DISSIMULATION
Dissimulation. (Morale.) Il y a de la différence entre diaainiuler^ cacher et déguiser. On cache par un profoncl secret ce qu'on ne veut pas manifester. On dissimule par une conduite réservée ce qu'on ne veut pas faire aperce» voir. On déguise par des apparences contraires ce qu'on veut dérober à la pénétration d'autrui. L'homme caché veille sur lui-même pour ne se point trahir par indisgré* tion. Le dissimulé veille sur les autres pour ne les pas mettre à portée de le connattre. Le déguisé se montre autre qu'il n'est pour donner le change» On ne parle ici que de la dissimulation.
Rien ne donne une idée plus avantageuse de la société, que ce que rapporte l'évangile , de l'état ou elle se trouvait parmi les premiers chrétiens. Us n'avaient, dit-on, qu'un cœur et qu'une âme; erat cor unum et anima ung,. Dans cette disposition desprit, avait-on besoin de la dissimubition? Un homme se dissimule^t-il quelque chose à lui*
même? et ceux qui vivraient les uns par rapport aux autres, dans la même union où chacun de nous est avec soi-même , auraient-ils besoin des précautions du secret ? Aussi voyons-nous que dans le caractère d'un honmie propre à faire le bonheur de la société, le premier trait que l'on exige, est la franchise et la sincérité. On lui préfère un caractère opposé , par rapport à ce qu'on appelle les grandes affaires , ou les négociations importantes ; mais tout ce qu'on en peut conclure , c'est que ces occasions particulières ne sont pas ce qui contribue au bonheur de la société en général. Toute négociation légitime ne devrait rouler que sur un point , qui est de faire voir à celui avec qui oh négocie, que nous cherchons à réunir son avantage avec le nôtre.
Les bons princes ont regardé la dissimulation comme un mal nécessaire : les tyrans, tels que Tibère, Louis XI, etc. , s'en paraient comme d'une vertu.
n n'est pas douteux que le secret est souvent nécessaire contre la disposition de ceux qui voudraient interrompre nos entreprises légitimes. Mais la nécessité de la précaution deviendrait incomparablement plus rare , si l'on ne formait d'entreprises que celles qu'on peut avouer sans être exposé à aucun reproche. La candeur avec laquelle on agirait alors, mettrait beaucoup de gens dans nos intérêts. Le maréchal de Biron aurait sauvé sa vie en parlant avec plus de franchise à Henri IV.
Ce que j'ai voulu dire dans cet article sur le secret de la dissimulation , par rapport à la douceur de la société , se réduit donc à trois ou quatre choses.
1» Ne point estimer le caractère de ceux qui, sans choix et sans distinction , sont réservés et secrets : 2^ Ne faire
DE l'encyclopédie. 325
des secrets que sur des choses qiii le niërîtfent bien î 5« Avoir une telle conduite, qu^elle n'ait besoin du secret que le moins qu'il soit possible;
M. FÔRMËY;
DISTIQUÉ
Distique. (Éeties-Letlres.) C'est un couplet de vers j bu petite pièce de poésie , dont lé sens se trouve renfermé ttans deux vers , l'un beiamètre , et l'autre pentamètre : tel est ce fameux distique que Virgile fit à l'occasion des fêtés données |)ar Auguste :
Nociè pluit toiâj tèdeûni speciarûld hiûhè }
DioUùni imperiunt cUm Jù^ Gtsai' hattii
Et celui-ci bien plus digne d'être connu :
Vnàe superhU homo, cujus concèpiio caiui^ Nàsci pœiia, làhbr viia^ hecessé mon t
Ce mot est formé dii jgrec 5éç ^ deux fois^ et dé afô/pq ^ àyera.
Lés distiques de Catoa sont fàmeui , et plus admirables par l'elcelleute morale qu'ils renferment^ que par les grâces du style;
Les élégies des anciens ne sont qu'une suite de distiques ; et à l'exception des métamorphoses , c^est la forme qu'Ôvidè a donnée à tous ses autres ouvrages. Le noni
ToMi V; iS