LIVRE VI, CHAPITRE XVI
On s'approcha un peu de la monarchie, et l'on divisa les peines en trois classes * : celles qui regardaient les premières personnes de l'Étal 2, et qui étaient assez douces; celles qu'on infligeait aux personnes d'un rang inférieur 3, et qui étaient plus sévères ; enfin celles qui ne concernaient que les conditions basses*, et qui furent les plus rigoureuses. Le féroce et insensé Maximin irrita, pour ainsi dire, le gouvernement militaire, qu'il aurait fallu adoucir. Le sénat apprenait, dit Capitolin ^, que les uns avaient été mis en ci'oix, les autres exposés aux bêtes, ou enfermés dans des peaux de bêtes, récemment tuées, sans aucun égard pour les dignités. Il semblait vouloir exercer la discipline militaire, sur le modèle de laquelle il prétendait régler les affaires civiles.
On trouvera dans les Considérations sur la Grandeur des Romains et leur Décadence * comment Constantin changea le despotisme militaire en un despotisme militaire et civil, et s'approcha de la monai-chie. On y peut suivre les diverses révolutions de cet État, et voir comment on y passa de la rigueur à l'indolence, et de l'indolence à l'impunité.