est encore fort difficile de réunir. Ainsi , ce que je propose est plutôt une vue pour rendre un dictionnaire parfaitement complet, qu un projet dont on puisse espérer la par« faite exécution. Ajoutons néanmoins ( puisque nous noua bornons ici à ce qui est simplement possible ) qu'on ne ferait pas mal de former au commencement du diction*naire une espèce d'alphabet universel , composé de tous les véritables sons simples , tant voyelles ^ue consonnes , et de se servir de cet alphabet pour indiquer non-seulement la prononciation dans notre langue ^ mais encore dans les autres , en y joignant pourtant lorthographe usuelle dans toutes. Ainsi, je suppose qu on se servit d'un caractère particulier pour marquer la voyelle ou ( car ce son est une voyelle, puisque c^est un son sinaple) on pourrait joindre aux syllabes ou^UjW^ etc. ; ce caractère particulier , que toutes les langues feraient bien d'adopter. Mais le projet d'un alphabet et d'une orthographe universelle , quelque raisonnable qu'il soit en lui-même, est aussi impossible aujourd'hui dans l'exécution que celui d'une langue et d'une écriture universelle. Les philosophes de chaque nation seraient peut-être inconciliables là-dessus: que serait-ce s'il fallait concilier des nations entières ? Ce que nous venons de. dire de l'orthographe nouj

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conduit à parler des dtymologies. Un bon dictionnaire de langue ne doit |)as les négliger , surtout dans les mots qui viennent du grec ou du latin ; c'est le moyen de rappeler au lecteur les mots de ces langues , et de faire voir com-* ment ellesont servi en partie à former la nôtre. Je crois ne devoir pas omettre ici une observation que plusieurs gens de lettres me semblent avoir faite comme moi ; c'est que la langue française est, en général , plus analogue dans ses tours avec la langue grecque qu'avec la langue latine : supposez ce fait vrai , comme je le crois , quelle peut en être la raisou? c'est aux savans à la cbeixhcr. Dans un bon dictionnaire^ on ne ferait peut - êlre pas mal de marquer cette analogie par des exemples : car ces tours empruntés d'une langue pour passer dans une autre, rentrent en quelque manière dans la classe des et j raologîcs. Au reste, dans les étymologies qu'un diclionnf.ire ]:eut donner, il faut exclure celles qui sont puériles, ou tirées de trop loin pour ne pas être doutr^uses, comme celle qui fait venir laquais du mot latin 'vernaj par son dérivé vernacula, Nous avons aussi, dans notre langue, beaucoup de termes tirés de Tancicnuc langue celtique, dont il est bon de tenir compte dans un dictionnaire; mais, comme cette langue n existe plus , ces étymologies sont bien inférieures pour l'utilité, aux étymologies grecques et latines, et ne peuvent guère être que de simple curiosité.

Indépendamment dos racines étrangères d'une langue et des racines pliilosophiques dont nous avons parlé plus baut, je crois qu'il serait bon d'insérer aussi dans Un dictionnaire les mots radicaux de la langue môme, en les indiquant par un caractère particulier. Ces mots radicaux peiivcnt èire de deux espèces; il y en a qui n'ont de ra«

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cinea ni ailleurs, ni dans la langue même, et ce sont~Ià lus vrais radicaux; il y en a qui ont leurs racines dans une autre langue , mais qui sont eux-mêmes, dans la leur, racines d'un grand nombre de dérivés et de composés. Ces deux espèces de mots radicaux étant marqués et désignes, on iKîçotnnaîtra aisément , et on marquera les dérivés et les composés. Il faut distinguer entre dérivés et composés : tout mot composé est dérivé ; tout dérivé n'est pas composé. Un composé est formé de plusieurs racines , comme abaissement^ de à et bas^ etc. Un dérivé est formé d'une seule racine avec quelques différences dans la terminaison^ comme fortement j de fort , etc. Un mot peut cire à la fois c'érivé et composé, comme abaissement j dérivé de abaissé ^ qui est lui-même composé de à et de bas. Ou peut observer que les mois composés de racines étrangères sont plus fréquens dans notre langue que les mots composés de racines mômes de la langue 5 on trouvera cent composés tirés du gi'ec, contre un composé de mots, français , comme dioptrique , catoptriquc , misanthrope ^ anthropophage • Toutes ces remarques ne doivent pas échapper à un aute\ir de diclionnaire. Elles font con— naître la nature et l'analogie mutuelle des langues.

Il y a quelquefois de l'arbitraire dans le choix des rar cines : par exemple , amour et aimer peuvent Être pris pour racines indifféremment. J'aimerais mieux cependant prendre aimer pour racine , parce que aimer a bien plus de dérivés ^a amour i tous ces dérivés sont les différens tems du verbe aimer. Dans les verbes, il faut toujours prendre l'infinitif pour la racine des dérivés , parce que l'infinitif exprime une action indéfinie , et que les autreà tems désignent quelque circonstance jointe • à Taction ,

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celle de la personne, du temsi etc.,et par consëqneal ajoutent une idée à celle de rînfinitif.

Tels sont les principaux objets qui doivent entrer dans un dictionnaire de langue , lorsqu'on voudra le rendre le plus complet et le plus parfait qu il sera possible. On peut sans doule faire des diclionnaires de langue, et même des dictionnaires estimables ^ où quelques-uns de ces objets ne seront pas remplis ; il vaut même beaucoup mieux ne les point remplir du tout que de les remplir imparfaitement; mais un dictionnaire de langue, pour ne rien laisser à d&irer , doit réunir tous les avantages dont nous venons de iaire mention. On peut juger, après cela, si cet ouvrage est celui dun simple grammairien ordinaire, ou d^un grammairien profond et philosophe ; d'un homme de lettres retiré et isolé, ou d'un homme de lettres qui fréquente le grand monde ; d'un homme qui n'a étudié que sa langue, ou de celui qui y a joint l'étude des langues anciennes; d'un homme de lettres seul, ou d'une société de sa vans, de littérateurs et même d'artistes; enfin, on pourra juger aisément si, en supposant cet ouvrage fait par une société, tous les membres doivent y travailler en commun , ou s'il n'est pas plus avantageux que chacun se charge de la partie dans laquelle il est le plus versé, et que le tout soit ensuite discuté dans des assemblées générales. Quoi qu'il en soit de ces réflexions que nous ne faisons que proposer, on ne peut nier que le dictionnaire deTÂcadémie française ne soit, sans contredit, notre meilleur dictionnaire de langue , malgré tous les défauts qu'on lui a reprochés ; défauts qui étaient peut- être inévitables, surtout dans les premières éditions, et que cette compagnie travaille à réformer de jour en jour. Ceux qui ont attaqué cet oa«

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vrage auraient été bien embarrassés pour en faire un meilleur; et il est d'ailleurs si aisé de faire d'un excellent dictionnaire une critique tout à la fois très -vraie et trèsinjuste! Dix articles faibles quon relèvera , contre mille excellens dont on ne dira rien , en imposeront au lecteur. Un ouvrage est bon lorsqu'il s'y trouve plus de bonnes choses que de mauvaises; il est excellent lorsque les bonnes choses y sont excellentes , ou lorsque les bonnes surpassent de beaucoup les mauvaises. Il n'y a point d'ouvrages que Ton doive plus juger d'après cette règle, qu'un dictionnaire par la variété et la quantité de matières qu'il renferme, et qu'il est moralement impossible de traiter toutes également.

Avant de finir sur les dictionnaires de langue, je dirai encore un mot des dictionnaires de rîmes. Ces sortes de dictionnaires ont sans doute leur utilité; mais que de mauvais vers ils produisent! Si une liste de rîmes peut quelquefois faire naître une idée heureuse à un excellent poète, en revanche, un poète médiocre ne s'en sert que pour mettre la raison et le bon sens à la torture.

Dictionnaires de langues étrangères mortes ou vi» vantes. Après le détail assez considérable dans lequel nous sommes entrés sur les dictionnaires de langue française 9 nous serons beaucoup plus courts sur les autres , parce que les principes établis précédemment pour ceux-ci, peuvent en grande partie s'appliquer à ceux-là. Nous nous contenterons donc de marquer les différences principales qu'il doit y avoir entre un dictionnaire de langue française ejt un dictionnaire de langue étrangère morte ou vivante; et nous dirons de plus ce qui doit être observé dans ces deui: espèces de dictionnaires de langues étrangères*

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En premier lîeu , comme il n'est question ici de dictionnaires de langues étrangères qu'autant que ces dictionnaires servent à faire entendre une langue par une autre ; tout ce que nous avons dit , au commencement de cet article , sur les définitions dans un dictionnaire de langue , n"a pas lîeu pour ceux dont il s'agit ; car les définitions y doivent être supprimées. A l'égard de la signification des termes , je pense que c'est un abus d'en entasser un grand nombre pour un môme mot , à moins qu'on ne distingue exactement la signification propre et précise d'avec celle qui n'est qu'une extension ou une métaphore; ainsi quand on lit dans un dictionnaire latin impellere , pousse r^ forcer j faire entrer ou sortir ^ exciter ^ engager^ il est nécessaire qu'on y puisse distinguer le mot pousser de tous les autres , comme étant le sens propre. On peut faire celte distinction en deux manières, ou en écrivant ce mot dans un caractère différent , ou en l'écrivant le premier, et ensuite les autres, suivant leur degré de propriété et d'analogie avec le premier; mais je crois qu'il vaudrait mieux encore s'en tenir au seul sens propre , sans y en joindre aucun autre; c'fst charger, ce me semble, la mémoire assez inutilement ; et le sens de Fauteur qu'on traduit suffi la toujours pour déterminer si la signification du mot o.^t ou propre ou au figuré. .Les enfans , dira-t-on peut-ôtre, y seront plus embarrassés , au lieu qu'ils démêleront dans plusieurs significations jointes à un môme mot, celle qu'ils doivent choisir. Je réponds premièrement que si un enfant a assez de discernement pour bien faire ce choix , il en aura asseï pour sentir de lui-même la vraie signification du mot appliqué à la circonstance et au cas dont il est question ^ns l'auteur : les enfans qui apprennent à parler , et qui

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le savent à l'âge de trois ou quatre ans au plus , ont fait bien d'autres combinaisons plus difficiles. Je réponds en second lieu que quand on s'écarterait de la règle que je propose ici dans les dictionnaires faits pour les enfans , il me semble qu'il faudrait s'y conformer dans les autres; une langue étrangère en serait plutôt apprise et plus exacte-» ment gue.

Dans les dictionnaires de langues mortes, il faut remar- (juer avec soin les auteurs qui ont employé chaque mot ; c'est ce qu'on exécute pour l'ordinaire avec beaucoup de négligence , et c'est pourtant ce qui peut ctre le plus utile pour écrire dans une langue morte (lorsqu'on y est obligé) avec autant de pureté qu'on peut écrire dans une telle langue. D'ailleurs il ne faut pas croire qu'un mot latin ou grec, pour avoir été employé par un bon auteur , soit toujours dans le cas de pouvoir l'être. Térence , qui passe pour un auteur de la bonne latinité , ayant écrit des comédies, a du, ou du moins a pu souvent employer des mots qui n'étaient d'usage que dans la conversation , et gu'on ne devrait pas employer dans le discours oratoire : c'est ce qu'un auteur de dictionnaire doit faire observer , d'autant plus que plusieurs de nos humanistes modernes sont quelquefois tombés en faute sur cet article. Ainsi , quand on cite , Térence , par exemple, ou Plante, il faut, ce me semble, avoir soin d'y joindre la pièce et la scène, afin qu'en recourant à l'endroit même, on puisse juger si on doit se servir du mot en question. Que ce soit un valet qui parle , il faudra être en garde pour employer l'expression ou le tour dont il s'agit , et ne se résoudre à en faire usage qu'après s'être assuré que cette façon déparier ei>t bonne en elle- même , indépendamment et du person-

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nage et de la circonstance où il est. Ce n^est pas tout : il faut même prendre des précautions pour distinguer les termes et les tours employés par un seul auteur, quelque excellent qu'il puisse être. Cicéron , qu'on regarde comme le modèle de la bonne latinité, a écrit différentes sortes d^ouvrages , dans lesquels ni les expressions , ni les tours n'ont dû être de la môme nature et du même genre. Il a varié son style selon les matières qu'il traitait ; ses harangues diffèrent beaucoup par la diction de ses livres stir la rhétorique , ceux-ci de ses ouvrages philosophiques, et tous diffèrent extrêmement de ses épitres familières. 11 faut donc, quand on attribue à Cicéron un terme ou une façon de dire, marquer l'ouvrage et l'endroit d'où on l'a tiré. 11 en est ainsi en général de tout auteur , môme de ceux qui n'ont fait que des ouvrages d'un seul genre, parce que dans aucun ouvrage le style ne doit être uniforme, et que le ton qu'on y prend , et la couleur qu'on y emploie, dépendent de la nature des choses qu'on a à dire. Les harangues de Titc-Live ne sont point écrites comme ses préfaces, ni celles-ci comme ses narrations. De plus, quand on cite un mot ou un tour, comme appartenant à un auteur qui n'a pas été du bon siècle, ou qui ne passe pas pour un modèle irréprochable, il faut marquer avec soin si ce tour ou ce mot a été employé par quelqu'un des bons auteurs, et citer l'endroit ; ou plutôt on pourrait , pour s'épargner celte peine, ne citer jamais un mot ou un tour comme employé par un auteur suspect , lorsque ce mot a été employé par de bons auteurs \ et se contenter de citer ceux-ci. Enfin, quand un mot ou un tour est employé par un bon auteur, il faut marquer encore s'il se trouve dans les autres bons auteurs du même tems, poètes ^ historiens, etc. , afin de

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connaître si ce mot appartient également bien à tous les styles. Ce travail paraît imnTense et comme Impraticable ;. mais il est plus long que difficile ^ et des concordances qu'on a faites des meilleurs auleurs y aideront beaucoup.

Dans ce môme dictionnaire, il sera bon de marquer par clés exemples choisis les diflerens emplois d'un mol; il sera bon d'y faire sentir môme les synonymes, autant qu'ii est possible dans un dictionnaire de langue morte; par exemple, la différence de vereor et de nietuo si bien marquée au commencement dcForaison de Ciccron pour Quintius; celle àiœgriLudo , niœror , œrumna , luttas , lamenta'iioy détaillée au quatrième livre des Tusculanes, et tant d'autres qui doivent rendre les écrivains latins modernes foil suspects , et leurs admirateurs fort circonspects.

Dans un dictionnaire latin , on pourra joindre au mot de la langue les étymologies tirées du grec; on pourra placer Its longues et les brèves sur les mots ; cette précaution , il est vrai , ne remédiera pas à la manière ridicule dont nous prononçons un très-grand nombre de mots latins , en faisant long ce qui est bref , et bref ce qui est long ; mais elle empêchera du moios que la prononciation ne devienne encore plus vicieuse. Enfin, il serait peut-être à propos dans les dictionnaires latins et grecs de disposer lesmots par racines, suivis de tous leurs dérivés, et d'y joindre un vocabulaire par ordre alphabétique, qui indiquerait la place de chaque mot , comme on a fait dans le dictionnaire grec de Scapula , et dans quelques autres. Un lecteur doué d'une mémoire heureuse pourrait apprendre de suite ces racines, et par ce moyen avancerait beaucoup et en peu de tems dans la connaissance de la langue ; car avec un peu d'usage et de syntaxe , il reconnaîtrait bientôt aisément les dérivés.

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Il ne faut pas croire cependant qu'avec un dictionnaire «tel que je viens de le tracer , on eût une connaissance biea entière d'aucune langue morte. On ne la saura jamais que très-imparfaitement. Il est premièrement une infinité de termes d'art et de conversation qui sont nécessairement perdus, et que par conséquent on ne saura jamais : il est de plus une infinité de finesses , de fautes et de négligences qui nous échapperont toujours.

Quand j'ai parlé plus haut des synonymes dans les langues mortes , je n'ai point voulu parler de ceux qu'on entasse sans vérité , sans choix , et sans, goût dans les dictionnaires latins , qu'on appelle ordinairement dans les collèges du nom de synonymes , et qui ne servent qu a faire produire aux enfans de très-mauvaise poésie latine. Ces dictionnaires , j'ose le dire, me paraissent fort inutiles , à moins qu'ils ne se bornent à marquer la quantité' et à recueillir sous chaque mot les meilleurs passages des excellens poètes. Tout le reste n'est bon qu'à gâter le goût. Un enfant né avec du talent ne doit point s'aider de pareils ouvrages pour faire des vers latins , supposé même qu'il soit bon qu'il en fasse ; et il est absurde d'en faire faire aux autres.

Dans les dictionnaires de langue vivante étrangère, on observera , pour ce qui regarde la syntaxe et l'emploi des mots, ce qui a été prescrit plus haut sur cet article pour les dictionnaires de langue vivante maternelle; il scrabon de joindre à la signification française des mots leur signification latine, pour graver par plus de moyens cette signification dans la mémoire. On pourrait même croire qu'il serait à propos de s'en tenir à cette signification . parce que le latin étant une langue que l'on apprend ordi*

DE l'encyclopédie. x6v

nairemetit dès Fen&nce y on y esA pour l'ordinaiire plus versé que dans une langue étrangèFe vivante que Ton aiH prend plu6 tard et plus imparfaitement, et qu'ainsi unauievkt de dictioimaire traduira niieux d'anglais en latià que d'anglais en fran^is; par ce moyen la langue latine pourrait devenir en quelcfue sorte la eomm«Mie mesti^e <le tou^ les les autres. Cette eonsidération mérite sans doute bîeau^ coup d^ëgai^d^ néanmoins il £aiïl observer qûef le latin étant une langue morte , nous né sommes pâfs totf joiirs attssi à portée de connaître le sen» précis et rigoureux de chaque terme , que nous le sommes dans une langue étrangère f i-« Vante f que d'ailleurs il y a une infinité de termes de scien«» ces ,. d'arts, d'économie domestique^ d^ conversation^ qui n ont pas d'équivjilent en latin ; et i^'enfiri noti^ suppo-^ sons que le dictionnarire soit l'otfVragè d'un liomme trèsversé dans'les deux langues, ce qui n'est ni impossible^ ni même fort rare. Enfin , il ne faut pas s'imaginer que quand on traduit des mdts d'une langue dans Tautre, il soit toujours possible , quelque versé qu'on soit dans le^ d^x langues , d'employer des éqaivalens exacts' et rigou-^ reux^ o&n^a souvent que des à peu près. Plusieurs mots d une langue n'ont point de correspondant dansi une aiotre^ plusieurs n'en ont qu'en apparence, et diflSèrént pai^ des nuanees plus ou moins sensibles des équivalent qu'on croit leur donner. Ce que nous disons i<ei de» mots , est encore plus vrai et pluS' ordinaire par rapport aux tours ; il ne faut que savoir, même imparfaiteiiientj deux langtfes^pour en être convaincu : cette différence d''eitprcsdion et de construction constitue principalement ce qu^on appeHe legé^ nie des langue» , qui n^'est autte chose que la propriété d'exprimer certaines idées plus ou moins heureusement. ToM£ t. Il

l62 ESPRIT

La disposition des mots par racines , est plus difficile et moins nécessaire dans un dictionnaire de langue vivante que dans un dictionnaire de langue morte ; cependant , comme il n'y a point de langue qui n'ait des mots primitifs et des mots dérivés j ]e crois que cette disposition , à tout prendre, pourrait être utile, et abrégerait beaucoup l'étude de la langue ; par exemple , celle de la langue anglaise, qui a tant de mots composés, et celle de l'italienne , qui a tant de diminutifs et tant d'analogie avec le latin. A l'égard de la prononciation de chaque mot, il faut aussi la marquer exactement, conformément à l'orthographe de la langue dans laquelle on traduit ,. et non de la langue étrangère. Par exemple , on sait que l'e en anglais se prononce souvent comme notre i ; ainsi au mot fiphèrcj on dira que ce mot se prononce spJiire. Cette dernière orthographe est relative à la prononciation française, et non à l'anglaise; car Yi en anglais se prononce quelquefois comme aï : ainsi sphire , si on le prononçait à l'anglaise , pourrait faire aphaïre.

Voilà tout ce que nous avions à dire sur les dictionnaires de langues. Nous n'avons qu'un mot à ajouter sur les dictionnaires de la langue française traduits en langue étrangère, soit morte , soit vivante; ils ne serviraient (si on s'y bornait ) qu'à apprendre très -.imparfaitement la langue ; l'étude des bons auteurs dans cette langue , et le commerce de ceux qui parlent bien , sont le seul moyen d'y faire de véritables et solides progrès.

Mais en général le meilleur moyen d'apprendre promptement une langue quelconque , c'est de se mettre d'abord dans la mémoire le plus de mots qu'il est possible : avec cette provision et beaucoup de lecture, on apprendra la

DE is'nscitChovÈmliLé 165

syntaxe par le seul usage ^ surtout celle cle pltislettts lan-* gués modernes , qui est fort courte ; et on n'aura guère besoin des livres de grammaire 9 surtout si On ne Veut pas écrire ou parler la langue 9 et qu'on se contente de lire lea auteurs; car qiiand il ne s'agit que d'entendre ^ et qu'on connaît les mots , il est presque toujours facUe de trouvei' le sens* Voulez-vous donc apprendre promptement une langue, et avez-vous de la mémoire? apprenez un dic-> tionnaire, si vous pouvez, et lisez beaucoup; c^est ainsi qu'en ont usé plusieurs gens de lettres^

DictionnaiAbs historiques. Lés âidtiôniiaires Ae

cette espèce sont oU généraux ou particuliers ^ et dànd l'un et l'autre (ias, ils ne sont proprement qu'une histoire générale ou particulière, dont les matières sont distribuées par ordre alphabétique. Ces sortes d'ouvrages sont extrêmement commodes, parce qu'on y trouve > quàùd ils sont bien faits , plus aisément même que dsllis une histoire suivie, les choses dotit on veut s'instruire. Noiiâ hé pàrle-^ rons ici que des dictionnaires généraux ^ c'est-à-^lre ^ qui ont pour objet l'histoire universelle i ce qtie iidus en di-* rons , s'appliqUersL facilement aux dictionnaires pàrticù.-' liers qui se bornent à uii objet limitée ^

'Ces dictionnaires fenfeinietit en géuéral trois grands objets i l'histoire proprement dite 3 c'est-à-dire y lé récit des événemens; la chronologie , qtil marque le tëms où île sont arrivés ; elt la géographie , qui Cn mdiqiie le lieUi Commençons par l'histoire proprement dite^

L'histoire est , ou des peuples efn général ^ ôii des hom-mes. L^histoire dés peuplés renfermé celle de leur pre*

^66 ESPHJT '

vie , et Foubli Fest après leur mort. La post<Sritë eut ignoré jusqu'aux noms de Bavius et de Mévius , si Yirgile n'ayait ^u la faiblesse de lancer un trait contre eux dans un de ses vers.

. Qn a reprocli<! au dictionnaire de Bayle de Êiire men^ tion 4'un assez grand nombre d'auteurs peu connus y et d'en avoir pmis de fort célèbres. Cette critique n'est pas toutrà-fait saps fondement; néanmoins on peut répondre que le dictionnaire de Bayle ( eu tant qu'historique ) , n'é* tant que Iç suppléipent de Moréry, Bayle n'est censé avoir omb que les articles qui p'avaient pas besoin de correc-r tion ni d'addition. On peut ajouter que le dictionnaire de Payle n'est qu'improprement un dictionnaire historique ; c'est un dictionnaire philosophique et critique, où le texte n'est que le prétei^te des notes ; ouvrage que l'auteur au-^ fait rendu infiniment estimable , en y supprimant tout ce qui peut blesser U religion et les mœurs.

Je ferai ici deux observations qui me paraissent nécessaires à la perfection des dictionnaires historiques. La première est que dans l'histoire des artistes on a , ce me ^emblçy été plus occupé des peintres que des sculpteurs çt des architectes y et des ims et des autres , que des musiciens ; j'ignore par quelle raison, U serait à souhaiter que cette partie de l'histoire des arts ne fut pas aussi négligée. N'est-ce pas, par exemple, une chose honteuse à notre siècle 9 de n'avoir recueilli presque aucune circonstance de la vie des célèbres musiciens qui ont tant honoré lltalie y Corelli, Vinci, Léo, Pergolèse, Terradellas et beaucoup ^'autres? on ne trouve pas mèmeleurs noms dans nos dictionnaires historiques. C'est un avis que nous donnons aux ^eos dp lettres, et noua souhaitons qu'il produise son effet*

«E L ENCYCLOPEDIE. l65

sera surtout très-attentif sur la vërité des généalogies: rien sans doute n'est plus indifférent en soi-même ; mais dans l'état où sont aujourd'hui les choses , rien n'est quelquefois plus nécessaire. Ou aura donc soin de la donner exacte 9 et surtout de ne la pas faire remonter au-delà de ce que prouvent les titres certains. On accuse Moréry de n'avoir pas été assez scrupuleux sur cet article. La connaissance des généalogies emporte celle du blason , dont nos aïeux ignorans ont jugé à propos de faire une science , et qui malheureusement en est devenue une , |)arce qu'on a mieux aimé , comme l'observe M. Fleury, dire gueule eiainople^ que rouge et *vert. Les anciens ne connaissaient pas cette nouvelle livrée de la vanité; mais les hommes iront toujours en se perfectionnant de ce côté là. Voilà donc encore un article qu'un dictionnaire historique ûe doit pas négliger.

Enfin , un dictionnaire historique doit faire meiitfou des hommes illustres dans les sciences , dans les arts libéraux j et , autant qu'il est possible , dans les arts mécaniques mêmes. Pourquoi , en effet , un célèbre horloger ne mériterait-il pas dans un dictionnaire ime place que tant de mauvais écrivains y usurpent? Ce n'est pas néanmoins que Von doive exdnre entièrement d'nn dictionnaii^e les mauvais écrivains ; il est quelquefois nécessaire de coû-' naître au moins le nom de leurs ouvrages : mais leurs articles ne sauraient être trop courts. S'il y a quelques éetïvains qu'on doive , pour l'hosmeur des lettres , bannir entièrement d'nn dictionnaire, ce sont le» écrivains satiriques y qui , pour la plupart , sans talent , n'ont pas méttie soQve»! le mince avantage de réussir àms ce genre ba» eë iacile : k mépris doit être leur récompense pendant leur

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raire ; c'est le taoy/eu 4e le rendre iastruetif et îatëressant * nifiis il faut qvi^ cette critique soit raiaoïmée , sérieuae et impartiale $ qu'elle ^ppro^ye et censure k propos , et jai* mais à^^^e n^aaiè^e yague ; qu'elle ne s'exerce enfin epuB sur des ouvrages qui en vaillent la peine 9 et que par cou« S.éq¥ient elle spit pjbiuie de politesse et d'égards. Cette boa-» nière de ^criMq^^^ P^^ h pl^s difficile 9 fii par conséquent la plus rare $ u^is elle est la seule qui survive à sg% auteurs^ Une discussioi^ ^eet délip^tje est plus utils, et plus agréa<« b}e même aii^ t^OAs esprits 9 qu'une ironie souvent déplacée.

Je reviens ^i^x éloges ^ et )'a)OUte qu'il faut être circonspect dan$ le choix des hommes à qui on les dosBe, dans la manière de les donner , et dans l'objet sur lequel on les fait tomber. Un dictionnaire , tel que celui dont nous parlons , es\ fait par s^ nature nuème pour passer à 1^ postérité. Jua justice pi; Tinjustice des éloges» est un des moyens sur lesquels le reste de l'ouvrage sera jugé par cette posjtérité si redoutable , par ee fléau des critiques et des louanges, des protecteurs et des protégés, des noms et des titres , qui saura sans fiel e% sans flatterie apprécier les écrivains , noi; $ur ce qu'ils auront été , ni sur ce qu'on ^ura dit d'eux y xçtais sur ce qu'ils auront fait. L'auteur d'un dictionnaire l^istorique doit pres.se|itir dans tont ce qu'il écrit, le jugement que les siècles a^semblé^ en porteront « et se dire coptiniiellenieatà lui-même ee^ mots de Gicéfon à Fannius , dans sa barpugue^ro Ro^oio ^merino : Quanta multitudo hominum ad hocjûdlcium videêi quœfit omnium mortxiliuni expecUiiiOy uifietferajudiûia jfianty inUUlgU. De plu«, dans les éloges qu'on donne aux é(:riyains et mx, artistes , sôit morts , soit vivans , il faut

9Voir éffiià Q09n9eMlem90t à ce qii'iis ont fait , mais à ee (jui avai^ éii fait avant eux ; au progrès ipi'ils ont fait faire k h science 9u 4 l'art. Corneille n eûtril &it que Mélite, il çut inérité des éloge$ , parce que cette pièce , toute impar- &ite qu'elle est, est très->supérieure k tout ce qui avait pFéc44^* De m&mç » quelque parti qu'on prenne sur la mi^que française, pu tm peut nier au moins que quelques* uns 4e nos musiciens n'aient &it faire à cet art de grands progr^ parmi nous , eu ëgard au point d'où ils sont partis. On ne peut donc leur refuser des éloges ; comme on n'en peut refusera Desçartes, quelque système de philosophie qu'on suive..

Nous ne dirons qu'un mot de la chronologie qu'on doit observer daps un diotionnaif e historique : les dates y doi« yei^t être joipt^s, autant qu'on le peut, à chaque fait tant soit peu con^ëraHe. Il est inutile dVjouter qu'elles doi** veut être fort eiEacte$ 9 principalement lorsque ces dates sont modernes, ^ur les dfttes anciennes (surtout quand elles sont disputé^f ) on peut se doon^ plus de licence , soit en rendant compte de la diversité d'opinions entre les auteurs, soit' en ^e figeant à ce qui paraît le plus pro«l^ahlç* Ce u'e^t p^ que dan$ les articles importans , et sur* tout dans Içs article^ généraux de chronologie, on doive tout^->-fait négliger les discussions; muis il faut, comme* d^na les fsiit^ liistorique^ , s'y borner à ce qu'il y ^ d'essen-* tiel et dH^truçtif, et rejptvoyor pouv le reste aux auteurs qui en ont le mieux traité,

A }'^g^d de la géographie, elle renferme deux bran-^ che^3 J'auoiennç g^graphii^ et la moderne; par conséqu^eixt» les artijç]^ 4c g^Qgçs^phie doivent &ire menticm : x». des HâSévcm nom ^'^'m a dQW^ ftu pays ou à la ville

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