CHAPITRE X
Du caractère des Espagnols et de celui des Chinois.
Les divers caractères des nations sont mêlés de vertus et de vices, de bonnes et de mauvaises qualités. Les heureux mélanges sont ceux dont il résulte de grands biens; et suuvent on ne les soupçonnerait pas : il y en a dont il résulte de grands maux, et qu'on ne soupçonnerait pas non plus.
La bonne foi d'-s Espagnols a été fameuse dans tous les temps. Justin 2 nous parle de leur fidélité h garder les dépôts; ils ont souvent souffert la mort paur les tenir secrets. Cette fidélité qu'ils avaient autrefois, ils l'ont «ncore atijourd'hui. Toutes les nations qui commercent à Cadix confient leur fortune aux Espagnols; elles ne s'en sont jamais repenties. Mais cetie qualité admirable, jointe à leur paresse, forme un mélange dont il résulte des effets (|ui leur sont |iernicieux : les peuples de l'Europe font, sous leurs yeux, tout le commerce de leur monarchie.
Le caractère des Chinois forme un autre mélange, qui est en con-
i. Voyez nannpier, t. III.
2 Lettri-s édifi-uiti's, douzième recueil, p. 80.