‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 171 sur 279 · LIVRE VIII, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VIII, CHAPITRE VI

sûreté plus grande ; en sorte que le pouvoir va croissant, et la sûfpté diminuant, jusqu'au despote, sur la tête duquel est l'excès da pouvoir et du danger.

Le grand nombre des nobles dans l'aristocratie héréditaire rendra donc le gouvernement moins violent ; mais comme il y aura peu de vertu, on tombera dans un esprit de nonclialance, de paresse, d'abandon, qui fera que l'État n'aura plus de force ni de ressort *,

Une aristocratie peut maintenir la force de son principe, si les loiâ sont telles qu'elles fassent plus sentir aux nobles les périls et les fatigues du commandement que ses délices, et si l'État est dans une telle situation qu'il ait quelque chose à redouter, et que la sûreté vienne du dedans, et l'incertitude du dehors.

Comme une certaine confiance fait la gloire et la sûreté d'une monarchie, il faut au contraire qu'une république redoute quelque chose 2. La crainte des Perses maintint les lois chez les Grecs. Canhage et Rome s'intimidèrent l'une l'autre, et s'affermirent. Chose sini;ulière! plus ces États ont de sûreté, plus, comme des eaux trop tranquilles, ils sont sujets à se corrompre.

Page 1