‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 220 sur 279 · Liv. VI · texte numérisé non relu

Liv. VI

■JoS DE L'ESPRIT DES LOIS.

et donnait les revenus îi ferme; il était l'arbitre des affaires des alliés ; il décidait de la guerre et de la paix, et dirigeait h cet égard les consuls ; il fixait le nombre des troupes romaines et des troupes alliées, distribuait les provinces et les armées aux consuls ou aux préteurs ; et, l'an du commandement expiré, il pouvait leur donner un successeur ; il décernait les triomphes ; il recevait des ambassades, et en envoyait ; il nommait les rois, les récompensait, les punissait, les jugeait, leur donnait ou leur faisait perdre le titre d'alliés du peuple romain.

Les consuls faisaient la levée des troupes qu'ils devaient mener à la guerre; ils commandaient les armées de terre ou de mer, disposaient des alliés ; ils avaient dans les provinces toute la puissance de !a république ; ils donnaient la paix aux peuples vaincus, leur en imposaient les conditions, ou les renvoyaient au sénat.

Dans les premiers temps, lorsque le peuple prenait quelque part aux affaires de la guerre et de la paix, il exerçait plutôt sa puissance législative que sa puissance exécutrice ; il ne faisait guère quo confirmer ce que les rois, et après eux les consuls ou le sénat, avaient fait. Bien loin que le peuple fût l'arbitre de la guerre, mms voyons que les consuls ou le sénat la faisaient souvent malgré l'opposition de ses tribuns. Mais, dans l'ivresse des prospérités, il augmenta sa puissance exécutrice. Ainsi il créa lui-même ' les tribuns des légions, que les généraux avaient nommés jusqu'alors ; et, quelque temps avant la première guerre punique, il régla qu'il aurait seul le droit de déclarer la guerre 2.

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