Tome v, 5o
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k seoB et la siguification. Il prit cet hotntliê habille en roi, povr un homme qui gouvernait le ciel ou régnait dans le sokil^ et les animaux figuratifs, pou): deâ a^^imaux réels. Voilà en partie l'origine de Tidolâtrie, des erreurs, et des superstitions des Egyptiens, qui sû transmirent à tous le$ peuples de la terre.
Au reste, le langage a suivi les mêmes révolutiôi^s et le même sort que Técriture. Le premier expédient ^ui a été imaginé pour communiquer les pensées dans la conversation, cet effort grossier dû à la nécessité, est venu^ de même que les premiers hiéroglyplies , à se cbanger en mystères par des figures et des métaphores , qui servirent ensuite à Tornement du discours^ et qui ont fini par Télever jusqu'à l'art de l'<éloquence et de la persuasion.
EcRiTURJB CHINOISE. Les hiéroglyphes dTigyptè étaient un simple lafinement d'une écriture plu^ amnenne , qui reissemblak à l'écriture grossière en peihture des Mexicains , en ajoutant seulement des marques caractéristiques aux images. L'écriture chinoise a fait un pas de plus : elle a rejeté les images ^ et n'a conservé que les marques abrégées, qu'elle a multipliées jusqu'à un no^nbre prodigieux. Chaque idée a sa marque distincte dans t^elte écriture ; Ca qui fait que , Semblable au caractère universel de Pécriture en peinture, elle continue aujourd'hui d'être trèscoi^mune à différentes nations voisines de la Chine , quoiqu'elles parlent des langues différentes.
En effet I les caractères de la Cochindbine, du Tôlig* king el du Japon, de l'aveu du P. du Haldê, sont les mêmes que ceux de la Chine, et signifient les mêmes
choses^ sans toutefois que ces peuples en pariant s'expri*^* ment de la même sorte. Ainsi , quoique les langues de ces pays-là soient très-différentes , et que les habitans ne puissent pas s'entendre les uns les autres en parlant , ils s'en-» tendent fort bien en écrivant , et tous leurs livres , sont communs, comme sont nos chiffres d'arithmétique; pl|p» sieurs nations s'en servent, et leur donnent différensnomsx mais ils signifient partout la même chose. On compte jus^ qua quatre- viugls mille de ces caractères.
Quelque déguisés que soient aujourd'hui ees csraetireB^ Warburthon croit qu'ils conservent encore des traits i^ui montrent qu'ils tirent leur origine de la peialure et de» inijigef, c'est-à-dire, de la représentation naturelle des choses pour celles qui ont une forme , et qu'à l'égard <des choses qui n'en ont point^ les marques destinées aies &ioe connaître ont été plus ou moins symboliques,, et plus ou. moins arbitraires.
M. Fréret , au contraire , soutient que cette origine est impossible à justifier, et que les caractères chinois n'ont jamais eu qu'un rapport d'institution avec les choses qu'ila signifient.
Sans entrer dans cette discussion, nous dirons aeule-^ meut que par le témoignage des PP. Martini,. Maga{l>laus, Gaubil, Semedo^ auxquels nous devons joindv» M. Fourmont , il paraît prouvé que les Chinoi» se aont servi des images pour les choses que la peinture peut mettre 9aus les yeux , et des symboles , pour représenter par allégorie on p9ri^ (illusion , les choses qui ne le peuvei^ct ôère par eUesS^mèoies, Suivant les aiuteurs que neuavenons^dcf Qomn^Air , les Ghinoôs o^t eu des caractères repré^Bi|ats& dvs choses pour celles qui ont une foroae , et des signes
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arbitraires pour celles qui n'en ont point. Cette iàée ne serait-elle qu'une conjecture ?
On pourrait peut-être, en distinguant les tems, conci* lier les deux opinions différentes au sujet des caractères chinois. Celle qui veut qu'ils aient été originairement des représentations grossières des choses , se renfermerait dans les caractères inventés par Tsang-kié, et dans ceux qui peuvent avoir de Tanalogie avec les choses qui ont une forme; et la tradition des critiques chinois^ citée par M* Fréret , qui regarde les caractères comme des signes arbitraires dans leur origine , remonterait jusqu'aux caractères inventés sous Chun.
Quoi qu'il en soit , s'il est vrai que les caractères chinois aient essuyé mille variations , comme on n'en peut douter , il n'est plus possible de reconnaître comment ils proviennent d'une écriture qui n'a été qu'une simple peinture; mais il n'en est pas moins vraisemblable que l'écriture des Chinois a dû commencer comme celle des Egyptiens.
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ÉCRITUTIB DES ÉGYPTIENS, (Hîst. anc.)Les Égyptiens ont eu différens genres et différentes espèces d'écritures y suivant Tordre du tems dans lequel chacune a été inven» tée ou perfectionnée. Comme toutes ces différentes sortes d'écritures ont été confondues par les anciens auteurs et par la plupart des modernes^ il est important de les bieu distinguer^ d'après Warburthon, qui le premier a répandu la lumière sur cette partie de l'ancienne littérature* On peut rapporter toutes les écritures des Egyptiens 4 ^atre sortes : indiquons-les par ordre^
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1* XlhUrogfyphique , qui se subdivisait est curiologi^ quej dont l'écriture était plus grossière; et en tropique , où il paraissait plus d'art.
2° La symbolique, qui était double aussi; l'une plus simple 9 et tropique : l'autre plus mystérieuse, et allégo»^ rique.
Ces deux écritures , Y hiéroglyphique et la symholi'*^ que, qui ont été connues sous le terme générique Xhié^ roglyphes^ que l'on distinguait en hiéroglyphes propres et en hiéroglyphes symboliques y n'étaient pas formées avec les lettres d'un alphabet; mais elles l'étaient par des marques ou caractères qui tenaient lieu des choses , et non des mots.
3^ JJépistolique , ainsi appelée parce qu'on ne s'en servait que dans les affaires civiles»
49 Uhiérogram>matique qui n'était d'usage que dans les choses relatives à la religion*
Ces deux dernières écritures , Vépistolique et Yhiéro^ grammatique , tenaient lieu de mots , et étaient formées avec les lettres d'un alphabet.
Le premier degré de Récriture hiéroglyphique fut d'être employé de. deux manières; l'une plus simple, en mettant la partie principale pour le tout; et Tautre plus recher<* chée, en substituant une chose qui avait des qualités ressemblantes , à la place d'une autre. La première espèce forma Vhiéroglyphe curiologique ; et la seconde^ Vhiéroglyphe tropique. Ce dernier vint par gradation du premier, comme la nature de la chose et les monumens de l'antiquité nous l'apprennent; ainsi la lune était quelquefois représentée par un demi-cercle , quelquefois par un cynocéphale. Dans cet exemple , le premier hiéroglyphe
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est curiçicgiqite ^ et le second, tropifutu Lfldomotires dont on se sert ordinairement pour marquer les signes da zodiaque , découvrent encore des traces d'origine égyptienne : ce sont en effet des vestiges dliiéroglyphes curiologiques réduits à un caractère d'écriture courante, sem« blable à celle des Chinois : cela se distingue plus particulièrement dans lés marques astronomiques du Beliery du Jïiureauj des Gémeaux^ de la Balance^ et du Ferseau*
Toutes les écritures où la forme des choses était em* plojée, ont eu leur état progressif , depuis le plus petit degré de perfection jusqu'au plus grand, et ont facilement passé d'un état à l'autre ; en sorte qu'il y a eu peu de différence entre Yhiéroglyphe propre dans son dernier état, et le symbolique dans son premier état* En effet, la méthode d'exprimer l'hiéroglyphe tropique par des propriétés similaires , a du naturellement produire du raffinement au sujet des qualités plus cachées des choses : c'est aussi ce qui est arrivé. Un pareil examen fait par lessavans d'Egypte, occasionna une nouvelle espèce d'écriture xoographique , appelée par les savans symbolique.
Cependant les auteurs ont confondu l'origine de Ueriture hiéroglyphique et symbolique des Egyptiens) et n'ont point exactement distingué leurs natures et leon Umges différeus. Ils ont présupposé que l'hiéroglypl^^» f Ufisi-bien que le symbole, étaient une figure mystérieuse) et par une méprise encore plus grande , que c'était ime représentation de notions spéculatives de philosopliie ^ 4e théologie : au lieu que l'hiéroglyphe n'était employa par les Égyptiens que dans les écrits publics et ooanus oe iout le monde, qui renfermaient leurs ré^emevs civils et \tw hi3toire«
Dfi L'fiNCTCLOPéOÎE. 4^ 1
' Gomme on distbigttàit ies hiéro^y{>h«s propres m curiob^^ues tt «n tropiques , on & distingué de tnème en dcnx espèces les hiéroglyphes symboliques ; saroir en tropiqme», qui approchaient plus de la nature de la cho^e, et ten énlffmatiqueB , où l'on apercevait plus d'art. Par exemple, pour signifier le soleil, qcvelquefois les l^yptiens peignaient un £aucon$ c'était là un symbole tropiqnti d'auti^es fois ils peignaient un scarabée avec une boule ronde dans ses pattes; c'était là un symboh énigmtitiqM. Ainsi les caractères propt^ment appelés symboles ênig' mcUiqaes , devinrent à la longue prodigieusement différens de ceux appelés hiéroglyphiques curiologiques.
Mais lorsque l'étude de la philosophie , qui avait Occasionné r«écritui:« sycnbolique, eut porté les sa vans d'Egypte à écrire beaucoup, ils se servirent, pour abréger, d'un caractètis courant , que les anciens ont appelé hiémgra^ phique^ ou hiéroglyphique abrégé, qui conduisit à la méthode des lettres par le moyen d'un alphabet , d'après laquellç méthode l'écriture épistolique a été formée.
Cependant cet alphabet épistolique occasionna bientôt l'invention d'un alphabet sacré, que les prêtres égyptiens réservèrent pour^ux-mêmes, afin de servir à leurs spéculations particulières. Cette écriture fut nommée hiéro^ gram>matique , à cause de l'usage auquel ils l'ont appropriée.
Que les prêtres égyptiens aient eu pour leurs rits et leurs mystères une pareille écriture, c'est ce que nous assure expressément Hérodote, liv. II \ chap, xxxpj , et il ne nous a pas toujours rapporté des faits aussi croyables. Celui-ci doit d'autant moins nous surprendre , qu'une écriture sacrée , destinée aux secrets de la religion ^ et
4y9 SSPRiT DB LJSNCVCLOPéOIE.
conséquemment différente de l'écriture ordinaire , a été mise eu pratique par les prêtres de presque toutes les nations : telles étaient les lettres ammonéennea , non ei^ tendues du vulgaire, et dont les prêtres seuls se servaient dans les choses sacrées : telles étaient encore les lettre9 sacrées des Babyloniens, et celles de la ville de Méroé. Théodoret parlant des temples des Grecs en général , rapporte qu'on s'y servait de lettres qui avaient une forme particulière , et qu'on les appelait sacerdotales. Enfin , M. Fourmont et d'autres savaus sont persuadés que cette coutume générale des prêtres de la plupart des nations orientales, d'avoir des caractères sacrés ^ destinés pour eux uniquement, et des caLvaLcXères profanes ou d'un usage plus vulgaire , destinés pour le public , régnait aussi che» | les Hébreux» ^
lée C/iepalier de Jaucoubt*
FIN nu TOM£ CUÏQUIÈMe*
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