‹ Esprit de l'encycloped́ie, ou recueil des articles les plus curieux et les plus interessans de l'encycloped́ie en ce qui concerne l'histoire, la morale, la literature et la philosophieChapitre 52 sur 62 · VIEILLESSE · texte numérisé non relu

VIEILLESSE

V lEiLLEssE. ( Morale. ) La vieillesse langaissante , ennemie des plaisirs, succédant à l'âge viril, vient rider le visage, courber le corps, affaiblir les membres^ tarir dans le cœur les sources de la joie , nous dégoûter du présent, nous faire craindre l'avenir y et nous rendre insensibles à tout , excepté & la douleur. Le tems se hâte , le voilà qui arrive ; ce qui vient avec tant de rapidité est près de nous , et le présent qui s'enfuit est déjà bien loin y puisqu'il s'anéantit dans le moment que j'écris ce petit nombre de réflexions , et ne peut plus se rapprocher.

La longue habitude tient la vieillesse comme enchatnée ; elle n'a plus de ressources contre ses défauts : semblables aux arbres dont le tronc rude, noueux, s'est durci par le nombre des années , et ne peut plus se redresser , les hommes à un certain âge ne peuvent presque plus se plier eux-mêmes, contre certaines habitudes qui ont vieilli avec eux , et qui sont entrées jusques dans la moelle de leurs os. Souvent ils les connaissent , mais trop tard ; ils gémissent en vain , et la tendre jeunesse est le seul âge où fhomme peut encore tout sur lui-même pour se corriger. « On s'envieillit des ans, dit Montaigne, sans s'assagir l'un pouce 3 ou va toujours en avant, mais à reculons. Il

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